société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Impact de la déplétion sur la géopolitique présente, passée et à venir.

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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par Raminagrobis » 18 janv. 2014, 15:37

Joli texte qui me conforte dans le fait d'avoir éditer le titre du fil ;)
Toujours moins.

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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par epe » 18 janv. 2014, 16:57

merci :) mais il y aurait encore beaucoup à dire. Par exemple les attentes des cubains pour l'après Castro.

Ce qui pourrait arriver de pire à Cuba sera un effondrement des structures type chute de l'URSS. Je crois que la majorité des cubains en sont conscient. Dans cette hypothèse il ne faudrait pas 6 mois pour que les mafias de la diaspora cubaine à Miami prennent le contrôle de tous les rouages économiques et politiques.

Il faut savoir qu'à Cuba la corruption est quasi inexistante et seulement à petite échelle. Il y a deux raisons à cela. D'abord les policiers sont proportionnellement bien payés. Ensuite jamais la personne qui sollicite une autorisation administrative ne rencontre directement le fonctionnaire qui rend la décision. La plupart du temps il ignore même son identité. C'est administrativement lourd, mais du point de vue lutte contre la corruption ça fonctionne.

Ensuite les cubains ne sont absolument pas préparés à une économie de marché débridée. Quelques uns s'en sortiraient bien et même très bien, mais le gros de la population, actuellement tout de même protégée par l'état en ce qui concerne les besoins les plus essentiels, passerait de la pauvreté actuelle à une misère actuellement quasi inexistante sur l'île.

Ce qui n'empêche que le cubain souhaite une évolution. Fidel est un vieillard malade officiellement retraité mais qui tire encore toutes les ficelles. Doté d'un ego monstrueux et passablement paranoïaque il n'hésite pas à déclarer que même mort il continuera à donner ses ordres. Son frère Raoul est plus pragmatique et quelques ébauches de libéralisation économique ont vu le jour. Le cubain en veut plus mais sait qu'il faut prendre son temps au risque de tout perdre. Ce qui ne l'empêche pas de grogner que le gouvernement se fout un peu de leur gueule avec cette histoire de voitures neuves importées à des tarifs de marché noir. Actuellement les voitures neuves, la plupart de fabrication chinoise, sont des avantages offerts aux fonctionnaires "méritants". On trouve aussi des Peugeot neuves. Il y a un concessionnaire à La Havanne.

Cuba attend l'annonce de la mort de Fidel autant avec espoir de changement qu'avec craintes que ça tourne mal. Raoul aura les mains plus libres mais restera tout de même dans la ligne. Mais il ne compte pas s'accrocher au pouvoir à tout prix. Ensuite, c'est le saut vers l'inconnu.
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par yvesT » 18 janv. 2014, 17:16

Merci pour ce retour.

Et sais-tu si le deal "pétrole contre médecins" qui avait court avec le Venezuela est toujours d'actualité ?

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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par epe » 18 janv. 2014, 18:38

J'avoue ne pas avoir posé la question. Mais une chose est sûre, c'est que Cuba se réjouit que la plus grande partie des pouvoirs politiques en Amérique latine aient basculé à gauche. Ça facilite leurs relations internationales notamment au niveau échanges commerciaux. Même si le régime lui-même n'est pas bien organisé pour cela. On m'a raconté le cas de quelqu'un qui a voulu importer un container d'un surplus de fruits frais d'un pays voisin. Une des deux personnes habilitées à apposer le tampon sur le formulaire d'importation était en congé, l'autre malade. Résultat le container est resté bloqué plusieurs jours au port en plein soleil et les fruits ont pourri sur place.

Sinon comme cela a été dit dans le fil, les carburants sont de très mauvaises qualités. J'ai vu aux pompes que l'essence ordinaire c'est du 83 octanes. Et la disponibilité est irrégulière, comme pour tout le reste. L'expat français qui m'a reconduit à l'aéroport s'est arrêté à une pompe où la cuve de 83 était vide. Par contre il y avait encore du "super" (bien plus rare) qu'on lui a livré au même prix que l'ordinaire et pas au prix affiché. Mais de toutes façons ça pue la mauvaise combustion jusqu'à l'intérieur des voitures.
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par Raminagrobis » 26 janv. 2014, 18:41

epe a écrit :ieusement les 2 roues sont rares (vélos, scooter, motos). On voit un peu plus de tricycles et side-cars ainsi que quelques charrettes tirées par un cheval, mais l'essentiel des déplacements se fait en 4 roues motorisés.
C'est curieux cette faible présence des vélos. On pourrait penser que dans des pays à niveau de vie intermédiaire (c'est à dire ni pays développés, ni pays très pauvres) ce serait le moyen de transport principal.

