Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Discussions traitant de l'impact du pic pétrolier sur l'économie.

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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par energy_isere » 30 mars 2018, 20:22

Mise à l’eau du 1er navire de production minière en eaux profondes

Publié le 30/03/2018 lemarin.fr

Le navire support de production (PSV) Nautilus New Era a été mis à l’eau le 29 mars dans le chantier chinois Fujian Mawei.

Image
Le « Nautilus New Era » a été mis à l'eau le 29 mars dans le chantier chinois Fujian Mawei. (Photos : Nautilus Minerals)
http://www.lemarin.fr/secteurs-activite ... re-en-eaux

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Message par energy_isere » 11 avr. 2018, 20:12

La ruée vers l'or, c'est vraiment reparti

Usine Nouvelle le 09/03/2018

Le cobalt, que l’on trouve dans les mines de cuivre et de nickel, suscite l’intérêt des groupes miniers, qui n’oublient pas l’or, une valeur sûre. Les dépenses dans la recherche de métaux non ferreux gagneraient jusqu’à 20% en 2018.

Les investissements dans la recherche de métaux non ferreux devraient progresser de 15% à 20% en 2018, estime Standard & Poor’s. Ils se sont élevés à 8,4 milliards de dollars en 2017, et à 7,3 milliards en 2016, soit la première hausse constatée après quatre années consécutives de baisse de ces investissements. C'est au Canada, en Australie et aux États-Unis que se sont principalement focalisées les dépenses d’exploration, avec des allocations totalisant 5,55 milliards de dollars.

Le rebond des cours des métaux conforte les miniers dans leur stratégie : le prix du cuivre s’est apprécié de 67% depuis février 2016. Fin janvier, l’or a atteint son plus haut niveau depuis août 2016, à 1 359 dollars par once. Le minerai de fer s’échangeait fin décembre à 75 dollars par tonne, contre 58,4 dollars par tonne deux ans plus tôt. Le prix du zinc a pour sa part atteint en janvier son plus haut niveau depuis août 2007, à 3 460 dollars par tonne.

Les métaux des batteries électriques suscitent les convoitises

L'or a ouvert la voie à un budget global plus élevé en 2017. 4,03 milliards de dollars ont été consacrés à sa recherche, en hausse de 22% sur un an. Il représente plus de la moitié du budget global d’investissements. Les métaux de base (cuivre, nickel, zinc et plomb) se sont arrogés 30% des dépenses. Récemment, les entreprises ont mis l’accent sur les dépenses d’exploration liées aux métaux essentiels aux batteries, sous l’impulsion de l’essor des véhicules électriques. 136 entreprises ont été identifiées, avec un budget total de 157 millions de dollars en 2017, soit plus du double de 2016.

Sur le seul cobalt, 52 entreprises ont alloué 36 millions de dollars à l’exploration en 2017, plus de quatre fois le budget consacré en 2016. Premier producteur mondial, la République démocratique du Congo a concentré 25% des investissements consentis dans l’exploration en 2017.
https://www.usinenouvelle.com/article/l ... ti.N664429

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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par energy_isere » 22 avr. 2018, 14:12

Au Canada il y a une mine polymétallique incroyable qui produit à la fois du Cuivre, du Nickel, du palladium, de l' Or et du Platine.
C'est la mine de Sudbury dont l' activité à commencé en 1886.

lire ce pdf : http://sciencenorth.ca/dynamic-earth/ge ... camp_f.pdf

Le gisement résulte selon les géologues, de l'impact d'une météorite de 10 km de diamètre ayant frappé la Terre
il y a 1,85 milliard d’années près du site actuel de Sudbury. (page 5)
Le cratére initial est plus grand que celui de Chicxulub dans le Yucatán, au Mexique.

page 7 :
Sudbury – un district minier de classe mondiale et une
plaque tournante du secteur des services miniers


