Politique Etats-Unienne de l' énergie

Discussions traitant des diverses sources d'énergie ainsi que de leur efficacité.

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energy_isere
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Bush écolo de circonstance

Message par energy_isere » 28 sept. 2005, 18:58

Déclaration de Bush au sujet de l'energie.

http://www.liberation.com/page.php?Article=326975
Bush écolo de circonstance

Face aux ravages des cyclones et à la hausse du pétrole, il prône des économies d'énergie.



Par Pascal RICHE

mercredi 28 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

Washington de notre correspondant

es hommes du pétrole ne sont généralement pas des fanatiques des économies d'énergie. Jusque-là, George W. Bush et Dick Cheney, son vice-président, estimaient absurde de chercher à «rationner» l'American way of life. «L'objectif est l'efficacité, pas l'austérité», trancha ainsi un jour Cheney, interrogé sur le sujet : «Les économies d'énergie peuvent être un signe de vertu personnelle, mais ce n'est pas une base suffisante pour une politique de l'énergie large et saine.»

Avec les ouragans Katrina et Rita et la nouvelle flambée des prix du brut et de l'essence qui s'en est suivie, le ton a subitement changé. Lundi, Bush a endossé le costume du chasseur de gaspi : «Nous pouvons tous contribuer à améliorer la situation en économisant l'énergie», a-t-il déclaré après avoir rendu visite au département de l'Energie. «Nous pouvons réduire les déplacements qui ne sont pas essentiels, encourager les gens à prendre leur voiture à plusieurs ou à utiliser les transports en commun.»

3 dollars le gallon. Bush parlant comme un écolo ? Quelque chose ne tourne pas rond. L'Administration américaine est un peu perdue depuis quelques semaines. Les prix de l'essence ont augmenté de moitié depuis le début de l'année. Après Katrina, ils ont atteint 3 dollars le gallon (1) et les dégâts causés par Rita sur les installations pétrolières risquent maintenant de les propulser vers les 4 dollars (lire ci- contre). Un rude coup porté au portefeuille et au moral des Américains, qui roulent beaucoup plus que les Européens : leur consommation d'essence est cinq fois supérieure. D'autres mauvaises surprises attendent les Américains à l'approche de l'hiver, le prix du gaz ayant augmenté encore plus que celui de l'essence.

Le gouvernement s'alarme donc. La croissance est menacée par ces hausses des prix, sans parler des élections de novembre 2006. Politiquement, cette envolée du coût de l'essence est d'autant plus dévastatrice qu'elle est aussi associée, dans l'opinion, à la politique du gouvernement au Moyen-Orient. Plus des deux tiers des Américains désapprouvent la manière dont cette administration conduit sa politique de l'énergie. Apeurés par cette grogne montante, George W. Bush et son équipe se sont donc décidés à modifier légèrement leur discours sur l'énergie. Ce changement de pied a surpris les homologues étrangers du secrétaire au Trésor John Snow, qui étaient réunis pour un G7 à Washington, vendredi. La discussion portait sur la nécessité d'investir dans les raffineries et les énergies nouvelles, d'aboutir à une meilleure clarté du marché pétrolier... «On a demandé à ce que le communiqué évoque aussi la nécessité d'économiser l'énergie, et John Snow, qui présidait la réunion, a dit d'accord, ça marche», a raconté Thierry Breton : «C'est très important, on a pour la première fois harmonisé nos vues sur le sujet.»