Même si en Europe on est habitué à payer un vélo de ville 200 €, il est possible de faire des vélos à très bas prix. Le "fēi gē" (pigeon volant), qui fut longtemps le vélo "officiel" chinois (au point de devenir un symbole de la Chine communiste) est vendu à un prix très bas. Si vous voulez en commander en bulk c'est ici sur alibaba, il faut en commander au moins 200, et c'est 25 à 50$ pièces :D. Ca doit être encore moins cher en Chine. C'est un vélo très simple, une seule vitesse.

Ce sont des prix compatibles avec le niveau de revenus des cubains.
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par epe » 26 janv. 2014, 19:48

Oui, ça m'a étonné aussi. Une explication possible est peut-être la longueur des déplacements. L'île fait 1250 km de long mais à peine 200 de large. Même La Havane est une agglomération très étendue avec peu de constructions en hauteur et une densité d'habitat plutôt faible comparativement à d'autres villes de même taille. Et dans les campagnes et villages, la charrette tirée par un cheval est bien plus utile que le vélo pour sa charge utile. Pas rapide, mais le cubain n'a pas l'habitude d'être pressé ;-)
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par energy_isere » 11 juil. 2014, 20:46

Poutine signe l'annulation de la quasi totalité de la dette cubaine

11 Juillet 2014 Romandie.com

Le président russe Vladimir Poutine, en visite vendredi à Cuba, a promulgué avant son départ l'accord annulant 90 % de la dette contractée par La Havane auprès de l'ex-URSS. Le solde devra être remboursé sur dix ans, a annoncé vendredi le Kremlin.

L'accord conclu entre Moscou et La Havane en 2013, voté vendredi par la chambre basse du Parlement, a été signé jeudi par le chef de l'Etat russe et est définitivement ratifié, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

Il prévoit l'annulation de 90 % de la dette qui totalise 35,2 milliards de dollars (31,4 milliards de francs suisses), soit 31,7 milliards de dollars. Cet accord empoisonnait les relations entre Moscou et La Havane depuis la chute de l'Union soviétique.

Le solde, environ 3,5 milliards de dollars, doit être remboursé sur dix ans par des traites tous les six mois et placé sur des comptes dédiés afin d'être réinvesti par la Russie dans l'économie cubaine.

La relance de leurs relations

Vladimir Poutine, qui doit rencontrer dans la journée Raul et Fidel Castro, devait discuter avec eux de relations commerciales avec la signature de contrats, notamment dans l'énergie.

Par ailleurs, la Russie et Cuba veulent construire ensemble un important hub de transport près de La Havane intégrant l'aéroport San Antonio de los Banos. Dans l'aviation civile, Moscou souhaite aussi conclure la vente d'appareils long courrier Iliouchine 96-300, régionaux Antonov 148 ainsi que des hélicoptères Mi-171.

Depuis 2005, Moscou et La Havane relancent leurs relations, réduites à néant avec la désintégration du bloc soviétique au début des années 1990. La Russie est actuellement le 9e partenaire commercial de Cuba, loin derrière le Venezuela, la Chine et l'Espagne, les trois premiers partenaires économiques de l'Île.
http://www.romandie.com/news/Poutine-si ... 496296.rom

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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par Tovi » 22 juil. 2014, 20:18

http://www.kaizen-magazine.com/comment- ... le-au-bio/

Comment les cubains ont converti leur île au bio

le 16 juillet 2014


Les écologistes du monde en entier en rêvent, les Cubains l’ont réalisé. Depuis plus de vingt ans, l’île s’est convertie à l’agriculture biologique. Nécessité, possibilité et volonté ont été les clés de cette success story !
K 11 dossier cuba2

