"Comment le capitalisme nous infantilise" Benjamin Barber

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kercoz
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Re: "Comment le capitalisme nous infantilise" Benjamin Barbe

Message par kercoz » 06 mai 2011, 17:28

@Alter :
Si tu écoutes le liens que j'ai mis , il y est dit que depuis le premier siexcle av JC jusqu'au 16e siecle , il fallait 30 jours pour faire traverser la france a une marchandise .
Ca résume tout ce que je pourrais argumenter . D'un coté c'etait galère et culturellement endogène , d'un autre ça enchantait le pays . Il y avait un "pays" ts les 50km , une économie ts les 20 km ...
tout ça pour dire que si on galère sévère pour l'energie , les distances vont se rallonger sérieusement et que la déplétion ne pourra pas etre linéaire .... Les région riches en energie ou en mat prem vont phagociter leurs voisins , mais pas trop loin ... Ca risque de faire un patchwork bizarre...D'un autre coté la vie ne peut naitre que de l'alterité , et on va refabriquer un max d'altérité.

////
Et c'est la mondialisation (internet), ainsi que l'aspiration de la jeunesse de ses pays, qui font chuter d'ancienne dictature dite stable./////
Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit .
Je ne défend nullement les dictatures ..Je dis que ces pays , et leurs jeunes bac +4 ,se contrefoutent de leur dictature , ils veulent des ecrans plats et des 4x4 comme a la TV ... Tu n'as qu'a leur proposer une binette aux tunisiens touristes pour rigoler ! En 68 , je trouvais normal de lutter contre un sytème que j'estimais archaique (bien dégagé derriere les oreilles) et j'avais raison ds la logique immédiate ..mais je participais a raser les derniers obstacles qui genait le liberalisme : detruire les derniers vestiges des structures morcelées dt les cellules les plus petites n'etaient pas l'individu , mais la famille et le village ...
A voir le (s) résultat , je me pose de sacrées questions . Parmi ces question il y a ce problème de régression de l'individu , de l'emprise accentuée du système sur l'individu , qq soit l'idéologie et cette absence de passage a l'état adulte dont il est defendu de parler sur cette antenne .

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Pour un empire géolocalisé, c'est un suicide. Les services appauvrissent la nation/////
Quel empire ? les riches actionnaires Français , par ex , font leurs tunes ailleurs . Si le pays s'appauvrit , tant mieux , les services moins cher ça leur va tres bien ! le putain de 4x40 fait les 2/3 de ses chiffres a l'etranger ! .....La limite c'est la crainte des émeutes ou des attentats ...mais sans classe ouvriere , aucun risque ..on n'a plus que des employés ...et un employé , c'est un ouvrier sans les couilles ...il prefere se cramer plutot que cramer ses chefs .( je ne suis meme pas colère , c'est juste un effet litteraire)

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Alter Egaux
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Re: "Comment le capitalisme nous infantilise" Benjamin Barbe