Profits. Dans son discours de lundi, Bush appelle ses concitoyens à moins conduire ­ au moins le temps que les raffineries se remettent en route ­ et lui-même s'engage à ce que l'administration fédérale donne l'exemple. Les fonctionnaires seront «encouragés» à prendre les transports en commun. Il a par ailleurs promis de puiser dans les réserves stratégiques américaines pour amoindrir l'impact de cette crise, et pour faciliter le transport de l'essence, il continuera à assouplir les contraintes réglementaires liées à la protection de l'environnement. Au Congrès, pendant ce temps, des élus entendent relancer des projets de loi pour faciliter la construction de nouvelles raffineries ou le lancement de nouveaux forages, notamment en Alaska. Aujourd'hui, les Etats-Unis ne comptent plus que 148 raffineries, contre 324 en 1981. Les compagnies pétrolières se plaignent depuis longtemps des obstacles écologiques à l'extension de leurs capacités. Mais certaines organisations de consommateurs les accusent de ne rien faire pour accroître leurs capacités, sachant que le maintien de prix élevés est beaucoup plus lucratif. «Moins ils vendent d'essence, plus ils font de profit», juge ainsi la Fondation pour les droits des consommateurs et des contribuables, qui a calculé que, de janvier au 18 avril, les prix de l'essence ont augmenté de 65 cents par gallon, et les profits des compagnies ont augmenté de 61 cents par gallon...

(1) 0,64 euro le litre. Beaucoup moins qu'en Europe, où les taxes comptent pour 80 % du prix.
et en Américain : http://www.newsday.com/news/politics/wi ... -headlines
White House Staff Urged to Conserve Energy

By Associated Press

September 27, 2005, 5:34 PM EDT

BEAUMONT, Texas -- In a move to cut energy use, White House staffers are being reminded to adjust thermostats and shut down computers, faxes and printers at the end of the day. Public transportation and car pools are a good idea, too, they're being told.

Presidential spokesman Scott McClellan said Tuesday that notices were being sent to staff with energy-saving tips. He said the steps would build on actions taken in the summer of 2001 to conserve energy.
President Bush on Monday urged Americans to drive less, to conserve gasoline, and he issued a directive for federal employees to cut their agency fuel use.

The steps include not letting cars waste gas by idling, McClellan said on Air Force One as Bush flew to Texas to inspect hurricane damage.

Bush also directed that his motorcade be scaled back, his spokesman said.

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Message par phylippe » 28 sept. 2005, 19:08

Ecolo, écolo... :roll:
il continuera à assouplir les contraintes réglementaires liées à la protection de l'environnement.
...le lancement de nouveaux forages, notamment en Alaska.
De toute façon, je ne suis pas d'accord. Le mode de vie Amercain, n'est PAS négociable. C'est W qui l'a dit. :-D
Dernière modification par phylippe le 28 sept. 2005, 19:10, modifié 1 fois.

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Message par MadMax » 28 sept. 2005, 19:09

"...je retourne ma veste, toujours du bon côté..."

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Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par energy_isere » 19 janv. 2009, 19:09

j' initie ce fil à la veille de l' investiture de Barack Obama.

un rappel de la politique sous Bush, en relation avec l' environnement :
"La politique environnementale de Bush consistait à satisfaire le lobby énergétique"


LEMONDE.FR | 19.01.09

Grégory : Peut-on parler d'une politique environnementale de Bush ? Existe-t-elle vraiment ?

Hervé Kempf : La réponse est oui, elle existait vraiment. Et elle consistait essentiellement à démanteler autant que possible les réglementations de l'environnement telles qu'elles existaient, et par ailleurs à satisfaire autant que possible les demandes du lobby énergétique, et particulièrement pétrolier.


jicehache88_1 : Les Etats-Unis, même s'ils n'ont pas signé les accords de Kyoto, n'ont-ils pas fait malgré tout des progrès dans la lutte contre la pollution atmosphérique ?


Hervé Kempf : Deux choses : les Etats-Unis ont signé le protocole de Kyoto en 1997, mais ils ne l'ont pas ratifié. Par ailleurs, on peut distinguer les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique. Les gaz à effet de serre, c'est le gaz carbonique, dont on ne peut pas dire stricto sensu que c'est un polluant atmosphérique dans la mesure où il n'a pas d'effet nocif sur la santé. Mais bien sûr, il a un effet très nuisible sur le changement climatique.

