Libre-échange : l’entêtement

Discussions traitant de l'impact du pic pétrolier sur l'économie.

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pascal47
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Libre-échange : l’entêtement

Message par pascal47 » 25 nov. 2008, 22:43

J'ai trouvé cette article pas mal du tout et vu le nombre de commentaires en si peu de temps, il fait un carton !

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=47671
Daniel Pennac (La fée Carabine)
"Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi la société n'est qu'un rêve de prédateur."

http://www.le-message.org/

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Re: Libre-échange : l’entêtement

Message par hyperion » 25 nov. 2008, 22:56

+1
progressif , car si les frontieres se verrouillaient rapidement,les pays qui ont le plus délocalisés feraieent face à des penuries et baisse de niveau de vie kolossal :lol: .
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9310601#
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17180695homéo niet secu, preservatifs , vaccin hepati b nourisson et chaussures oui oui; Buzin, pas besoin de lui faire de cadeau; dogmatique à virer et au boulot!

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Re: Libre-échange : l’entêtement

Message par Tovi » 25 nov. 2008, 23:07

Oui, enfin ça date pas de la crise tout ça.
Où les "élites", pas si malines que ça, finissent par tuer la poule aux oeufs d'or à force d'avidité...
Si vous ne faites pas partie de la solution, alors vous faites partie du problème.
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Re: Libre-échange : l’entêtement

Message par kercoz » 26 nov. 2008, 09:49

Tres bon article qui soulève un vrai problème.
"""Le libre-échange généralisé est en effet nocif à 3 niveaux """
J'en rajoute un, pour moi le plus nocif :
-l'abandon de la complexité pour une tentative de linéarisation. Donc augmentation de l'instabilité , de la fragilité , de l'entropie.
_Un autre problème aussi: le système est il réversible sans casse.Je veux dire : un retour a plus de protectionnisme ne va t il pas rencontrer un effet de cliquet .
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Re: Libre-échange : l’entêtement

Message par kercoz » 26 nov. 2008, 10:10

Pour illustrer ces problèmes de complexité des systèmes , un exemple tres actuel:
-L'etat est en train d'essayer de "simplifier" l'usine a gaz des systèmes de retraite. de "mettre a plat" , "ordonner", "clarifier" ...etc ... .......a première vue tout le monde ne peut qu'etre favorable a ces adjectifs positifs .......Imaginons , l'ideale simplification d'un seul régime general , avec , bien sur au départ des "manettes" super socialisées (maternité; maladie ; formation ...)qui permettent de basculer soit cotisation , soit allocation (entendre providence , mendicité ..)
Ce système qui parait au premier abord , vertueux , entre les mains d'un gouvernement "dirigiste" , devient une arme redoutable : les divers leviers sont accessibles par decret , rapidement et meme discrètement .
La situation actuelle , a l'apparence bordellique , interdit pratiquement toute nuisance globale (rapide et par décret ) au système des retraite . En réalité sa complexité est garante de sa stabilité . Si l'état s'y attaque en vue de diminuer des prestations par ex , il est obligé de parcelliser ses attaques et ne le peut faire simultanément. Un début de contestation sur une partie du système "réveille" le système de défense des autres parties ....
Il cherche donc a s'attaquer a la structure en la linéarisant .
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Re: Libre-échange : l’entêtement

Message par marc0 » 26 nov. 2008, 15:20

kercoz a écrit : -l'abandon de la complexité pour une tentative de linéarisation. Donc augmentation de l'instabilité , de la fragilité , de l'entropie.
je trouve cette affirmation loin d'etre evidente :?:
il y a pas mal d'exemples ou la complexite engendre de l'instabilite : le code civil incomprehensible tellement il est complexe...

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Re: Libre-échange : l’entêtement

Message par kercoz » 26 nov. 2008, 16:01

marc0 a écrit :il y a pas mal d'exemples ou la complexite engendre de l'instabilite : le code civil incomprehensible tellement il est complexe..
La notion de "complexité" dont je parle, est une notion mathématique. Ce dont tu parles, par ex le code civil serait plutot de la complexification si je ne risquais pas un néologisme.
Si tu veux , le premier signifiant (soyons pédant), se réfère a la théorie du chaos et aux équations complexes (d'ou le qualificatif). Un code civil ou autre tente de simplifier la logique complexe qui résulterait de la modélisation des relations humaines. De façon a la faire entrer ds un livre et de façon a etre accessible a la logique immédiate. Pour ce faire ,il me semble que tout code soit obligé d'élaguer et ce qui l'encombre et ce qu'il ignore dans le relationnel . D'ou une simplification. L'abondance des cas résultant reste qd meme problèmatique et amène le terme "complexe" , mais qui n'est en rien la complexité originale naturelle des échanges humains .
Il pourrait se défendre que le droit ancien qui est resté longtemps oral (coutumiers), soit un système plus stable que celui mis en ordre par Napoléon.
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Re: Libre-échange : l’entêtement

Message par pascal47 » 27 nov. 2008, 12:04

Encore un article excellent:


Les médias se trompent : la crise défait l’Europe de Bruxelles

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=47892


Les médias français sont unanimes sur ce point : la crise renforce l’Europe de Bruxelles. Elle aurait même permis la naissance de "l’Europe politique".

Il n’en est rien. La crise ne profite pas à l’Europe de Bruxelles.

Au contraire, elle la défait méthodiquement par un mécanisme de cause à effet simple à comprendre : la mondialisation libérale en crise entraîne dans sa chute l’ensemble de ses "produits dérivés", à commencer par sa fille aînée, l’Union européenne.

