L'influence de la finance dans les prix du pétrole

Discussions traitant de l'impact du pic pétrolier sur l'économie.

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tita
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L'influence de la finance dans les prix du pétrole

Message par tita » 19 mars 2015, 13:43

Beaucoup de raisons ont été évoquées au sujet de la chute spectaculaire des prix du pétrole entre juin 2014 et janvier 2015. Ralentissement économique de la Chine, production excédentaire du pétrole de schiste, volonté de l'OPEP (enfin, Arabie Saoudite) de maintenir leur production et leur part de marché. Tout ceci conduisant à un décalage entre l'offre et la demande.

Mais certains considère que ce n'est pas la véritable raison. Les fondamentaux sur l'offre et la demande étaient connus. La Chine montrait déjà des signes d'essoufflement en 2011. La production de l'OPEP était connue, de même que le spectaculaire développement du pétrole de schiste américain. Un article (ci-dessous) pointe du doigt la coïncidence entre l'annonce de la FED de mettre un terme à son QE (introduit 2009!), et le début de la chute des prix.

Un afflux important de capitaux a poussé un investissement de la part des instituts financiers. Sauf qu'au lieu d'investir dans la recherche ou l'innovation, où le profit est à long terme, c'est sur des secteurs comme les matières premières que l'investissement s'est réalisé, spéculant sur un profit à court terme. Le pétrole s'est retrouvé naturellement en bonne position pour faire du profit, la crise de 2008 ayant abaissé son cours, mais les fondamentaux de 2009 indiquant une offre insuffisante à satisfaire la demande. Durant la période du QE, le cours du pétrole s'est retrouvé artificiellement haut alors que les fondamentaux auraient du le pousser vers le bas. Tout ceci à incité du même coup à investir dans la production coûteuse de pétrole de schiste alors que le marché n'en nécessitait pas autant.

La situation actuelle reste toujours dominée par les acteurs financiers. D'une manière ou d'une autre, l'offre excédentaire va être détruite par la chute des cours. Le besoin des producteurs US à générer du cash pour payer leurs dettes les met sous une forte pression. Et comme la FED a cessé d'arroser de dollars tout ce petit monde, il vont devoir se restructurer.

Reste la question des conséquences qu'aura en Europe le récent QE opéré par la BCE. Il est fort à parier que nos banquiers agissent de la même manière... privilégiant cette apport de fonds pour réaliser du profit à court terme en créant une bulle autour d'un secteur. Le pétrole et gaz de schiste pourraient bien être le prochain El Dorado de la finance Européenne.
The Real (and Troubling) Reason Behind Lower Oil Prices
Rana Foroohar @RanaForoohar March 10, 2015

It isn't supply and demand, as most people believe

I am obsessed with how the top tier of finance has undermined, rather than fueled, the real economy. In part, that’s because of I’m writing a book about the topic, but also because so many market stories I come across seem to support this notion. The other day, I had lunch with Ruchir Sharma, head of emerging markets for Morgan Stanley Investment Management and chief of macroeconomics for the bank, who posited a fascinating idea: the major fall in oil prices since this summer may be about a shift in trading, rather than a change in the fundamental supply and demand equation. Oil, he says, is now a financial asset as much as a commodity.

The conventional wisdom about the fall in oil prices has been that it’s a result of both slower demand in China, which is in the midst of a slowdown and debt crisis, but also the increase in US shale production and the unwillingness of the Saudis to stop pumping so much oil. The Saudis often cut production in periods of slowing demand, but this time around they have not. This is in part because they are quite happy to put pressure on the Iranians, their sectarian rivals who need a much higher oil price to meet their budgets, as well as the Russians, who likewise are on the wrong side of the sectarian conflict in the Middle East via their support for the Syrian regime.

Sharma rightly points out, though, that supply and demand haven’t changed enough to create a 50% plunge in prices. Meanwhile, the price decline began not on the news of slower Chinese growth or Saudi announcements about supply, but last summer when the Fed announced that it planned to stop its quantitative easing program. Sharma and many others believe this program fueled a run up in asset buying in both emerging markets and commodities markets. “Easy money had kept oil prices artificially high for much longer than fundamentals warranted, as Chinese demand and oil supply had started to turn back in 2011, and oil prices have now merely returned to their long-term average,” says Sharma. “The end of the Fed’s quantitative easing has finally pricked the oil bubble.”

If this is the case, the fact that hot money could have such an effect on such a crucial everyday resource is worrisome. And the fact that the Fed’s QE, which was designed to buoy the real economy, has instead had the unintended and perverse effect of inflating asset prices is particularly disturbing. I think that regulatory attention on the financialization of the commodities markets will undoubtedly grow; for more on how it all works, check out this New York Times story on Goldman’s control of the aluminum markets. Amazing stuff.
source http://time.com/3737506/low-oil-prices-reason/

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Re: L'influence de la finance dans les prix du pétrole

Message par energy_isere » 19 mars 2015, 15:17

tita a écrit : Reste la question des conséquences qu'aura en Europe le récent QE opéré par la BCE. Il est fort à parier que nos banquiers agissent de la même manière... privilégiant cette apport de fonds pour réaliser du profit à court terme en créant une bulle autour d'un secteur. Le pétrole et gaz de schiste pourraient bien être le prochain El Dorado de la finance Européenne.
...
Non, je ne crois pas que la finance Européenne ira la.

La finance Européenne ira sur le marché action en général, pas limité au secteur pétro-gazier.
Ca à d' ailleurs commencé. le CAC40 à dépassé les 5000 pts.

Et en Europe il n' y a guére que la Grande Bretagne qui arrivera peut étre à percer dans le Gaz de schiste. Ailleurs il ya trop d' opposition et des grandes compagnies sur le Gaz de schiste ont déjà plié bagage en Pologne, en Ukraine et Roumanie.

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