Et les Etats-Unis n'ont pas vraiment fait de progrès dans la réduction des gaz à effet de serre pendant les huit années où M. Bush a été leur président. Les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis ont augmenté de 14,4 % entre 1990 et 2006.

Ours : Bush n'a-t-il pas conclu son mandat sur une note plus "verte" en protégeant des espace naturels ?

Hervé Kempf : Effectivement, George W. Bush a annoncé le 6 janvier la création de trois réserves océaniques près d'Hawai, dans l'océan Pacifique, sur plus de 300 000 m². Mais c'est un geste qui est spectaculaire, et certainement bénéfique, mais qui ne lui coûtait pas beaucoup car il ne mettait en danger quasiment intérêt économique.

Mais en fait, si l'on regarde attentivement, on constate que quelques jours plus tard, l'agence de protection de l'environnement (EPA) a publié le 12 janvier une réglementation favorable aux industriels en assouplissant les contraintes environnementales sur les raffineries et sur les papeteries.

DLL : George Bush n'a-t-il pas au final poursuivi la politique de ses prédécesseurs ? On critique beaucoup son bilan, mais Clinton ou Bush père n'ont guère été plus "verts"...

Hervé Kempf : En fait, si l'on reprend l'histoire de la protection de l'environnement aux Etats-Unis, on voit qu'il y avait eu des nouvelles lois et la création d'une administration de l'environnement au début des années 1970. Pendant toute cette décennie, ces lois ont été renforcées.

La décennie où M. Reagan a été président, les années 1980, a commencé à affaiblir autant que possible un certain nombre de ces réglementations, dans l'esprit du capitalisme triomphant de la présidence de M. Reagan. La présidence Clinton a à nouveau renversé un peu cette tendance et a eu une attitude beaucoup plus favorable à la protection de l'environnement.

Mais la politique de M. Bush est revenue dans le fil de celle de M. Reagan et a constamment - et l'on pourrait dire systématiquement - affaibli les réglementations sur la protection de l'environnement.

Safae : Pourquoi le peuple américain accorde-t-il peu d'importance à la question environnementale ?

Hervé Kempf : Les attentats du 11 septembre 2001 ont fortement impressionné les citoyens des Etats-Unis, qui sont entrés dans une obsession pendant plusieurs années de la crainte du terrorisme et, du coup, ont été inattentifs à un certain nombre de politiques menées par George Bush, que ce soit dans l'environnement ou en ce qui concerne les libertés publiques.

On observe cependant depuis à peu près 2006 une prise de conscience généralisée de l'existence du changement climatique. Ça a été un des éléments de la victoire de Barack Obama, qui a clairement affiché un programme plus environnemental que celui de M. Bush, même si M. Obama ne va pas jusqu'à dire clairement que les Etats-Unis doivent diminuer leur consommation d'énergie.

pierrelouis : Pensez-vous que, malgré le poids des lobbies, Obama parviendra à signer (et à faire ratifier) le traité qui décidera de l'après-Kyoto ?

Hervé Kempf : Oui, Obama a clairement dit que les Etats-Unis reviendraient dans le jeu diplomatique, et dans un jeu diplomatique multilatéral, c'est-à-dire que les Etats-Unis participeront sans arrière-pensée aux discussions sur le changement climatique menées sous l'égide des Nations unies.

Par ailleurs, Obama s'appuie sur de nouveaux lobbies. Si les lobbies pétroliers, très puissants sous M. Bush, ont soutenu McCain, les nouveaux lobbies des énergies renouvelables et de l'informatique penchaient pour Obama. Cela dit, cela ne préjuge pas de la position précise des Etats-Unis dans les discussions sur les suites du protocole de Kyoto.

On peut penser que M. Obama acceptera une limitation des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis, mais maintiendra l'exigence des Etats-Unis d'obtenir un engagement concret de la Chine dans ce domaine.

Jules_Samon : Pourriez-vous nous dire quel impact a eu Bush sur le développement de l'énergie nucléaire ?