Sudbury est un district minier étonnamment riche. À tout point de vue, il est énorme.
Le district a produit plus de 8 millions de tonnes tant de nickel que de cuivre, plus
de 3 200 tonnes d’argent, 300 tonnes de platine, et 100 tonnes d’or. Selon les prix
des métaux d’aujourd’hui, plus de 77 mines ont produit pour une valeur estimée
de 330 milliards de dollars CAN en métaux au cours du siècle passé.
la carte géologique sur Wikipedia :

Image

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bassin_de_Sudbury

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Message par energy_isere » 22 avr. 2018, 14:19

Les 10 mines mondiales les plus concentrées en minerai, en valeur par tonne de minerai :

Top 10 mining operations handling most expensive tonnes of ore

Image

Sur ces 10 mines 8 sont aux Amériques !

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Message par Remundo » 22 avr. 2018, 14:25

et aucune en France. :roll:

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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par phyvette » 22 avr. 2018, 15:54

Je dirais même plus : aucune en Europe.
Preuve si besoin était que le développement de la révolution industrielle européenne fût un hold-up de l'Europe sur les ressources mondiales.

La fin de la mondialisation libéral va mettre un terme à cette anomalie historique.
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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par Silenius » 23 avr. 2018, 10:33

phyvette a écrit :
22 avr. 2018, 15:54
Je dirais même plus : aucune en Europe.
Preuve si besoin était que le développement de la révolution industrielle européenne fût un hold-up de l'Europe sur les ressources mondiales.
Ou un hold-up mondial sur les ressources intellectuelles européennes....

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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par energy_isere » 09 mai 2018, 12:45

Le niobium, métal critique méconnu, indispensable allié de l'acier


LOUISE ROZÈS MOSCOVENKO MUsine Nouvelle 09/05/2018

Avez-vous entendu parler du niobium ? Ce métal discret est utilisé dans les alliages et les superalliages, pour ses propriétés conférant haute résistance et légèreté. Fusées, automobiles, pipelines, réacteurs nucléaires ou même implants orthopédiques, ses applications sont nombreuses. Il fait aussi partie de la liste des 27 matières premières critiques pour l'Union européenne.

Ce n'est pas un métal qui défraie la chronique. Il est pourtant indispensable à la sidérurgie mondiale et à l'industrie de pointe. Fusées, satellites, automobiles, pipelines, réacteurs nucléaires... Le niobium est un agent d'alliage qui permet à l'acier de gagner en élasticité et donc en résistance, en plus de l'alléger. Utilisé dans les voitures, il permet de leur faire perdre des dizaines de kilos, améliorant du même coup leur efficacité énergétique. Associé dans les superalliages, il entre dans la composition des parties chaudes des réacteurs d’avions et les enveloppes de barres de combustible des réacteurs nucléaires.

Un quasi monopole brésilien

La production mondiale de niobium se concentre dans seulement deux pays : le Brésil (89%) et le Canada (9%). Les autres projets d'exploitation se comptent sur les doigts d'une main : un en Tanzanie, un aux États-Unis et un au Gabon, le projet Maboumine, développé entre autres par le français Eramet. Suspendu en 2015 en raison des faibles prix des terres rares qu'il contient, le projet pourrait se poursuivre sous "l'impulsion d'un nouveau partenaire" activement recherché par Eramet. Maboumine aurait la capacité d'extraire 5000 tonnes de niobium par an à compter de 2022-23.

Au Canada, l'entreprise québécoise Osisko a investi fin mars dans NioBay Metals, qui développe un projet dans l'Ontario. Pour l'heure, le plus grand site producteur du pays est la mine de Niobec, vendue par Iamgold à Magris Resources en 2015 pour 500 millions de dollars (412,3 M€), et qui produit environ 5 000 tonnes de niobium par an.

