par energy_isere » Aujourd’hui, 14:49
"Impossible d'investir au Venezuela": le patron du géant pétrolier américain ExxonMobil répond à Donald Trump
BFM Business 10 janv 2026
Lors d'une réunion avec Donald Trump, le patron du groupe pétrolier américain ExxonMobil a exprimé sa réticence à investir au Venezuela à ce stade, où les actifs de sa compagnie ont déjà été saisis deux fois.
Darren Woods, le patron du géant pétrolier américain ExxonMobil, a répondu à Donald Trump qu'il était "impossible d'investir" au Venezuela au vu des circonstances actuelles, ce vendredi 9 janvier lors d'une réunion à Washington.
"Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays, vous pouvez donc imaginer que pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires", a-t-il déclaré à Donald Trump.
"Si l'on examine les structures et les cadres juridiques et commerciaux actuellement en place au Venezuela, on constate qu'il est aujourd'hui impossible d'y investir", a assuré Darren Woods, se disant toutefois "convaincu" que la situation pourrait évoluer grâce à l'intervention de Washington.
"Si vous ne souhaitez pas y aller, faites-le-moi savoir, car j'ai 25 personnes, absentes aujourd'hui, prêtes à vous remplacer", a rétorqué Donald Trump, en poussant les grands groupes pétroliers à se lancer à l'assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.
Le chef d'État a réuni autour de lui à la Maison Blanche des poids lourds mondiaux des hydrocarbures, beaucoup d'Américains mais aussi l'italien Eni ou l'espagnol Repsol, une semaine après l'opération militaire américaine qui a mené à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas.
Des ressources sous contrôle américain
Selon lui, ceux-ci sont prêts à investir "au moins 100 milliards de dollars" au Venezuela. "Vous aurez une sécurité totale" pour opérer, a-t-il vanté durant l'échange, sans préciser quelles formes prendrait cette garantie de sécurité alors qu'il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l'activité pétrolière.
Mais, a-t-il prévenu, tout se fera sous l'égide des États-Unis, qui décideront quelles entreprises pétrolières pourront exploiter les énormes ressources du pays. Dans son plan, Caracas n'a pas son mot à dire.
"Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela, nous ne voulons pas que vous traitiez avec le Venezuela", a-t-il lancé.
C'était "une très bonne réunion avec les plus grandes entreprises partout dans le monde", a-t-il jugé à l'issue de la réunion. Seul à avoir gardé une licence au Venezuela, son concurrent américain Chevron s'est montré un peu plus enthousiaste qu'ExxonMobil.
Son vice-président, Mark Nelson, a assuré que la multinationale était "très impatiente d'aider (le Venezuela) à construire un meilleur avenir", mais n'a pas donné de détails plus concrets. ExxonMobil et ConocoPhillips ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l'ancien dirigeant Hugo Chavez qui imposaient que l'État devienne actionnaire majoritaire des entreprises présentes dans le pays.
Dans une déclaration transmise à l'AFP, ConocoPhillips a assuré avoir apprécié la discussion sur "la préparation du Venezuela à accueillir des investissements". Après la réunion, le ministre de l'Énergie, Chris Wright, a lui reconnu que "cela prendrait du temps" pour relancer la production au Venezuela.
Doutes sur la rentabilité à court terme
Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l'Arabie saoudite (267 milliards) et l'Iran.
Malgré cela, sa production est modeste, plafonnée à un million de barils par jour, sous l'effet du sous-investissement et des sanctions américaines. Le brut vénézuélien est par ailleurs plus visqueux que celui extrait aux États-Unis, ce qui rend son raffinage compliqué, coûteux et polluant.
Remettre à niveau les installations suppose d'investir des dizaines de milliards de dollars en dépit des inquiétudes sur l'instabilité politique. Washington exclut pour l'instant d'organiser des élections, préférant traiter avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, à laquelle la Maison Blanche entend "dicter" toutes ses décisions.
Rafael Queiroz, spécialiste du secteur pétrolier, prend l'exemple des "défaillances dans le système électrique" qui nuisent à l'industrie pétrolière pour illustrer le problème "structurel" auquel sera confronté tout investisseur potentiel au Venezuela.