Hervé Kempf : Bizarrement, un impact beaucoup plus limité qu'on aurait pu le penser. Malgré des subventions accrues à la recherche sur l'énergie nucléaire, malgré des lois très favorables à l'industrie nucléaire, notamment en facilitant les procédures de création de réacteurs nucléaires, ou en limitant la responsabilité de l'industrie nucléaire en cas d'accident, malgré donc toutes ces mesures favorables, il n'y a pas eu en huit ans de création d'un réacteur nucléaire aux Etats-Unis, ni même d'un vrai lancement de construction.

Il y a certes plusieurs procédures engagées pour créer des réacteurs nucléaires, mais la récession économique et les difficultés du système financier rendent douteuse, à mon avis, la construction d'un grand nombre de réacteurs nucléaires aux Etats-Unis dans les années qui viennent.

Pour une raison simple : construire un réacteur nucléaire coûte très cher et suppose un endettement de départ important. Deuxième facteur d'une autre nature : on peut penser que sous Barack Obama le mouvement écologiste aura plus de force et s'opposera avec vigueur au développement de l'énergie nucléaire.

Mais une fois de plus, la question centrale est celle de la consommation d'énergie. Ce qui déterminera le développement du nucléaire aux Etats-Unis, comme d'ailleurs celui d'autres formes d'énergie, c'est la capacité du pays, ou non, à réduire sa consommation d'énergie, qui est beaucoup trop élevée.


Seb : On parle le plus souvent de la politique environnementale des Etats-Unis au niveau national. Mais les Etats fédérés n'ont-ils pas adopté une approche plus progressive sur la plupart des questions "vertes"?

Hervé Kempf : Si, c'est tout à fait exact. Et plusieurs villes ou Etats ont déjà pris des mesures de limitation des gaz à effet de serre. Cela témoigne de ce qu'on a évoqué il y a quelques minutes, la prise de conscience par une grande partie de l'opinion de la question du changement climatique.

Cependant, il est important que le gouvernement fédéral aille dans le même sens pour poser des normes valables pour tous les Etats. Mais il y sera d'autant plus poussé que de nombreuses villes et de nombreux Etats pousseront en ce sens. Mais il est déjà clair que Barack Obama va déjà s'inspirer des mesures qui ont été prises en Californie ou dans les Etats de l'est du pays.


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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par energy_isere » 19 janv. 2009, 19:45

54 milliards de dollars pour "une énergie propre, efficace et américaine"


Par Raymond Bonnaterre LeBlogEnergie Le 17 Janvier 2009

Sur les 550 milliards de dollars d'investissements du plan de relance Obama, près de 10% vont être consacrés à des actions concernant le domaine de l'énergie. A la lecture de ce vrai catalogue à la Prévert on peut relever dans la partie "créons des emplois avec une énergie propre, efficace et américaine" un certain nombre de points forts. Le plus gros pavé est constitué des 11 milliards de dollars pour lancer la construction d'un nouveau réseau électrique du "Smart Grid Investment Program" qui devrait aller chercher, à terme, l'électricité des éoliennes implantées sur les contreforts des Montagnes Rocheuses (FIG.) et des modules photovoltaïques des déserts du Sud-ouest des Etats-Unis pour amener cette énergie vers les régions peuplées de l'Est et du Sud du pays. Ce poste est associé à 8 milliards de prêts (ou de garantie de prêt?) pour la génération et l'acheminement des énergies renouvelables, auxquels il faut ajouter 2 milliards pour la recherche dans le domaine.

On peut également noter les 2 milliards de dollars de prêts et d'aides pour financer les programmes de batteries pour véhicules. "L'Amérique doit être leader mondial pour repenser et modifier la façon dont les véhicules sont alimentés en énergie", c'est bien sûr un peu tard, l'Asie est passée devant, mais cela ne fait pas de mal de le dire.

