par energy_isere » Aujourd’hui, 16:36
Sénégal : le turc Yamata s’engage dans la construction de la deuxième raffinerie du pays
Agence Ecofin 24 sept 2026
Depuis le démarrage de Sangomar en 2024, le Sénégal accélère son développement pétrolier et cherche parallèlement à renforcer ses capacités de raffinage afin de réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers.
Le mercredi 23 septembre, la Société africaine de raffinage (SAR), seule raffinerie publique du Sénégal, a conclu avec le groupe turc Yamata un protocole d’accord pour la construction d’une deuxième raffinerie de pétrole dans le pays. Selon les informations relayées sur le site du gouvernement sénégalais, le projet nécessitera entre 2 et 3 milliards de dollars. La nouvelle unité sera dotée d’une capacité de raffinage de 4 millions de tonnes par an, destinée à traiter le brut provenant du champ pétrolier offshore de Sangomar ainsi qu’une large gamme de pétroles bruts.
Dans le cadre du protocole d’accord, Yamata s’engage à assurer l’ingénierie, les achats et la construction de la nouvelle raffinerie, tout en mobilisant son financement avec ses partenaires. Le montage annoncé doit être réalisé sans garantie souveraine de l’État sénégalais. La signature ouvre désormais la voie à la finalisation des études d’ingénierie de détail, présentées comme la dernière étape avant le démarrage de la construction.
Le partenariat prévoit également la modernisation de la raffinerie de Mbao, première raffinerie de pétrole du pays, dotée d’une capacité de 1,5 million de tonnes par an et actuellement exploitée par la SAR. Cette opération représente un investissement supplémentaire de 300 à 500 millions de dollars.
Un projet en gestation depuis 2023
Le projet d’une deuxième raffinerie ne date toutefois pas de l’accord conclu avec Yamata. Baptisé SAR 2.0, il a été lancé en 2023 par les autorités sénégalaises.
Selon la Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie et des mines 2025-2029, il prévoit la construction d’une raffinerie de dernière génération adossée à un complexe pétrochimique. L’objectif est de porter la capacité totale de raffinage du pays à 5,5 millions de tonnes par an, afin de couvrir l’intégralité de la demande intérieure. En décembre 2024, l’avancement du projet était évalué à 10 %.
Yamata s’est ensuite progressivement positionné sur ce projet. En août 2025, le groupe turc avait engagé des discussions à Istanbul avec les autorités sénégalaises autour du financement et de la mise en œuvre de SAR 2.0. Ces discussions ont été suivies, un an plus tard, par la signature du protocole d’accord avec la SAR, qui formalise l’implication du groupe turc dans la réalisation de la nouvelle raffinerie.
Pour l’heure, la date de démarrage des travaux de construction de la deuxième raffinerie n’est pas encore connue. Les modalités économiques de la participation de Yamata restent également à préciser. Si le protocole lui confie l’ingénierie, les achats, la construction et la mobilisation du financement, les informations rendues publiques ne détaillent toutefois ni les conditions de rémunération de Yamata ni les modalités d’exploitation de la future raffinerie.
Une forte dépendance aux importations
En attendant l’entrée en service de la deuxième raffinerie du pays, le Sénégal devrait continuer à approvisionner une grande partie de ses besoins en produits pétroliers finis sur le marché international.
Les données compilées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) montrent que le pays a importé en moyenne 3,45 millions de tonnes de produits pétroliers finis par an entre 2021 et 2025. Sur la même période, la facture associée à ces achats s’est élevée à près de 1 480 milliards de francs CFA (2,5 milliards de dollars) par an en moyenne.
Le volume moyen de produits pétroliers finis importé sur la période est ainsi plus de deux fois supérieur à la capacité annuelle de raffinage de Mbao, ce qui illustre l’écart que le projet cherche à réduire.