"Les cinq phases de l'industrie pétrolière: l'exploration, la production, le raffinage, la commercialisation et le transport" posent problème, a-t-il souligné. "On parle beaucoup de la taille des réserves, mais ce qui manque dans la conversation, c'est de savoir comment les extraire de manière rentable", analyse pour sa part Rich Collett-White, spécialiste énergie de la société Carbon Tracker.
https://www.bfmtv.com/economie/entrepri ... 00217.html
[quote] [b][size=120]"Impossible d'investir au Venezuela": le patron du géant pétrolier américain ExxonMobil répond à Donald Trump[/size][/b]
BFM Business 10 janv 2026
Lors d'une réunion avec Donald Trump, le patron du groupe pétrolier américain ExxonMobil a exprimé sa réticence à investir au Venezuela à ce stade, où les actifs de sa compagnie ont déjà été saisis deux fois.
Darren Woods, le patron du géant pétrolier américain ExxonMobil, a répondu à Donald Trump qu'il était "impossible d'investir" au Venezuela au vu des circonstances actuelles, ce vendredi 9 janvier lors d'une réunion à Washington.
"Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays, vous pouvez donc imaginer que pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires", a-t-il déclaré à Donald Trump.
"Si l'on examine les structures et les cadres juridiques et commerciaux actuellement en place au Venezuela, on constate qu'il est aujourd'hui impossible d'y investir", a assuré Darren Woods, se disant toutefois "convaincu" que la situation pourrait évoluer grâce à l'intervention de Washington.
"Si vous ne souhaitez pas y aller, faites-le-moi savoir, car j'ai 25 personnes, absentes aujourd'hui, prêtes à vous remplacer", a rétorqué Donald Trump, en poussant les grands groupes pétroliers à se lancer à l'assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.
Le chef d'État a réuni autour de lui à la Maison Blanche des poids lourds mondiaux des hydrocarbures, beaucoup d'Américains mais aussi l'italien Eni ou l'espagnol Repsol, une semaine après l'opération militaire américaine qui a mené à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas.
[b]Des ressources sous contrôle américain
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Selon lui, ceux-ci sont prêts à investir "au moins 100 milliards de dollars" au Venezuela. "Vous aurez une sécurité totale" pour opérer, a-t-il vanté durant l'échange, sans préciser quelles formes prendrait cette garantie de sécurité alors qu'il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l'activité pétrolière.
Mais, a-t-il prévenu, tout se fera sous l'égide des États-Unis, qui décideront quelles entreprises pétrolières pourront exploiter les énormes ressources du pays. Dans son plan, Caracas n'a pas son mot à dire.
"Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela, nous ne voulons pas que vous traitiez avec le Venezuela", a-t-il lancé.
C'était "une très bonne réunion avec les plus grandes entreprises partout dans le monde", a-t-il jugé à l'issue de la réunion. Seul à avoir gardé une licence au Venezuela, son concurrent américain Chevron s'est montré un peu plus enthousiaste qu'ExxonMobil.
Son vice-président, Mark Nelson, a assuré que la multinationale était "très impatiente d'aider (le Venezuela) à construire un meilleur avenir", mais n'a pas donné de détails plus concrets. ExxonMobil et ConocoPhillips ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l'ancien dirigeant Hugo Chavez qui imposaient que l'État devienne actionnaire majoritaire des entreprises présentes dans le pays.
Dans une déclaration transmise à l'AFP, ConocoPhillips a assuré avoir apprécié la discussion sur "la préparation du Venezuela à accueillir des investissements". Après la réunion, le ministre de l'Énergie, Chris Wright, a lui reconnu que "cela prendrait du temps" pour relancer la production au Venezuela.
Doutes sur la rentabilité à court terme
Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l'Arabie saoudite (267 milliards) et l'Iran.
Malgré cela, sa production est modeste, plafonnée à un million de barils par jour, sous l'effet du sous-investissement et des sanctions américaines. Le brut vénézuélien est par ailleurs plus visqueux que celui extrait aux États-Unis, ce qui rend son raffinage compliqué, coûteux et polluant.
Remettre à niveau les installations suppose d'investir des dizaines de milliards de dollars en dépit des inquiétudes sur l'instabilité politique. Washington exclut pour l'instant d'organiser des élections, préférant traiter avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, à laquelle la Maison Blanche entend "dicter" toutes ses décisions.
Rafael Queiroz, spécialiste du secteur pétrolier, prend l'exemple des "défaillances dans le système électrique" qui nuisent à l'industrie pétrolière pour illustrer le problème "structurel" auquel sera confronté tout investisseur potentiel au Venezuela.
"Les cinq phases de l'industrie pétrolière: l'exploration, la production, le raffinage, la commercialisation et le transport" posent problème, a-t-il souligné. "On parle beaucoup de la taille des réserves, mais ce qui manque dans la conversation, c'est de savoir comment les extraire de manière rentable", analyse pour sa part Rich Collett-White, spécialiste énergie de la société Carbon Tracker.
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