[Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

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[Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 31 mai 2008, 14:28

Bizarre, j' arrive pas à retrouver le fil ou il était question de démantelement d' avions en fin de vie.
(il y a plus d' un an).
Que faire des avions à leur mort ?

Que faire des avions à leur mort? Les constructeurs aéronautiques, qui s'étaient jusqu'ici peu posé la question, s'en préoccupent désormais de plus en plus, comme l'illustre l'initiative d'Airbus présentée au Salon aéronautique de Berlin.

D'ici 20 ans, plus de 6.000 avions civils de plus de 100 places seront retirés du marché, estime l'avionneur européen. Actuellement, les appareils obsolètes sont le plus souvent abandonnés dans des déserts (comme celui de Mojave aux Etats-Unis) ou sur des aéroports, découpés dans des conditions très critiquables en termes de sécurité et de protection de l'environnement, n'autorisant qu'un recyclage et une valorisation très partielle des composants.

Contrairement aux voitures, qui ont une existence de 5 à 7 ans, les avions vivent beaucoup plus longtemps, entre 35 et 40 ans --commençant souvent leur carrière en transportant des passagers au départ de pays riches pour finir par le fret dans des pays plus pauvres aux réglementations sécuritaires moindres.

En raison de cette durée de vie extrêmement longue, leurs propriétaires se trouvaient jusqu'ici peu confrontés à leur élimination, à la différence des automobiles qui partent en masse chaque année à la casse. Il n'existe d'ailleurs en Europe aucune réglementation spécifique pour faire disparaître les avions, contrairement aux voitures, dont les fabricants sont désormais soumis à un régime sévère.

Voyant la fin de ses premiers appareils proche --les A300B, lancés dans les années 1970--, Airbus a décidé de piloter un projet baptisé PAMELA (Process for Advanced Management of End-of-Life of Aircraft), lancé en mars 2005 et achevé en novembre 2007.

Pour un montant de 3,3 millions d'euros (dont 30% subventionné par l'Union Européenne), Airbus, Sita, filiale du français Suez environnement et EADS Sogerma, filiale de EADS --maison mère de Airbus-- ont décliné 16 scénarios de démantèlement d'un A300B.

Parmi les principaux défis à relever, Olivier Malavallon, chef de projet PAMELA, cite la taille de l'appareil et la quantité encore très faible de machines à faire disparaître --ceci ne permettant pas de générer des solutions industrielles de grande ampleur.

En démontant par nature de matériaux les différents éléments de l'avion, ce qui dure entre quatre et six semaines en moyenne, Airbus affirme pouvoir revendre 85% de ses appareils, dont 70% des pièces seraient soit réemployées, soit recyclées. Seuls 15% devraient donc être enterrés. "On découpe au jet d'eau --une technique utilisée dans l'industrie pétrochimique-- car les réservoirs avec des résidus de kérosène dans les ailes pourraient s'enflammer si l'on utilisait un chalumeau par exemple", explique M. Malavallon.

Actuellement, certains ferrailleurs démontent un avion en deux ou trois jours à la pelle, et ne peuvent donc que revendre 30 à 40% de l'engin, selon un expert aéronautique.

Pour mener ce démontage, Airbus et ses partenaires vont ouvrir en septembre à Tarbes une plate-forme, destinée à retraiter n'importe quel avion civil.

"Actuellement, le coût du recyclage varie entre 30.000 et 150.000 euros en Europe, du fait du coût assez élevé de la main d'oeuvre. Ce qui fait que l'opération est financièrement tout juste équilibrée dans cette zone", note M. Malavallon.

L'avenir appartient donc plutôt, selon lui, aux plates-formes dans des pays à bas coût, où se trouvent d'ailleurs la majeure partie des avions en fin de vie. Airbus négocie actuellement l'installation de certaines d'entre elles en Amérique du sud, au Moyen Orient et en Asie du Sud-est.

Boursoram^

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 01 août 2010, 17:00

pour krolik :
En Russie aussi ils cassent les beaux avions (avec du matos américains CAT ... :devil: )

Celui-ci exposé sur une place de Moscou depuis 30 ans n'intéresse apparemment plus les gens et la place devient chère.

