Filiére bois - energie

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots malveillants.
Émoticônes
:D :geek: :ugeek: :ghost: :wtf: :-D :) :-) :-( :-o :shock: :? 8-) :lol: :-x :-P :oops: :cry: :evil: :twisted: :roll: ;) ;-) :!: :?: :idea: :arrow: :-| :mrgreen: =D> #-o =P~ :^o [-X [-o< 8-[ [-( :-k ](*,) :-" O:) =; :-& :-({|= :-$ :-s \:D/ :-#
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [flash] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Filiére bois - energie

Re: Filiére bois - energie

par energy_isere » 18 juin 2020, 21:07

Européenne de biomasse planifie 50 à 100 millions d’euros d’investissements à Fessenheim

PHILIPPE BOHLINGER Usine Nouvelle 18/06/2020

Européenne de biomasse compte mobiliser entre 50 et 100 millions d’euros à Fessenheim (Haut-Rhin) en vue de produire des granules de bois à haut pouvoir calorifique ou "black pellets".

Européenne de biomasse, une société d’ingénierie basée à Paris, annonce son intention d’investir entre 50 et 100 millions d’euros à Fessenheim (Haut-Rhin) dans une usine de granules de bois à haut pouvoir calorifique ou "black pellets". Le projet prendrait pied sur la future zone d’activité EcoRhéna dont les 200 hectares au bord du Rhin doivent compenser les pertes d’emplois liées à l’arrêt de la centrale nucléaire.

Jean-Baptiste Marin, le PDG d’Européenne de biomasse, explique "avoir engagé des études en vue de construire à Fessenheim une unité de production d’une capacité de 125 000 à 250 000 pellets par an. Afin de mener à bien ce projet, nous nous associerons à des investisseurs, comme nous avons pu le faire dans la Marne".

Européenne de biomasse mettra en service en septembre 2020 à Pomacle-Bazancourt (Marne) une unité capable de produire 130 000 tonnes de "black pellets" à partir de résidus forestiers. 110 millions d’euros y ont été injectés et 40 emplois directs créés par la PME française et ses partenaires, le fonds Meridiam et la Banque des territoires. Ces derniers se sont associés au sein d’une société dédiée, FICA HPCI, en vue d’assurer la maîtrise d’ouvrage, la gestion et l’exploitation des installations. Meridiam détient 80,5 % des parts, la Banque des territoires 14,5 % et Européenne de biomasse 5 %.

La technologie repose sur le vapocraquage du bois, qui permet d’obtenir sous haute température et forte pression, un granule bois de couleur noire "dont le potentiel énergétique est supérieur de 40 % à un pellet classique", assure Jean-Baptiste Marin. A Pomacle-Bazancourt, les énergies électrique et thermique nécessaires aux procédés sont fournies par une centrale de cogénération biomasse dont la mise en service interviendra cet été. Une telle unité ne devrait pas être associée au projet alsacien, précise l’entreprise.
https://www.usinenouvelle.com/article/e ... im.N976861

Re: Filiére bois - energie

par energy_isere » 01 mai 2020, 23:29

Comprendre la filière du chauffage automatique au bois en vidéo

Frédéric DOUARD19 mars 2020

Vidéo réalisée par la société Hargassner France et qui explique les fondamentaux du chauffage au bois au bois déchiqueté : ressource, combustion, économie, utilisation, entretien et témoignages.
14mn de vidéo : https://www.bioenergie-promotion.fr/650 ... -en-video/

Re: Filiére bois - energie

par energy_isere » 01 mai 2020, 21:29

Les cendres issues de la combustion du bois possèdent des caractéristiques intéressantes pour être valorisées sur des sols agricoles ou forestiers.

Frédéric DOUARD15 avril 2020

La société Biocombustibles SAS est l’un des principaux acteurs du Schéma régional des cendres issues des chaufferies bois en Normandie.

Ce schéma organise le maillage de huit plateformes de stockage mutualisées sur le territoire normand pour la valorisation agronomique des cendres foyères par un retour au sol sur la base d’un gisement est de 4000 tonnes par an. Ce schéma doit démontrer l’intérêt agronomique des cendres comme fertilisant minéral renouvelable, alternatif aux fertilisants commerciaux, et la simplicité de l’épandage des cendres.

