Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

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Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par mobar » 19 nov. 2019, 19:46

Energie et agriculture
Une conf intéressante sur le sujet de l'autosuffisance énergétique de l'agriculture
https://youtu.be/6Dyc_Ubp8E8

En substance, il dit que sans énergies fossiles, l'agriculture mondiale sera capable de nourrir en 2100 environ 1 milliard d'humains ayant le régime actuel et au max 10 milliards de vegan stricts selon le taux de recyclage des nutriments et de la biomasse

La démographie revient au centre du jeu

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par BenBen813 » 11 nov. 2019, 00:03

Et pour la SNCF !

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par energy_isere » 10 nov. 2019, 23:03

Supprimer le glyphosate aura un coût élevé, estime un rapport parlementaire

AFP•10/11/2019

Le calendrier prévu de suppression du glyphosate sera difficile à tenir partout en l'état actuel des connaissances, et aura un coût élevé pour les agriculteurs, estime un rapport parlementaire demandant à l'Etat de préciser rapidement les cultures qui "bénéficieront d'une dérogation" d'utilisation en 2021.
.........
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... be987929c8

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par energy_isere » 08 nov. 2019, 23:30

En 2017, près de 20 % des agriculteurs ne se sont pas versé de revenu

BOURSORAMA AVEC AFP SERVICES•08/11/2019

Selon l'Insee, le revenu moyen des agriculteurs en France s'est élevé à 1.390 euros en 2017. La viticulture reste le secteur le plus prospère avec un revenu moyen de 2.790 euros par mois.

Près de 20 % des agriculteurs français ont déclaré un revenu nul, voire un déficit de leur exploitation en 2017, selon un rapport de l'Insee publié jeudi 7 novembre. Toutefois, le revenu moyen affiché est en augmentation, à 1.390 euros mensuels.

La part d'exploitations sans revenus "est particulièrement élevée dans la production de céréales et grandes cultures (30 %) et dans l'élevage d'ovins, caprins, équidés et autres animaux (28 %)" , selon l'institut des statistiques. Pour les céréaliers, cela peut s'expliquer par l'onde de choc provoquée par une année de récolte catastrophique en France en 2016, doublée d'une chute des cours mondiaux.

Moins de 1.000 euros pour les céréaliers
Une situation qui a continué d'affecter les fermes françaises en 2017, la commercialisation des grains étant à cheval sur deux années. Résultat, les céréaliers, traditionnellement la façade prospère de la ferme France, ont dégagé en moyenne un revenu net avant impôts inférieur à 1.000 euros par mois cette année-là (+6,7 %).

En moyenne, les exploitants agricoles ont enregistré un revenu net imposable mensuel moyen de 1.390 euros par mois en 2017, en progression de 8,2% par rapport à 2016, avec d'énormes écarts selon les productions. Sans surprise, la viticulture est le secteur le plus prospère , avec un revenu moyen de 2.790 euros par mois, mais en recul de 3,9 % par rapport à 2016.

Moins de 1.100 euros pour les éleveurs bovins
En bas de l'échelle, les éleveurs d'ovins, caprins, équidés ont engrangé un revenu moyen de 620 euros par mois. Un chiffre en recul de 9 % par rapport à celui de 2016.

Pour les éleveurs bovins, si l'année n'a pas été florissante, elle a connu un mieux en 2017 : avec 1.100 euros de revenu par mois, ils ont bénéficié d'une forme de "rattrapage" (+15,9 %). Dans le même temps, les revenus des agriculteurs en polyculture-élevage voyaient leur revenu moyen passer à 1.090 euros, une progression de 25,2%.

En 2016, ils avaient subi l'effondrement des prix du lait dû à la fin des quotas laitiers en 2015.
https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 19ce52570d

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par energy_isere » 07 nov. 2019, 18:55

L' agriculture de l'Oise va conserver ses champs !

Image

Abandon du projet.

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/eur ... n-20191107

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par Silenius » 30 oct. 2019, 21:54

Remundo a écrit :
11 oct. 2019, 21:09
une vidéo très intéressante publiée par des élites africaines s'exprimant dans un français impeccable.

https://www.youtube.com/watch?time_cont ... 3XPg4Zxiy4

où on voit la conséquence des magouilles fomentées par les grands groupes laitiers ploutocratiques et mondialistes : la ruine des agriculteurs en Afrique ET en Europe sur le lait, pour le plus grand bénéfice de quelques "petits" profiteurs.

y'a même de l'huile de palme, comme cerise sur le gâteau...
En France, un camion laitier collecte 15 000 litres de lait pour 75 km, soit 200 litres de lait collectes / km parcouru.
http://www.filiere-laitiere.fr/fr/filie ... illon-fort

