[Véhicule électrique] la question des métaux rares

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 18 juin 2017, 14:52

Voila la suite.

Mountain Pass Passe sous la coupe des Chinois qui on fait un offre la plus élevée !
Mountain Pass sells for $20.5 million
Chinese-led consortium picks up America's only rare earths mining operation


Andrew Topf June 17

The new owner of the Mountain Pass rare earths mine in California is MP Mine Operations LLC – a Chinese-led consortium including rare earths miner Shenghe Resources.

The mine, which was the only functioning rare earths mine in the US before it went bankrupt in 2015, went up for auction on Wednesday.

MP Mine Operations (MPMO) put in a winning bid of $20.5 million, half a million above the competing consortium made up of ERP Strategic Minerals LLP, Swiss private equity firm Pala Investments and Peak Resources (ASX:PEK), an Australian rare earths company. The losing consortium also includes two creditor groups from the bankruptcy of Molycorp, the mine's former owner.

The eventual sale price was significantly higher than ERP's original "stalking horse" offer of $1.2 million back in April. The deal still faces scrutiny from regulators, who may take issue with foreign ownership of a strategic asset. Rare earths are used in a number of important economic and strategic applications including magnets for green technologies like wind turbines and hybrid cars, aircraft engines and computer hard drives.

Mountain Pass was the only rare earths mine operating in the United States, before it went bankrupt in 2015 – a victim of low rare earth oxide prices. At the time Molycorp listed $1.7 billion in debt. Through bankruptcy proceedings Molycorp was restructured, allowing it to receive $130 million in debt financing.
..............................
http://www.mining.com/mountain-pass-sells-20-5-million/

Reste encore l' accord des autorités US pour que ça se fasse.

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 29 juin 2017, 12:39

résumé en français :
Le gisement de terres rares de Mountain Pass vendu aux enchères

MYRTILLE DELAMARCHE LE 20/06/2017 Usine Nouvelle

Le seul gisement américain de terres rares, situé au sud de Las Vegas (Californie), a été vendu aux enchères le 14 juin à un consortium de créditeurs de Molycorp, qui l’a exploitée jusqu’à sa faillite en 2015.

Ce groupement mené par la minière chinoise spécialisée Shenghe Resources, associée aux fonds américains JHL Capital Group et QVT Financial, détenteurs de la dette senior de Molycorp, va débourser 20,5?millions de dollars pour la mine, qui produisait ­principalement du néodyme-fer-bore, un alliage entrant dans la composition des aimants permanents, ainsi que quelques terres rares associées (lanthane, cérium et samarium). Molycorp, seul producteur non chinois de terres rares avec l’australien Lynas, s’était déclaré en faillite en juin 2015 après treize trimestres consécutifs de pertes. Il avait accumulé une dette de 1,7 milliard de dollars.
http://www.usinenouvelle.com/article/le ... es.N555203

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 01 juil. 2017, 11:55

Malawi : Mkango Ressources veut commencer la production de terres rares en 2020

Agence Ecofin 28 juin 2017

Au Malawi, la compagnie minière Mkango Resources, active sur le projet de terres rares de Songwe Hill, prévoit de commencer la production en 2020. L’objectif, explique-t-elle, est de répondre à la hausse attendue de la demande de ces métaux (au nombre de 17 allant du scandium au lutécium) utilisés dans les véhicules électriques et les nouvelles technologies vertes.

« Nous pensons que nous entrerons en production d’ici trois ans, juste à temps », a déclaré William Dawes, DG de Mkango. Il a indiqué qu’une fois les opérations démarrées en 2020, la société prévoit d’atteindre la pleine production au bout d’un an, avec un volume annuel de 3 000 t de terres rares dont 1 000 t de néodyme, de dysprosium et de terbium (utilisés dans les nouveaux moteurs électriques).