LIRE ce puissant programme, vous y trouverez plein d'autres propositions nécessaires pour arriver aux 550 milliards de dollars de dépenses globales. Il semble être construit de façon analytique et pragmatique, par une Administration compétente.

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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par energy_isere » 18 févr. 2009, 21:26

Obama effectue son premier voyage à l' étranger depuis sa prise de fonction effective.
oh, pas bien loin, au Canada.

en particulier :
Barack Obama souhaiterait notamment discuter d'une entente en matière de capture et d'échange de carbone, pour gérer les importantes émissions qui sont produites tant par l'industrie du charbon, aux Etats-Unis, que par celle du pétrole, en Alberta.
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches ... denti.html

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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par energy_isere » 24 févr. 2009, 13:04

Une étude controversée sur le potentiel de l'éthanol US

http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /57884.htm

Une étude réalisée par le US Department of Energy's Sandia National Laboratory, a révélé que la production des biocarburants pourrait très largement dépasser l'objectif des 36 milliards de gallons inscrit dans le "l'Energy and independance security act" de 2007. Cette étude soutenue par l'entreprise General Motors montre qu'il serait possible d'atteindre une production de 90 milliards de gallons de bioéthanol d'ici 2030 avec 75 milliards de gallons de bioéthanol cellulosique et 15 milliards de gallons de bioéthanol provenant de maïs.

L'étude avance également que la production de 90 milliards de gallons de biocarburants pourrait réduire directement les émissions de gaz à effet de serre équivalentes à celles produites par 87 centrales électriques au charbon.

D'aussi grands volumes de biocarburants cellulosiques pourraient, par ailleurs, provenir de biomasse déjà identifiée (résidus agricoles, forestiers et cultures dédiées telles que le swithgrass), sans déplacement de production agricole. L'étude a également révélé que l'investissement dans des bio raffineries cellulosiques serait comparable à celui nécessaire pour développer l'exploitation pétrolière nationale. Enfin, les constructions d'infrastructures de distribution et de transport seraient un défi, mais loin de représenter un obstacle insurmontable.

Les résultats de cette étude ont été accueillis avec enthousiasme par le Département d'éthanol cellulosique de l'entreprise DuPont Danisco, LLC (DDCE). Son Président a déclaré que cette étude confirme bien que l'éthanol cellulosique est un moyen totalement réaliste pour parvenir à l'indépendance énergétique. Les Etats-Unis pourraient ainsi produire suffisamment d'éthanol pour remplacer près d'un tiers de toute l'essence utilisée d'ici 2030.

Différentes voix s'élèvent du côté des scientifiques :

Le professeur Cole Gustafson, économiste spécialisé dans les biocarburants à North Dakota State University à Fargo, a déclaré que cette estimation de production était difficilement concevable et qu'elle dépasse de très loin la prévision du gouvernement fédéral qui tient compte des avancées technologiques nécessaires pour atteindre cet objectif. D'après Cole Gustafon, pour que la production des biocarburants augmente telle que le montre l'étude, il faudrait que le gouvernement protège l'industrie des biocarburants de la concurrence des autres sources d'énergie, notamment fossiles.

Pour l'instant le prix de l'éthanol est bas et reste plus stable que le prix du pétrole. En effet le prix de l'éthanol E85 varie entre 1.50 et 1.65 dollars le gallon hors taxe, alors que le prix de l'essence est de 1.93 dollars aujourd'hui (2.95 dollars hors taxe il y a un an).

David Pimentel, professeur d'Ecologie et d'Agriculture à Cornell University, déjà connu pour son engagement contre les biocarburants produits à partir de maïs, pense également que cette estimation de 90 milliards de gallons de bioéthanol cellulosique d'ici 2030 est irréaliste ; les technologies de production d'éthanol à partir de cellulose ne sont pas du tout compétitives du fait de la teneur moindre en sucre et de la nécessaire prise en compte d'une étape supplémentaire de transformation de la lignine en sucres simples.