Au Senegal :
Malgrécescontraintes,laLaiterieduBergertente,avecl'appuiduGret,uneONGdedéveloppement,d'élargirlazonedecollecteautourdesonusinedeRichardToll,aunorddupays,àdespopulationsd'éleveurstrèséloignéesetquirestentaujourd'huimarginaliséesfautededébouchés. Ainsi, deux ou trois équipes sillonnent des pistes sablonneuses pour collecter en moyenne 1500 litres de lait par jour auprès d'éleveurs peuls vivant de manière isolée et dispersée


https://www.alimenterre.org/system/file ... e_lait.pdf

Aucune chance que la production locale soit competitive, trop de km et pas assez de lait par producteur, et la collecte s'arrete en saison seche car les eleveurs locaux ne font aucun stock de fourrage (pas dans la mentalite locale).

Sans oublier l'insecurite, ici au Burkina :
Depuis 2015, l’insécurité ne cesse de prendre de l’ampleur, notamment dans les régions du Nord, du Centre-Nord, le Sahel et l’Est. Les pasteurs voient ainsi l’exercice de leur métier devenir de plus en plus difficile. Ils assistent, impuissant à la destruction et au vol de leurs animaux. Les pâturages et les pastorales sont devenus inaccessibles.

Les pasteurs et agropasteurs sont contraints de fuir face à la menace des bandits et à l’action des groupes radicaux. Dans ce contexte, !’approvisionnement en aliment bétail est quasi impossible. Les laiteries, quant à elle, n’ont plus de lait pour tourner. Collecter et livrer du lait est devenu très risqué.

Du coup, les laiteries sont en train de fermer les unes après les autres, laissant dans la précarité un grand nombre de femmes et de ménages sans revenus. Pour beaucoup, la solution est de partir en attendant des jours meilleurs. Face à cette problématique, l’Union Nationale des mini-laiteries et Producteurs de Lait local du Burkina a lancé la réflexion lors des 72 heures du lait local qui se tient à Ouagadougou du 24 au 26 octobre 2019

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par Silenius » 24 oct. 2019, 21:25

mobar a écrit :
11 oct. 2019, 23:51
La même magouille a été faite il y a 30 ans avec les poulets PàC par le groupe Doux tu les trouvais dans les supermarché d'Abidjan 2 fois moins cher que les poulets bicyclette locaux
Les producteurs locaux ont été mis sur la paille en moins de 2
http://amaizo.info/2012/06/27/poulet-bi ... icain/9769
Le critère majeur de rentabilité en elevage de poulet de chair, c'est l'indice de consommation = kg d'aliment/kg de poulet
-indice de consommation poulet export d'un poids de 1,6kg = 1,62 kg d'aliment/kg de poulet https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q ... RtATnhq2hz

-indice de consommation poulet Africain = 7 a 12 kg d'alimentkg d'aliment/kg de poulethttps://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q ... K0vbJ4wkCv

Le poulet Africain produit 6 fois moins pour la meme quantite d'aliment ingérée .
Si la technique etait maitrisee par les Africains, ils devraient etre beaucoup moins cher que les exports europe, car pas de frais de chauffage, pas de normes a respecter, pas de batiments couteux, main d'oeuvre 20 fois moins chere...
Le Bresil et la Thailande y arrivent et concurrencent nos produits.

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par mobar » 24 oct. 2019, 06:58

Nourrir des poissons avec des insectes, ça parait plus rationnel que de leur donner des granulés de tourteaux de soja
S'il faut construire des usines à insectes et transporter dans toute l'Europe des sacs de vers et de mouches, c'est peut être pas si performant que ça parait
Un peu shaddock, le principe

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par LeLama » 23 oct. 2019, 23:15

Du point de vue risques sanitaires et maladies dans les élevages, ca parait sensé, parce que la barriere des especes est plus épaisse avec les insectes. Faudra quand meme voir en pratique, notamment le cout...

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par energy_isere » 23 oct. 2019, 19:34

En Picardie, Innovafeed mise sur l'économie circulaire pour devenir le leader des protéines d'insectes

ADELINE HAVERLAND Usine Nouvelle 23/10/2019

MADE IN FRANCE La start-up Innovafeed s'apprête à inaugurer, à Nesle dans la Somme, la plus grande usine d'insectes du monde. Un site qui doit permettre à la start-up de s'imposer comme le leader de la protéine d'insectes pour l'alimentation animale.