Mkango Resources détient grâce à sa filiale en propriété exclusive Lancaster Exploration Ltd, une participation de 100% dans deux licences de prospection exclusive couvrant 1317,1 km² au sud du Malawi.
http://www.agenceecofin.com/terres-rare ... es-en-2020

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Message par energy_isere » 24 juil. 2017, 13:41

Burundi : Lancement du projet de terres rares de Gakara

Agence Ecofin 24 juillet 2017

La compagnie cotée à Londres, Rainbow Rare Earths a annoncé vendredi, avoir procédé au lancement de son projet de terres rares de Gakara, au Burundi. La cérémonie inaugurale s’est tenue en présence du président burundais, Pierre Nkurunziza, du ministre des mines et de l’énergie, Come Manirakiza, du PDG de la compagnie, Martin Eales, et de plusieurs autres invités de marque.

« Gakara est actuellement le projet minier le plus avancé au Burundi et nous sommes ravis d’accueillir tant d’invités de marque à notre cérémonie. Nous apprécions énormément tout le soutien que nous avons reçu du gouvernement et de la population locale. », commente M. Eales.

Le développement du projet commencera par la zone minière de Gasagwe, où les travaux pour la mise en service de l’usine de traitement avancent bien. La compagnie prévoit de commencer la production et les premières ventes de concentré de terres rares au quatrième trimestre 2017.

«Le début de la production à Gakara arrive à point nommé car les prix des terres rares ont fortement augmenté depuis l'introduction en bourse de Rainbow Rare Earths (en début d’année, ndlr) et cette augmentation aura une incidence directe sur nos revenus de ventes prévus.», déclare M. Eales.

Rainbow Rare Earths détient sur le projet Gakara, un permis d’exploitation de 25 ans. Une fois en phase de production commerciale, la mine devrait livrer 5 000 tonnes par an de concentré de terres rares.
http://www.agenceecofin.com/terres-rare ... -de-gakara

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 22 août 2017, 15:58

Le Burundi relance l'exploitation des terres rares

Par Claire Fages RFI 21 août 2017

Depuis la fin du mois de juillet le Burundi a relancé l'exploitation des terres rares. Une famille de métaux dont certains sont très recherchés pour leur utilisation dans les énergies vertes. Le gisement de Gakara, à une trentaine de km au sud-est de la capitale Bujumbura, est modeste, mais sa teneur en terres rares est très élevée. Quelles peuvent être les retombées pour le pays d'Afrique de l'Est ?

Les pioches et les pelles ont fait leur réapparition à la mine de Gakara, soixante ans après les premiers prélèvements. Le gisement burundais de terres rares est petit mais sa configuration et sa teneur sont exceptionnels.

« C'est un des rares gisements de terres rares où la minéralisation est sous formes de filon, souligne Patrice Christman, spécialiste des petits métaux. On peut avoir des teneurs cumulées en terres rares qui dépassent 50%, ce qui est totalement atypique ! Autre intérêt du projet actuel : le minerai se trouve dans des filonnets, des petits filons qui sont dans des roches altérées, c'est pourquoi vous pouvez pratiquement dégager le filonnet à la main. »

La rentabilité est donc assurée pour la petite société britannique Rainbow qui a obtenu le permis. D'autant que les variétés de terres rares présentes à Gakara néodyme et praséodyme, sont très bien valorisées aujourd'hui, elles sont nécessaires aux aimants permanents des éoliennes, un marché en plein boom.

Pourtant, à l'échelle du Burundi, les retombées économiques seront très modestes. « Pour le moment, ce seront des gens qui vont creuser des tranchées et faire des carrières à ciel ouvert et ramasser du minerai en contact visuel, à la main, reconnaît Patrice Christman. On est loin de la grande mine industrielle où, sur la longue durée, on crée des compétences de conducteurs d'engins, d'électriciens, de chaudronniers, d'hydrauliciens, etc... »

La société civile burundaise craint de son côté une fuite des revenus des terres rares de Gakara. Gabriel Rufyiri, président de l'OLUCOM, l'Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversations économiques, rappelle que le Burundi n'a toujours pas adhéré à l'ITIE, l'Initiative pour la transparence des industries extractives :