L’exemple de l’épandage de Brosville dans le département de l’Eure a servi d’exemple pour cette vidéo.
vidéo : https://www.bioenergie-promotion.fr/658 ... replanter/

La valorisation agricole des cendres de bois de la papeterie de Saillat-sur-Vie

Frédéric DOUARD15 avril 2020

Les cendres de bois issues de la combustion de bois non pollué, récupérées sous les grilles des chaudières, peuvent constituer un excellent apport de minéraux forts utiles à la croissance des plantes et donc à l’agriculture. Afin d’éviter de mettre ce produit en décharge, pratique qui génère un gaspillage de matière noble et des coûts en pure perte, le fabricant de papier International Paper a initié dès 1996 une réflexion sur la valorisation agricole des 10 000 tonnes de cendres issues chaque année de la combustion d’écorces dans la chaudière de son site de production de Saillat-sur-Vienne.

Après une première étape de rapprochement avec le monde agricole au travers de la mise en place d’un partenariat avec les Chambres d’Agriculture de la Haute-Vienne et de Charente, des études avec essais en plein champs ont été engagées pour définir précisément la valeur agronomique des cendres et les seuils d’écotoxicité. En 2000, les conditions ont ainsi pu être réunies pour engager une procédure de plan d’épandage agricole. Les premières cendres ont ainsi pu être épandues dès 2001.

Pour encadrer et faciliter la gestion de cette activité avec ses nombreux intervenants, il a ensuite été décidé de constituer un Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental, Cendrecor qui est la contraction de cendres d’écorces. Cette association, qui regroupe les 100 agriculteurs du plan d’épandage, encadre ainsi la valorisation à chacune de ses étapes : qualité, logistique, agronomie et gestion administrative.

Image
vidéo 5 mn https://www.bioenergie-promotion.fr/658 ... e-saillat/

Re: Filiére bois - energie

par mobar » 04 mars 2020, 08:39

energy_isere a écrit :
03 mars 2020, 20:17
C'est bien ce qui a été fait à la centrale de Cestas en Gironde.

superficie de 260 hectares pour une puissance globale de 300 MWc, production annuelle estimée à 350 GWh.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_ ... _de_Cestas

( c'est à dire 350/260 = 1346 MWh par ha, pas 2000 comme le dit Mobar, on a pas l'ensoleillement comme en Algérie ou au Maroc)

Si ma mémoire est juste il y a eu pas mal d'ha de foret abattue pour l' implanter, genre ce que fait Tesla prés de Berlin.
Image

Si on avait fait une centrale électrique biomasse alimenté par les 260 hectares de forêt qui ont été équipés de PV, cette surface aurait produit bon an mal an, 2 600 tonnes de bois (4 MWh PCI/t) soit 10 000 MWh de PCI, transformé par la chaudière et le GTA en 3.5 GWh d'électricité (rendement élec = 35%)

Une centrale biomasse et la surface de forêt nécessaire pour l'alimenter produit 100 fois moins d'électricité qu'une centrale PV installée sur la même surface
CQFD

Pourquoi continu t'on à construire et installer des centrales biomasse? :-"

On doit avoir trop de bois et trop d'électricité :wtf: :wtf:

Re: Filiére bois - energie

par mobar » 04 mars 2020, 08:17

En cogénération, ta production d'électricité, elle est déterminée par le design de ton équipement ET par la demande de chaleur du réseau, tu ne peux pas l'ajuster à une demande d'électricité variable, c'est exactement pareil qu'une énergie intermittente avec la différence que la production (d'élec) est dépendante d'une demande (de chaleur) imprévisible. Le débit de bois qui est appelé par la chaudière, il est déterminé par la demande de chaleur. L'électricité produite c'est une conséquence de ce débit d'alimentation.

L'électricité produite par une cogénération biomasse est une électricité fatale, non modulable, imprévisible et non ajustable!

Re: Filiére bois - energie

par GillesH38 » 04 mars 2020, 08:08

mobar a écrit :
04 mars 2020, 07:41
L'électricité, qu'elle provienne du bois, du nuke ou du soleil, elle n'est stockable qu'avec un équipement additionnel
évidemment, mais dans les centrales thermiques, tu ne stockes pas l'électricité, tu stockes le combustible !!!

Re: Filiére bois - energie

par mobar » 04 mars 2020, 07:41

L'électricité, qu'elle provienne du bois, du nuke ou du soleil, elle n'est stockable qu'avec un équipement additionnel

Ce qui est important, c'est l'adéquation de la production avec la demande. Quand tu produit 40 fois plus d'énergie sur la même surface foncière avec du PV, tu peux te payer du stockage, faire du Power to Gas, de l'hydrogène ... et générer bien plus de valeur ajoutée qu'avec une centrale de cogé qui n'est opérationnelle en moyenne que 4 000 heures par an. La puissance électrique d'une cogé n'est pas ajustable à la demande, elle est fonction de la chaleur qui est appelée par le réseau, c'est la même chose qu'un équipement hydraulique qui produit au fil de l'eau … avec la différence que tu ne peux même pas intervenir sur le débit turbiné!