Image
'usine Innovafeed doit ouvrir ses portes en avril 2020


Les bâtiments sont sortis de terre, les silos dominent déjà la plaine de Nesle en Picardie... Il ne manque plus que l'installation des process pour que l'usine d'Innovafeed soit prête à ouvrir ses portes. C'est en effet ici, au nord de Compiègne, pays de la betterave, que la start-up spécialiste des larves de mouche entend inaugurer, au premier trimestre 2020, la plus grande usine d'insectes du monde.

Remplacer les farines animales

Dans les 10 000 mètres carré du site, Innovafeed produira des protéines dérivées de larves de mouches pour l'alimentation animale et plus particulièrement en aquaculture. "La protéine d’insecte est un ingrédient performant, compétitif et à faible impact environnemental", explique l'entreprise. Cette protéine doit permettre notamment de remplacer les farines de poissons actuellement utilisées pour nourrir les poissons d’élevage tels que les truites ou les saumons.

Innovafeed produira également des engrais et des huiles d'insectes pour substituer l'huile de soja utilisée dans l'alimentation des poulets. "La production de protéines reste prépondérante, mais comme nous sommes une usine zéro déchet, les trois produits sont indissociables les uns des autres", précise Clément Ray, co-fondateur de l'entreprise.

La plus grande usine d'insectes du monde

Le site, qui a nécessité un investissement de 50 millions d'euros, devrait être la plus grande usine d'insectes du monde tant "en matière de performance que de capacité", annonce Clément Ray. Au total, plus de 10 000 tonnes de protéines devraient sortir chaque année de l'usine de Nesle.

De quoi permettre à l'entreprise française de se positionner en leader sur le marché de la protéine animale pour l'aquaculture. Autorisée seulement depuis fin 2013, l'utilisation des insectes pour alimenter les poissons est encore un secteur émergent. "Grâce au soutien et à l'agilité de tous les services de l'Etat, nous avons réussi à faire sortir de terre notre projet en moins de 15 mois", se réjouit Clément Ray. Cette rapidité nous permet aujourd'hui d'avoir un à deux ans d'avance sur nos principaux concurrents, notamment étrangers."

Economie circulaire

Pour atteindre ses objectifs, Innovafeed mise sur un modèle industriel intégré. "Le choix de Nesle n'a pas été fait au hasard", précise Clément Ray. La ville picarde accueille déjà sur son sol l'amidonerie de Tereos avec qui Innovafeed a signé un accord. "Nous allons récupérer les co-produits de Tereos qui seront la matière première nécessaire à l’alimentation des insectes," explique Clément Ray. Les sites du sucrier français et d'Innovafeed sont reliés par des tuyaux pour éviter les coûts logistiques. "Grâce à cette co-localisation, nous économisons 9 000 transports en camion par an".

Mais la symbiose industrielle ne s'arrête pas là. InnovaFeed intégrera également son process de production avec celui de la chaufferie biomasse voisine. "Ce partenariat nous permettra de récupérer 90GWh par an d’énergie fatale", indique Clément Ray, de quoi réaliser une économie de 35 000 tonnes de CO2 par an.

Cinq nouveaux sites d'ici 2022

Des choix loin d'être anecdotiques puisqu'ils devraient permettre à la start-up de réduire de 25% ses coûts de production. "Le choix de la localisation représente un véritable avantage pour avoir le produit le plus compétitif possible", ajoute le fondateur de la start-up.

Innovafeed entend reproduire ce modèle intégré dans les cinq unités de production qu'elle ambitionne d'inaugurer d'ici à 2022.
https://www.usinenouvelle.com/article/e ... es.N896644

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par kercoz » 12 oct. 2019, 15:40

Remundo a écrit :
12 oct. 2019, 14:50
en effet... 8-[
Stocks de survie européens bradés en afrique:
http://www.web-agri.fr/conduite-elevage ... 39053.html

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par mobar » 11 oct. 2019, 23:51

La même magouille a été faite il y a 30 ans avec les poulets PàC par le groupe Doux tu les trouvais dans les supermarché d'Abidjan 2 fois moins cher que les poulets bicyclette locaux
Les producteurs locaux ont été mis sur la paille en moins de 2
http://amaizo.info/2012/06/27/poulet-bi ... icain/9769

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par Remundo » 11 oct. 2019, 21:09

une vidéo très intéressante publiée par des élites africaines s'exprimant dans un français impeccable.

https://www.youtube.com/watch?time_cont ... 3XPg4Zxiy4

où on voit la conséquence des magouilles fomentées par les grands groupes laitiers ploutocratiques et mondialistes : la ruine des agriculteurs en Afrique ET en Europe sur le lait, pour le plus grand bénéfice de quelques "petits" profiteurs.

y'a même de l'huile de palme, comme cerise sur le gâteau...