Rien à voir avec la production brésilienne, loin devant avec 57 000 tonnes de niobium en 2017 sur un volume global mondial de 64 000 tonnes cette même année, selon les chiffres de l'United States Geological Survey. C'est l'entreprise CBMM qui exploite le site le plus important, représentant 90% de la production du Brésil, tandis que le chinois China Molybdenum exploite les 10% restants, le pays ne comptant que deux gisements. Ce dernier s'est bien positionné sur le marché en rachetant en 2016 les activités brésiliennes d'Anglo American dans le niobium et les phosphates pour 1,5 milliard de dollars.

Demande en hausse

Le niobium est considéré comme critique à la fois par l'Union européenne et par les États-Unis. « On peut toujours imaginer une crise, à partir du moment où on a un producteur quasi unique », explique Jean-Claude Guillaneau, directeur des géoressources du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). L'entité indique dans le rapport Cyclope 2018, à paraître le 16 mai, que la production de niobium, par ailleurs au taux de recyclage et aux possibilités de substitution faibles, pourrait croître de 7% par an jusqu’en 2021, tirée par la demande. En octobre dernier, Toshiba a annoncé une nouvelle batterie pour véhicule électrique utilisant de l'oxyde de titane-niobium, qui permettrait de recharger l'équivalent de 320 km en seulement 6 minutes. La commercialisation est prévue pour 2019. Voilà qui devrait, si ce type de technologie de batterie venait à conquérir d'autres constructeurs, tirer encore la demande vers le haut.
https://www.usinenouvelle.com/article/n ... er.N691174

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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par energy_isere » 29 juin 2018, 20:42

Incertitude sur les métaux face aux véhicules électriques et au stockage de l'énergie

Nancy 29 Juin 2018

Le cobalt, le tungstène et l'étain figurent en tête des métaux dont l'approvisionnement pourrait devenir problématique, avec des incertitudes sur le futur des véhicules électriques et du stockage de l'énergie, selon des experts réunis jeudi au Forum Mondial des Matériaux (WMF) à Nancy.

"L'électrification est une tendance très importante", a souligné Patrick Koller, PDG de l'équipementier automobile Faurecia.

Il a estimé que près de la moitié du marché automobile sera "électrifié" d'ici 2030 dont 13% de véhicules purement électriques, tandis que la part du moteur thermique tombera, selon lui, de 95% en 2017 à 52% en 2030.

La conséquence la plus notable sera la forte hausse de la demande de certains métaux utilisés dans les batteries, avec en premier lieu le cobalt et le nickel. Mais "jusqu'en 2030, les matières premières ne seront pas un problème pour l'électrification" des véhicules, assure M. Koller.

Le cobalt figure toutefois au premier rang des métaux "critiques", dans l'étude menée conjointement par le WMF, le BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières) et les cabinets Mc Kinsey et CRU Consulting, présentée jeudi.

Basée sur six critères allant de l'estimation des réserves connues à la possibilité de substitution ou de recyclage du métal, et examinant aussi le "risque politique", cette analyse classe les éléments selon leur niveau de risque, du vert au rouge.

Le cobalt, classé "rouge", est "un ingrédient essentiel des batteries" et la croissance des véhicules électriques fait que le besoin global en cobalt pourrait ne pas être couvert "entre 2025 et 2030", a expliqué à l'AFP Pierre Toulhoat, directeur des opérations du BRGM.

En outre, la moitié de l'approvisionnement vient de RD Congo, un élément de risque politique, selon l'étude.

D'autres sources sont envisageables, comme l'exploitation d'anciens déchets de mines de cuivre qui recèlent du cobalt. Des expérimentations ont été menées avec succès par le BRGM en Ouganda, il y a une vingtaine d'années.

- incertitudes -

L'automobile est "un secteur où il y a encore de grosses incertitudes sur la domination de telle ou telle technologie", ce qui impose de "garder une attention très soutenue sur un certain nombre de métaux qui vont percer plus ou moins, en fonction des technologies", a ajouté le responsable du BRGM.

