
Pétrole : usages et gaspillages
Une fois n'est pas coutume, nous sommes retournés à nos chères statistiques de l'Agence Internationale de l'Energie.

Nous voulions en effet approfondir la façon dont nous consommons le pétrole à travers le monde, et les données de l'Agence ont l'avantage de permettre de cerner précisément la consommation domestique - "domestique" est à prendre au sens de "à l'intérieur du pays concerné" - en produits pétroliers. En effet, si on se contente d'analyser les consommations nationales de pétrole brut, on arrive rapidement à raconter n'importe quoi.
Ce premier panorama nous montre plusieurs choses intéressantes.
D'abord, que nous Français consommons seulement deux fois moins de "pétrole-mobilité" que l'Américain moyen, et ce principalement parce que nous nous déplaçons moins. Ce n'est pas qu'une question de voracité de nos véhicules respectifs : nous utilisons deux fois moins de carburéacteur par tête de pipe alors que les avions sont presque les mêmes de part et d'autre de l'Atlantique. On notera que nos cousins Canadiens ne sont pas tellement moins consommateurs d'or noir que leurs voisins méridionaux : s'ils se déplacent un peu moins, ils ont néanmoins tendance à privilégier le fioul domestique pour leurs besoins industriels et de chauffage.
Ensuite, nos voisins d'Europe du Nord, notamment la Suède et le Danemark, malgré leur image plus verte que la nôtre, consomment en fait à peu près autant de pétrole que nous.
On s'aperçoit aussi qu'un Français consomme plus de pétrole qu'un Russe dans les usages stationnaires (principalement chauffage et production électrique). Ce n'est pas parce qu'il fait glacial dans les datcha et isba, bien au contraire, mais parce que ces dernières sont chauffées avec des combustibles plus adaptés (gaz, bois, charbon). Plus adaptés car c'est complètement stupide que de gaspiller un carburant liquide comme le fioul domestique pour se contenter de produire de la chaleur. Nos cousins Canadiens devraient également voir s'ils ne peuvent pas réduire leurs besoins pétroliers en usage stationnaire.
Enfin, on constate que le Chinois est loin de s'empiffrer de pétrole comme on a parfois tendance à le penser quand on regarde les montants en valeur absolue. Par contre, on remarque que le pétrole sert là-bas minoritairement (44% pour être précis) à des usages de mobilité auquel il est pourtant prédestiné.
Pourquoi ? Probablement parce que, pour alimenter en énergie (chaleur et électricité) les usines et les gratte-ciel qui poussent là-bas comme des champignons, on a recours à force chaudières au fioul, centrales électriques et groupes électrogènes, plutôt que d'attendre des solutions énergétiques plus adéquates à des besoins stationnaires.
Le cas le plus surprenant reste sans nul doute Cuba, souvent mythifié en société exemplaire de l'après-pétrole, et qui en consomme en fait deux fois plus par habitant que la Chine, essentiellement pour... produire de l'électricité, ce qui est peut-être le plus mauvais usage qu'on puisse faire du pétrole.
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Consommation par habitant
Je vois un problème avec ces calculs de consommation par habitant qui consiste à diviser la consommation nationale par le nombre d'habitants dans le fait qu'en Chine ou à Cuba par exemple, je doute que tous les habitants ont accès à l'énergie de la même manière que les canadiens ou les suédois. Un chinois de Shanghai est très différent d'un chinois de la campagne du Yunnan mais ce dernier est plus représentatif de la population chinoise.
La Chine, un cas à part
Il est vrai que diviser la deuxième consommation mondiale par un milliard et demi d'habitants ne peut pas fournir quelque chose de nuancé et décrivant complètement la situation.
Nous avons principalement cité ce chiffre-là pour mémoire.
A Cuba, par contre, tout le monde ou presque (élite dirigeante) est dans le même bateau.