
Mille dollars le baril
Impossible ? Malheureusement non.
D'abord, il faut se rappeler qu'il y a le même rapport entre $1000 et le prix actuel du baril (près de $140 à l'heure où nous écrivons ces lignes), qu'entre ledit prix actuel et le prix du baril il y a très exactement... six ans.
Certains vont nous opposer qu'une nouvelle multiplication par 7 du prix du baril ferait que le pétrole représenterait 50% du PIB mondial, ce qui est impossible. Donc le baril à $1000 est impossible.
Ce raisonnement trop simple a bien entendu une faille. Laquelle ? Tout simplement, il suppose que le PIB mondial exprimé en dollars varie lentement, au rythme d'une croissance mondiale représentative de la santé de l'économie réelle.
Or un vieux démon, qu'on croyait terrassé, est en train de montrer à nouveau ses cornes :l'inflation.
La chute du dollar face à l'euro révèle seulement une partie de cet escogriffe économique, car les économies mondiales sont désormais tellement imbriquée que la zone dollar parvient à "exporter" de l'inflation dans les autres zones monétaires : "le dollar est notre monnaie... et votre problème" disait Volcker, le prédécesseur de Greenspan à la Fed. En pratique, les monnaies du monde entier perdent de leur valeur.
Une dépêche croustillante de l'AFP illustre à notre avis la petite intoxication que tente actuellement de nombreux acteurs financiers. Lundi 9 juin, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a estimé qu'il ne faisait "absolument aucun doute" que le "manque d'offre pétrolière" jouait un rôle dans la flambée des cours du brut.
On est ravi de savoir que la BCE dispose à son tour d'une vision complète et fiable de la situation de l'offre et de la demande en pétrole physique. Mais là où il faut rire, c'est bien à la fin de la dépêche :
M. Trichet était interrogé sur le rôle du dollar dans la flambée pétrolière mais ne s'est pas prononcé sur ce point.
La conséquence première d'une hypothèse d'un retour marqué et furtif de l'inflation est que le PIB mondial croît depuis plusieurs années de façon parfaitement artificielle, principalement sous l'effet des poussées inflationnistes mais aussi des bulles spéculatives sur les actifs (immobilier).
Pour chasser plus facilement le démon de notre vue, on a truqué l'instrument de mesure public, par exemple en en excluant, aux Etats-Unis, deux postes dont la stabilité des prix est fortement contestable : l'alimentation et l'énergie. En Europe, beaucoup soupçonnent que le passage à l'euro a été une occasion exceptionnelle pour faire passer une bouffée d'inflation de façon quasi-invisible sur les biens de grande consommation. Que le pouvoir d'achat soit revenu au premier plan de l'agenda des politiques alors que l'inflation officielle n'est que de 3,5% - il était trois fois plus fort au début des années 1980 - témoigne que la mesure ne correspond pas à la réalité. On peut toutefois imaginer que les banques centrales disposent d'instruments de mesure mieux calibrés mais dont la communication publique des valeurs mesurées est interdite.
Par ailleurs, une forte période d'inflation est la seule issue pour que les pays occidentaux puissent substantiellement réduire leur dette dans un délai court.
Et quand on est à la tête d'une somme rondelette, comme les fonds d'investissement anglo-saxons, comment se prémunir de l'effet appauvrissant de ce démon économique ? En investissant dans quelque chose de concret, de fondamental : les matières premières, et surtout le pétrole.
Voilà pourquoi nous pourrions un jour voir le baril passer la barre des 1000 dollars, comme nous le suggérions dans notre dernière vidéo. Peut-être faudra-t-il dix ans, peut-être quinze, peut-être cinq. Peut-être jamais. Mais improbable n'est pas impossible.