Voir le site http://www.englishrussia.com/?p=2046
Image

source : http://photostp.free.fr/phpbb/viewtopic ... 14&start=0


et ici : la démolition d' un F-117 avion furtif Etats Unien ! :shock:

Image

et ici une page avec la destruction (en Angleterre) pour recyclage d' un B-747 de 35 ans de services, ayant vu passé 11 propriétaires !

http://andfinally.tv/2010/04/boeing-747 ... for-scrap/

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 04 janv. 2011, 17:54

Airbus recycle le premier 777 en fin de vie

Aeroweb le 17 décembre 2010

Tarmac Aerosave, créée par Airbus entre autres, va déconstruire un Boeing 777 vieux de 15 ans.
Tarmac Aerosave, créé fin 2008 par Airbus, SITA, Safran et d'autres industriels, s'est spécialisé dans la déconstruction et le recyclage d'avions en fin de vie.

C'est donc dans cette optique que lui est arrivé le premier Boeing 777 en fin de vie à être mis à la casse. Cet appareil appartenait à Air India et était âgé d'une quinzaine d'années.

Il faudra en tout quinze semaines pour que l'avion soit vidangé de tous ses fluides, désossé entièrement, de la dépose des moteurs à l'extraction des structures, découpé, trié et recyclé pour les matériaux par des entreprises spécialisées (aluminium, titane, acier, ...).

Certaines structures encore en bon état seront remises en service après un processus de certification supplémentaire.

Tarmac Aerosave estime que dans les vingt ans à venir, 6500 avions sont appelés à être démantelés, ce qui constitue environ 300 appareils chaque année. L'entreprise a déjà pris en charge de nombreux types d'avions, allant de l'A310 à l'A340-600 ou du Fokker 100 au Douglas DC-9, en passant par le Boeing 737.
http://www.aeroweb-fr.net/actualites/20 ... fin-de-vie

pas trés vieux ca, 15 ans. Presque l' age de ma voiture.

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 14 déc. 2011, 10:20

(Quebec) Un projet qui vise à propulser des avions en fin de vie pour un second envol

24 novembre 2011

L'École Polytechnique de Montréal, en collaboration avec le Centre technologique en aérospatiale (CTA), Bombardier Aéronautique et en présence des partenaires, a annoncé aujourd'hui le démarrage d'un important projet de recherche sur le traitement des avions en fin de vie. Cette initiative, née du Consortium de recherche et d'innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ), regroupe des chercheurs et des gens de l'industrie qui uniront leur expertise pour étudier les meilleures façons de désassembler des avions en fin de vie de façon sécuritaire et efficace tout en s'assurant de préserver au mieux la valeur de l'avion et de respecter les normes environnementales.

Au cours des vingt prochaines années, on estime qu'il y aura environ de 250 à 300 avions commerciaux par an qui seront mis hors service. Les industries se retrouveront donc avec un nombre important d'appareils à démanteler de manière sécuritaire et efficace. En plus de tenir compte des enjeux environnementaux, la gestion de ces appareils devra être aussi rentable que possible. En somme, la recherche portera sur l'optimisation du désassemblage de pièces d'avions réutilisables, le démantèlement et le recyclage des matériaux. L'équipe de recherche disposera d'une plateforme idéale, un appareil Bombardier CRJ200* en fin de vie, pour effectuer leurs tests et formuler des recommandations qui permettront aussi d'évaluer le cycle de vie d'un appareil et d'élaborer une approche de conception pour les futurs avions « verts ».

Le projet est doté d'un budget global de 1,4 M$ provenant du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG), des partenaires Bombardier Aéronautique, Bell Helicopter Textron Inc., Aluminerie Alouette, BFI Canada, Sotrem-Maltech, du CRIAQ, de Nano Québec et de MITACS, en plus de compter sur la collaboration du CTA, de l'Université Laval, de l'École de technologie supérieure et de l'Université McGill. Le projet est piloté par Mme Kahina Oudjehani, professionnelle de l'ingénierie Conception Environnementale chez Bombardier Aéronautique et M. Christian Mascle, professeur titulaire à l'École Polytechnique.

