Situation énergétique : le monde (hors France)

Discussions traitant des diverses sources d'énergie ainsi que de leur efficacité.

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Les électriciens ont diminué de 70% leurs budgets R&D

Message par Superdiesel » 12 juil. 2009, 12:09

Les grands groupes européens du secteur des services collectifs, dont les électriciens, ont coupé de 70% leur budget R&D entre 2000 et 2007.

Les électriciens seraient-ils devenus les mauvais élèves en matière de recherche et développement (R&D)? Les dépenses de R&D des producteurs d'électricité européens ont fondu de 70% entre 2000 et 2007, passant de 1,9 miliard d'euros à 571 millions d'euros (chiffres corrigés de l'inflation), selon une étude de l'OFCE. L'auteur de l'étude, l'économiste Evens Salies, a passé en revue les dépenses en R&D de 22 acteurs du secteur entre 1980 et 2007.


Les géants EDF et E.ON n'échappent à cette tendance lourde. Les dépenses de R&D de l'électricien français ont chuté de 43% de 2000 à 2007, passant de 568 à 375 millions d'euros. Son homologue allemand fait pire: son budget recherche et développement a dégringolé de 94%, de 572 millions à 37 millions d'euros.

Plusieurs bouleversements dans le monde de l'énergie à l'aube des années 2000 expliquent cette évolution. Mais le principal facteur, selon l'étude, réside dans la libéralisation du marché européen de l'électricité à cette période. "Le même phénomène a été observé par le secrétariat américain à l'Energie lors de la dérégulation du secteur aux Etats-Unis dans les années 80", souligne Evens Salies.

"Les électriciens ont anticipé la libéralisation des marchés en coupant les budgets de R&D sachant qu'avec l'arrivée de la concurrence, ils allaient perdre des revenus", analyse l'économiste. Par exemple en France, la loi sur la libéralisation du marché de l'électricité, votée en 2000, ne prévoit une ouverture totale à la concurrence qu'au 1er juillet 2007. Mais EDF n'a pas attendu cette date pour réduire son budget recherche, le taux moyen de réduction de ses dépenses baissant de 6,8% par en moyenne entre 2000 et 2007.

La libéralisation des marchés n'explique pas tout. En parallèle, de nombreux producteurs d'électricité ont été privatisés, que ce soit partiellement ou en totalité. Les dirigeants des sociétés se sont retrouvés à devoir partager les recettes avec de nouveaux acteurs: les actionnaires. Et ce, aux dépens du poste R&D, explique en substance Evens Salies.

Devant rendre des comptes aux marchés, les producteurs d'électricité n'ont pas seulement effectué des coupes claires dans les budgets, ils ont aussi donné la priorité aux recherches donnant rapidement des résultats. "Et tout cela au lieu de se focaliser sur les recherches de long terme concernant les nouvelles sources d'énergie plus propres, par exemple", avance Evens Salies.

In fine, dénonce l'économiste, "l'excès de concurrence insufflé par l'Union européenne affaiblit la recherche des producteurs d'électricité". Et ce, alors même que le secteur aurait bien besoin de R&D pour améliorer l'efficience de ses centrales, par exemple, afin de remplir les objectifs de réduction de 20% des émissions de CO2 imposé… par l'Union européenne. Bruxelles, schizophrène?

Guillaume Guichard
http://www.e24.fr/entreprises/energie/a ... s-R-D.html

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Re: Les électriciens ont diminué de 70% leurs budgets R&D

Message par energy_isere » 21 sept. 2009, 18:08

Baisse historique de la production d'électricité en vue :

LONDRES (Reuters) - La production mondiale d'électricité devrait diminuer cette année pour la première fois depuis 1945 en raison de la crise économique, a déclaré un responsable de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Paolo Frankl, qui dirige la division Energies renouvelables de l'AIE, a précisé lors d'une conférence que la production électrique de la Chine continuait d'augmenter mais que la récession avait pour conséquence une baisse de la production ailleurs dans le monde.

Au total, la production électrique mondiale devrait reculer de 3,5%, a-t-il dit.

