par energy_isere » 31 janv. 2026, 14:50
"Regardez votre carte de paiement, il faut absolument qu'il y ait le badge CB": pourquoi la députée européenne Aurore Lalucq veut qu'on exige de nos banques d'avoir le logo CB sur nos cartes Visa ou Mastercard
BFM Business 30 janv 2026
La députée européenne Aurore Lalucq alerte sur la dépendance croissante de l’Europe à Visa et Mastercard, plaidant pour le maintien du co-badging avec le réseau français Cartes Bancaires — voire la création d’un système de paiement européen — afin de préserver la souveraineté économique, juridique et financière face aux acteurs américains.
"Regardez votre carte de paiement, il faut absolument qu'il y ait deux badges: Visa/Mastercard, et Cartes Bancaires surtout."
Dans une vidéo sur les réseaux sociaux, la députée européenne Aurore Lalucq (Place Publique) encourage les Français à exiger d'avoir un logo CB.
En effet, si les clients des banques françaises ont soit une carte Visa, soit une carte Mastercard, qui sont des groupes américains, certains ont en plus un badge Cartes Bancaires.
Le réseau Cartes Bancaires (CB) est une infrastructure française, opérée par les banques nationales et soumise au droit français et européen. À l’inverse, Visa et Mastercard sont des groupes américains, soumis au droit américain et à ses contraintes extraterritoriales.
En pratique, une carte co-badgée CB/Visa ou CB/Mastercard permet encore à la France de traiter la majorité des paiements domestiques sur son propre réseau. Mais la montée en puissance de cartes "Visa ou Mastercard only", notamment via les néobanques, accentue la dépendance européenne à des acteurs étrangers.
À chaque paiement par carte Visa ou Mastercard, une partie des frais acquittés par les commerçants quitte mécaniquement l’Europe. Si la commission d’interchange, qui est plafonnée par l’UE à 0,2% pour les cartes de débit et 0,3% pour les cartes de crédit revient à la banque du client, les frais de réseau, eux, sont directement facturés par Visa et Mastercard. Ils sont estimés entre 0,05% et 0,15% par transaction, auxquels s’ajoutent parfois des frais fixes.
Ces montants, modestes à l’unité, représentent plusieurs milliards d’euros par an à l’échelle européenne et sont captés par des groupes américains.
Au-delà du montant, c’est la dépendance structurelle qui inquiète. Ces frais de réseau financent des acteurs soumis au droit américain, capables de modifier unilatéralement leurs tarifs ou leurs règles d’accès.
"Tous nos moyens de paiement sont américains et ça devient un sujet, constate Aurore Lalucq. Cartes Bancaires, initialement, c'est fait pour payer en France et Visa/Mastercard quand vous devez payer à l'étranger. Sauf qu'aujourd'hui, même en France, on utilise de plus en plus Visa/Mastercard. C'est vraiment essentiel pour des questions de souveraineté, pour des questions de sécurité, parce que Trump peut nous couper, qu'il y ait ces deux badges."
Un "Airbus des systèmes de paiement"
Car à l’inverse, lorsqu’un paiement est traité via le réseau CB, les commissions restent majoritairement dans l’écosystème français et européen, sous juridiction locale. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de numérisation totale des paiements, cette différence alimente le débat sur la souveraineté économique: accepter une dépendance durable aux réseaux américains ou préserver des infrastructures de paiement contrôlées en Europe.
Chaque paiement par carte génère des données sensibles et des commissions. Sans réseau domestique, ces flux quittent l’Europe.
"Il faut faire en sorte qu'on ait un "Airbus des systèmes de paiement", explique Aurore Lalucq. C'est de faire en sorte qu'on ait notre Visa/Mastercard européen. On a Cartes Bancaires en France, il y a Bancontact par exemple en Belgique, mais il faut faire en sorte qu'on ait de l'interopérabilité et qu'on puisse payer européen en Europe."
Depuis plus de dix ans, l’Union européenne tente de créer un réseau paneuropéen capable de rivaliser avec Visa et Mastercard (EPI, European Payments Initiative). Mais le projet se heurte à plusieurs obstacles: fragmentation des systèmes bancaires nationaux, désaccords entre grandes banques sur le partage des coûts et de la gouvernance, rentabilité incertaine face à des géants déjà amortis, et manque de soutien politique fort au départ. Résultat : des projets ambitieux, mais lents, coûteux et régulièrement revus à la baisse.
https://www.bfmtv.com/economie/regardez ... 00706.html
[quote][b]"Regardez votre carte de paiement, il faut absolument qu'il y ait le badge CB": pourquoi la députée européenne Aurore Lalucq veut qu'on exige de nos banques d'avoir le logo CB sur nos cartes Visa ou Mastercard[/b]
BFM Business 30 janv 2026
La députée européenne Aurore Lalucq alerte sur la dépendance croissante de l’Europe à Visa et Mastercard, plaidant pour le maintien du co-badging avec le réseau français Cartes Bancaires — voire la création d’un système de paiement européen — afin de préserver la souveraineté économique, juridique et financière face aux acteurs américains.