Ce que je veux dire, c'est qu'il y a 20 ans, quand ont été lancés les premiers appel d'offres biomasse de la CRE, le PV coutait beaucoup plus cher qu'aujourd'hui, que le bois était sous exploité, que les centrales de cogé étaient dans l'air du temps … mais qu'aujourd'hui les conditions de marché, les technologies, les couts, les disponibilités des la ressource bois ont considérablement changées et que, ce qui était envisageable et compétitif hier, ne l'est plus du tout en 2020!

Dans un cas, tu payes une ressource bois qui devient de plus en plus chére et tu dois gérer des rejets qui te coutent un bras (analyses fumées, gestion des cendres, personnel de conduite en 3x8, maintenance …), de l'autre tu disposes d'une ressource gratuite qui t'est délivrée à cout zéro chaque jour, sans qu'un escroc ou un commerçant puisse venir t'en priver

YAPAFOTO, et de beaucoup!

Re: Filiére bois - energie

par Jeuf » 03 mars 2020, 22:23

mobar a écrit :
03 mars 2020, 18:41
e 230 000 hectares de forêt durablement gérée

Cette surface équipée en PV aurait produit (0.9 MWc/ha et 2000 h/an) avec un stockage de rendement 70% sur batteries de l'ordre de 120 TWh d'électricité disponible à la demande

Soit 40 fois plus à la grosse!
Content qu'on retrouve des ordre de grandeurs similaire.
Comment dépenser l'argent du contribuable et de l'espace foncier pour développer une filière qui gaspille la ressource et produit une électricité que l'on n'a pas besoin!
Chaque énergie a ses avantages, l'un des plus importants pour le bois est d'être stockable.
La place occupée est un critère mais pas le seul.
Le PV c'est bien d'en faire, et plus massivement encore , mais il s'agira bien à un moment de stocker de l'été à l'hiver. Même sans chauffage électrique, il est clair qu'on consomme plus en hiver, et on produit moins.

On n'est pas obligé de voir un gaspillage d'argent public dans chaque décision.

Sur le fait qu'il n'y aurait pas besoin d'électricité, il se trouve qu'il semble bien qu'on en consomme pourtant.

Re: Filiére bois - energie

par energy_isere » 03 mars 2020, 20:34

GillesH38 a écrit :
03 mars 2020, 17:50
parce que la centrale à bois permet de produire de l'électricité quand on en a besoin et pas quand les nuages le décident...
et aussi parce que les centrales à bois font en général de la cogénération. C'est à dire électricité, et la chaleur thermique va dans les réseaux de chauffage urbain.

A 3 km de chez moi se construit la centrale à biomasse BioMax, sur le site du CEA. (j'en ai déjà parlé par ailleurs)

Image

Ca c'est une vue de synthése, et les travaux se terminant ça y ressemble sacrément. Sauf qu'entre temps les peupliers à coté de la route ont étés abattus pour les travaux routier d’élargissement en cours.
Je passe la très exactement tous les jours.
Biomax est une centrale de cogénération qui produira de la chaleur et de l’électricité à partir d’un générateur de vapeur de 40 MW.

La chaleur produite sera, à la fois, diffusée dans le réseau de chauffage urbain et utilisée pour produire de l’électricité via un groupe turbo-alternateur.

À terme, Biomax produira 220 GWh d’énergie par an, soit 183 GWh de chaleur et 37 GWh d’électricité.

Concrètement, Biomax permettra d’alimenter entre 15 000 et 20 000 logements en chauffage urbain, et 10 000 logements en électricité.

Biomax, qui palliera la fermeture prochaine de la chaufferie au fioul lourd du CEA, sera raccordé au réseau de chaleur métropolitain qui compte déjà trois chaudières principales (Athanor, La Poterne et Villeneuve).
https://www.lametro.fr/125-biomax.htm

Re: Filiére bois - energie

par energy_isere » 03 mars 2020, 20:17

C'est bien ce qui a été fait à la centrale de Cestas en Gironde.

superficie de 260 hectares pour une puissance globale de 300 MWc, production annuelle estimée à 350 GWh.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_ ... _de_Cestas

( c'est à dire 350/260 = 1346 MWh par ha, pas 2000 comme le dit Mobar, on a pas l'ensoleillement comme en Algérie ou au Maroc)

Si ma mémoire est juste il y a eu pas mal d'ha de foret abattue pour l' implanter, genre ce que fait Tesla prés de Berlin.