Le quotidien britannique Financial Times cite lundi une étude de l'AIE selon laquelle la récession a eu pour conséquence une nette diminution des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

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Effets secondaires

Message par paradigme » 31 oct. 2009, 08:32

Un jour il faut payer pour ses erreurs, ceux qui ont pensé ou ceux qui pensent encore aujourd'hui que le nucléaire est la solution plutôt que le problème vont bientôt être mis en face de leur folie. Le nucléaire c'est comme le roacutane c'est très très efficace au début puis au fil du temps on commence à s'apercevoir des effets secondaires, et plus le temps passe et plus les effets secondaires deviennent importants...

---------------------
http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html

La France va devoir importer de grandes quantités d'électricité cet hiver pour satisfaire la hausse de sa consommation et des coupures pourraient intervenir en cas de "froid intense et durable", a prévenu vendredi 30 octobre le Réseau de transport d'électricité (RTE).

La filiale d'EDF, qui gère le réseau de lignes à haute tension, estime que la France va devoir importer 4 000 mégawatts (MW) d'electricité "durant plusieurs semaines de novembre 2009 à janvier 2010", selon une étude publiée vendredi. Cela équivaut à la production de 4 réacteurs nucléaires.

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Re: Situation énergétique : le monde et la France en particulier

Message par Remundo » 31 oct. 2009, 10:34

Le nucléaire, effectivement est un peu comme une drogue : les premiers instants sont euphoriques puis le dégrisement est très dur.

Le problème, c'est que l'euphorie dure quelques décennies, et le dégrisement des millénaires.

Concernant la régulation de RTE, le bilan importations/exportations est globabement excédentaire du point de vue français depuis les années 1980.
voici quelques données (page 22 , 57 TWh nets exportés, dont importation 11 et exportations 68 TWh)
http://www.developpement-durable.gouv.f ... eperes.pdf

Simplement, il y a des accords, par exemple avec la Suisse, permettant d'y injecter des kWh d'origine nucléaire pour remonter l'eau dans les barrages ou STEP, puis en hiver, les STEP turbinent l'eau, ce qui fait que par moment (pic hivernal), on importe un peu de l'étranger.

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Re: Situation énergétique : le monde et la France en particulier

Message par kercoz » 31 oct. 2009, 11:54

Remundo a écrit :Simplement, il y a des accords, par exemple avec la Suisse, permettant d'y injecter des kWh d'origine nucléaire pour remonter l'eau dans les barrages ou STEP, puis en hiver, les STEP turbinent l'eau, ce qui fait que par moment (pic hivernal), on importe un peu de l'étranger.
Sur "terre a terre " de ce matin sur FR. culture 7h, un des problèmes de l'etang de Berre qui est un rejet trop grand d'eau douce de la durance apres le barrage elec, ds l'etang l'hiver , pouvait etre résolu en remontant l'eau la nuit qd la demande est moins forte .
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Re: ELECTRICITE

Message par energy_isere » 26 mars 2010, 20:16

L’énergie du futur n’a pas de prix

26/03/2010 lejournaldelenvironnement

Paradoxe: plus le secteur de l’électricité passe aux mains du secteur privé, plus la politique des Etats déterminera le mix énergétique des prochaines années. Et donc l’empreinte carbone des systèmes électriques. Telle pourrait être la principale conclusion de la nouvelle édition de Coûts prévisionnels de production de l’électricité, publiée jeudi 25 mars.

Dans sa dernière livraison, l’étude annuelle, conjointement signée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE (AEN), estime quasiment impossible d’estimer le coût du mégawattheure produit par les centrales qui entreront en service à partir de 2015.

Après avoir épluché les devis et les projets en cours de 190 centrales, dans 21 pays, les experts de l’OCDE fixent quelques grandes fourchettes: entre 900 et 2.800 dollars/kWe (dollars par kilowatt électrique) pour une centrale au charbon, (une facture qui monte entre 3.223 et 6.268 $/kWe pour les installations dotées d’un système de capture du CO2), entre 520 et 1.800 $/kWe pour une centrale au gaz, 1.600 à 5.200 $/kWe pour une centrale nucléaire, 1.900 à 3.700 $/kWe pour des parcs éoliens terrestres.