...............
http://www.polymtl.ca/carrefour/article.php?no=3711

le chiffre de 250 à 300 avions de ligne hors service par an me semble faible.

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Message par energy_isere » 04 avr. 2012, 11:42

Image

Air et Cosmos du 23 Mars 2012

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 12 avr. 2012, 16:26

Aprés l' Espagne, TARMAC AEROSAVE s' agarandi aussi en France sur leur site de Tarbes :

Image

Air & Cosmos du 06 Avril 2012

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 12 avr. 2012, 16:34

exemple pour un Fokker 100 amené à Tarbes pour déconstruction

Image
-GMPG (11362) was transported from Pau to Tarbes Advanced Recycling & Maintenance Aircraft Company (TARMAC Aerosave) at Tarbes, near Lourdes, France.
(Pierre-Andr� Got, 22 May 2009


un autre : Tarmac Aerosave déconstruit le premier Boeing 777

Image
Désolidarisation de l' aile et du fuselage (B-777)

Image
Démontage de la queue (B-777)

quelques restes :
Image

ce qui devait étre un Airbus version fret
Image

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 15 janv. 2014, 11:47

Vu dans Air&Cosmos du 10 Janv 2014 :
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 15 janv. 2014, 11:54

et à Tarbes ça continue à déconstruire les avions,
Près de Tarbes, le cimetière des éléphants volants

30 Juin 2012 AZEREIX, Hautes-Pyrénées (Reuters)

Au pied des Pyrénées, les immenses carcasses s'enchevêtrent, certaines presqu'entièrement démembrées, tandis que d'autres patientent, ailes efflanquées, nez amputé, dans l'attente d'un destin similaire.

Une quinzaine de vieux avions sont en cours de déconstruction sur le site de l'entreprise Tarmac Aerosave, près de Tarbes, véritable "cimetière des éléphants" de l'aviation.

Il y a là plusieurs Airbus qui, après avoir écumé tous les cieux du globe, sont revenus finir leurs jours dans ce Sud-Ouest qui les a vu naître. Comme échoué là, un Boeing 737-300 à la peinture fatiguée avoisine un vieil A320.

À chaque fois, les ouvriers ont prélevé les équipements réutilisables -moteurs, trains d'atterrissage...- et entreprennent désormais d'en tronçonner la carcasse pour trier les matériaux. L'objectif est de recycler jusqu'à 90% de la masse de l'appareil.

"On estime que 6.000 avions dans le monde arriveront en fin de vie dans les 20 prochaines années", explique Philippe Fournadet, président de la société baptisée Tarbes Advanced Recycling & Maintenance Aircraft Company (Tarmac).

"L'idée, c'est de 'déposer' les équipements qui représentent la valeur résiduelle de l'avion (...) Ensuite, on prend soin de la carcasse restante."

Installée depuis 2008 en face de l'aéroport de Tarbes-Lourdes, l'entreprise avait, à fin mai, déconstruit 21 avions et entamé le démantèlement de 12 autres.

Avec sa quarantaine d'employés, elle assure aussi une activité de stockage et de maintenance d'appareils qui représente 70% de son chiffre d'affaires de 7,7 millions d'euros.

Les 30% restants correspondent à la déconstruction des modèles en fin de vie, où, comme le souligne Philippe Fournadet, "le maître-mot, c'est le respect de l'environnement".

KÉROSÈNE, URANIUM ET AMIANTE

Le site de 30 hectares dispose de zones de déconstruction étanches et d'un système de collecte des eaux de pluie pour éviter des fuites de liquides dangereux.

"Un vieil avion, ça goutte. Les fluides, c'est le plus compliqué à maîtriser", explique Sébastien Médan, responsable de l'activité déconstruction, qui cite en exemple le kérosène, très inflammable, ou l'huile hydraulique.

Certains vieux appareils contiennent aussi des masselottes d'équilibrage en uranium appauvri, voire de l'amiante, qu'il convient de retraiter de manière adéquate.

"Notre rôle, c'est de prendre un déchet complexe et de le trier en déchets simples", résume-t-il à l'ombre de la carcasse d'un A340-300. Non loin de là, sous le chaud soleil de juin, deux grues s'affairent pour déplacer un autre appareil et le positionner sur des cales.