Les entreprises travaillent en partenariat avec les centres de recherche sur les moyens d'améliorer les procédés de transformation, mais pour l'instant la production reste très chère. Pour le chercheur David Pimentel, un objectif plus raisonnable serait de 10 milliards de gallons par an d'éthanol cellulosique pour ces prochaines dizaines années, dans l'attente d'approfondir les problématiques liées (transport et stockage, analyses de cycle de vie, usage des sols...).

Enerzine
Pour relativiser cet article, je rapelle que certain producteurs d' éthanol US sont en graves difficultés financiéres, voire en faillite : http://forums.oleocene.org/viewtopic.ph ... 70#p230970

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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par energy_isere » 25 févr. 2009, 12:32

Obama présente sa politique énergétique au Congrès

(src : White House)

Barack Obama s'est adressé pour la première fois au Congrès américain pour présenter sa politique de relance économique. Les questions énergétiques ont été placées au premier plan de son discours.
"La seule façon pour que ce siècle soit un nouveau siècle américain, est de nous confronter enfin au coût de notre dépendance à l'égard du pétrole" a déclaré le Président américain.


S'adressant aux parlementaires, il a placé l'énergie au premier rang de ses priorités :

"Nous savons que le pays qui exploitera la puissance de l'énergie propre et renouvelable guidera le 21 ème siècle. Pour l'heure, c'est la Chine qui a lancé le plus gros effort de l'histoire pour rendre son économie énergétiquement efficace."

"Nous avons inventé la technologie solaire, mais sommes passés derrière des pays comme l'Allemagne et le Japon pour sa production. Nos usines se sont lancé dans la production de voitures hybrides, mais elles rouleront avec des batteries fabriquées en Corée."

"Je n'accepte pas un avenir où les emplois et les industries de demain prennent leur racine au-delà de nos frontières, et je sais que vous non plus. Il est temps pour l'Amérique d'ouvrir à nouveau la marche."

"Gâce à notre plan de relance, nous doublerons notre production d'énergie renouvelable dans les trois prochaines années."

"Nous avons également réalisé les plus importants investissements dans la recherche fondamentale de l'histoire de l'Amérique. Un investissement qui conduira non seulement à de nouvelles découvertes dans l'énergie, mais offrira également des percées dans les domaines de la médecine, de la science et de la technologie."

"Nous installerons bientôt des milliers de kilomètres de lignes électriques qui conduiront la nouvelle énergie vers les villes et les villages à travers le pays. Et nous mettrons des américains au travail en rendant nos maisons et nos immeubles plus efficaces, pour que nous puissions économiser des milliards de dollars sur nos factures."

"Mais pour véritablement transformer notre économie, garantir notre sécurité, et sauver notre planète des ravages du changement climatique, nous devons faire de l'énergie propre et renouvelable une forme d'énergie profitable."

"Aussi je demande au Congrès de me proposer une législation qui placera la pollution au carbone sous la coupe du marché, et conduise à la production de davantage d'énergie renouvelable en Amérique."

"Pour soutenir cette innovation, nous investirons 15 milliards de dollars par an pour développer des technologies comme l'éolien et l'énergie solaire, les biocarburants avancés, le charbon propre, des voitures et camions plus efficaces construits ici, en Amérique."

"Concernant notre industrie automobile, chacun reconnaît des années de mauvaises décisions, alors qu'une récession mondiale a poussé nos constructeurs au bord du gouffre."

"Nous ne devons pas les protéger, nous ne les protégerons pas des effets de leurs propres mauvaises pratiques, mais nous sommes engagés dans l'objectif d'une industrie automobile reéquipée, réinventée, qui peut être compétitive et vaincre. Des millions d'emplois en dépendent. Les résultats de communautés en dépendent. Et je pense que la nation qui a inventé l'automobile ne peut se détourner de cela."