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Cet article a initialement été publié sur le blog des Aerobar Films
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jusqu'a la dernière Goute
ptdr le baril à 1000$, on peut facilement X par 10
le jour ou un baril vaudra 10 000 $, il y aura toujours un acheteur
allez faire voler un F16 ou un rafale autrement qu'avec du pétrole
ce ne serra même plus une question d'inflation ou de masse monétaire ou de PIB à la con
juste qu'il n'existe pas de substitue au pétrole et que pour faire fonctionner un avion de chasse peu importe le prix
si même les derniers barils seront HORS de Prix pour le commun des Mortel, une entreprise ou un gouvernement qui se devra de posséder les derniers stocks et peu importe le prix
et nous assisterons à des enchères sanglantes ( guerre ) pour en avoir le dernier des privilèges
Aerobar, la limite monétaire
Aerobar, la limite monétaire posée par la fraction du PIB est indépendante des manipulations sur le calcul de l'inflation. Il y a une certaine masse monétaire en circulation, qui ne dépend pas de l'estimation de l'inflation que tu peux faire par ailleurs. Je peux bien écrire dans un journal que l'inflation est de 2 % ou de 80 %, ça ne change en rien ton pouvoir d'achat réel !
la question est : si le baril est de 1000 $, de combien peut etre le PIB mondial au meme moment? il me parait absurde qu'il continue à etre voisin de sa valeur actuelle de 50 000 milliards de $ et que le pétrole représente la moitié de ces échanges, parce que si on dépense la moitié de son argent au pétrole, on divise par deux le reste de ses consommations... et ça fait chuter d'autant la demande !
Donc un baril à 1000 $ supposerait que la masse monétaire échangée ait aussi considérablement cru pour "encaisser" cette dépense, et donc que les salaires aussi, juste parce qu'il faut bien le payer, ce pétrole !
mais la croissance de la masse monétaire ne peut etre due qu'à deux choses
* l'inflation
* ou la croissance , qui est calculée comme l'augmentation des échanges diminuée de l'inflation (le facteur déflateur)
en cas de croissance (en $courant) de la masse monétaire , toute manipulation sur l'inflation se répercute sur une manipulation sur la croissance (inflation sous-évaluée-> croissance surévaluée)
c'est probablement ce qui se passe , ok, mais..... ça ne concerne quand meme que des erreurs de quelques %/an !
de là à faire "avaler" une multiplication d'un facteur 10 du prix du baril..; ce qui voudrait dire soit que l'inflation est multipliée par un gros facteur (ce qui raménerait le prix du baril à des valeurs d'autant plus faibles en $ courant)... soit qu'on fasse apparaitre des taux de croissance de + 200, + 300 % ... ce qui est quand même une couleuvre un peu grosse à avaler non ?
Bingo
GillesH38 a écrit : "un baril à 1000 $ supposerait que la masse monétaire échangée ait aussi considérablement cru"
Oui, c'est bien le point de l'article : 1000 dollars le baril sont possibles, car nous retournons dans une phase inflationniste du système monétaire mondial.
On avait annoncé que le pic pétrolier ferait revenir l'inflation, il semblerait que les choses se passent plutôt dans l'ordre inverse.
On pourrait émettre l'hypothèse que l''économie mondiale était si fragile que le spectre du pic a suffi pour la faire s'effondrer, bien avant qu'il ne survienne.
In fine, le résultat est le même mais cela montre que la séquence des événements historiques est moins facile à anticiper que la fin de l'histoire ;-)
bien sur en cas de forte
bien sur en cas de forte inflation, tous les prix sont possible, meme un million de $ en cas d'hyperinflation !
Mais l'impact réel est celui en $ constants, le paramètre pertinent est donc plutot la part du PIB représenté par le marché du pétrole. Elle a assez considérablement augmenté, reste à savoir où se situe le point où une destruction de la demande devient inévitable. Il semble que des craquements se font entendre un peu partout....
Le sujet, c'est l'inflation
On ne cherche pas ici à savoir la fraction supportable du PIB mondial que peut représenter le pétrole, c'est le sujet d'un autre article.
L'article ci-dessus a pour seul but de rappeler que l'inflation est un facteur qui joue forcément un rôle dans la hausse des prix du pétrole, mais que bizarrement on n'en entend pas beaucoup parler dans les médias.