Les matériaux triés sont entreposés dans une zone dédiée où s'entassent sièges et pièces de fuselage en aluminium, tuyauterie en inox, tuyaux de conditionnement d'air en titane, pneumatiques usagés. En moyenne, une carcasse d'avion contient 70% d'aluminium.

Recyclés, ces matériaux connaîtront une deuxième vie dans l'électroménager, le génie civil, ou revoleront peut-être dans les entrailles d'un autre avion.

Certains éléments connaissent une destination plus "exotique", ajoute Sébastien Médan, comme ces cockpits prélevés pour devenir des simulateurs, ou bien ces portes d'avions réutilisées pour la formation des personnels navigants.

DON D'ORGANES

Parmi ses actionnaires, Tarmac Aerosave compte l'avionneur Airbus, le motoriste Snecma et la société de gestion des déchets Sita, filiales respectives d'EADS, Safran et Suez Environnement.

Airbus en retire un retour d'expérience sur la manière dont vieillissent ses avions et peut essayer d'anticiper, dès le bureau d'études, la future opération de déconstruction que connaîtra un jour chaque appareil. Snecma, de son côté, y voit une source d'approvisionnement en pièces d'occasion.

A l'entrée du hangar de 30 mètres de haut où s'effectuent les opérations de maintenance, des caisses de bois sont alignées, barbouillées au feutre du descriptif technique des pièces détachées qu'elles contiennent, en attente d'être réexpédiées au propriétaire de l'appareil.

Lorsqu'on s'étonne de voir des pièces d'appareils en fin de vie reprendre du service, Philippe Fournadet souligne que les équipements sont recertifiés avant d'être réutilisés et fait état d'"un millier d'équipements à récupérer par avion".

"Qu'est-ce qui conduit un avion à s'arrêter? Ce sont toujours des raisons économiques", précise-t-il. "Un avion qui vieillit consomme du fuel, suppose de grosses interventions de maintenance, ce qui coûte souvent cher."

D'où le prélèvement de la "valeur résiduelle" de l'appareil et sa réintroduction sur le marché de l'occasion, comme une sorte de don d'organes de la part de ces vénérables éléphants en fin de vie.

"On peut dire ça, oui, sauf que ce n'est pas un don", s'amuse le dirigeant, qui travaillé pendant 20 ans au sein des activités maintenance d'EADS avant de prendre la tête de Tarmac.

Philippe Fournadet confesse d'ailleurs une certaine émotion de devoir présider aux derniers instants de ces géants du ciel.

"La première fois qu'on a déconstruit un appareil, ça me faisait bizarre de savoir que c'était son dernier vol... Mais après, on s'habitue."
http://www.boursier.com/actualites/reut ... 14159.html


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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 15 janv. 2014, 14:38

d'autres détails pour Tarbes :
Comment s'opère le démantèlement de ces vieux avions ?

11 Mars 2013 actu-environnement.com

Pièces détachées, fluides polluants, matériaux dangereux… Le processus de démantèlement d'un avion se calque à ce qui est pratiqué pour les véhicules hors d'usage, à une échelle plus conséquente

Image
Démantèlement d'un avion sur le site de Tarmac à Tarbes

La première opération va consister à prélever les pièces détachées de valeur des vieux avions qui ont encore "du potentiel" (moteurs, trains d'atterrissage, électronique, avionique…) et qui "pourront alimenter le marché d'occasion", explique Martin Fraissignes directeur de la stratégie et du développement de l'aéroport de Châteauroux-Centre. La seconde étape vise à dépolluer l'avion: retrait de tous les fluides (huiles moteurs, kérozène, circuits hydrauliques…) et des matériaux dangereux (amiante, uranium appauvri, explosifs pour les toboggans, extincteurs au gaz halon…). Les réservoirs de carburant sont vidangés du kérosène restant, puis dégazés. Tous les fluides récupérés et matières dangereuses répertoriées sont remis à des filières de traitement adapté.

