Voici la "réponse toute faite" que je me suis constitué avec le temps pour répondre aux arguments des ultra-libéraux sur l'énergie :
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C'est ce qui est formidable avec les ultra libéraux à propos de l'énergie;
* Quand on leur dit qu'il faudrait limiter la consommation de combustible fossile pr éviter un changement climatique désastreux, ils disent que ça couterait bien trop cher, que ce serait la ruine de l'économie.
* Quand on leur dit que le pétrole et le gaz sont voués à atteindre un pic de production prochainement et à décliner ensuite, ils disent qu'ils n'y a pas de quoi s'inquiéter, puisque le marché et l'inventivité technologique s'occupera de résoudre le pb.
En gros il disent donc qu'on saura plus facilement se passer de pétrole dans l'urgnce de la dernière minute que en s'y prenant volontairement quelques années à l'avance.
Si de façon générale je suis plutôt favorable aux mécanismes du marché, je ne pense pas que ça marcherais dans ce cas là. L'infrastructure énergétique se renouvelle grosso modo en 40 ans : c'est typiquement la durée de vie d'un oléoduc, d'une raffinerie,
d'une centrale électrique, d'une ligne haute tension, etc. Et son renouvellement permanant absorbe une grande partie de l'investissement.
C'est pour ça qu'au moment où le prix du pétrole flambera parce qu'il n'y aura plus assez de pétrole pour faire tourner notre machine économique, il sera beaucoup trop tard pour envisager tranquillement, à tête reposée, les investissements gigantesques nécessaires pour ne plus utiliser de pétrole. D'autant que le déclin de la production peut être rapide : dans certains pays (Norvège, Mexique, Royaume Uni, Danemark...) il est d'environ 10% par an !
Compter sur le prix pour procurer des alternatives au pétrole, c'est oublier que le prix ne nous renseigne que sur la situation immédiate de l'offre et de la demande. Il ne nous donne aucune visibilité sur l'avenir.
Un exemple, simpliste certes, mais qui permet de mieux cerner le problème.
La production que l'on peut sortir annuellement d'un gisement de pétrole est limitée à une fraction des réserves en place. Cette fraction est extrêmement variable selon de nombreux paramètres, je ne vais pas me lancer dans une discussion technique que je ne maîtrise qu'à moitié.
Mais imaginons qu'une nouvelle technologie, mise au point par des ingénieurs pétroliers, permette de tripler cette fraction. Ainsi, dans des gisements où actuellement on n'est capable que de sortir 5% des réserves par an, on deviendrait capable de sortir 15% par an. Et imaginons que cette technologie se répande dans un grand nombre de gisements de pétrole. Ca augmente la production et du coup le prix baisse fortement. Et pourtant ça ne nous éloigne pas de la pénurie, au contraire ça nous en rapproche !
Ce scénario n'est d'ailleurs pas si imaginaire que ça, puisque c'est un peu ce qui se passe avec les amélioration progressives des techniques d'extraction depuis des décennies.