« Le Burundi avait commencé le processus d'adhésion il y a bientôt trois ans. Mais malheureusement le processus s'est arrêté. Voilà pourquoi l'OLUCOM ne peut pas espérer que l'extraction des terres rares aura des retombées positives. »

L'adhésion à l'ITIE serait cruciale si le projet de Gakara prenait de l'ampleur en devenant sous-terrain. Pour l'instant les filons de surface fourniront seulement 5 000 tonnes de minerai par an, ils seront concentrés dans une petite usine près de la mine. Mais c’est à l’étranger que les terres rares burundaises seront séparées et transformées en métaux.
http://www.rfi.fr/emission/20170821-le- ... rres-rares

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 29 oct. 2017, 13:14

Un gisement GIGANTESQUE de terres rares en Corée du Nord.
Découvert fin 2013.
Pourrait doubler rien moins que les réservés mondiales

Rare earth mineral reserves were discovered in North Korea — and it could be a game-changer

Sam Doo, Global Risk Insights Apr. 20, 2015,

The recent discovery of rare earth mineral reserves in North Korea has the potential to redefine the country’s long-term prospects and radically alter geopolitics within the region.

Thinking about the North Korean economy will likely evoke images of outdated factories full of cheap textiles, derelict meth labs, and acres of failing, communal farms.

Throw in its dystopian sociopolitical environment and the future prospects of the North Korean economy appears bleak.

It would be unwise, however, to assume that this picture will remain unaltered. Political regimes will act to address existential threats and a single development could radically alter the political-economic trajectory of a country.

One event that has the potential to be this game-changer for North Korea is the recent discovery of extensive rare earth elements (REE) reserves within the DPRK. Due to their unique properties, REEs are an integral component in a wide spectrum of sophisticated technologies, including clean energy, defense systems, and consumer electronics.

Currently, China controls roughly 90% of the global REE market. China acquired this market dominance by virtue of its substantial REE reserves and the central government’s relaxation of environmental regulations, which made mining highly economical.

In 2013, however, SRE Minerals, a British private equity firm, announced its estimate of North Korea’s REE reserves. According to their assessment, North Korea holds a stunning 216 million tons of REE, a figure that is more than double the current global stockpile of REE and one valued at several trillion U.S. dollars.

To date, SRE Minerals has signed a 25-year joint venture agreement with the DPRK state-owned Korean Natural Resource Trading Corporation for the rights to develop all rare earth elements deposits within Jongju, North Korea. In addition, there are signs that China and Russia are ramping up investment in North Korean infrastructure.

In October 2014, Russia agreed to invest $25 million towards upgrading the North Korean railway system in exchange for access to regions containing mineral reserves. Despite China’s denial of North Korean entry into the new Asian Infrastructure Investment Bank, Chinese companies are moving forward on transportation and power projects within the DPRK.

These events make a compelling case to reconsider the future of the North Korean economy. Currently, the penetration of outside information into North Korean society is a highly destabilizing trend that will be increasingly difficult for the state to manage. In fact, many observers contend that this will be a decisive factor if the Kim regime were to fall.

Potential for capitalization

It is possible, however, that North Korea could capitalize on its vast mineral resources to mitigate this threat. This is certainly in the realm of possibility, given that North Korean REE reserves are more than five larger than those of China.

Moreover, North Korean environmental and labor regulations for mining, if they exist at all, would likely be far less stringent than in those developing countries and China. Accordingly, the potential for profit is undeniable.

One future scenario, then, is that the DPRK gradually transforms into a petrostate-type regime. Rather conveniently, North Korea can look to its two closest allies, China and Russia, as a case study in managing that transition. Putin consolidated his power base by dividing up the financial spoils between his allies and eliminating the oligarchs that he viewed as a political threat.

Likewise, the subsequent generation of the Chinese Communist Party ensured their political dominance by monopolizing the lucrative profits derived from the various state-owned enterprises. Similarly, the Kim regime could easily exploit the vast influx of capital and mining revenues to buy the loyalty of key political and military figures, eliminate rival factions, and supply enough public goods to ensure that the populace remains subservient.