Re: Le déclin inéluctable de l'industrie agricole française.

par energy_isere » 09 oct. 2019, 19:44

L'Ile-de-France, nouveau terrain de jeu du chanvre

AFP•09/10/2019

Dans le village de Maisoncelles-en-Brie, en Seine-et-Marne, la récolte du chanvre qui a débuté en septembre est sur le point de s'achever et l'odeur qui se dégage des plants se confond à s'y méprendre avec celle de son cousin cannabis.
Les tiges vertes s'élèvent jusqu'à trois mètres et donnent une impression de forêt tropicale, un décor qui détonne dans ce coin céréalier d'Ile-de-France.

Depuis quelques années, la culture du chanvre revient au goût du jour dans la région et la filière s'organise pour offrir des débouchés variés à cette plante ancestrale comme dans la construction automobile, l'alimentaire ou encore le cosmétique.

"La principale différence avec le cannabis est que le taux de THC est inférieur à 0,2% donc on peut très bien le fumer, ça ne fera aucun effet", averti Eric Grange, directeur de Planète Chanvre, entreprise qui récolte et transforme la plante.

"Facile à cultiver", le chanvre a "un fort intérêt agronomique", explique Franck Barbier, agriculteur francilien et président de Planète Chanvre. "Une fois semée, la plante ne demande pas d'intervention humaine jusqu'à sa récolte, aucun produit phytosanitaire n'est nécessaire, pas besoin d'eau non plus et elle étouffe les mauvaises herbes." Une plante qui se conduit comme un "aspirateur des sols".

Ainsi, une culture de blé peut gagner "jusqu'à 10% de rendement" après le passage du chanvre, indique Rémi Baudouin, conseiller à la chambre d'agriculture d'Ile-de-France.

Ces arguments ont séduit près de 200 agriculteurs franciliens qui y consacrent 2.200 hectares, principalement en Seine-et-Marne et dans l'Essonne. La superficie a doublé en 8 ans, précise la chambre d'agriculture, alors que cette culture avait disparu des parcelles franciliennes jusqu'en 2008.

- "Tout est bon dans le chanvre" -
Le chanvre était autrefois utilisé pour les cordages, "on parle de Christophe Colomb et d'autres qui ont traversé les océans grâce au chanvre", raconte M. Grange. "Ensuite, le coton est arrivé et c'est une industrie qui a disparu."

Désormais, les enjeux environnementaux poussent les grands industriels à se pencher à nouveau sur cette plante écologique qui pourra "faire vos jeans de demain", assure-t-il.


"Tout est bon dans le chanvre": la graine appelée chènevis est riche en omégas 3 et 6, elle a un goût de noisette et peut se consommer telle quelle; on retrouve aussi le chanvre sous forme de farine, d'huile et de crème cosmétique.

La fibre, partie extérieure de la tige du chanvre, est utilisée dans la papeterie, le textile ou encore la plasturgie.

"On allège une voiture en réalisant l'intérieur de la porte en chanvre. Le véhicule sera moins consommateur en essence ou en diesel. C'est ce que recherchent aujourd'hui les grands de l'automobile", explique M. Grange, dont la société équipe des constructeurs allemands.

- Béton de chanvre -

Quant à la chènevotte - le coeur de la tige -, elle permet de fabriquer du béton de chanvre lorsqu'on la mélange à la chaux. "Le procédé n'est pas nouveau, au Moyen-Age on l'utilisait pour réaliser les murs des maisons de maîtres", raconte Sébastien Burin, gérant d'une société spécialisée dans la construction en chanvre.

Le dernier projet du jeune trentenaire est la construction d'une école de 1.700 m2. "Ce n'est pas juste de la bricole dans un coin de campagne, on fait de gros bâtiments avec des procédés écologiques et respectueux de l'environnement", défend l'artisan.

Sur son chantier aux airs de cuisine expérimentale, le béton de chanvre fabriqué sur place est projeté directement sur l'ossature en bois. En à peine quelques heures, trois murs sont érigés.

Le chanvre a sa carte à jouer en Ile-de-France, "important bassin alimentaire et de construction", estime le conseiller agricole Rémi Baudouin, mais les investissements sont lourds: la production coûte peu mais les outils de transformation sont élevés, notamment la ligne de défibrage qui permet de séparer les différentes parties du chanvre.

Il faut compter "5-6 millions d'euros au démarrage et le rendement reste faible par rapport à des cultures comme le blé ou le colza qui dominent le paysage francilien", précise M. Baudouin.