"Bien sûr, certains matériaux sont critiques, mais surtout, ce qui est critique c'est l'incertitude qui règne sur les choix futurs de motorisation et de génération d'énergie", a souligné à l'AFP, Victoire de Margerie, vice-présidente du WMF.

"On doit continuer à investir, parce que si on n'investit pas, il n'y aura pas les capacités pour répondre aux besoins des clients", mais "si on se trompe sur l'investissement, parce que finalement ce n'est pas le bon choix de motorisation ou le bon choix de génération d'énergie, ça va coûter très cher", ajoute-t-elle.

Le développement des véhicules électriques va demander entre 6 et 8 milliards de dollars d'investissements en infrastructures pour chaque million de nouveaux véhicules mis sur le marché, selon le WMC.

"L'industrie n'a aucun problème pour accepter une mutation, à condition que cette mutation soit organisée et qu'on lui donne le temps", note Patrick Koller.

- le vanadium en question -

Dans ce contexte d'incertitude, l'un des métaux à suivre est le vanadium, dont les réserves sont pourtant estimées à 250 ans et avec des capacités minières suffisantes.

Mais, indique M. Toulhoat, "il peut y avoir une percée du vanadium pour les batteries redox à flux", une nouvelle technologie sur laquelle mise la société minière canadienne Ivanhoe. Son patron Robert Friedland affirme que "les risques de pénurie de cobalt et de nickel sont bien réels".

Deux autres métaux sont en première ligne de l'étude du WMF, le tungstène et l'étain.

Pour ce dernier, c'est le sous-investissement dans le développement de mines qui pose problème. Le zinc a déjà connu cette difficulté.

S'agissant du tungstène, outre la dépendance vis-à-vis de la Chine, ce métal connaît de nouveaux usages "qui sont en train de se développer à grande vitesse (...) en métallurgie pour des alliages extrêmement performants pour l'aéronautique et pour la fabrication additive", selon le BRGM.

Enfin, trois terres rares sont classées en "rouge": le dysprosium, le néodyme, le praséodyme.
https://www.romandie.com/news/Incertitu ... 931871.rom

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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par phyvette » 10 juil. 2018, 08:14

Moins de 1% des terres rares sont recyclées.
https://www.usinenouvelle.com/article/l ... es.N711374

1 % seulement du lithium contenu dans les batteries est récupéré, la pureté du produit font que le lithium recyclé n’est pas réutilisé pour fabriquer de nouvelles batteries. le lithium neuf permet un meilleur contrôle de la qualité. Cela signifie concrètement que le recyclage ne permet pas de créer une « économie circulaire » du lithium.
https://energieetenvironnement.com/2018 ... u-lithium/
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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par energy_isere » 24 juil. 2018, 21:52

Métaux rares (1/3) : doit-on craindre pour l’approvisionnement ?

Par Giulietta Gamberini La Tribune 23/07/2018

Indispensables à la transition énergétique et numérique, les métaux rares sont toutefois exposés à des risques géopolitiques, de responsabilité sociale et environnementale, voire d'épuisement des réserves qui font craindre d'importantes variations des prix.

Cobalt, tungstène, étain, mais aussi dysprosium, praséodyme, néodyme, etc.: lointains souvenirs des heures passées dans l'étude du tableau de Mendeleïev, parfois même complètement inconnus, ces noms sont pourtant ceux des matières premières indispensables au XXIe siècle. Utilisés dans la fabrication de véhicules électriques, batteries, panneaux solaires, éoliennes, mais aussi smartphones et appareils électroniques, quelques dizaines de métaux, dont une vingtaine de "terres rares", sont en effet à la transition énergétique et à celle numérique ce que le charbon et le pétrole étaient, respectivement, à la machine à vapeur et puis au moteur thermique. A l'échelle mondiale, leur demande croît, en entraînant une hausse exponentielle de leur production. Et même si les besoins futurs restent difficiles à mesurer, la courbe semble plutôt destinée à grimper en flèche tout au long des prochaines décennies.