1989. Chute du Mur de Berlin. Deux ans plus tard, effondrement du bloc soviétique. Cuba perd alors son principal fournisseur de pétrole, de matériel agricole, d’engrais chimiques et autres pesticides. Avec la disparition de l’URSS et des anciens pays de l’Est, qui achetaient ses produits à prix constants, l’île perd aussi des marchés juteux, notamment celui du sucre, dont elle exportait 85% de sa production. Tous les ingrédients sont réunis pour que le pays plonge dans le chaos. D’autant que le blocus américain se resserre. Pour Cuba, c’est le début d’une nouvelle ère, de cette « période spéciale en temps de paix » annoncée en 1992 par Fidel Castro et qui durera cinq ans, autrement dit une période de grave crise économique : le produit intérieur brut (PIB) chute de 35 %, le commerce extérieur de 75%, le pouvoir d’achat de 50% et la population souffre de malnutrition.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » (Marc Twain)

Nécessité fait loi. Afin de satisfaire ses besoins alimentaires, la population se lance dans la culture de fruits et légumes. « Les Cubains avaient faim, explique Nils Aguilar, réalisateur du film Cultures en transition. Ce sont eux qui ont fait les premiers pas en occupant les terres dans un mouvement spontané ». Des milliers de jardins, « organoponicos », fleurissent sur des petits lopins de terre, sur les terrasses, entre les maisons, sur d’anciennes décharges, au milieu des terrains vagues, bref dans le moindre interstice laissé vacant. Outre la culture, on y pratique souvent l’élevage de petits animaux : poules, lapins, canards, cochons. « Les principaux acteurs du mouvement agro-écologique, ce sont les paysans eux-mêmes, affirme Dorian Felix, agronome, spécialisé dans l’agroécologie tropicale, en mission à Cuba pour l’association Terre et Humanisme. Ils ont expérimenté ces pratiques, les ont validées et diffusées. Leur mobilisation et celle de la société civile tout entière a été, et reste, très importante. »
Le boom de l’agriculture urbaine

Dans la foulée, le gouvernement entame une transition forcée. Produire de la nourriture devient une question de sécurité nationale. A partir des années 1990, l’accent est mis sur la production locale, à partir de ressources locales, pour la consommation locale. L’Etat distribue des terrains à qui veut les cultiver et développe une agriculture vivrière et biologique de proximité : sans pétrole pour faire fonctionner les tracteurs, on recourt à la traction animale ; sans engrais chimiques ni pesticides, on redécouvre le compost, les insecticides naturels et la lutte biologique.

« C’est une véritable révolution verte, confirme Nils Aguilar. Dans ce pays, tout le monde est impliqué, j’ai eu la surprise d’entendre un chauffeur de taxi me vanter les prouesses de l’agroécologie ! Cuba développe une agriculture post-industrielle et prouve que ces techniques peuvent nourrir les populations ». Aujourd’hui, la main-d’œuvre agricole a été multipliée par dix. D’anciens militaires, fonctionnaires et employés se sont convertis ou reconvertis à l’agriculture, car nombre d’entre eux avaient été paysans auparavant. Chaque école cultive son potager, les administrations ont leur propre jardin, fournissant les légumes aux cantines des employés.

Phénomène sans précédent, l’agriculture urbaine s’est développée comme nulle part ailleurs dans le monde. L’île compte près de 400 000 exploitations agricoles urbaines, qui couvrent quelque 70 000 hectares de terres jusqu’alors inutilisées et produisent plus de 1,5 millions de tonnes de légumes. La Havane est à même de fournir 50% de fruits et légumes bios à ses 2 200 000 habitants, le reste étant assuré par les coopératives de la périphérie.
Révolution verte à la cubaine

En 1994, les fermes d’Etat productivistes sont progressivement transformées en coopératives pour fournir en aliments les hôpitaux, écoles, jardins d’enfants. Quant au reliquat de la production, il est vendu librement sur les marchés. Universitaires, chercheurs, agronomes sont mis à contribution pour diffuser les techniques de l’agroécologie. Un réseau de boutiques vend semences et outils de jardinage à bas prix, prodiguant également aux clients des conseils d’experts. Et dans toutes les villes du pays, on enseigne l’agriculture biologique par la pratique, sur le terrain. Bien plus qu’un simple transfert de connaissances technologiques, il s’agit de « produire en apprenant, d’enseigner en produisant et d’apprendre en enseignant. »

L’impact de cette révolution verte est multiple : réduction de la contamination des sols, de l’air et de l’eau, recyclage des déchets, augmentation de la biodiversité, diversification des productions, amélioration de la sécurité alimentaire, du niveau de vie et de la santé, création d’emplois – notamment pour les femmes, les jeunes et les retraités. C’est aussi une politique moins centralisée qui s’est mise en place, donnant davantage de marge de manœuvre aux initiatives individuelles et collectives autogérées. Le mot d’ordre dominant : « Décentraliser sans perdre le contrôle, centraliser sans tuer l’initiative ». Dans les villes, ce principe a permis de promouvoir la production dans le quartier, par le quartier, pour le quartier, en encourageant la participation de milliers de personnes désireuses de rejoindre l’initiative.