Geopolitical consequences

From a geopolitical standpoint, a rising North Korean economy would have profound reverberations.
.................
.................
http://www.businessinsider.com/rare-ear ... 015-4?IR=T
Largest known rare earth deposit discovered in North Korea

Frik Els | Dec. 5, 2013 mining.com

Privately-held SRE Minerals on Wednesday announced the discovery in North Korea of what is believed to be the largest deposit of rare earth elements anywhere in the world.

SRE also signed a joint venture agreement with the Korea Natural Resources Trading Corporation for rights to develop REE deposits at Jongju in the Democratic People’s Republic of Korea for the next 25 years with a further renewal period of 25 years.

The joint venture company known as Pacific Century Rare Earth Mineral Limited, based in the British Virgin Islands, has also been granted permission for a processing plant on site at Jongju, situated approximately 150 km north-northwest of the capital of Pyongyang.

The initial assessment of the Jongju target indicates a total mineralisation potential of 6 billion tonnes with total 216.2 million tonnes rare-earth-oxides including light REEs such as lanthanum, cerium and praseodymium; mainly britholite and associated rare earth minerals. Approximately 2.66% of the 216.2 million tonnes consists of more valuable heavy rare-earth-elements.

According Dr Louis Schurmann, Fellow of the Australasian Institute of Mining and Metallurgy and lead scientist on the project, the Jongju deposit is the world's largest known REE occurrence.

The 216 million tonne Jongju deposit, theoretically worth trillions of dollars, would more than double the current global known resource of REE oxides which according to the US Geological Survey is pegged at 110 million tonnes.

Minerals like fluorite, apatite, zircon, nepheline, feldspar, and ilmenite are seen as potential by-products to the mining and recovery of REE at Jongju.

Further exploration is planned for March 2014, which will includes 96,000m (Phase 1) and 120,000m (Phase 2) of core drilling, with results reported according to the Australia's JORC Code, a standard for mineral disclosure similar to Canada's widely used National Instrument 43-101.

An industry in turmoil
..........................
http://www.mining.com/largest-known-rar ... rea-86139/

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 08 déc. 2017, 22:49

Burundi : Gakara devient la première mine de terres rares à entrer en production en Afrique

Agence Ecofin 06 dec 2017

La compagnie minière Rainbow Rare Earth a annoncé mardi, qu’elle a exporté sa première cargaison de concentré de terres rares provenant de son projet Gakara, au Burundi. L’entrée en production de la mine confère à la société, le statut d’unique producteur de terres rares en Afrique et l’un des rares producteurs en dehors de la Chine.

«C'est un moment de fierté pour tous ceux qui sont impliqués dans la société et nous sommes impatients d'augmenter nos niveaux de production mensuels au cours des prochains mois en ciblant un taux de production de 5 000 tonnes par an d'ici la fin de l’année 2018.», a commenté Martin Eales, CEO de la compagnie.

Les terres rares sont un groupe de 17 métaux du scandium aux lanthanides. Elles ont des propriétés exceptionnelles, ce qui explique leur utilisation dans la fabrication de produits de haute technologie (batteries de voitures électriques et hybrides, LED, puces de smartphones, écrans d’ordinateurs portables, panneaux photovoltaïques).
https://www.agenceecofin.com/terres-rar ... en-afrique

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 03 févr. 2018, 14:06

Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»

Par Marine Ernoult — 1 février 2018

Dans son dernier ouvrage, «La Guerre des métaux rares», Guillaume Pitron dénonce «la face cachée de la transition énergétique et numérique». Pour le journaliste, éoliennes, panneaux solaires et voitures électriques se contentent de déplacer la pollution à l’autre bout du monde.