Pour la filière chanvre régionale, "le retour du chanvre répond aux attentes de la société". Elle appelle les pouvoirs publics, les élus, les organismes d'aménagement urbain à "s'emparer de la question et imposer cet outil biosourcé dans les cahiers des charges des appels d'offres publics".
avec photos : https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 4729e8d94c

et aussi :
Un temps délaissé, le chanvre revient par la grande porte du BTP

AFP•09/10/2019

La culture du chanvre industriel a failli disparaître en France, mais elle a été relancée par les nouveaux usages, dont l'isolation des bâtiments et les bioplastiques, pour fournir des industries friandes de matériaux à faible empreinte écologique.

La culture du chanvre a occupé jusqu'à 176.000 hectares en 1860, principalement pour faire de la toile et du papier, mais était tombée à 700 hectares en 1960. Aujourd'hui, le chanvre est cultivé par près de 1.500 agriculteurs sur 17.000 hectares. Les six chanvrières hexagonales, privées ou coopératives, transforment et commercialisent 100.000 tonnes de fibre.

Cavac Biomatériaux, filiale de la coopérative vendéenne du même nom, a ainsi installé sur la commune de Sainte-Gemme-la-Plaine, près de Luçon, une usine qui lui permet de transformer la matière première en isolants, en vrac ou en panneaux, pour fournir directement le secteur du bâtiment.

Il y a 12 ans, la Cavac "voulait aller vers l'aval en créant une filière industrielle pour trouver des débouchés aux produits de ses coopérateurs" et ainsi capter la valeur ajoutée, explique son président Jérôme Cailleau.

"Le chanvre s'est imposé", raconte-t-il, d'abord pour ses propriétés agronomiques: c'est une culture annuelle qui permet d'alléger le temps de travail des agriculteurs, et pousse sans pesticides ni irrigation.

"Le chanvre s'intègre parfaitement dans le système de rotation" des cultures, assure Jean-Marie Gabillaud, agriculteur en Vendée, car "le champ est plus propre et le rendement est supérieur sur la culture d'après".

Autre argument en faveur du chanvre, la possibilité de se diversifier avec une filière non alimentaire, renouvelable, qui capte le CO2, "tout en répondant à la montée du goût pour les matériaux naturels", souligne le président.

"En 2009, nous sommes partis de zéro", tout était à construire dans la filière, de l'apprentissage des méthodes de production par les agriculteurs au traitement industriel. Entre la crise du bâtiment, l'incendie du bâtiment et les difficultés à obtenir un certificat de production, les débuts ont été difficiles, témoigne Olivier Joreau, directeur général adjoint de la Cavac.

- fibre et chènevotte -

Aujourd'hui, environ 150 coopérateurs cultivent 2.000 hectares de chanvre dans un périmètre de 100 kilomètres autour de l'usine. Celle-ci emploie 45 salariés et produit 15.000 tonnes d'isolants et autres co-produits par an.

Les balles de chanvre sont passées à plusieurs reprises dans des machines qui séparent la fibre de la chènevotte, la partie intérieure rigide de la tige, qui permet notamment de faire du béton de chanvre.

La fibre est pour sa part mélangée à un liant, affinée, peignée, et cuite. Elle est ensuite conditionnée en rouleaux ou en plaques d'épaisseurs variables d'isolant prêt à poser.

"L'outil de production tourne", assure M. Joreau qui se dit "très confiant dans l'avenir".

Depuis la création de l'usine, l'évolution des réglementations concernant les bâtiments basse consommation et la meilleure prise en compte de l'empreinte carbone des matériaux jouent pour l'isolation en chanvre.

Reste le problème du surcoût que représente ce matériau, évalué à 10% par l'interprofession.

Pour dépasser ce frein, nous "attendons des incitations financières ou fiscales de l'Etat", explique M. Joreau, car l'objectif est de "prendre des parts de marché aux isolants traditionnels" à base de matériaux non renouvelables.

Il faut aussi se faire connaître, et pour cela, l'interprofession a poussé des professionnels du bâtiments et des industriels à se porter candidats à la construction du village olympique à Saint-Denis et des bâtiments pour la presse au Bourget pour les jeux Olympiques de 2024.

"L'idée est d'utiliser ces bâtiments, qui ne nécessitent ni climatisation ni chauffage, comme vitrines du savoir faire" de la filière, indique la directrice d'InterChanvre Nathalie Fichaux.

"Faire entrer dans les têtes que le confort d'été est aussi important que le confort d'hiver, et choisir les athlètes pour en faire la démonstration, ce serait formidable", souligne le président de l'association Construire en Chanvre, Jean-Claude Daniel.
avec photos https://www.boursorama.com/actualite-ec ... 8561cffddf

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