Au vu de tels écarts, on comprend mieux la difficulté des investisseurs à se déterminer. «Aucune technologie de production d’électricité ne peut prétendre être la moins chère dans toutes les situations», confirme d’ailleurs le rapport. D’autant, ajoute-t-il, que de nombreux facteurs peuvent faire évoluer, dans un sens comme dans l’autre, le coût de l’électron de demain.

Personne n’est en mesure d’évaluer ce que seront les politiques de soutien des Etats aux technologies décarbonées (fondamentales pour développer les énergies renouvelables et la capture du CO2), ni quel sera le coût de l’accès au crédit. Bien malin qui pourra aussi fixer avec précision le coût d’exploitation des systèmes de capture, de transport et de stockage géologique du gaz carbonique: 30 ou 100 euros la tonne de CO2? Et l’on ne parle pas de l’évolution, à moyen terme, du prix des matières premières (béton, acier) et des combustibles.

Mauvaise pour les énergéticiens, cette incertitude n’est pas bonne pour la planète. Certes, rappellent les experts de l’AIE et de l’AEN, «il y aura une concurrence saine entre ces différentes technologies dans l’avenir, concurrence qui sera décidée en fonction des préférences nationales et des avantages comparatifs locaux». On fera donc de tout en fonction des conditions locales et du moment. Dit autrement, cela ressemble furieusement au scénario de référence du World Energy Outlook de l’AIE: faute d’investir massivement dans la décarbonisation de la production d’électricité, les électriciens auront recours aux sources d’énergie les plus disponibles et les moins chères: le gaz et le charbon. La demande d’électricité mondiale progressant en moyenne de 2,5% par an, cela obligera lesdites compagnies à investir 13.780 milliards $ dans de nouveaux moyens de production d’ici 2030, soit 1.100 milliards par an ou 1,4% du PIB mondial. Thermiques pour l’essentiel, ces nouvelles centrales contribueront à accroître de 40% les émissions mondiales de CO2 énergétiques. A moins que les Etats ne se décident à soutenir massivement l’électron vert.
http://www.journaldelenvironnement.net/ ... &idThema=6

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Re: ELECTRICITE

Message par kercoz » 27 mars 2010, 14:25

Sur Terre a terre ce matin , émission sur la situation de l'elec en corse (rliée avec l'italie et non avec la france).
Pas mal d'infos interressantes , meme si c'est un peu NIMBY au sujet de la mise en place de barrage ds l'ile .

http://sites.radiofrance.fr/chaines/fra ... e_a_terre/
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Re: ELECTRICITE

Message par krolik » 28 mars 2010, 18:54

Pour ceux qui ont des idées sur le transport de l'électricité...
Ca doit aussi tordre le cou à quelques idées simplistes et préconçues..
@+
Un jeu-concours, organisé conjointement par la Fédération Française des Jeux Mathématiques, la Société de Calcul Mathématique SA et RTE (Réseau de Transport d'Electricité) se déroule du 1er avril au 30 juin 2010.

Avec 6 centrales électriques et 15 villes, il faut concevoir un réseau, reliant les centrales aux villes, dont le coût d'installation sera le plus faible possible.

Ce réseau doit être redondant, ce qui signifie que toutes les villes doivent être desservies, même si un composant tombe en panne, et il doit respecter les zones protégées.

Le jeu est doté d'un total de 2.000 euros de prix.

Pour tous renseignements : voir www.scmsa.com

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Message par Remundo » 28 mars 2010, 19:21

Ah en effet, la théorie des graphes est une vieille passion des matheux...

Et quel est le chemin le plus court, et quelle est la redondance minimale, etc...

Ils doivent prendre un malin plaisir à câbler dans tous les sens.

Mais j'imagine que traverser les montagnes ou passer au milieu d'un marécage ne les effaient guère.