"Rien de tout cela ne peut se faire sans coût, ni être facile. Mais c'est l'Amérique. Nous ne faisons pas ce qui est facile. Nous faisons ce qui est nécessaire pour avancer."

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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par papy_russe » 25 févr. 2009, 12:42

Ah ! Jancovici pourrait bien avoir trouvé en Obama l'homme providentiel ("le nouveau De Gaulle, Churchill ou Roosevelt) dont il parle dans son dernier bouquin ! En tous cas si ses discours sont suivis d'actes concrets et significatifs (pas comme les mesurettes du Grenelle), ça peut le faire, car si les US y vont, les autre suivront (Nico, "petit caniche" des US :mrgreen: )
Je ne chante pas pour passer le temps [J. Ferrat]

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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par Raminagrobis » 25 févr. 2009, 12:48

papy_russe a écrit :Ah ! Jancovici pourrait bien avoir trouvé en Obama l'homme providentiel ("le nouveau De Gaulle, Churchill ou Roosevelt) dont il parle dans son dernier bouquin ! En tous cas si ses discours sont suivis d'actes concrets et significatifs (pas comme les mesurettes du Grenelle), ça peut le faire, car si les US y vont, les autre suivront (Nico, "petit caniche" des US :mrgreen: )
C'est vrai qu'Obama a l'air d'avoir une vraie envergure de grand homme d'Etat. C'est encore un peu difficile à dire, peu de recul, et puis les médias le monte tellement en étendart (obamania) qu'il est dur de voir le fond.

Faut dire qu'on sort d'une génération de chefs d'états insignifiants, crapuleux et/ou imbus d'eux-même, les Bush, Blair, Berlussolini, Chavez, Chirac, Sarko, Chrétien, Fox, Aznar...
Toujours moins.

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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par energy_isere » 25 févr. 2009, 12:50

Raminagrobis a écrit : ...C'est vrai qu'Obama a l'air d'avoir une vraie envergure de grand homme d'Etat. C'est encore un peu difficile à dire, peu de recul, .....
voir son premier grand discours de hier devant les deux chambres du Congrès : http://forums.oleocene.org/viewtopic.ph ... 92#p233492

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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par energy_isere » 06 mars 2009, 20:53

Steven Chu présente les grands axes de sa politique énergétique devant une commission du Sénat américain

Par Raymond Bonnaterre / Leblogenergie

Le Secrétaire d'Etat à l'Energie américain, Steven Chu, a présenté hier devant la Commission de l'Energie et des Ressources Naturelles du Sénat les grands axes de son futur programme de recherches dans le domaine de l'énergie qu'il veut profondément transformer. C'est pour lui une partie de la science qui a besoin de faire de grands sauts technologiques, tout comme l'électronique en fit un, dans le passé, avec les semi-conducteurs. La recherche doit apporter des transformations profondes (transformational technologies) et non de simples évolutions incrémentales dans un certain nombre de domaines essentiels. Il a cité cinq de ces domaines qui lui apparaissent comme importants:


1- Les carburants de deuxième génération partant de déchets industriels, agricoles ou de cultures non vivrières.

2- Les batteries pour la traction automobile avec deux ou trois fois plus d'énergie spécifique et pouvant assurer leur service pendant quinze ans avec des décharges profondes.

3- La technologie photovoltaïque cinq fois moins chère qu'aujourd'hui.

4-Des règles de conception de bâtiments commerciaux ou à usage de logement consommant cinq fois moins d'énergie.

5-Des systèmes de stockage d'énergie à grande échelle permettant de transformer les énergies solaires et éoliennes en ressources électriques de base.

En conclusion Chu a insisté sur l'importance de l'efficacité énergétique et des grandes ressources mobilisables par la technologie dans l'éolien, le solaire et le nucléaire.