Iridium, indium, platine, terres rares : ces métaux aux noms parfois méconnus sont essentiels pour les industries de pointe. Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de téléphones portables ou de fibre optique. Le journaliste Guillaume Pitron s’est intéressé aux conséquences environnementales et géopolitiques de l’extraction de ces métaux rares. A l’occasion de la sortie de son livre la Guerre des métaux rares, il revient sur six ans d’enquête à travers une douzaine de pays.
....................
http://www.liberation.fr/planete/2018/0 ... el_1625375

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par chakiroul » 03 févr. 2018, 15:36

J'avais cité le livre de Guillaume Pitron dans le fil sur les low-tech et Bihouix viewtopic.php?f=10&t=29444&p=2265384#p2265384, mais le lien avait été "noyé".

Reporterre en avait en effet parlé le 19 janvier : https://reporterre.net/Y-aura-t-il-asse ... -et-l-auto
Présentation du livre par son éditeur a écrit :
En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares… ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole.

Dès lors, c’est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte — le récit clandestin d’une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d’une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu’à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donné pour mission de résoudre.

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 05 févr. 2018, 19:10

La Chine renforce son emprise sur les métaux rares

Guillaume Pitron le 05/02/2018

Fidèle à la stratégie chinoise de sécurisation de la production de métaux critiques et rares, le groupe Hainan Wensheng s'est engagé à acheter la totalité de la production de zirconium et de monazite de la mine de Fungoni en Tanzanie.

Cette actualité, passée pratiquement inaperçue, illustre l'inexorable perte de terrain des Occidentaux face à la Chine sur le front des métaux rares : la minière australienne Strandline Resources a annoncé récemment la conclusion avec Hainan Wensheng, un groupe chinois spécialisé dans le raffinage de minerais rares, d'un accord de vente de la totalité du zirconium et de la monazite qui seront extraits de sa mine tanzanienne de Fungoni. Or "le minéral monazite ne présente d’intérêt que parce qu’on peut en extraire, après raffinage, l’ensemble des 15 terres rares", rappelle l’expert Jean-Paul Tognet. Ces dix-sept minerais - les 14 lanthanides et le lanthane, ainsi que le scandium et l'yttrium qu'on leur associe souvent - aux noms poétiques (prométhium, samarium, lutécium, europium...) sont indispensables aux technologies vertes et numériques. L'une des plus stratégiques d'entre elles, le néodyme, entre dans la composition des électro-aimants essentiels au fonctionnement de quantités de véhicules électriques et hybrides, téléphones mobiles et même à la motrice de l'avion Solar impulse. Or la Chine contrôle déjà 95% de la production mondiale de terres rares, principalement extraites sur son territoire.

Contrôler les terres rares hors de leurs frontières.

Le contrat conclu avec Strandline Resources démontre que Pékin entend étendre ce contrôle à la production de mines alternatives se trouvant au-delà de ses frontières. La sécurité des approvisionnements des industriels occidentaux - du moins ceux qui n'ont pas réduit leur dépendance aux terres rares - en ressort fragilisée, puisque ces derniers accroissent leur dépendance aux exportations chinoises de terres rares. Ce, qu'elles soient extraites en Chine ou non...

A supposer, même, que Pékin se satisfasse de son simple rôle de fournisseur de matières premières ! Car en acquérant la production de la mine de Fungoni, la Chine consolide surtout sa stratégie de remontée de la chaîne de valeur industrielle des terres rares. Pour l'usine du monde, il ne s'agit plus de vendre le minerai, brut ou transformé, aux consommateurs occidentaux, mais bien les produits finis à haute valeur ajoutée. Les besoins sont tels qu'il lui faut sécuriser ses approvisionnements partout où cela est possible, non pas pour les revendre au plus offrant, mais pour rassasier ses propres industriels du high-tech. Les 12,3 millions de tonnes de minerai qui dorment au fond de la mine tanzanienne de Fungoni viennent d'être littéralement retirées du marché par Pékin.