"Regardez votre carte de paiement, il faut absolument qu'il y ait deux badges: Visa/Mastercard, et Cartes Bancaires surtout."
Dans une vidéo sur les réseaux sociaux, la députée européenne Aurore Lalucq (Place Publique) encourage les Français à exiger d'avoir un logo CB.
En effet, si les clients des banques françaises ont soit une carte Visa, soit une carte Mastercard, qui sont des groupes américains, certains ont en plus un badge Cartes Bancaires.
Le réseau Cartes Bancaires (CB) est une infrastructure française, opérée par les banques nationales et soumise au droit français et européen. À l’inverse, Visa et Mastercard sont des groupes américains, soumis au droit américain et à ses contraintes extraterritoriales.
En pratique, une carte co-badgée CB/Visa ou CB/Mastercard permet encore à la France de traiter la majorité des paiements domestiques sur son propre réseau. Mais la montée en puissance de cartes "Visa ou Mastercard only", notamment via les néobanques, accentue la dépendance européenne à des acteurs étrangers.
À chaque paiement par carte Visa ou Mastercard, une partie des frais acquittés par les commerçants quitte mécaniquement l’Europe. Si la commission d’interchange, qui est plafonnée par l’UE à 0,2% pour les cartes de débit et 0,3% pour les cartes de crédit revient à la banque du client, les frais de réseau, eux, sont directement facturés par Visa et Mastercard. Ils sont estimés entre 0,05% et 0,15% par transaction, auxquels s’ajoutent parfois des frais fixes.
Ces montants, modestes à l’unité, représentent plusieurs milliards d’euros par an à l’échelle européenne et sont captés par des groupes américains.
Au-delà du montant, c’est la dépendance structurelle qui inquiète. Ces frais de réseau financent des acteurs soumis au droit américain, capables de modifier unilatéralement leurs tarifs ou leurs règles d’accès.
"Tous nos moyens de paiement sont américains et ça devient un sujet, constate Aurore Lalucq. Cartes Bancaires, initialement, c'est fait pour payer en France et Visa/Mastercard quand vous devez payer à l'étranger. Sauf qu'aujourd'hui, même en France, on utilise de plus en plus Visa/Mastercard. C'est vraiment essentiel pour des questions de souveraineté, pour des questions de sécurité, parce que Trump peut nous couper, qu'il y ait ces deux badges."
Un "Airbus des systèmes de paiement"
Car à l’inverse, lorsqu’un paiement est traité via le réseau CB, les commissions restent majoritairement dans l’écosystème français et européen, sous juridiction locale. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de numérisation totale des paiements, cette différence alimente le débat sur la souveraineté économique: accepter une dépendance durable aux réseaux américains ou préserver des infrastructures de paiement contrôlées en Europe.
Chaque paiement par carte génère des données sensibles et des commissions. Sans réseau domestique, ces flux quittent l’Europe.
"Il faut faire en sorte qu'on ait un "Airbus des systèmes de paiement", explique Aurore Lalucq. C'est de faire en sorte qu'on ait notre Visa/Mastercard européen. On a Cartes Bancaires en France, il y a Bancontact par exemple en Belgique, mais il faut faire en sorte qu'on ait de l'interopérabilité et qu'on puisse payer européen en Europe."
Depuis plus de dix ans, l’Union européenne tente de créer un réseau paneuropéen capable de rivaliser avec Visa et Mastercard (EPI, European Payments Initiative). Mais le projet se heurte à plusieurs obstacles: fragmentation des systèmes bancaires nationaux, désaccords entre grandes banques sur le partage des coûts et de la gouvernance, rentabilité incertaine face à des géants déjà amortis, et manque de soutien politique fort au départ. Résultat : des projets ambitieux, mais lents, coûteux et régulièrement revus à la baisse.
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https://www.bfmtv.com/economie/regardez-votre-carte-de-paiement-il-faut-absolument-qu-il-y-ait-le-badge-cb-pourquoi-la-deputee-europeenne-aurore-lalucq-veut-qu-on-exige-de-nos-banques-d-avoir-le-logo-cb-sur-nos-cartes-visa-ou-mastercard_AN-202601300706.html