En avant les lignes THT ! ;)

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Message par energy_isere » 10 août 2010, 20:12

suite au rachat de International Power par GDF-Suez, ( ce post : viewtopic.php?p=277627#p277627 ) le Top 10 mondial devient :
Top 10 des électriciens

Voici les 10 principaux groupes producteurs d'électricité au monde, en fonction de leur capacité totale installée.

1- EDF (France): 136,3 gigawatts (GW).
2- GDF Suez et International Power: 107 GW.
3- China Datang (Chine): 100 GW
4- Enel (Italie) : 95 GW
5- Huaneng (Chine): 80 GW
6- EON (Allemagne): 73 GW
7- Kepco (Corée du sud): environ 65 GW
8- Tepco (Japon): 64,3 GW
9- RWE (Allemagne): 49,6 GW
10- Iberdrola (Espagne): environ 44 GW
http://www.usinenouvelle.com/article/fu ... le.N136623

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Message par krolik » 11 août 2010, 00:00

Et pas un américain là-dedans, comme TVA (Tennesse Valley Authority) !!!
Surprenant !
@+

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Re: ELECTRICITE

Message par energy_isere » 11 août 2010, 10:55

krolik a écrit :Et pas un américain là-dedans, comme TVA (Tennesse Valley Authority) !!!
Surprenant !
le wikipedia en Anglais ne donne pas le total de capacité de production.
On peut y lire :
....
TVA's power mix as of 2007 was 11 fossil-powered plants, 29 hydroelectric dams, three nuclear power plants (with six operating reactors), nine combustion turbine plants and two combined cycle plants. TVA is one of the largest producers of electricity in the United States and acts as a regional grid reliability coordinator. Fossil fuel plants produced 62% of TVA’s total generation in fiscal year 2005, nuclear power 28%, and hydropower 10%.[14] TVA's Watts Bar reactor produces tritium as a byproduct for the U.S. National Nuclear Security Administration, which requires tritium for nuclear weapons.

.....
http://en.wikipedia.org/wiki/Tennessee_Valley_Authority

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Re: ELECTRICITE

Message par energy_isere » 22 sept. 2010, 19:11

L'accès à l'électricité, verrou de la lutte contre la pauvreté

Entre 1,4 et 2 milliards d'être humains, selon les estimations, n'ont toujours pas l'électricité à la maison ou même dans leur village.

Ce seul chiffre résume bien des discours. Les quelque 800 millions d'habitants de l'Afrique subsaharienne consomment autant d'électricité que les 20 millions de New-Yorkais. La lutte contre la «pauvreté énergétique» doit être replacée au centre des Objectifs du millénaire, a plaidé mardi au siège de l'ONU à New York Nobuo Tanaka, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

En 2000, lors du lancement des Objectifs du millénaire à Johannesburg, «l'énergie n'était pas du tout mentionnée», rappelle au Figaro Fatih Birol, l'économiste en chef de l'AIE. Elle est désormais au cœur des préoccupations. Car, comme le souligne Fatih Birol, sans électricité, l'accès à l'eau potable via des pompes est compromis. Sans électricité, impossible de conserver au frais des médicaments susceptibles de réduire la mortalité infantile. «Vivre sans électricité, c'est réduire son espérance de vie par deux», a déclaré sans nuance Anne Lauvergeon, la présidente d'Areva, la semaine dernière lors du Congrès mondial de l'énergie à Montréal.


Ressources mal réparties

Aujourd'hui encore, de 1,4 à 2 milliards d'être humains, selon les estimations, n'ont pas l'électricité à la maison ou même dans leur village. Environ 85% des «sans-courant» vivent en zone rurale. Dans ces régions reculées, principalement en Afrique mais aussi en Asie du Sud-Est, le modèle de grosses centrales connectées à un réseau électrique national ou régional est obsolète, pointe l'expert en chef de l'AIE.

