«Biocarburants avancés» : l'appel du gouvernement est lancé

Ce forum ne traite pas du «grand jeu» mais des réactions plus locales au pic pétrolier, à l'échelle du pays, des régions, ou des villes.

Modérateurs : Rod, Modérateurs

Avatar de l’utilisateur
energy_isere
Modérateur
Modérateur
Messages : 58219
Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
Localisation : Les JO de 68, c'était la
Contact :

«Biocarburants avancés» : l'appel du gouvernement est lancé

Message par energy_isere » 07 mars 2011, 19:07

«Biocarburants avancés» : l'appel du gouvernement est lancé

Les entrepreneurs des biocarburants de nouvelles générations peuvent désormais postuler pour obtenir des fonds publics. Dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, le gouvernement a lancé un appel à manifestations d’intérêt dédié au secteur. Piloté par l'Ademe, l'appel se clôt le 22 juillet 2011.

Rendre opérationnelle et compétitive, dès 2020, la production des biocarburants avancés liquides ou gazeux : c’est le pari que souhaite relever le gouvernement en soutenant quelques projets choisis, à travers son appel à manifestations d’intérêt lancé ce 7 mars.

L’un des enjeux sera en particulier d’évaluer les bilans carbone, les rendements énergétiques et la rentabilité économique de chaque technologie. Comment ? Notamment, par une diversification des ressources et une meilleure valorisation des co-produits de l'industrie du bois, des résidus agricoles et des déchets organiques.

Les micro-algues sous le feu des projecteurs

Pierre Calleja, fondateur de la start-up girondine Fermentalg, fait partie des postulants potentiels. Son créneau : la culture de micro-algues en hétérotrophie, pour en tirer du diesel, des compléments alimentaires ou des composants destinés à la chimie verte. Un soutien financier via l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) lui permettrait de transformer l’essai, depuis le laboratoire vers la production de masse.

Une gageure, alors que l’entreprise a levé en octobre dernier 5 millions d’euros de plus. Faisant rentrer le spécialiste des cleantech Demeter et le fonds ACE à son capital, l'entreprise n’a pourtant pas signé pour l'instant la moindre commande industrielle. Des discussions sont bien en cours avec des grands de l’agroalimentaire, qui pourraient aboutir « dans plusieurs semaines ». Mais jusqu'à présent, la technologie reste à l'état de recherche.

Entre autres, un tel financement gouvernemental donnerait de véritables pistes d'évaluation de la techologie. «Nous espérons produire un volume de biodiesel suffisant pour analyser toute la chaîne de valeur, obtenir de vraies réponses techniques et économiques, et un bilan carbone», indique Pierre Calleja. Une production à l'échelle de plusieurs dizaines de milliers de litres de biodiésel serait pour cela souhaitable. Et aujourd'hui, la start-up en est loin.

Elle mène des recherches qualititatives qu'elle a pris soin de breveter, faute d'expérimenter en quantité. La compétition sur ce segment est féroce. Entre le rachat de Martek par DSM, et l'alliance entre le chimiste français Roquette avec le californien Solazyme,la petite société Fermentalg se doit d'être à la pointe de l'innovation pour garder une longueur d'avance.

Comme Fermentalg, d'autres entrepreneurs sont sur les rangs. Parmi les pistes de recherche visées par le gouvernement, les algues font en effet figure de stars. Les microalgues permettraient d’envisager des rendements à l’hectare largement supérieurs à ceux des espèces oléagineuses classiques. En énergie restituée, des micro-algues permettraient de faire 500 à 5000 fois mieux que le colza pour une même surface. Les pailles de blés ou autres déchets végétaux peuvent être transformées en alcool ou en gaz, certaines bactéries permettent de transformer de manière efficace les déchets de bois en sucres pour la production d’éthanol.

Outre les carburants automobiles, le kérosène est aussi concerné par l'appel du gouvernement. N'en déplaise à ses détracteurs, le transport aérien a pour le moment un impact modéré sur la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre. La consommation de pétrole pour l’aviation ne représente que 8 à 9 % de la consommation totale. Mais les recherches sur un nouveau carburant pour les avions a son intérêt. L'Ademe rappelle en effet que l'accroissement prévisible du trafic aérien pourrait conduire au doublement de son impact à l’horizon 2020.

La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 22 juillet 2011.
http://www.usinenouvelle.com/article/bi ... ce.N147788