Les experts inquiets

Depuis quelques années, plusieurs experts expriment donc des inquiétudes croissantes sur l'approvisionnement de ces matériaux. L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) y a consacré deux rapports: un premier en 2011, relatif aux "tensions d'approvisionnement des terres rares", suivi par un deuxième en 2016, portant sur "les enjeux des terres rares et des matières premières stratégiques et critiques". Le journaliste Guillaume Pitron, déjà auteur de documentaires sur le sujet en 2012, vient de publier quelque 250 pages d'enquête sur La Guerre des métaux rares. Le World Materials Forum a souligné à l'occasion de sa quatrième édition le "risque très élevé" pesant sur six métaux, qui selon une étude du cabinet de conseil Alcimed en concernerait même une dizaine. Et dans sa toute récente Stratégie d'utilisation des ressources du sous-sol pour la transition énergétique française, l'Académie des sciences insiste sur les importants besoins à venir pour la France, dont "le coût cumulé d'ici 2050 n'est pas très éloigné de celui des importations de pétrole qui seraient nécessaires si cette transition n'avait pas lieu".

Des métaux concentrés dans un nombre restreint de pays

Ces experts partagent globalement la même analyse. Une première préoccupation vient du risque d'épuisement des réserves existantes: pour certains métaux comme l'antimoine, l'étain et le chrome, au rythme de consommation actuel, elles seraient même inférieures à 17 ans, selon Alcimed. Si au niveau mondial l'exploitation d'autres gisements souterrains, voire sous-marins, semble théoriquement plus que possible, ses coûts potentiels pourraient néanmoins être élevés.

Un deuxième danger est de nature géopolitique. Les réserves exploitées de ces métaux stratégiques sont en effet concentrées dans un nombre restreint de pays, dont la Chine, qui contrôle notamment plus de 80% de l'extraction de terres rares, mais aussi le Congo, qui a le monopole du cobalt, et le Brésil, qui assure la quasi-totalité de niobium. Dans le cas de Pékin, cette situation monopolistique est même le résultat d'une véritable stratégie développée depuis les années 2000, explique Guillaume Pitron. La Chine a ainsi réussi, via la création de quotas d'exportation, qui ont contraint les industriels occidentaux à transférer leur production sur son territoire en joint-venture avec des entreprises locales, à remonter la chaîne de valeur de l'industrie utilisant ces matières. Afin de décourager le déploiement de projets miniers concurrents, elle a ensuite supprimé ces quotas, mène une politique des prix bas, constitue des stocks de matières et achète des mines de terres rares dans d'autres pays, dont elle retire la production du marché. Bien que la réussite de telles politiques demande l'existence d'infrastructures, d'une industrie locale et d'une main-d'oeuvre adaptée, les experts mettent en garde: rien n'exclut que d'autres pays tentent un jour d'imiter Pékin.

Des problèmes de RSE modérés ou avérés"

Le dernier risque pesant sur l'approvisionnement de métaux stratégiques concerne le coût environnemental et social de leur production. En raison de leur présence infinitésimale dans la roche, l'extraction des terres a un impact particulièrement lourd sur le paysage, mais aussi sur l'utilisation d'énergie. Les rejets toxiques et la radioactivité issus de leur raffinage polluent l'environnement et empoisonnent les populations locales, témoigne Guillaume Pitron. Au Congo, l'exploitation du cobalt, utilisé dans les batteries de smartphones, est associé au travail des enfants. Ainsi, vingt-quatre des 36 matières étudiées par Alcimed "posent des problèmes de RSE modérés ou avérés", analyse le cabinet.