Les alternatives empêchées faute de rentabilité

Face à la Chine, les acteurs miniers occidentaux sont piégés par leur logique de rentabilité à court terme. Selon de nombreux experts, Pékin profiterait en effet de ce monopole sur le marché des terres rares pour manipuler les cours à la baisse. Ce faisant, l'Empire du milieu fragilise les modèles économiques des mines alternatives, contraignant les industriels non-chinois à suspendre leur exploitation. Le groupe américain Molycorp, notamment, a été incapable de relancer la production de la mine de terres rares de Mountain Pass en Californie, laquelle a été vendue, en 2017, à MP Mine Operations LLC. Coïncidence ? Au capital de ce consortium se trouve un investisseur établi à Chengdu, la capitale de la province du Sichuan : le chinois Shenghe Resources Shareholding Co. Ltd...
https://www.usinenouvelle.com/article/l ... es.N646748

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 05 févr. 2018, 21:09

Encore une interview de Guillaume Pitron par RFI, avec quelques infos pas mentionnées plus haut.
Métaux rares: la face cachée de la transition énergétique

Par Claire Fages RFI 5 février 2018

Les énergies renouvelables vont-elles nous plonger dans une nouvelle dépendance aux métaux rares ? Causer des dégâts environnementaux plus graves que les énergies fossiles ? C’est la thèse de Guillaume Pitron, dans son premier ouvrage : « La guerre des métaux rares ».

« La guerre des métaux rares, la face cachée de la transition énergétique et numérique ». C’est le titre d’un livre coup de poing. Selon son auteur, Guillaume Pitron, l’essor des énergies renouvelables et du véhicule électrique nous mène à des désordres écologiques plus graves que le pétrole, le gaz et le charbon.

« Un monde plus vert tributaire de métaux sales »

« Des désordres plus sournois parce que loin du regard des consommateurs ». C’est « une transition énergétique pour les classes les plus aisées, parce qu’elle dépollue les centres-ville, pour mieux lester de ses impacts réels les zones les plus miséreuses et éloignées des regards ». Que ce soit les quelque 10 000 mines chinoises de terres rares nécessaires aux aimants permanents des moteurs électriques ou d’éoliennes, qui ont ruiné l’environnement et la santé des riverains à coup de produits chimiques dans les cours d’eau... L’auteur nous décrit en particulier cet immense réservoir d’eau noirâtre provenant des raffineries chinoises de terres rares de la région de Baotou, en Mongolie intérieure, près d’un village rebaptisé le « village du cancer » ; les conséquences sanitaires de l’exploitation du cobalt en RDC ; ou l’énorme consommation d’eau et d’énergie nécessaires à l’extraction du lithium dans les « salars » désertiques d’Argentine et du Chili...

24 fois plus de cobalt en 2030

Bref, « un monde plus vert tributaire de métaux sales ». C’est « la part d’ombre des technologies vertes, mais aussi numériques », pour piloter les réseaux intelligents d’électricité. Elles vont consommer des quantités croissantes de métaux, et en particulier de métaux rares. « À l’horizon 2030, rappelle Guillaume Pitron, la demande de germanium va doubler, celle de dysprosium et de tantale quadrupler. Le marché du scandium pourrait être multiplié par neuf et celui du cobalt par 24... En clair ça va être la ruée ». Or le recyclage de ces métaux souvent mélangés à d’autres matériaux, est encore une utopie. Et l’Occident ne produit plus ces métaux rares. L’auteur rappelle comment le Français Rhodia qui raffinait la moitié des terres rares mondiales, a tout abandonné à la Chine.

Souveraineté en danger

C'est le danger d’une dépendance accrue. D’autant que la Chine calcule à long terme pour capturer toute la chaîne de valeur des industries vertes. Même l’industrie américaine de défense, rappelle Guillaume Pitron, dépend aujourd’hui des aimants permanents fabriqués en Chine
http://www.rfi.fr/emission/20180204-met ... nergetique

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par energy_isere » 20 févr. 2018, 20:29

Terres rares: Toyota annonce une avancée technique pour moteurs électriques

AFP le 20/02/2018

Le géant automobile japonais Toyota a annoncé mardi avoir mis au point une technologie permettant de réduire l'utilisation d'un métal de la famille des terres rares jusqu'ici essentiel dans le développement des moteurs électriques.

