par energy_isere » 03 févr. 2026, 18:51
Intelligence artificielle : 35 000 agents du CNRS vont s’appuyer sur un agent conversationnel développé par Mistral AI
Après les 10 000 agents publics, ce sont les 35 000 employés du CNRS qui bénéficient des services de la start-up française Mistral avec un assistant conversationnel généraliste sécurisé développé par ses soins.
Célia Séramour le 3 février 2026
Depuis le 17 décembre dernier, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) propose aux agents qui le souhaitent d’utiliser un agent conversationnel dopé à l’IA générative développé par le fleuron français Mistral AI. Le contrat entre les deux acteurs remonte à octobre dernier, signé en toute discrétion alors que l’Etat ouvrait à cette période l’expérimentation de son propre assistant IA - également développé par la start-up - auprès de 10 000 de ses agents de la fonction publique.
Une batterie de tests en amont
Déployé depuis près de deux mois désormais, l’assistant IA du CNRS, baptisé Emmy, doit servir aux 35 000 agents de l’organisme. “Il a été conçu de manière sécurisée, avec un processus d’authentification bien défini, afin de s’assurer que seul le personnel du CNRS puisse y accéder”, précise François Pouget, directeur général délégué aux ressources du CNRS.
Cet accord est le résultat de près d’un an de travail, poursuit François Pouget. Dès la fin de l’année 2024, un agent conversationnel sécurisé a été mis sur pied, “élaboré notamment à partir de modèles libres fournis par Mistral AI”, explique-t-il. Testé en interne par près de 600 agents volontaires, ce POC a permis d’identifier les besoins des agents et de peaufiner l’assistant.
Un outil souverain respectueux du RGPD
L’intérêt de faire appel à Mistral AI réside dans sa capacité à comprendre les subtilités de la langue française et à mieux contextualiser le travail des agents du CNRS : ses modèles étant notamment entraînés sur des bases de données en français, le centre de recherche a tout à gagner en s’appuyant sur ce type de système.
François Pouget prône par ailleurs une certaine forme de souveraineté, expliquant que Mistral AI fait partie des rares alternatives aux LLM développés par des acteurs américains et chinois. “En signant ce partenariat avec Mistral AI, nous sommes assurés que les données des agents du CNRS qui utilisent l’outil Emmy seront hébergées au sein de datacenters situés sur le sol européen notamment soumis au RGPD et à l’IA Act, garantissant la sécurité de l’usage des données et leur intégrité”.
Un outil d’IA généraliste pour aider au quotidien
Emmy se veut généraliste dans ses fonctions : il peut traduire des textes dans toutes les langues, assure la synthèse de documents, propose une aide à la reformulation et une aide à la réflexion, permet d’effectuer des recherches sur le web et assure également la reconnaissance de textes et d’images. Pour s’assurer de la véracité des informations rapportées par Emmy, les sources sont toujours fournies lors de recherches effectuées sur le web : le CNRS reste conscient des biais et des problèmes d’hallucinations inhérents aux modèles.
L’assistant est également capable de traiter les questions formulées par les utilisateurs, étape par étape, afin de proposer des réponses pertinentes. Il est possible de lui apporter des éléments de contexte permettant d’enrichir les questions, en ajoutant par exemple des publications scientifiques ou des contenus de thèses qu’Emmy va ensuite pouvoir synthétiser.
L’intérêt est que l’outil conserve une trace des informations qui lui ont été fournies afin d’apporter la réponse la plus adaptée et la plus pertinente possible. François Pouget précise en effet qu’Emmy n’exploite ni ne réutilise les prompts et les documents saisis par les utilisateurs dans le but d’entraîner les modèles d’intelligence artificielle et autres produits développés par Mistral AI.
Une interdiction d’utiliser d’autres IA grand public
Pour le CNRS, c’est le début d’une transformation numérique importante, pour ses usagers, c’est un moyen de prendre en main les outils d’IA générative sans y être forcé. En effet, l’outil Emmy est proposé aux agents, mais ces derniers n’ont aucune obligation de l’utiliser. A date, plus de 7000 usagers ont déjà activé leur compte pour utiliser l’outil Emmy. “Sa mise en place est progressive, et nous constatons que le nombre d’utilisateurs augmente tous les jours. Nous avons déjà reçu de premiers retours positifs de la part des agents, et plusieurs demandes d’assistance concernant l’outil”.
Toutefois, l’usage d’autres outils aux fonctionnalités similaires, dans le cadre du travail des agents, est strictement interdit. Un document rendu disponible auprès des agents présente les conditions d’utilisation d’Emmy au CNRS et proscrit l’utilisation de toute autre IA généraliste grand public. Une charte encadrant l’utilisation de l’IA au sein de l’organisme est aussi en cours de préparation.
En outre, plusieurs modules de formation vidéo et de sensibilisation à l’utilisation des outils d’IA générative sont proposés aux agents afin de sensibiliser le personnel du CNRS à propos de l’utilisation de ces outils d’IA. “Il s’agit notamment de mettre en avant les conditions d’utilisation ainsi que les limites liées à ces usages”, ajoute François Pouget. A l’avenir, une formation ciblant spécifiquement les prompts devrait être mise en place.
https://www.usine-digitale.fr/intellige ... EI6LQ.html
[quote][b] Intelligence artificielle : 35 000 agents du CNRS vont s’appuyer sur un agent conversationnel développé par Mistral AI
[/b]
Après les 10 000 agents publics, ce sont les 35 000 employés du CNRS qui bénéficient des services de la start-up française Mistral avec un assistant conversationnel généraliste sécurisé développé par ses soins.