Re: Filiére bois - energie

par mobar » 03 mars 2020, 18:41

Calcul de coin de table
En 2018, d'après la CRE la puissance électrique installée des centrales biomasse est de 634 MWe et la production d'électricité de 2.8 TWh soit une durée d'exploitation à la puissance nominale de 4 416 heures dans l'année
https://bilan-electrique-2018.rte-franc ... on-totale/#

En considérant un rendement moyen de 30% (électricité produite/PCI bois) et un PCI sur bois entrant de 4 MWh/tonne, ces centrales ont consommé un peu plus de 2.3 millions de tonnes de bois, soit la production annuelle de 230 000 hectares de forêt durablement gérée

Cette surface équipée en PV aurait produit (0.9 MWc/ha et 2000 h/an) avec un stockage de rendement 70% sur batteries de l'ordre de 120 TWh d'électricité disponible à la demande

Soit 40 fois plus à la grosse!

Comment dépenser l'argent du contribuable et de l'espace foncier pour développer une filière qui gaspille la ressource et produit une électricité que l'on n'a pas besoin!

Re: Filiére bois - energie

par mobar » 03 mars 2020, 18:00

Le potentiel électrique d'une surface de PV est 100 fois celui de la même surface de forêt, c'est amplement suffisant pour produire a la demande via des solutions de stockage

Si tu considères une baisse de rendement de 50% due au stockage d'élec PV, la centrale PV produira au moins 50 fois plus d'énergie que la centrale biomasse et cerise sur le gâteau cette énergie pourra être ajustée en temps réel à la consommation

Ce que ne sait faire la centrale biomasse qu'avec des pertes de rendement élevées dès lors que l'on s'éloigne du nominal

Et je ne te parle pas des cout amont de la filière biomasse (plantation, abattage, transport, broyage, séchage stockage …) ni des couts d'exploitation, de maintenance, d'évacuation des cendres, d'appro de réactifs ... qui dans le cas du PV sont tout simplement inexistants!

Re: Filiére bois - energie

par GillesH38 » 03 mars 2020, 17:50

parce que la centrale à bois permet de produire de l'électricité quand on en a besoin et pas quand les nuages le décident...

Re: Filiére bois - energie

par mobar » 03 mars 2020, 17:30

La filière bois-énergie pour produire de l'électricité, c'est du gaspillage de matière, d'énergie, de main d'oeuvre et d'espace foncier!

1 ha de forêt produit en accroissement biologique naturel, 10 tonnes de matière sèche de bois par hectare et par an, soit 50 MWh de PCI qui après combustion génèrera péniblement 20 MWh d'électricité avec un cycle combiné de grande capacité à 40% de rendement

1 ha de panneaux photovoltaïque (1 MWc) produira 2 000 MWh d'électricité par an soit 100 fois plus que la centrale biomasse ce qui laisse de la marge pour du stockage batterie ou Power to Gas

La centrale PV sera encore capable de produire 80% de la puissance initiale après 30ans de fonctionnement alors que la centrale thermique à bois sera bonne à ferrailler

Je ne comprends pas pourquoi on persiste dans cette voie! :-k

Re: Filiére bois - energie

par energy_isere » 17 janv. 2020, 22:36

La filière bois énergie entre soutien, dynamisme et controverse

le 2 janvier 2020 par Joël Spaes dans Énergie

La filière bois énergie reste au milieu du gué. D’une part, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, vient de désigner 14 projets lauréats du troisième appel d’offres en faveur de la cogénération biomasse, représentant un volume de 74,1 MW, qui bénéficieront du soutien de l’Etat. D’autre part, cette troisième période d’appel d’offres avec soutien pourrait bien être la dernière ; la version connue de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ne prévoit plus en effet d’aider cette filière à l’avenir.

La troisième période de l’appel d’offres lancé en février 2016 portant sur 180 MW au total et acté mi-décembre porte, en détail, sur un volume annuel de 50 MW de nouvelles installations «bois énergies» de plus de 300 kW et de 10 MW pour de nouvelles installations de méthanisation de plus de 500 kW. Les installations lauréates produiront de l’électricité renouvelable pour un volume total de 600 GWh par an et de la chaleur renouvelable à hauteur de 2 800 GWh par an.

Les 14 projets lauréats de cette troisième période disposeront d’un contrat de complément de rémunération de l’électricité garanti pendant 20 ans avec un tarif de 113 €/MWh en moyenne. Pour les installations «bois énergie» de plus de 3 MW, le prix moyen atteint 109 €/MWh.