L'innovation, présentée comme "une première au monde", est destinée à répondre au risque de pénurie et à réduire les coûts dans la perspective du développement des véhicules électrifiés.

Les moteurs à aimant permanent comportent environ 30 % de terres rares, principalement du néodyme, a expliqué Akira Kato, un responsable R&D du constructeur lors d'une conférence de presse à Tokyo.

Or "même les prévisions les plus optimistes anticipent des pénuries d'approvisionnement" de cet élément chimique à partir de 2025, souligne Toyota.

Le groupe a donc développé un nouvel aimant réduisant la présence de néodyme de 20 à 50 %, en le remplaçant par du lanthane et du cérium, qui sont également des terres rares mais beaucoup plus abondantes et d'un coût très inférieur (de 5 à 7 dollars le kg, contre 100 dollars pour le néodyme).

La difficulté, a expliqué M. Kato, est de maintenir, malgré ce changement de composition, le même niveau de performance de moteur, ce que Toyota assure être parvenu à faire grâce à de nouvelles technologies présentées comme inédites.

Il faudra cependant encore dix ans pour aboutir à une mise en application pratique pour les moteurs de véhicules électriques, a précisé le groupe.

Par le passé, les autorités japonaises ont incité les entreprises de l'archipel à réduire l'utilisation de terres rares, qui regroupent 17 minéraux et sont quasi-exclusivement produites en Chine.

L'annonce de Toyota intervient en pleine offensive du constructeur dans l'électrique: il avait dit en décembre vouloir réaliser d'ici 2030 au moins 50 % de ses ventes dans cette technologie, en incluant les hybrides (carburant/électrique), dont il fut le pionnier avec la Prius lancée en 1997.

Outre les recherches sur les aimants permanents, il travaille avec son compatriote Panasonic sur les batteries de nouvelle génération, qui permettraient une plus grande autonomie de conduite à moindre prix.
http://www.lepoint.fr/high-tech-interne ... 456_47.php

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par Remundo » 20 févr. 2018, 22:39

une bobine de cuivre alimentée par un courant continu, c'est aussi un très bon aimant "permanent" sans 1g de terres rares, et avec l'avantage de pouvoir piloter ce courant pour rendre la machine plus flexible.

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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par mobar » 21 févr. 2018, 05:16

Ben oui, les terres rares quand elles deviennent compliquées à déployer, on les remplace par des solutions moins chères, plus simples et plus accessibles.

On aura disparu de cette terre qu'elles seront toujours là, alors?
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Re: [Véhicule électrique] la question des métaux rares

Message par tita » 21 févr. 2018, 08:54

Remundo a écrit :
20 févr. 2018, 22:39
une bobine de cuivre alimentée par un courant continu, c'est aussi un très bon aimant "permanent" sans 1g de terres rares, et avec l'avantage de pouvoir piloter ce courant pour rendre la machine plus flexible.
Ou le bon vieux moteur asynchrone (moteur à cage d'écureuil), commandé électroniquement pour être variable. Il y a aussi les moteurs à réluctance variable (switched reluctance motors) qui ont le vent en poupe. Ils ont une construction simple, sont bon marché, mais nécessitent une électronique de commande plus complexe. C'est un genre de moteurs pas-à-pas, sans aimant permanent. Et quand je vois la robustesse des moteurs pas-à-pas, je me dis que c'est probablement l'avenir.

Remplacer l'aimant permanent des brushless DC (très à la mode actuellement) par des électro-aimants me semble compliqué, puisqu'ils se trouvent dans le rotor. C'est justement ce qui fait l'intérêt de ces moteurs, avoir un rotor qui n'a pas besoin d'être alimenté avec un système de balais.

Je ne me fais pas trop de soucis non plus sur les solutions possibles pour palier au manque de ressources nécessaires aux aimants permanents.

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