Est-ce à dire que le Système au pouvoir est capable d’adaptation et qu’on peut attendre de lui une réforme en profondeur de l’Europe ?
En réalité non. Si les choses bougent un peu, c’est par pure nécessité, et sous la pression des événements, plus dramatiques les uns que les autres. Les dirigeants au pouvoir depuis 25 ans n’ont rien vu venir, ne réforment que timidement, et reprendront vite leurs mauvaises habitudes une fois le gros de l’orage passé.

Politique de la concurrence, rigidité budgétaire, règles de TVA, tout y passe. Peu à peu, l’ensemble des dogmes libéraux qui constituent l’armature des Traités européens sont remis en cause, sous l’effet de la crise.

Hier, on demandait à la Commission européenne d’être beaucoup moins regardante sur les règles de la concurrence. Aujourd’hui, on annonce d’importants plans de relance nationaux qui supposeront, de l’aveu même de François Fillon, de "mettre entre parenthèses les règles du Pacte de stabilité" et de "lever les contraintes qui pèsent sur les acteurs publics".

Les baisses sectorielles de TVA, actuellement à l’étude, devront aussi déroger aux principes communautaires, qui interdisent qu’un Etat membre avance de son propre chef sur le sujet (Traités CE).

Ce sont des pans entiers du droit communautaire qui sont remis en cause, expliquant l’atmosphère très morose qui règne depuis quelques temps dans les couloirs de la Commission de Bruxelles...

Les médias français peuvent tenter d’imposer une autre grille de lecture, les faits sont têtus.
La prétendue "relance européenne de 200 milliards d’euros déclinée en plans nationaux" à l’ordre du jour depuis peu n’est rien d’autre que l’addition de relances nationales qui ne sont d’ailleurs pas fondées sur les mêmes instruments : baisse massive de la TVA en Angleterre, soutiens sectoriels en France et en Allemagne, et pas grand chose ailleurs.

De la même manière, la rencontre des 27 chefs d’Etat et de gouvernement il y a quelques semaines à Paris pour décider de mesures de soutien aux banques a été unaninement saluée par la presse française comme "l’acte de naissance de l’Europe politique".
Il n’y avait pourtant rien de moins fédéral que cette réunion qui a au contraire affirmé la prédominance des Etats nations et de la coordination sur un mode intergouvernemental. La présence du président de la Commission José Manuel Barroso n’aura pas suffi à faire illusion.

En réalité, il n’y a rien d’étonnant à l’effacement des règles de contrainte bruxelloises et à l’affermissement du rôle des Etats.

Comme nous l’écrivions au début de la crise, l’Europe de Bruxelles s’est construite sur le modèle de la mondialisation débridée. Elle en a épousé tous les principes phares : culte de la concurrence généralisé, du libre-échange et des marchés financiers. Cette crise est donc la sienne aussi.
A contrario, les acteurs contre lesquels elle s’est bâtie, les Etats nations, voient leur rôle remis au devant de la scène, demeurant les seuls cadres possibles d’une nécessaire régulation.

La crise aurait-elle donc eu pour effet positif de régler des problèmes dénoncés depuis longtemps ?

Malheureusement non. Si le Système au pouvoir a dû un peu bouger, il ne l’a fait que timidement, tardivement, et sous la pression de la nécessité. Pire, tout laisse penser qu’il reprendra ses mauvaises habitudes si la crise passe.

Les règles européennes aujourd’hui remises en cause sont encore dans les Traités. La Commission sautera sur la moindre occasion pour récupérer une parcelle de pouvoir en les appliquant à nouveau.

Rien n’a été fait concernant la politique monétaire, et les effets néfastes de l’indépendance de la BCE et de l’euro.

Rien non plus au sujet du libre-échange généralisé, et aucune réflexion sur le protectionnisme national et européen.

Ces règles européennes sont extrêmement nocives en période de crise et expliquent largement son déclenchement, mais elles sont tout aussi détestables en temps normal.

Aujourd’hui, François Fillon annonce que "nous allons investir sur l’industrie automobile pour qu’elle soit en mesure de produire, dans un deuxième temps, les véhicules du futur (...), les véhicules électriques, hybrides, qui nous permettront d’être en bonne position sur les marchés internationaux".

Très bien. Mais demain ?
Quand le gros de la crise sera passé, pourquoi ne serait-il pas tout autant légitime et utile de mener une politique industrielle digne de ce nom ?
Que ferons-nous quand, de nouveau, les règles absurdes des Traités européens s’appliqueront sous le contrôle attentif des services de la Commission ?


Ce qui est perçu comme négatif pendant la crise l’était déjà hier, quand sans attendre la crise nous nous enfonçions dans la précarité, et le sera de nouveau demain.

Il faut donc profondément et durablement changer les règles du jeu. Au niveau européen, et au niveau mondial.

Il ne faut pas simplement agir sous pression de la crise, à contre-coeur, mais de façon réfléchie, globale et cohérente.

En d’autres termes, et pour reprendre l’expression de François Fillon, le Pacte européen de stabilité n’a pas besoin de parenthèses, mais d’un point final.

Le Système UMPS Modem ne semble pas disposé à le faire. Son logiciel idéologique, totalement déboussolé depuis quelques semaines, le lui interdit.

Car, finalement, la crise de la mondialisation libérale est la crise de l’Europe de Bruxelles, mais c’est aussi la crise de ce Système. Que l’un tombe, et les autres suivront.

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