«Il faut décentraliser la production, avec l'hydraulique, le solaire, l'éolien », poursuit-il, qui deviennent compétitifs surtout lorsqu'on fait l'économie de la construction de coûteuses lignes à haute tension. Ainsi, au Gabon, pays pourtant riche en pétrole, 40% de la population n'ont pas accès au courant. Or, explique au Figaro le ministre gabonais de l'Énergie, Régis Immongault, le potentiel hydroélectrique «gigantesque» de 6000 mégawatts (MW) n'est exploité qu'à 6%.

L'AIE a calculé que, pour fournir de l'électricité à chaque Terrien en 2030, un investissement supplémentaire de 36 milliards de dollars par an est nécessaire. «Si on laisse faire le marché, cela n'arrivera pas», résume Fatih Birol. L'AIE et l'ONU font donc appel à un effort accru de l'aide publique au développement, qui devrait être assortie d'obligations d'investissement de la part des pays récipiendaires.

Car il en va pour l'énergie comme pour toutes les questions de développement, les ressources financières existent mais sont mal réparties et mal distribuées. En témoigne cet exemple cité par Fatih Birol: «Si le Nigeria utilisait seulement 0,4% de ses recettes pétrolières annuelles à cet effet, il pourrait brancher l'ensemble de sa population.»
http://www.lefigaro.fr/international/20 ... uvrete.php

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Re: Situation énergétique : le monde et la France en particu

Message par pascal47 » 09 avr. 2011, 11:52

Energie : Et maintenant, on fait comment ?

http://www.enerzine.com/714/energie---e ... patif.html
Enerzine le 08/04/2011

La catastrophe du Fukushima vient brutalement de repousser tout au moins, voire de jeter au panier, le modèle de "mix" énergétique sur lequel le monde comptait poursuivre son développement économique. Un mix énergétique qui avait l'avantage d'être le seul réaliste, quoique très limite quand même, pour permettre aux pays émergents de se rapprocher du niveau de vie des pays développés, aux pays développés de se maintenir à leur niveau de vie actuel tout en faisant néanmoins des efforts considérables pour s'y maintenir et de maitriser tant bien que mal le réchauffement climatique.

Car s'il est facile de parler de solution vertes et de critiquer toujours et encore les choix existants, il est infiniment plus difficile de trouver d'autres solutions pour satisfaire les besoins chiffrés des uns et des autres à l'échelle de la planète.

Plusieurs choses sont sures. Du coté des besoins, nous n’empêcherons pas les pays émergents qui ont enfin trouvé la martingale de la croissance de poursuivre dans cette voie tellement le réservoir de ceux qui n'ont rien ou pas grand chose est vaste et tellement leurs attentes, totalement légitimes, sont immenses. Ceux qui ne l'ont pas encore trouvée la trouveront bientôt et viendront se rajouter aux acheteurs d'énergie sur la marché.

Coté ressources, la production mondiale de pétrole brut, comme l'avait annoncé en faisant un peu scandale le PDG de Total, Christophe de Margerie, il y a trois ans, ne pourra pas dépasser les 90/95 millions de barils. Il n'y aura pas de Peak oil brutal avec une décroissance forte immédiatement après à partir de ..? 2025, 2040 ou 2050 mais une production en plateau aux alentours des 100 Millions de barils/jours pendant....quelques décennies. Les efforts considérables pour développer de nouveaux gisements viendront juste compenser la décroissance des gisements existants qui, elle, se précise tous les jours.

Coté gaz il y a encore de large réserves existantes et les gaz de schistes que nos écologistes rejettent d'un revers de main sans même se donner la peine d'étudier le problème viendront probablement nous donner quelques décennies de répits.

Le charbon également est en quantité disponible considérable à la surface du globe mais par contre il dégage beaucoup de CO2 lors de sa transformation en énergie électrique ou calorique sans compter des polluants importants comme le SO2, le précurseur des pluies acides, et nécessitera donc des méthodes lourdes et couteuses pour en dépolluer l'utilisation.