Message par Alter Egaux » 06 mai 2011, 18:01

kercoz a écrit :@Alter :Si tu écoutes le liens que j'ai mis , il y est dit que depuis le premier siexcle av JC jusqu'au 16e siecle , il fallait 30 jours pour faire traverser la france a une marchandise .
Ca résume tout ce que je pourrais argumenter.
On est d'accord. La rapidité du transport est un facteur important.
Mais je considère l'imprimerie comme une "mondialisation" des idées, structurellement exponentiel. De même, l'instantanéité d'internet oblige par exemple Obama à "justifier" l'extraction d'un corps dans un pays souverain.
kercoz a écrit :tout ça pour dire que si on galère sévère pour l'energie , les distances vont se rallonger sérieusement et que la déplétion ne pourra pas etre linéaire .... Les région riches en energie ou en mat prem vont phagociter leurs voisins , mais pas trop loin ... Ca risque de faire un patchwork bizarre...D'un autre coté la vie ne peut naitre que de l'alterité , et on va refabriquer un max d'altérité.
Si la rupture d'électricité n'est pas effective, la mondialisation des idées persistera, et de façon dynamique : au même moment, tout le monde sera en train de chercher des solutions alternatives à une énergie rare et chère. L'infantilisation ou la passage à l’Age adulte jouera un grand rôle, rétroactif.
Mais la recherche d'une résilience perdue, pour l'Occident, sera la préoccupation majeure. L'expérimentation des "villes en transition" fait partie de cette recherche de solutions.
De même, "l'Open Source Ecology" de Marcin Jakubowski (voire cette vidéo) est déjà l'adaptation du modèle Open Source à la rareté des matières premières, et clairement en opposition à l'obsolescence programmée, ainsi qu'à l'intégration de la résilience et indépendance locale. Sa Wiki est déjà très intéressante.
kercoz a écrit :Je dis que ces pays , et leurs jeunes bac +4 ,se contrefoutent de leur dictature , ils veulent des ecrans plats et des 4x4 comme a la TV ...
L'accès à la liberté, c'est aussi cela (notre contexte). Mais cette partie est déjà obsolète. Par contre, une constituante, le multipartisme, les élections libres, les journaux idéologiquement contradictoires, c'est avec ou sans pétrole. L'apprentissage est long, mais dynamique. Et internet et l'imprimerie sont là pour accélérer les nouvelles structures démocratiques.
kercoz a écrit :En 68 , je trouvais normal de lutter contre un sytème que j'estimais archaique (bien dégagé derriere les oreilles) et j'avais raison ds la logique immédiate ..mais je participais a raser les derniers obstacles qui genait le liberalisme : detruire les derniers vestiges des structures morcelées dt les cellules les plus petites n'etaient pas l'individu , mais la famille et le village ...
Les avancées sociétales sont maintenant acquises, et paraisse évidente.
La récupération du système de ceux qui ont retourné leur veste permet effectivement d'être très amer, et peut être considéré comme un échec (ou une naïveté). Cependant, la composante soixant'huitarde anti société de consommation avait 40 ans d'avance. La "gueule ouverte" a donnée "la décroissance", idéologie qui transverse les partis politiques français, via "Utopia".
Le chemin est encore long, mais il est inédit, et inévitable.

On peut regretter un antifascisme édulcoré, en ses temps de crises. Cependant, j'ai observé des mines graves, du côté des veilleurs (ceux qui observe le FN comme un ennemi et pas comme un allié de circonstance).
Reste que avoir raison 40 ans avant tout le monde, ce n'est pas spécialement une erreur, mais une grande insatisfaction de la direction du monde.
Mais j'ai beau avertir, le capitalisme est un système performant, dans son hégémonie. Ceux qui ne l'ont pas compris ont jeté les armes, lorsqu'ils sont restés fidèles.
Gâchis, mais aussi évolution vers la solution locale, face au désordre global.
kercoz a écrit :Quel empire ?
Hollywood. Les bases militaires déployées. Le dollar. L'hégémonie culturelle...
Et il s'appauvrit, et ne pourra tenir son rang, ouvrant une faille à l'alternative culturelle et économique. La reprise de l'autonomie sur son destin force les solutions diverses.
Regarde l'Amérique du Sud : le reprise de l'autonomie par un désintéret de l'empire a automatiquement fait émergé des alternatives au fascisme local. Aujourd'hui, l'empire a du mal à reprendre la main, à cause de la vigilance des citoyens avertis historiquement, et cultivés.
Et au vue de la faiblesse actuel de l'empire, la remise au pas est actuellement chimérique.
L’empire contre-attaque ?
Etape n°1 : Les africains nomment le pétrole : la "merde" du diable.
Etape n°2 : Restons cool, le PO arrive...
Etape n°3 : "Mais à cet endroit, en ce moment, l'humanité, c'est nous, que cela nous plaise ou non", Samuel Beckett

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Re: "Comment le capitalisme nous infantilise" Benjamin Barbe

Message par kercoz » 07 mai 2011, 20:28

///////tout le monde sera en train de chercher des solutions alternatives à une énergie rare et chère. L'infantilisation ou la passage à l’Age adulte jouera un grand rôle, rétroactif/////

C'est sur que le caractere néoténique aidera a dominer les troupes qui ne chercheront qu' a manger et a etre protègées ...un uniforme contre une promesse de nourriture pour mater ceux qui arriveront trop tard pour avoir un uniforme ...