L'opinion publique prend progressivement conscience de ces enjeux, obligeant des marques telles qu'Apple et Samsung, confrontées à la menace d'une aversion croissante pour leurs produits, à s'engager dans des démarches de traçabilité. Et le risque d'un durcissement soudain de la législation -tel que celui intervenu en 2017 en Chine à propos de l'importation des déchets- guette, y compris dans les pays aujourd'hui encore très permissifs, qui basculent progressivement vers une croissance qualitative. Or, la production limitée des métaux rares multiplie les effets potentiels de toute petite variation de l'offre ou de la demande sur les prix.
https://www.latribune.fr/entreprises-fi ... 85544.html

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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par energy_isere » 24 juil. 2018, 22:01

Métaux rares (2/3) : faudrait-il rouvrir des mines en France ?


Par Giulietta Gamberini La Tribune 24/07/2018

Afin de sécuriser l'approvisionnement, la question est de plus en plus souvent posée par les experts. Des arguments stratégiques et éthiques la soutiennent.

Ils sont indispensables à la transition énergétique et numérique, mais exposés à des risques géopolitiques, de responsabilité sociale et environnementale, voire d'épuisement des réserves. Afin de sécuriser l'approvisionnement en métaux rares, une question fâcheuse revoit donc le jour en France : celle de l'opportunité de relancer la création de mines sur le territoire national et européen. Elle sous-tend la toute récente "Stratégie d'utilisation des ressources du sous-sol pour la transition énergétique française" de l'Académie des sciences, dont "la conclusion majeure (...) est que la transition énergétique ne pourra être réalisée sans adaptations technologiques majeures ni modification significative de la chaîne d'approvisionnement", et qui recommande "d'analyser les ressources exploitables en France (métropole et outre-mer), y compris dans le domaine maritime".

Le potentiel semble notamment important en Nouvelle-Calédonie, en Guyane, mais aussi dans le Massif armoricain et dans le Massif central, où il s'agit d'étendre l'exploration au-delà des 500 mètres de profondeur, soulignent les académiciens. Le journaliste Guillaume Pitron consacre également un chapitre de son livre sur "La Guerre des métaux rares" à la réouverture de mines françaises, qui figure aussi parmi les stratégies suggérées par le cabinet de conseil Alcimed dans une récente étude consacrée au sujet.

Souveraineté et éthique

Les partisans d'une telle solution mettent en avant deux arguments. Le premier porte sur la nécessité de réduire la dépendance française de pays étrangers aux politiques incontrôlables, voire de se réapproprier une culture des matières premières, présente lorsque la France était encore un géant minier, mais perdue au long des dernières décennies, souvent avec le savoir-faire qui l'accompagnait. Cela permettrait de raviver d'anciennes compétences qui vieillissent, ainsi que de créer des emplois locaux, souligne Guillaume Pitron.

"Connaître l'existence de nos ressources permettrait de meilleures négociations sur les prix, même si on ne les exploite pas", ajoute Ghislain de Marsily, coauteur avec Bernard Tardieu de l'étude de l'Académie des sciences, lequel insiste aussi sur l'enjeu de "réintégrer l'ensemble de la chaîne de valeur chez nous", en développant une industrie à forte valeur ajoutée.

Le deuxième argument est de nature éthique. Il s'agit d'assumer le poids de la transition énergétique et numérique, en cessant d'en exporter les externalités, martèle Guillaume Pitron - qui met également en avant un paradoxe : l'absence de toute mention de l'enjeu des matières premières dans la loi de transition énergétique, dans l'accord de Paris ou dans les bilans de cycle de vie des véhicules électriques.

"Des mines profondes environnementalement et socialement acceptables ont déjà été développées dans plusieurs pays occidentaux", ajoute l'Académie des sciences, pour qui la France a donc un rôle à jouer dans le développement de techniques plus propres.

Le faible impact des matières premières sur le prix des appareils technologiques (quelques euros pour un smartphone par exemple) devrait permettre aux consommateurs d'absorber le surcoûts, conviennent les experts.