Aujourd’hui, Cuba produit pour sa consommation plus de 70% de fruits et légumes, ce qui ne lui garantit pas une totale autonomie alimentaire, dans la mesure où elle dépend encore des importations de riz et de viande, notamment. Mais, selon les critères de l’ONU, « le pays a un indice de développement humain élevé et une faible empreinte écologique sur la planète ». Si demain les importations de nourriture devaient s’arrêter, les habitants seraient beaucoup moins en péril que ceux d’un pays comme la France, qui dispose seulement de quelques jours de réserves dans ses supermarchés (d’après le Ceser – Conseil économique, social et environnemental Ile-de-France -, la région dispose de quatre jours de réserves alimentaires).

Il aura fallu une crise pour que Cuba découvre les vertus de l’agroécologie, de la permaculture, de l’agroforesterie ou encore du sylvopastoralisme. L’île a-t-elle réussi pour autant sa transition énergétique ? En partie seulement. La consommation de pétrole a redémarré en 1993 grâce à (ou à cause de ?) la production nationale et à l’aide du Venezuela qui lui fournit près de 110 000 barils de pétrole par jour. Mais on peut parier que le pays ne pourra plus faire machine arrière. Car au-delà de la révolution agricole, les initiatives individuelles et collectives ont prouvé que les Cubains pouvaient prendre en main leur destin. Une véritable révolution culturelle !

Par Frédérique Basset



Texte extrait du dossier “Plus forts ensemble” de Kaizen 11.
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par EPE_bel » 22 juil. 2014, 21:08

Mwouais, Cuba je connais. L'écologie ils n'en ont rien à foutre. Simplement ils n'ont pas d'engrais ou autres pesticides pour cause d'embargo. Et encore, ils en importent quand même un peu... pour le tabac, priorité nationale. C'est une usine à côté de chez moi qui les fournit (http://www.lavenir.net/article/detail.a ... 7_00210613)

A côté de ça l'agriculture est dans un état épouvantable. La plupart des terres sont en friche et ils sont très loin d'être auto-suffisants. Et le matériel agricole qui date de l'époque soviétique est en bout de course quand il fonctionne encore. Simplement le climat et les terres sont plutôt favorables. Dans la maison des amis où j'ai logé il y a une cour de terre battue de 10 m² dans laquelle poussent 3 arbres fruitiers (j'ai oublié les espèces) qui donnent généreusement sans aucun entretien. Mais vu la pollution à La Havane, de là à appeler ça du bio...

En fait pour comprendre l'agriculture Cubaine, il suffit de se remémorer comment les paysans travaillaient ici il y a 50 - 60 ans et ce ne sera pas loin de la réalité.
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par Tovi » 23 juil. 2014, 06:24

Le truc, c'est que s'il faut attendre que tout le monde se sente concerné par le bio ou les économies d'énergie, ça risque de prendre quelques siècles. C'est peut être un peu utopique. Par contre, trouver des solutions concrètes face aux contraintes est bien plus efficace.
C'est pourquoi je pense qu'il faut être plus coercitif en matière d'écologie.
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par mobar » 23 juil. 2014, 07:06

Tovi a écrit :Le truc, c'est que s'il faut attendre que tout le monde se sente concerné par le bio ou les économies d'énergie, ça risque de prendre quelques siècles. C'est peut être un peu utopique. Par contre, trouver des solutions concrètes face aux contraintes est bien plus efficace.
C'est pourquoi je pense qu'il faut être plus coercitif en matière d'écologie.
La pédagogie et l'exemple venant du haut serait plus efficace qu'une écolo dictature

La coercition n'a jamais créé que du conflit et de la rebellion avant de générer le chaos, l'exemple du national socialisme, du régime khmer rouge ...