Célia Séramour le 3 février 2026
Depuis le 17 décembre dernier, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) propose aux agents qui le souhaitent d’utiliser un agent conversationnel dopé à l’IA générative développé par le fleuron français Mistral AI. Le contrat entre les deux acteurs remonte à octobre dernier, signé en toute discrétion alors que l’Etat ouvrait à cette période l’expérimentation de son propre assistant IA - également développé par la start-up - auprès de 10 000 de ses agents de la fonction publique.
Une batterie de tests en amont
Déployé depuis près de deux mois désormais, l’assistant IA du CNRS, baptisé Emmy, doit servir aux 35 000 agents de l’organisme. “Il a été conçu de manière sécurisée, avec un processus d’authentification bien défini, afin de s’assurer que seul le personnel du CNRS puisse y accéder”, précise François Pouget, directeur général délégué aux ressources du CNRS.
Cet accord est le résultat de près d’un an de travail, poursuit François Pouget. Dès la fin de l’année 2024, un agent conversationnel sécurisé a été mis sur pied, “élaboré notamment à partir de modèles libres fournis par Mistral AI”, explique-t-il. Testé en interne par près de 600 agents volontaires, ce POC a permis d’identifier les besoins des agents et de peaufiner l’assistant.
Un outil souverain respectueux du RGPD
L’intérêt de faire appel à Mistral AI réside dans sa capacité à comprendre les subtilités de la langue française et à mieux contextualiser le travail des agents du CNRS : ses modèles étant notamment entraînés sur des bases de données en français, le centre de recherche a tout à gagner en s’appuyant sur ce type de système.
François Pouget prône par ailleurs une certaine forme de souveraineté, expliquant que Mistral AI fait partie des rares alternatives aux LLM développés par des acteurs américains et chinois. “En signant ce partenariat avec Mistral AI, nous sommes assurés que les données des agents du CNRS qui utilisent l’outil Emmy seront hébergées au sein de datacenters situés sur le sol européen notamment soumis au RGPD et à l’IA Act, garantissant la sécurité de l’usage des données et leur intégrité”.
Un outil d’IA généraliste pour aider au quotidien
Emmy se veut généraliste dans ses fonctions : il peut traduire des textes dans toutes les langues, assure la synthèse de documents, propose une aide à la reformulation et une aide à la réflexion, permet d’effectuer des recherches sur le web et assure également la reconnaissance de textes et d’images. [color=#FF0000]Pour s’assurer de la véracité des informations rapportées par Emmy, les sources sont toujours fournies lors de recherches effectuées sur le web[/color] : le CNRS reste conscient des biais et des problèmes d’hallucinations inhérents aux modèles.
L’assistant est également capable de traiter les questions formulées par les utilisateurs, étape par étape, afin de proposer des réponses pertinentes. Il est possible de lui apporter des éléments de contexte permettant d’enrichir les questions, en ajoutant par exemple des publications scientifiques ou des contenus de thèses qu’Emmy va ensuite pouvoir synthétiser.
L’intérêt est que l’outil conserve une trace des informations qui lui ont été fournies afin d’apporter la réponse la plus adaptée et la plus pertinente possible. François Pouget précise en effet qu’Emmy n’exploite ni ne réutilise les prompts et les documents saisis par les utilisateurs dans le but d’entraîner les modèles d’intelligence artificielle et autres produits développés par Mistral AI.
Une interdiction d’utiliser d’autres IA grand public
Pour le CNRS, c’est le début d’une transformation numérique importante, pour ses usagers, c’est un moyen de prendre en main les outils d’IA générative sans y être forcé. En effet, l’outil Emmy est proposé aux agents, mais ces derniers n’ont aucune obligation de l’utiliser. A date, plus de 7000 usagers ont déjà activé leur compte pour utiliser l’outil Emmy. “Sa mise en place est progressive, et nous constatons que le nombre d’utilisateurs augmente tous les jours. Nous avons déjà reçu de premiers retours positifs de la part des agents, et plusieurs demandes d’assistance concernant l’outil”.
Toutefois, l’usage d’autres outils aux fonctionnalités similaires, dans le cadre du travail des agents, est strictement interdit. Un document rendu disponible auprès des agents présente les conditions d’utilisation d’Emmy au CNRS et proscrit l’utilisation de toute autre IA généraliste grand public. Une charte encadrant l’utilisation de l’IA au sein de l’organisme est aussi en cours de préparation.
En outre, plusieurs modules de formation vidéo et de sensibilisation à l’utilisation des outils d’IA générative sont proposés aux agents afin de sensibiliser le personnel du CNRS à propos de l’utilisation de ces outils d’IA. “Il s’agit notamment de mettre en avant les conditions d’utilisation ainsi que les limites liées à ces usages”, ajoute François Pouget. A l’avenir, une formation ciblant spécifiquement les prompts devrait être mise en place.
[/quote]
https://www.usine-digitale.fr/intelligence-artificielle/ia-generative/intelligence-artificielle-35-000-agents-du-cnrs-vont-sappuyer-sur-un-agent-conversationnel-developpe-par-mistral-ai.G4MWKC55XRCLPOKRVKGVFEI6LQ.html