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Globalisation : le pire est à venir

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C'est le titre du dernier ouvrage de Patrick Artus, chef économiste chez Natixis, que nous sommes allés écouter il y a quinze jours, au sein d'un aréopage d'experts-comptables et d'avocats.


L'analyse d'Artus se place ouvertement sur le plan de la macro-économie. Mais sur le plan de la micro-économie, et donc de la crise bancaire en cours, nombreux dans l'assistance voulaient savoir si le pire était effectivement à venir, sur les marchés actions par exemple.

L'économiste, salarié d'une banque qui n'a pas la cote en ce moment, a cherché à calmer le jeu sur le plan bancaire, prévoyant avec raison les résultats de la dernière réunion du G7. Pour lui, on finira bien par "réparer" la micro-économie et remettre le système bancaire sur pied.

Par contre, rien n'a changé sur le plan de la macro-économie : le modèle économique mondial reste inchangé, les Etats-Unis continuent à vivre de l'épargne du reste du monde, et notamment de celle des pays émergents, de plus en plus importants économiquement - Moyen-Orient et surtout la Chine depuis 15 ans -  qui continuent de soutenir le dollar en achetant des bons du Trésor parce que c'est bon pour leur commerce extérieur. Selon Artus, c'est ce phénomène - inimaginable lors de la définition des accords de Bretton-Woods - qui crée ces fameuses liquidités excédentaires qui perturbent de plus en plus violemment le système économique mondial. Bref, les bulles ne sont pas prêtes de s'arrêter.

La seule façon de changer de modèle, c'est d'abord de demander aux ménages états-uniens de recommencer à épargner au lieu de consommer. Ensuite, il faudrait sans doute de nouveaux accords à la Bretton-Woods, mais avec la Chine, le Moyen-Orient et le Brésil présents à la table : le G7 seul ne peut plus rien, l'économie émergente pesant désormais la moitié du PIB et du commerce mondiaux.

Or rien dans la position des USA ne permet de penser qu'ils sont prêts à changer de modèle. Quant à la Chine, elle a pour seul objectif de croître à vitesse maximum d'ici 2025, date à laquelle la politique de l'enfant unique fera enfin plafonner sa population. Sans doute a-t-elle pour dessein de proposer, à ce moment-là seulement ,de faire réviser le système économique, à son avantage vu le poids économique qu'elle aura alors acquis. D'ici là, la Chine aura cessé d'acheter de la dette états-unienne et préfèrera financer les Etats-Unis en s'offrant ses plus beaux actifs industriels, comme Microsoft ou General Electric.

Mais avant cela, la pierre d'achoppement principale sera les matières premières : pour Artus, si la croissance mondiale se maintient, on va commencer à se battre - au sens propre - avec la Chine pour les hydrocarbures et les métaux d'ici 5 ans : les débits de production des différentes filières minérales  ne sont plus capables de suivre la demande. A noter qu'il estime que le baril ne descendra pas en-dessous de $80 (hors spéculation) même en cas de récession.

Pour lui, heureusement, les produits alimentaires sont moins problématiques.

De notre point de vue, voilà qui conforte donc une vision du monde à moyen terme où la puissance économique des nations ne se mesurera plus en PIB, mais tout simplement en valeur des ressources minières et industrielles. Difficile alors de croire que les Etats-Unis délaisseront leurs gisements de charbon, comme le souhaitent certains climatologues...

On notera que M. Artus reconnaît la problématique piquiste, mais fait partie de ceux qui pensent que le problème de la raréfaction des matières premières n'est pas à l'origine de la présente crise, mais qu'il s'apprête à en provoquer une autre. C'est peut-être sombrer dans le syndrome de Milgram, mais nous avons tendance à privilégier cette thèse plutôt que celle qui prétend que la crise financière actuelle est en grande partie dûe à la récente flambée du pétrole.