"En troisième lieu, une fois qu'il ne reste plus que le fuselage de l'appareil, les pièces de l'avion vont être triées" en séparant les différents matériaux recyclables, de ceux qui ne le sont pas : le plastique, les moquettes, les textiles ou les panneaux composite (planchers) et pneumatiques. La dernière étape est la déconstruction de l'avion découpé en tranches et "brisé en petits morceaux. Ces débris sont transportés vers une usine de recyclage et traités comme tous déchets industriels", ajoute-t-il.

La dissection débute en effet par les ailes de la carcasse afin d'éviter des problèmes d'équilibre, puis va progresser vers la queue pour enfin s'attaquer aux trains d'atterrissage avant et arrière afin de réduire la cellule. "Il faut six semaines et trois personnes pour démanteler un gros porteur", explique la société Bartin Aero Recycling. Après avoir récupéré certaines pièces détachées, comme les moteurs ou les fauteuils, assuré la dépollution des éléments polluants (kérosène, batteries, huiles...), et extrait 30% du poids de l'appareil en caoutchouc, plastique, bois et verre, la découpe et le broyage de l'avion permettent "de recycler près de 147 tonnes de matière première" issues de métaux : 85% alliage aluminium (enveloppe), 10% d'acier (train d'atterrissage, commandes), 3% de titane (réacteur à l'aile…) et 2% de cuivre (électricité), chiffre Bartin Aero Recycling. Ces "matières premières secondaires" sont ensuite revendues à différents centres de maintenance ou coutiers spécialisés et réintègrent le circuit industriel. Globalement, le processus de déconstruction peut durer entre un et trois mois.
http://www.actu-environnement.com/ae/do ... cessus.php

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 08 oct. 2014, 11:15

Avions à la découpe sur le tarmac de Tarbes

03 oct 2014 Les Echos

Dans les vingt ans à venir, 12 000 à 15 000 appareils vont arriver en fin de vie. Visite guidée chez Tarmac Aerosave, à Tarbes qui démantèle et recycle les avions.

Dans les vingt ans à venir, 12 000 à 15 000 appareils, tous constructeurs confondus, vont arriver en fin de vie. Pour l’anticiper, Airbus, Sita, la Snecma et Equip’Aero ont développé une activité de démantèlement et recyclage : Tarmac Aerosave, à Tarbes. Depuis 2009, le site a « traité » plus d’une cinquantaine d’avions et en prévoit une quinzaine cette année. Entre la revente d’équipements, le recyclage de matériaux ou l’incinération, 85% d’un appareil sont valorisés. L’objectif est de parvenir à 90%. L’A300 est le premier Airbus à parvenir en fin de vie. Jusqu’ici, Tarmac Aerosave a traité tout type d’appareils commerciaux de plus de 70 places. Large de 93m et haut de 95m, son principal hangar peut accueillir l’équivalent d’un A380 avec deux A320 ou deux Boeing 737. Depuis fin 2013, la société dispose également d’une aire de stockage à Teruel (Espagne). Visite guidée.

........

Le nez est très prisé sur le marché des pièces détachées. Régulièrement exposée au choc, notamment de volatiles, cette pièce sensible ne dure jamais aussi longtemps que son avion d’origine. En moyenne, un millier d’équipements sont démontés par appareil. Toutes les pièces sont inventoriées, emballées et stockées pour le compte du client, avant leur restitution pour revente ou maintenance.

Le moteur et ses composants sont, avec le train d’atterrissage et les équipements électroniques, les pièces les plus faciles à revendre sur un marché de l’occasion évalué à 1milliard d’euros et les mieux valorisables après avoir été dûment nettoyées, voire réparées puis recertifiées. Les moteurs peuvent représenter jusqu’à 90% du coût de l’avion en fin de vie (contre 30% dans un appareil neuf). A lui seul, un moteur CFM56 compte plus de 3 200 pièces, soit davantage que l’avion lui-même.

Le fuselage, les ailes et l’ensemble des éléments en aluminium représentent 70% de la masse d’un avion. Ces pièces sont découpées à froid à l’aide d’un portique à câble diamanté développé spécifiquement pour les grands gabarits. L’aluminium est le matériau le plus valorisable sur le marché secondaire. Son prix est indexé sur les cours du London Metal Exchange.