////L'expérimentation des "villes en transition" fait partie de cette recherche de solutions.///
Pas si simple ... Les Russes possèdent une grande partie du gaz européen et viennent d'acquerir le gaz d' AFN ...avec du gaz on fait de l'elec , mais aussi de l'engrais et des armes .... les intrants sont trop complexes pour discerner l'évolution d'un système construit ....comme disait Hayek

Ne rève pas trop de la persistance de la "démocratie" , comme l' humanisme , c'est un luxe de nantis , ça n'a pu exister qu'avec des esclaves réels (grece : 10 esclaves pour un citoyen) ou virtuels : 120 à 150 kw /individu .En cas de galère , l'individu a toujours préféré la sécurité a la liberté .....et la servitude est une securité .....qui , ma foi, peut etre moins contraignante que certaines "liberté" actuelles .

////
Les avancées sociétales sont maintenant acquises, et paraisse évidente./////
évidentes ? Quelles avancées ? On vit plus vieux ? ....comme tous les animaux en captivité ! .... pouvoir passer 10jours en camping a Biscarosse apres 11 mois de trimard ? ...3 heures de trajet ... pour vivre ds 40m2 ? putain d'avancée ...turn over social : 18% en 1955/ 8% en 1990 / 3% en 2006 .... on doit etre en "descenceur social" actuellement ! ......nous sommes en pleine décadence économique et sociétale .
POur l'empire ..il est tout seul ...arrivé aux limites , il se retourne vers l'interieur , contre les individus pour les mettre en rang , pour les cultiver comme des betteraves (L. STRAUSS) .
Pour la "culture" des citoyens , c'est L'audimat , le resultat de la periode la plus riche , qu'on ne pourra reproduire , un labo a taille continental : le meilleur espoir de la démocratie , c'est l' audimat ....

_________________
Borloo est en panne de whisky . Les fils "A consommer avec moderation " et "Je vous cuite" sont verrouillés . Les imbibés et ceux qui attendent une modification de la legislation anti-alcoolique s'expriment ici:
http://oleocenebacchus.forumactif.com/

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Re: "Comment le capitalisme nous infantilise" Benjamin Barber

Message par mobar » 24 août 2020, 08:19

https://lvsl.fr/le-capitalisme-de-seduc ... clouscard/
L’enfance et son prolongement : la consommation ludique

L’enfant spontané s’opposerait à la société de consommation, mais en réalité, l’enfant s’abandonne à celle-ci, et les raisons, pour Clouscard, sont anthropologiques : l’éducation est censée soumettre le « principe de plaisir » au principe de réalité. Dans le système capitaliste, on assiste au contraire à la toute-puissance du « principe de plaisir ». L’enfant profite d’un progrès sans donner aucun travail, dans la totale ignorance du travail nécessaire à la production des biens qu’il consomme.

C’est cette logique que le système cherchera à prolonger par-delà l’enfance : « le capitalisme veut que nous restions des enfants […] englués dans cette ignorance. […] La pédagogie du système exalte cette gratuité ». Le système souhaite et semble être parvenu, d’après Clouscard, à nous déconnecter des logiques de production. L’analogie du flipper apparaît comme métaphore du système actuel : on ne gagne rien, si ce n’est « l’incommensurable satisfaction de rejouer ». La gratuité de l’enjeu est l’essence du jeu, au contraire du travail, « toujours intéressé ».
Jouir et « trader » plutôt que posséder

« La jouissance n’est plus dans la thésaurisation mais dans l’usage de l’objet ». La stratégie du système capitaliste consiste à étendre à toute la société cette logique de la consommation. Ces nouveaux objets mondains, ludiques ont pour but la « distanciation » vis-à-vis du monde du travail. Clouscard parle de « terrorisme mondain » pour décrire le gaspillage, couronnement de la promotion mondaine. Le pouvoir du capitalisme a été d’offrir ce luxe suprême au premier venu : casser, gaspiller, jeter, est à la portée de tous. On écarte de l’éducation les conduites d’apprentissage du processus de production. L’objectif final de ce système est par ailleurs d’unifier le centre-gauche, le centre-droit, au travers d’une nouvelle classe moyenne, une classe unique, qui ne nécessiterait plus aucune alternance.

