Arabie saoudite : pourquoi le Mukaab, «le plus grand bâtiment du monde», pourrait-il ne jamais voir le jour ?
par CNEWS Publié le 03/02/2026
L'Arabie saoudite songe à mettre un terme à son projet de gratte-ciel colossal en forme de cube géant appelé «Mukaab», au sein de sa capitale, Riyad. En cause, le financement et la faisabilité de ce chantier, qui devraient être réévalués dans les prochains mois.
Il est peut-être déjà mort-né. Le «Mukaab», gigaprojet architectural annoncé en février 2023, a été réévalué et pourrait être construit dans des dimensions moindres, voire annulé, pour une meilleure maîtrise des coûts et une priorisation des dépenses du PIF, le fond d'investissement public saoudien.
Dans le cadre de son projet de constructions architecturales à horizon 2030, l'Arabie saoudite avait pourtant misé gros sur le «Mukaab», un cube monumental de 2 millions de m2, qui était l'un de ses chantiers les plus importants au même titre que «The Line» ou encore la zone touristique Qiddiya.
Mais les travaux de cet immense quadrilatère de 400 mètres sur 400 mètres ont été interrompus et pourraient ne jamais reprendre, selon diverses sources proches du dossier interrogées par l'agence de presse britannique Reuters.
«modifier ce projet, le reporter, en redéfinir le périmètre»
En octobre dernier, le PIF avait déjà annoncé un changement de stratégie visant à se concentrer sur la logistique, l'exploitation minière, l'IA et d'autres secteurs promettant de meilleurs rendements à court terme.
Le fond d'investissement a notamment déploré une une dépréciation de 8 milliards de dollars (6,7 milliards d'euros) sur les investissements dans les gigaprojets. De plus, le pays a souffert récemment de l'effondrement du prix du pétrole, nettement en dessous des niveaux attendus pour financer ces propositions architecturales.
Certaines sources proches du dossier ont donc précisé que certains projets étaient passés prioritaires par rapport au «Mukaab» ou bien «The Line», autre projet extraordinaire dont l'objectif était de bâtir une ville futuriste de 170 km de long et 200 mètres de large, grâce à des immenses parois en miroir de 500 mètres de hauteur.
Désormais, en matière d'architecture, les constructions principales aux yeux des dirigeants saoudiens sont celles qui seront nécessaires à la tenue de l'Exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde de football 2034, que devrait également accueillir ce pays du Proche-Orient.
«Nous sommes très transparents. Nous n'allons pas hésiter à dire que nous avons dû modifier ce projet, le reporter, en redéfinir le périmètre», avait déjà concédé la semaine dernière le ministre saoudien de l'Économie, Faisal al-Ibrahim.
S'il ne mentionnait alors aucun nom ni aucune ville, il apparaît désormais que le «Mukaab» pourrait être le premier projet de la capitale saoudienne à faire l'objet d'une réévaluation en raison de sa faisabilité.
«Essayer de résoudre un problème qui n'existe pas aujourd'hui, c'est un véritable défi», a déclaré dans ce sens l'une des personnes proches du dossier, ayant notamment accès aux délibérations du PIF.
Le «Mukaab» n'avait pas tardé à faire parler de lui en 2023, lors de sa présentation, comme l'une des constructions les plus ambitieuses de tous les temps. La structure devait représenter une surface représentant l'équivalent de 20 Empire State Buildings (381 mètres de haut et environ 1.000.000 de m3) offrant environ 2 millions de mètres carrés de surface intérieure, soit la plus grande structure du monde construite d'un seul tenant.
Le quartier dans lequel cette tour unique devait voir le jour, «Murabba», est quant à lui estimé à 50 milliards de dollars (43 milliards d'euros) par le cabinet de conseil immobilier Knight Frank. Un chiffre qui correspond au PIB de certains pays voisins de l'Arabie saoudite, comme la Jordanie.
Si son achèvement était d'abord fixé à 2030, il est finalement reporté à 2040.