Les hublots en verre acrylique sont démontés et recyclés, voire vendus à des designers. Les ceintures et les airbags sont également appréciés des fabricants de sacs.

Les composites représentent l’essentiel des matériaux non valorisés. Un casse-tête car leur part ne cesse de croître dans les nouveaux appareils. Aujourd’hui, ils sont broyés puis enfouis ou incinérés. Demain, ils pourraient être recyclés dans de nouvelles pièces. A la demande d’Airbus, Sita a investi dans un pilote industriel en région parisienne pour recycler les composites à base de fibre de carbone. Objectif : traiter 100 tonnes par an, soit 20% des déchets de ce type produits en France.
http://www.lesechos.fr/enjeux/les-plus- ... 049717.php


Pour l'assertion ''A lui seul, un moteur CFM56 compte plus de 3 200 pièces, soit davantage que l’avion lui-même'' j' ai de gros doute, j'avais vu dans Air & Cosmos qu' un avion de ligne c' était dans les cent milles piéces.
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par mobar » 08 oct. 2014, 13:25

energy_isere a écrit : Pour l'assertion ''A lui seul, un moteur CFM56 compte plus de 3 200 pièces, soit davantage que l’avion lui-même'' j' ai de gros doute, j'avais vu dans Air & Cosmos qu' un avion de ligne c' était dans les cent milles piéces.
Comme le moteur fait partie de l'avion, c'est manifestement faux, à moins de changer la définition d'une pièce

non plus avec pièce comme élément monobloc homogène mais comme entité spécifique telle que 1 pièce = 1 sous-système fonctionnel

1 moteur = 1 pièce, 1 cockpit = 1 pièce, un train d'atterrissage = 1 pièce ... ça peut marcher
"C'est quand il n'y a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien" Sénèque
https://youtu.be/0pK01iKwb1U

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 01 mai 2015, 17:29

Recyclage : la deuxième vie des avions de ligne
La France est aujourd'hui le premier pays d'Europe pour le recyclage des avions. Elle pèse 15% du marché mondial.


Francetv info le 17/03/2015

Une équipe de France 2 s'est rendue sur le plus grand site français de démantèlement d'avions de ligne. C'est un véritable cimetière à ciel ouvert, où les avions en fin de vie s'alignent sur des parkings géants. Turquie, Jordanie, Russie..., les appareils arrivent de partout. Jugés trop vieux pour garantir la sécurité des passagers, les avions restent ici le temps d'être entièrement désossés.

Les pièces détachées sont d'abord toutes retirées de l'appareil et rendues à leur propriétaire. "Quand l'avion arrive, le propriétaire nous donne une liste de pièces détachées à démonter. La plupart du temps, les pièces principales récupérées sont les moteurs [...], les trains d'atterrissage, le cœur électrique de l'avion avec tous les instruments de bord", commente Sébastien Medan, responsable du démantèlement. En tout, les pièces détachées peuvent rapporter entre 1 et 3 millions d'euros à la revente.

Des avions neufs ou... des vêtements
Même les boîtes noires sont recyclées. Après vérifications, elles peuvent être revendues pour près de 14 000 euros. Chaque pièce est répertoriée, étiquetée et photographiée dans l'attente d'un éventuel acheteur.
Les pièces non vendues seront détruites. Les ailes sont découpées, puis envoyées dans l'aire de stockage des matériaux. L'aluminium sera réutilisé pour reconstruire des avions neufs. D'autres pièces, comme les hublots, serviront à confectionner des vêtements très résistants au froid. Le démantèlement d'un avion est long. Seuls 12 avions ont été désossés sur ce site l'année dernière. Mais dans cette usine, le carnet de commandes est plein pour plusieurs décennies.
http://www.francetvinfo.fr/france/recyc ... 50689.html

contient une vidéo de 4 mn trés intéressante.

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par Raminagrobis » 01 mai 2015, 21:31

Les avions qu'on démentèle aujourd'hui, des A300, des DC10, des 747-100, etc, étaient pour l'essentiel fait en alliage d'aluminium. Ca se refond, on en fait plein de choses (mon VTT est en Alu 60601, un alliage aéronautique).