Pour Dakar, l’enjeu est donc de rapprocher davantage la production de pétrole brut du pays de ses besoins en produits raffinés, afin de réduire progressivement sa dépendance aux importations et la facture associée à ces achats. L’ambition du projet dépasse toutefois la seule couverture de la demande intérieure. Selon les informations communiquées lors de la signature du protocole d’accord, la nouvelle raffinerie doit également permettre de dégager des volumes excédentaires destinés aux marchés de la sous-région.
https://www.agenceecofin.com/actualites ... ie-du-pays
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Agence Ecofin 24 sept 2026
[b] Depuis le démarrage de Sangomar en 2024, le Sénégal accélère son développement pétrolier et cherche parallèlement à renforcer ses capacités de raffinage afin de réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers.[/b]
Le mercredi 23 septembre, la Société africaine de raffinage (SAR), seule raffinerie publique du Sénégal, a conclu avec le groupe turc Yamata un protocole d’accord pour la construction d’une deuxième raffinerie de pétrole dans le pays. Selon les informations relayées sur le site du gouvernement sénégalais, le projet nécessitera entre 2 et 3 milliards de dollars. La nouvelle unité sera dotée d’une capacité de raffinage de 4 millions de tonnes par an, destinée à traiter le brut provenant du champ pétrolier offshore de Sangomar ainsi qu’une large gamme de pétroles bruts.
Dans le cadre du protocole d’accord, Yamata s’engage à assurer l’ingénierie, les achats et la construction de la nouvelle raffinerie, tout en mobilisant son financement avec ses partenaires. Le montage annoncé doit être réalisé sans garantie souveraine de l’État sénégalais. La signature ouvre désormais la voie à la finalisation des études d’ingénierie de détail, présentées comme la dernière étape avant le démarrage de la construction.
Le partenariat prévoit également la modernisation de la raffinerie de Mbao, première raffinerie de pétrole du pays, dotée d’une capacité de 1,5 million de tonnes par an et actuellement exploitée par la SAR. Cette opération représente un investissement supplémentaire de 300 à 500 millions de dollars.
[b]Un projet en gestation depuis 2023[/b]
Le projet d’une deuxième raffinerie ne date toutefois pas de l’accord conclu avec Yamata. Baptisé SAR 2.0, il a été lancé en 2023 par les autorités sénégalaises.
Selon la Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie et des mines 2025-2029, il prévoit la construction d’une raffinerie de dernière génération adossée à un complexe pétrochimique. L’objectif est de porter la capacité totale de raffinage du pays à 5,5 millions de tonnes par an, afin de couvrir l’intégralité de la demande intérieure. En décembre 2024, l’avancement du projet était évalué à 10 %.
Yamata s’est ensuite progressivement positionné sur ce projet. En août 2025, le groupe turc avait engagé des discussions à Istanbul avec les autorités sénégalaises autour du financement et de la mise en œuvre de SAR 2.0. Ces discussions ont été suivies, un an plus tard, par la signature du protocole d’accord avec la SAR, qui formalise l’implication du groupe turc dans la réalisation de la nouvelle raffinerie.
Pour l’heure, la date de démarrage des travaux de construction de la deuxième raffinerie n’est pas encore connue. Les modalités économiques de la participation de Yamata restent également à préciser. Si le protocole lui confie l’ingénierie, les achats, la construction et la mobilisation du financement, les informations rendues publiques ne détaillent toutefois ni les conditions de rémunération de Yamata ni les modalités d’exploitation de la future raffinerie.
[b]Une forte dépendance aux importations[/b]
En attendant l’entrée en service de la deuxième raffinerie du pays, le Sénégal devrait continuer à approvisionner une grande partie de ses besoins en produits pétroliers finis sur le marché international.
Les données compilées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) montrent que le pays a importé en moyenne 3,45 millions de tonnes de produits pétroliers finis par an entre 2021 et 2025. Sur la même période, la facture associée à ces achats s’est élevée à près de 1 480 milliards de francs CFA (2,5 milliards de dollars) par an en moyenne.
Le volume moyen de produits pétroliers finis importé sur la période est ainsi plus de deux fois supérieur à la capacité annuelle de raffinage de Mbao, ce qui illustre l’écart que le projet cherche à réduire.
Pour Dakar, l’enjeu est donc de rapprocher davantage la production de pétrole brut du pays de ses besoins en produits raffinés, afin de réduire progressivement sa dépendance aux importations et la facture associée à ces achats. L’ambition du projet dépasse toutefois la seule couverture de la demande intérieure. Selon les informations communiquées lors de la signature du protocole d’accord, la nouvelle raffinerie doit également permettre de dégager des volumes excédentaires destinés aux marchés de la sous-région.
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