Un recyclage encore insuffisant


Quant aux autres moyens qui pourraient permettre de réduire la dépendance française des pays monopolistiques ainsi que les externalités de la production de métaux rares, ils ne sont pas négligés par les partisans de la réouverture des mines. Mais les obstacles à leur développement sont tels qu'ils n'y voient, à moyen terme, qu'une solution complémentaire, plutôt qu'une véritable alternative.

Le recyclage des déchets électriques et électroniques, notamment, est encore "loin de pouvoirs subvenir aux besoins croissants" de ces matières, admet Christian Brabant, directeur général de la société réunissant les deux éco-organismes agréés en France pour cette filière, Eco-systèmes et Recyclum. Auprès des consommateurs, le tri peine encore à s'affirmer : en France, en 2017, sur l'ensemble des flux, le taux de collecte, de 50%, restait inférieur à l'objectif réglementaire français (de 52%). Et face aux coûts élevés de la récupération des métaux rares, souvent mélangés dans le cadre de complexes alliages, pour nombre d'entre eux, l'industrie du recyclage n'est pas encore parvenue à trouver un modèle économique lui permettant de vendre la matière recyclée à des prix compétitifs par rapport à celle vierge. Une difficulté incarnée en France par un décalage entre une R&D "sur le recyclage des métaux critiques dynamique et productive" et une "industrialisation des projets encore faible", reconnaissait dans une étude de 2017 l'Ademe, suggérant aux pouvoirs publics de mieux accompagner y compris financièrement les projets.

Quant à la réduction progressive de la quantité de matières premières utilisées pour chaque produit, elle ne compense pas l'augmentation globale de la demande de technologie. Sans compter que l'allègement des appareils passe souvent par l'utilisation de métaux rares.... Et si des substitutions de matières sont parfois possibles, la performance technologique finira sans doute par primer sur l'accessibilité des métaux.
https://www.latribune.fr/entreprises-fi ... 85648.html

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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par energy_isere » 25 juil. 2018, 23:18

Métaux rares (3/3) : la réouverture de mines en France est-elle envisageable ?

Par Giulietta Gamberini | 25/07/2018 LaTribune

Soutenue par plusieurs experts, une éventuelle réouverture des mines en France semble toutefois confrontée à un obstacle majeur : l'acceptabilité sociale.

D'une part, un marché des métaux rares de plus en plus tendu, en raison de facteurs géopolitiques comme de réputation. D'autre part, des arguments stratégiques ainsi qu'éthiques mis en avant par plusieurs experts afin de relancer la création de mines sur le territoire national et européen. Qu'est-ce qui s'oppose alors à l'idée de refaire de la France un géant minier ? Le principal obstacle qu'elle va rencontrer est sans doute d'ordre politique et social.

Au lendemain de la fermeture de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, et à l'heure où l'on redoute un durcissement de l'opposition au "cimetière de déchets radioactifs" de Bure, l'acceptabilité de nouveaux projets de mines semble plus qu'improbable.

Les précédents de Mountain Pass et de La Rochelle
Par le passé d'ailleurs, c'est bien le rejet des populations occidentales face aux conséquences environnementales de l'extraction et du raffinage des terres rares qui ont permis à la Chine de s'en approprier le monopole, montre Guillaume Pitron dans son livre. La mine américaine de Mountain Pass, dans les alentours de Las Vegas, a fini par être définitivement fermée en 2002 par la société Molycorp après une série d'accidents environnementaux, actions judiciaires et amendes. En France, la raffinerie de Rhône-Poulenc (aujourd'hui Solvay) à La Rochelle, qui dans les années 80 purifiait 50% du marché mondial de terres rares, a décidé de sous-traiter aux Chinois la première partie du raffinage en raison des craintes de la population et à la pression médiatique face aux risques de radioactivité. Et encore aujourd'hui, le projet guyanais de la Montagne d'Or rencontre l'opposition des deux tiers de la population locale, selon un sondage réalisé en juin par Ifop pour WWF.