Pour Clouscard, toute propriété n’est pas du vol et il se montre critique vis-à-vis des thèses de Proudhon. Toutefois, le vol réalisé par la bourgeoisie est bien une appropriation illégitime de la propriété. La bourgeoisie en a fait son métier, par l’accumulation. Savoir acheter pour revendre, savoir échanger, trader… La nouvelle consommation mondaine en a fait son affaire. Les surplus et nouvelles marchandises en sont aussi une caractéristique, devant exprimer une intention subversive, contestataire : « Ainsi s’écoule la marchandise, par la promotion de vente devenue gestuel mondain ».
"C'est quand il n'y a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien" Sénèque
https://youtu.be/0pK01iKwb1U

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Re: "Comment le capitalisme nous infantilise" Benjamin Barber

Message par LeLama » 25 août 2020, 14:40

mobar a écrit :
24 août 2020, 08:19
L’enfance et son prolongement : la consommation ludique
Interessant, j'avais jamais fait le lien avec l'enfance, mais y'a du vrai, j'éduque mon fils en partie comme ça.

Sur le plaisir immediat sans effort, toutes les courants de pensée historique l'ont condamné à ma connaissance, y compris Epicure, en dépit du contresens vehiculé par les gens qui cherchent la bonne chere et se disent Epicurien. Epicure disait qu'il fallait profiter du plaisir des sens quand nous avons la chance d'en rencontrer, mais qu'il faut garder en tête que c'est éphémere, et que chercher à faire de ces instants de bonheur fugitif un mode de vie courant nous fait perdre le plaisir.

Je crois que la pub a réussi a inculquer à beaucoup cette philosophie de jouissance sans effort. Par exemple, j'ai eu pas mal de remarques de gens qui ne comprennent pas que j'ai acheté un vieux piano de 130 ans que je vais mettre plusieurs années a retaper plutot qu'en acheter un neuf dont je pourrais jouir immediatiement. C'est pourtant clair qu'un objet que tu construis te donne une épaisseur et une durée dans le plaisir que tu ne peux pas obtenir en sortant simplement ta carte bleue.

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Re: "Comment le capitalisme nous infantilise" Benjamin Barber

Message par batista » 25 août 2020, 16:18

Concrètement j'ai installé un minuteur (étanche) dans la douche pour ma fille (et ma femme). 5 minutes par jour. Elle pensait que l'eau chaude coule naturellement à volonté comme un geyser. A 6 ans, pas facile de comprendre que derrière il y'a tout un reseau technique de distribution qui coute très cher.

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Re: "Comment le capitalisme nous infantilise" Benjamin Barber

Message par kercoz » 25 août 2020, 17:47

LeLama a écrit :
25 août 2020, 14:40
mobar a écrit :
24 août 2020, 08:19
L’enfance et son prolongement : la consommation ludique
Interessant, j'avais jamais fait le lien avec l'enfance, mais y'a du vrai, j'éduque mon fils en partie comme ça.
Vous mettez le doigt sur un point majeur de la sociologie : Le concept de NEOTENIE.
Développé superbement par K.Lorenz dans son livre "L' agression" il démontre la clef de l' évolution des espèces vers les espèces sociales.
En bref, K.Lorenz part des espèces nidipares et des espèces nidifuges. Les premières quittent très vite le nid alors que les secondes y restent plus voire très longtemps. Bénéficiant de la protection des parents et/ou du groupe et n'ayant pas à se préoccuper de se nourrir et de se protéger, les nidipares vont interagir par des "jeux" . Ces jeux sont en fait des comportements agressifs détournés ( inhibés) afin d' éviter la violence. Les jeux développent à la fois des hiérarchies consenties et du cognitif.
En repoussant le passage au stade adulte, ce processus autorise la socialisation d' un groupe.
Pour notre espèce, il semble que ce processus ait dépassé son but. Pour ma part je pense que la destructuration des groupes et du modèle morcelé pour une hypertrophie impliquant une individuation optimisée, est la cause de ce dérapage pervers. Malheureusement tout le monde y trouve son compte: le pouvoir se trouve devant un troupeau docile et dépendant, l' individu peut jouer à la game boy jusqu'à sa retraite et n' a plus à se responsabiliser, il reste créatif puisqu'il joue et donc intéressant pour l' économie.

Il semble que la raison de la socialisation d' une espèce est à rechercher dans une abondance d'approvisionnement sur un territoire, impliquant une possibilité de population plus nombreuse et donc l' intérèt d' être plus nombreux pour défendre ce territoire.
Le terme néoténie est emprunté à l' étude des espèces aquatiques qui pouvaient se reproduire sans passer au stade adulte.
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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