Mais les avions d'aujourd'hui sont de plus en plus faits en matériaux composites genre carbone-epoxy etc. On n'en fera pas grand chose en fin de vie.
Toujours moins.

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Re: [Aérien] Demantelement des avions en fin de vie

Message par energy_isere » 02 mai 2015, 12:34

Raminagrobis a écrit : ....
Mais les avions d'aujourd'hui sont de plus en plus faits en matériaux composites genre carbone-epoxy etc. On n'en fera pas grand chose en fin de vie.
Cette problématique est effectivement étudiée.
Airbus se met au recyclage de matériaux composites

18/04/2011, La Tribune

Les premières bases d'une filière de recyclage apparaissent pour ces matériaux de plus en plus utilisés dans l'automobile et l'aviation.

L'aéronautique, mais aussi l'automobile, la plaisance, l'ameublement, et bien d'autres secteurs encore, se mettent aux matériaux composites. Leur résistance et leur légèreté, en particulier, offrent une alternative intéressante aux métaux. Mais aujourd'hui, à tout matériau doit correspondre une filière de recyclage dédiée. Et il n'y a pas de temps à perdre, car la France a pris un retard considérable dans ce domaine. « Il n'y avait pas encore de gisements critiques justifiant un traitement », explique Pascal Dublineau, expert matériaux et procédés chez Airbus. Actuellement, les matériaux issus des déchets de production sont mis en décharge, broyés ou parfois incinérés en cimenterie. « Ces solutions ne sont pas satisfaisantes à long terme. Surtout avec l'usage croissant des composites dans l'automobile. À partir de 2015, 95 % du poids d'une voiture devront être recyclés », prévient Jérôme Soto, enseignant chercheur à l'Icam, école d'ingénieurs de Nantes.

Chez Airbus, la production de déchets composites a triplé en trois ans, et, en 2010, la France en a produit 300 tonnes. « D'ici à quinze ans, 7.200 avions de la première génération de composites devront être démantelés », souligne Pascal Dublineau.

Viabilité économique

C'est pourquoi, l'avionneur a lancé avec le pôle de compétitivité EMC2 basé à Nantes, spécialisé dans les problématiques liées aux ensembles métalliques et composites, une initiative ambitieuse. Objectif ? Organiser une filière complète du recyclage, depuis la collecte des matériaux (traités en fonction de la technologie retenue pour le recyclage) jusqu'aux possibilités de valorisation commerciale des fibres recyclées.

L'enjeu, bien entendu, consiste à mettre en place des solutions de valorisation économiquement viables. Une gageure étant donné que les matières premières qui entrent dans la composition des matériaux composites proviennent essentiellement du pétrole. Il s'agit de fibres longues (verre, carbone, métallique) imprégnées d'une résine soit thermodurcissable (polyester, polyvinyle, polystyrène), soit thermoplastique (Peek ou polyétheréthercétone, polyamide). La démarche de recyclage consiste à dissoudre la résine pour extraire les fibres et leur donner une seconde vie. Deux technologies sont privilégiées. La thermolyse, utilisée en Grande-Bretagne et en Allemagne, qui consiste à carboniser la résine, présente un bilan carbone peu satisfaisant. La solvolyse, elle, repose sur un procédé chimique à partir d'eau portée à haute pression (200 bars) et chauffée à haute température (400 °C). Deux démonstrateurs du réacteur chimique permettant de réaliser cette opération ont été mis au point par la société nantaise Sacmo, dans le cadre d'un programme de recherche labellisé par EMC2. « Nous prévoyons une commercialisation de cette machine en fin d'année », annonce Mathieu Beaulieu de la Sacmo.

Reste maintenant à trouver « une solution de traitement de la résine mélangée à l'eau », souligne Pascal Dublineau. Dans le cadre de la création de l'IRT Jules Verne sur les matériaux avancés (Institut de recherche technologique), candidat pour l'appel à projets du gouvernement sur les investissements d'avenir, Airbus prévoit de construire, d'ici à début 2012, une unité de recyclage pilote utilisant la solvolyse. Un appel d'offres va être lancé en mai pour réunir autour de ce projet (estimé à 5 millions d'euros) des candidats issus de la filière recyclage, des universitaires et des professionnels du génie chimique.
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