Besoin de soutien

Les professionnels de la filière bois énergie, de l’amont à l’aval, représentés au sein du CIBE (Comité Interprofessionnel du Bois- Energie), de FBF (France bois forêt), de la Fedene (Fédération des services énergie environnement, spécialiste des réseaux de chaleur notamment), de la FNB (Fédération nationale du bois) et du SER (Syndicat des énergies renouvelables) se sont réjouis des bons résultats de cet appel d’offres qui traduit le dynamisme du secteur et qui confirme la pertinence de cette énergie pour accompagner la transition énergétique et l’objectif de neutralité carbone que s’est fixé notre pays. Cependant, à l’aune de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), ils rappellent que cette troisième période de l’appel d’offres pourrait marquer la fin du soutien public à la production combinée de chaleur et d’électricité à partir de bois énergie.

Pourtant, les cogénérations bois énergie présentent de nombreux atouts, insistent les professionnels. Tout d’abord, avec un niveau d’efficacité énergétique supérieur ou égal à 75%, ces cogénérations à haut rendement produisent plus de 2,5 MWh de chaleur renouvelable pour 1 MWh d’électricité. Elles sont, en effet, en mesure de fournir de l’électricité en période de forte demande tout en maintenant leur capacité à produire majoritairement de la chaleur tout au long de l’année.

«Le soutien public à la production d’électricité renouvelable constitue donc également une aide à la production de chaleur renouvelable», martèlent les syndicats professionnels, «en complément du Fonds chaleur, et contribue à l’atteinte des objectifs de chaleur renouvelable que la France s’est fixés.»

La PPE se donne comme objectif de porter la part d’origine renouvelable (biomasse, pompes à chaleur, géothermie, biogaz, solaire thermique) de 22% en 2017 à 33% en 2023 et à 38% en 2028. La production de chaleur renouvelable devrait ainsi passer de 154 TWh en 2016 à 196 TWh en 2023, pour la première période de la PPE 2019-2023 puis entre 157 TWh et 169 TWh en 2028. Mais sur ces chiffres, la biomasse solide pèse lourd, avec 123 TWh produits en 2016 et 145 TWh prévus en 2023, puis de 157 TWh à 169 TWh en 2028. Certes, la PPE veut porter à 9,5 millions le nombre de foyers équipés d’un chauffage au bois labellisé, et raccorder 3,4 millions de logement à un réseau de chaleur… Mais les professionnels estiment que la place de la cogénération bois doit exister dans la PPE. Ils soulignent en effet que : «Cette production d’énergie tout au long de l’année, qui nécessite des approvisionnements constants et pas seulement en période hivernale, permet à la filière amont de production de bois énergie de se structurer et d’investir dans des outils d’exploitation, de production et de transformation grâce à des contrats de fourniture qui s’inscrivent dans la durée. Elle permet à l’industrie française du bois de gagner en compétitivité et d’améliorer la création de valeur du fait d’un investissement qui autorise à la fois la production d’une énergie décarbonée et la valorisation de la chaleur dans un dispositif de séchage des bois, préalable indispensable au développement d’unités de deuxième et troisième transformation.»

Et les particules ?

Enfin, chaque année au moment des pics de pollution hivernaux, revient sur la table la question des émissions de particules des chaudières au bois des particuliers, accusées de tous les maux. Côté grosses chaudières, elles sont en effet plus récentes et souvent avec des flux largement maîtrisés.

Une fois encore les professionnels du secteur, SER en tête, montent au créneau, rappelant que 82% de ces particules proviennent de chauffage au bois avec «foyers ouverts» (l’âtre par lequel le Père Noël passe…) installés depuis des années chez les particuliers. Des aides financières existent pour renouveler le parc de la prime à l’achat de chaudières performantes – notamment grâce au travail des industriels du secteur et de la R&D menées avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) – au Fonds Air Bois mis en œuvre par les collectivités territoriales.

La profession du bois énergie rappelle que les émissions de particules seront divisées par deux en huit ans grâce au remplacement des foyers ouverts et des appareils anciens, dès 2020. En poursuivant cette tendance, une nouvelle réduction par deux, voire plus (avec du combustible de qualité), est accessible dès 2030.

Ainsi, comparé aux autres énergies non renouvelables, le bois rejette très peu de gaz à effet de serre (26g/kWh contre autour de 220 g/kWh pour le gaz) grâce à la gestion durable des forêts, le CO2 rejeté lors de la combustion étant absorbé par la croissance des arbres.
https://www.techniques-ingenieur.fr/act ... rse-74270/

Haut