Ce dernier dossier montre d'ailleurs aussi l'ambiguïté du gouvernement actuel face à la question de la réouverture des mines. Alors qu'Emmanuel Macron s'est dit favorable au projet lorsqu'il était ministre de l'Économie, Nicolas Hulot a exprimé ses réticences devant l'Assemblée nationale, estimant qu'il y avait "intérêt" à "remettre à plat" les impacts environnementaux comme les bénéfices économiques du projet. C'est d'ailleurs à la suite de la présentation par le ministre de la Transition écologique et solidaire du projet de loi mettant fin à la recherche ainsi qu'à l'exploitation des hydrocarbures que l'Académie des sciences a décidé de se pencher sur le sujet des mines et de publier sa récente "Stratégie d'utilisation des ressources du sous-sol pour la transition énergétique française", confie l'un des co-auteur, Ghislain de Marsily, qui espère rencontrer Nicolas Hulot à la rentrée.

D'autres pays et les entreprises s'organisent

En attendant que la question soit ouvertement mise sur la table puis éventuellement tranchée en France, d'autres pays s'organisent. Le Japon investit depuis une décennie non seulement dans des mines à l'étranger, mais aussi dans l'amélioration du recyclage des déchets électriques et électroniques, dans lequel il est devenu un modèle. Donald Trump a annoncé fin décembre plusieurs mesures en faveur de la relance de l'extraction de minerais critiques sur le sol américain ainsi que de l'amélioration des technologies de recyclage.

Pour leur part, conscientes des temps longs de ce genre de stratégies, les entreprises cherchent aussi leurs propres solutions. Les prises d'actifs d'industriels dans des projets miniers se multiplient, témoigne Alcimed, qui observe également le développement de stratégies de stockage de métaux rares ou de négociation directe avec les producteurs.

Le sujet de l'approvisionnement des métaux rares doit être traité sérieusement et en permanence, même en l'absence de crise", suggère le cabinet.
https://www.latribune.fr/entreprises-fi ... 85650.html

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mobar
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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par mobar » 26 juil. 2018, 13:10

https://www.capital.fr/entreprises-marc ... ux-1282421
Des gisements de terres rares découverts en 2013 dans les fonds marins du Pacifique pourraient contenir plus de 16 millions de tonnes de ces minéraux précieux, d'après des scientifiques japonais. Un montant bien plus élevé que les estimations initiales. Dans la région, l'Hexagone bénéficie de son côté d'un fort potentiel en la matière.

Découverte d'envergure dans l'Océan Pacifique. Des scientifiques japonais ont analysé de massifs gisements de terres rares dans les fonds marins de la plus grande étendue d'eau de la planète, estimant qu'ils pourraient représenter plusieurs centaines d'années de la consommation mondiale de certains de ces matériaux. Ces gisements découverts en 2013 pourraient contenir plus de 16 millions de tonnes de ces minéraux précieux, utilisés dans la fabrication de produits de haute technologie (éoliennes, smartphones, moteurs électriques, etc.), selon une étude publiée mardi par la revue Scientific Reports. Ils sont situés dans une vaste zone de 2.500 km2 près de l'île de Minamitorishima, à quelque 2.000 km au sud-est de Tokyo.

Lors de précédentes recherches réalisées dans la même région, des scientifiques, dont certains participent également à la nouvelle étude, étaient parvenus à une évaluation d'environ 6,8 millions de tonnes, une découverte déjà jugée importante. Ces conclusions sont une bonne nouvelle pour le Japon, qui importe de Chine, d'où provient la quasi-totalité de la production mondiale de terres rares, 90% de ces métaux cruciaux pour son industrie. Les chercheurs ont analysé des échantillons de boues prélevés à plus de 5.000 mètres de profondeur et extrapolé la quantité de minéraux exploitables.
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Re: Minerais : réserves ,recyclage, et déplétion.

Message par energy_isere » 26 juil. 2018, 13:30

oui, déjà repéré ici le 11 Avril 2018 : viewtopic.php?p=2268263#p2268263

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