LIRE la déposition du 5 Mars de Steven Chu devant la commission du Sénat américain.
http://www.leblogenergie.com/2009/03/st ... .html#more

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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par Raminagrobis » 07 mars 2009, 12:38

energy_isere a écrit :
Steven Chu présente les grands axes de sa politique énergétique devant une commission du Sénat américain

Par Raymond Bonnaterre / Leblogenergie

Le Secrétaire d'Etat à l'Energie américain, Steven Chu, a présenté hier devant la Commission de l'Energie et des Ressources Naturelles du Sénat les grands axes de son futur programme de recherches dans le domaine de l'énergie qu'il veut profondément transformer. C'est pour lui une partie de la science qui a besoin de faire de grands sauts technologiques, tout comme l'électronique en fit un, dans le passé, avec les semi-conducteurs. La recherche doit apporter des transformations profondes (transformational technologies) et non de simples évolutions incrémentales dans un certain nombre de domaines essentiels. Il a cité cinq de ces domaines qui lui apparaissent comme importants:


1- Les carburants de deuxième génération partant de déchets industriels, agricoles ou de cultures non vivrières.

2- Les batteries pour la traction automobile avec deux ou trois fois plus d'énergie spécifique et pouvant assurer leur service pendant quinze ans avec des décharges profondes.

3- La technologie photovoltaïque cinq fois moins chère qu'aujourd'hui.

4-Des règles de conception de bâtiments commerciaux ou à usage de logement consommant cinq fois moins d'énergie.

5-Des systèmes de stockage d'énergie à grande échelle permettant de transformer les énergies solaires et éoliennes en ressources électriques de base.

En conclusion Chu a insisté sur l'importance de l'efficacité énergétique et des grandes ressources mobilisables par la technologie dans l'éolien, le solaire et le nucléaire.

LIRE la déposition du 5 Mars de Steven Chu devant la commission du Sénat américain.
http://www.leblogenergie.com/2009/03/st ... .html#more
Ouais. Steven Chu est quelqu'un de totalement conscient des problèmes énergétiques et climatiques, et en même temps optimiste sur les progrès possible. Comme un mix 3/4 de Jancovici, 1/4 de Arthur C. Clarke.

Ces objectifs sont assez flous. Comme le point 4 : des batiments consommant 5 fois moins d'énergie... Que quoi ?
5 fois moins que le pire batiment à l'isolation la plus déplorable qu'on puisse trouver aux Etats-Unis? 5 fois moins que moyenne des batiments existant actuellement? 5 fois moins que la moyenne de ce qu'on construit actuellement? 5 fois moins que ce qu'on construit de mieux actuellement (là ça va être dur!) ?

Pour les objectifs 3 et 5, ben je pense que tout le monde est pour... Yaka.
Toujours moins.

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papy_russe
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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par papy_russe » 07 mars 2009, 13:01

Des batiments consommant 5 fois moins d'énergie , je le comprends comme : "diviser , à terme, par 5 la quantité d'énergie globale actuellement consommée par an par l'ensemble des bâtiments ". C'est un sacré challenge qui devrait prendre au moins 30 ou 40 ans. Ca veut dire que tout nouveau batiment devra consommer 10 fois moins et qu'il va faillor raser
Je ne chante pas pour passer le temps [J. Ferrat]

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kercoz
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Re: Politique Etats-Unienne de l' énergie

Message par kercoz » 07 mars 2009, 14:25

papy_russe a écrit :Des batiments consommant 5 fois moins d'énergie , je le comprends comme : "diviser , à terme, par 5 la quantité d'énergie globale actuellement consommée par an par l'ensemble des bâtiments ". C'est un sacré challenge qui devrait prendre au moins 30 ou 40 ans.
Non , on a une fausse idée des USA . la techno est souvent surprenante (grillage 1,50 m autours des transfo; 110v ; Leurs maisons ne se préoccupaient pas d'isolation , le petrole etant gratos . De plus les anciennes habitations sont en bois et cette habitus n'avait suprimé le blème isolation.Les maisons sont tres grandes et un e simple diminution ou gestion des espace peut arriver facilement a ces chiffres .
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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