Tant que le profit individuel et la compétition pour s'accaparer les richesses du monde primeront sur le partage et le développement collectif, no future!
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par EPE_bel » 23 juil. 2014, 09:08

mobar a écrit :Tant que le profit individuel et la compétition pour s'accaparer les richesses du monde primeront sur le partage et le développement collectif, no future!
La vie est compétition. La coopération s'impose quand elle est plus favorable à la suivie du groupe ou de l'espèce. Ex le paysan qui cède une partie de sa récolte au guerrier chargé de défendre ses terres.
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par phyvette » 23 juil. 2014, 10:17

Il n'y a nul besoin de coercition contre des contraintes physiques.
Ce sont les contraintes ou leur absence qui façonne la société. L'abondance engendre le gâchis mécaniquement sans qu'il soit possible de l'évité. La rareté crée les conditions de la frugalité et de l'économie de moyens, sans heurts et sans chaos.

L'effondrement des sociétés complexes comme le démontre Joseph Tainter ne se caractérise pas par un effondrement au sens littérale, rapide et soudain, mais comme un lent délitement de la complexité vers plus de simplicité, vers la constitution de groupe plus petits, sur des territoires moins grands, avec des organisations moins pyramidales.

En ce sens les sécessions larvées de région comme l'Ecosse, le Quebec ou la Catalogne sont des pistes intéressante a suivre de près, et certainement l'avenir plus local la solution qui s'imposera face au contraintes de tout ordre occasionnées par la fin des énergies fossiles bon marché.

Mais coercitions et punitions imposées par l'élite corrompue et discrédité de la société complexe finissante n'a pas la moindre chance d'être des solution, sauf a être un continuiste obtus.

La bonne démarche pour l'individu dans ce contexte : se rendre inutile et inefficace au fonctionnement actuel de l'économie. Ne pas tenter de réparer ce qui s'écroule, mais accompagner le mouvement en douceur.
Gilles a raison
Gilles a tjs raison
Si un membre a raison les 1 et 2 s'appliquent
Gilles ne contredit pas il éduque
Les idées de Gilles sont tjs bonnes
Gilles est obligé de penser pour tout le monde
Seul Gilles a une vision globale de la société

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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par mobar » 23 juil. 2014, 13:13

phyvette a écrit : Mais coercitions et punitions imposées par l'élite corrompue et discrédité de la société complexe finissante n'a pas la moindre chance d'être des solution, sauf a être un continuiste obtus.

La bonne démarche pour l'individu dans ce contexte : se rendre inutile et inefficace au fonctionnement actuel de l'économie. Ne pas tenter de réparer ce qui s'écroule, mais accompagner le mouvement en douceur.
Pour pouvoir accompagner le mouvement en douceur, il faudrait être libéré de ce que tout le système à mis en place pour assurer la collaboration des esclaves :
- caisses de retraite et de sécurité sociale
- réseaux d'eau potable, d'électricité de téléphone, internet ...
- circuit commerciaux d'approvisionnement, supermarchés
- entreprises qui assurent emploi, salaires et accès aux indemnités de chômage,
- banque et organismes de crédit
- ...

En clair être capable à grande échelle, individuellement ou en petit groupe, d'assurer les besoins vitaux et secondaires de la pyramide de Maslow

Pas gagné!
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Re: société post-pétrole : l'exemple imaginaire de Cuba

Message par mobar » 23 juil. 2014, 13:27

EPE_bel a écrit :
mobar a écrit :Tant que le profit individuel et la compétition pour s'accaparer les richesses du monde primeront sur le partage et le développement collectif, no future!
La vie est compétition. La coopération s'impose quand elle est plus favorable à la suivie du groupe ou de l'espèce. Ex le paysan qui cède une partie de sa récolte au guerrier chargé de défendre ses terres.
La vie de l'homme moderne est compétition, nuance, et compétition dévoyée et exacerbée

Dans la nature, la compétition n'existe pas (au sens ou l'homme l'entends).
Le lion ne capture que la gazelle qu'il a besoin pour se nourrir.
Il ne lui viendrait pas à l'idée de capturer toutes les gazelles de la savane pour les revendre à des collègues moins bons chasseur que lui pour parader en Ferrari, ce serait la fin de son espèce.

Quand à la survie de l'espèce c'est la surpopulation humaine et notre incapacité à la gérer, qui la rends problématique.

Toujours une question de compétition à la sauce anthropique, les politiques natalistes n'ont eu de cesse de promouvoir la taille des groupes pour être plus fort et le plus à même de s'approprier les biens des groupes plus faibles

La logique du guerrier est une logique d'échange pas de compétition, il défends, avec son savoir faire de guerrier, un producteur qui le nourri par son savoir faire de paysan, rien à voir avec la compétition
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