Viennent ensuite les énergies renouvelables sur lesquelles nous commençons à avoir un peu de recul. La meilleure d'entre elles est l'énergie hydraulique qui a l'avantage de pouvoir produire jour et nuit et qui peut se conserver ou se stocker pour la transformer en électricité au moment où l'on en a besoin. Les sites utilisables dans les pays développés sont malheureusement déjà équipés. Il en reste par contre beaucoup de disponibles dans les pays émergents ou en voie de développement.

Le solaire ou l'éolien sont des énergies qui ont un potentiel important de développement et de gros inconvénients. Leur production est intermittente et ne dépasse pas 30 % du temps de fonctionnement, elles sont couteuses et suscitent facilement des réactions négatives du type NYMBY, Not in my Backyard, pas dans ma cour. La technique peut bien sur progresser mais sur la base de l'expérience existante on peut difficilement envisager qu'elles puissent dépasser les 25/30 % de la production mondiale.

Reste la biomasse et le bois en particulier qui a du potentiel mais au détriment des cultures alimentaires et en éliminant de vastes zones d'absorption de CO2 dont nous avons besoin pour lutter contre le réchauffement climatique. On ne peut à la fois se plaindre de la déforestation en Indonésie, en Afrique et en Amazonie et vouloir promouvoir l'utilisation du bois de chauffage !

Alors ? Alors nous ne pourrons pas nous passer du nucléaire. Nous pourrons en minimiser l'usage, un certain nombre de décennies, mais c'est tout. C'est pourquoi l'attitude "populiste" de certains de nos dirigeants politiques est atterrante. La chasse aux voix passe avant l'avenir de l'humanité. Consternant ! Bien sur il faut tirer les conséquences de Fukushima, inspecter tout le parc mondial de centrales existantes, refaire le point sur leur technologie, en fermer un certain nombre, en réhabiliter un nombre important d'autres et ne construire de nouvelles centrales qu'à un standard à définir mais qui sera proche de celui des EPR avec sans doute quelques améliorations importantes en plus.

Il faudra peut être admettre qu'il ne sera pas possible d'installer partout des centrales nucléaires et que certains pays dont le niveau d'excellence technologique n'est pas suffisant ne pourront, pour un temps, y avoir accès. Peut être même faudra t il mutualiser la production mondiale d'électricité nucléaire, dans le style du projet Desertec ?

Les écologistes, toujours à l'affut d'une mauvaise nouvelle électoraliste, vous diront qu'il n'y aura pas suffisamment d'Uranium dans le monde pour alimenter toutes les centrales en production. C'est vrai et faux à la fois. Il faudra passer en effet à un moment donner aux centrales surgénératrices, alimentées par du combustible en provenance des centrales classiques et à partir de l'utilisation desquelles nous n'aurons plus de problème de combustibles nucléaire. Quel dommage que Madame Voynet ait jugé utile de démanteler Super Phénix à Creys Malville qui serait bien utile actuellement !

Et que se passera t'il si tout ce beau plan ne peut se mettre en place, me direz vous? Eh bien nous reviendrons au mode de vie moyenâgeux que Monsieur Yves Cochet avait très bien décrit dans un de ses livres.Nous aurons droit à des guerres sanglantes pour s'approprier les ressources énergétiques naturelles disponibles. D'ailleurs c'est déjà commencé si vous suivez la politique d'appropriation de ces ressources que la Chine a mise en place.

Et nous devons nous attaquer au problème de base qui est à l'origine de cette crise énergétique, la croissance sans limite et sans contrôle des populations à la surface de la planète...
Daniel Pennac (La fée Carabine)
"Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi la société n'est qu'un rêve de prédateur."

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Re: Situation énergétique : le monde et la France en particu

Message par GillesH38 » 09 avr. 2011, 20:10

si je résume, on va donc traiter le problème de base qui est la croissance sans limite en rajoutant une couche de nucléaire qui repousse le moment où cette croissance va se terminer ??

y a quelque chose qui m'échappe ...
- Je suis Charlie - "I do not see any harm in people making money if it leads to a lower carbon society " R.K. Pachauri, président du GIEC, interview du 6 mai 2008 à Emirates Business.

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