Trump déclare la guerre au pétrole iranien

Impact de la déplétion sur la géopolitique présente, passée et à venir.

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Trump déclare la guerre au pétrole iranien

Message par energy_isere » 22 avr. 2019, 23:38

Les USA veulent réduire à néant les ventes de pétrole iranien

REUTERS | LE 22/04

Donald Trump a décidé de ne pas renouveler les exemptions qui ont permis à huit pays de continuer à importer du brut iranien lorsque celles-ci expireront dans dix jours, les Etats-Unis ayant l'ambition de tarir complètement les exportations de pétrole iranien, a annoncé lundi la Maison blanche.

Téhéran a aussitôt rétorqué que Washington ne parviendrait pas à ses fins et menacé une nouvelle fois de bloquer le détroit d'Ormuz, par lequel transite une grande partie du brut mondial.


Pour éviter une surchauffe du marché pétrolier mondial après le rétablissement par les Etats-Unis des sanctions visant les secteurs pétrolier et bancaire iraniens en novembre dernier, conséquence de leur retrait de l'accord sur le nucléaire de 2015, Washington a accordé des exemptions pour six mois à la Chine, l'Inde, la Corée du Sud, la Turquie, la Grèce, l'Italie, le Japon et Taiwan.

Ces exemptions ne seront pas renouvelées à leur expiration le 1er mai dans le but de "réduire à néant les exportations de pétrole iranien, privant ainsi le régime de sa principale source de revenus", a fait savoir la Maison blanche dans un communiqué.


Aucune période de grâce ne sera accordée aux pays qui en bénéficiaient jusqu'à présent, a ajouté le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, en annonçant formellement la décision de Washington.

Selon la Maison blanche, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis se sont engagés à compenser la diminution des exportations iraniennes pour faire en sorte que la demande mondiale soit satisfaite et éviter une envolée des cours du pétrole.

"L'Arabie saoudite et d'autres pays de l'Opep feront plus que compenser la différence de production de pétrole", a assuré Donald Trump sur son compte Twitter.

Le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih, a déclaré dans un communiqué que Ryad se coordonnerait avec les autres producteurs de pétrole pour éviter un déséquilibre du marché mondial.

Les annonces de Washington ont fait grimper les cours du pétrole. Le Brent de mer du Nord, référence du marché mondial, gagnait lundi après-midi 2,75% à 73,95 dollars le baril après avoir auparavant atteint 74,31 dollars, un plus haut depuis le mois de novembre.

A Téhéran, des sources au ministère du Pétrole ont assuré à l'agence Tasnim que les Etats-Unis ne parviendraient pas à leurs fins. "Les exportations de pétrole ne pourront être réduites à zéro que si les autorités iraniennes le décident... et ce n'est pas d'actualité", a déclaré une "source informée".

Le commandant de la marine des Gardiens de la révolution, l'unité d'élite de l'armée iranienne, a menacé de son côté de bloquer le détroit d'Ormuz si l'Iran n'est plus autorisé à y faire transiter son pétrole.

"Selon le droit international, le détroit d'Ormuz est un passage maritime et si nous ne pouvons pas l'utiliser, nous le fermerons", a déclaré le général Alireza Tangsiri à l'agence de presse semi-officielle Fars.

"En cas de menace, nous défendrons sans l'ombre d'une hésitation les eaux iraniennes", a-t-il ajouté.
https://m.investir.lesechos.fr/actualit ... 43100.html

alain2908
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Re: Trump déclare la guerre au pétrole iranien

Message par alain2908 » 23 avr. 2019, 08:44

il semble que la position de premier producteur mondial de pétrole est un effet direct sur le niveau de Testosterone de Donald Trump.
voyons le positivement : toute secousse sur le marché est un facteur favorisant le développement des Energies renouvelables.

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energy_isere
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Re: Trump déclare la guerre au pétrole iranien

Message par energy_isere » 23 avr. 2019, 08:47

Washington prêt à sanctionner ses alliés pour fermer le robinet du pétrole iranien

AFP parue le 23 avr. 2019

Les Etats-Unis ont encore renforcé lundi leur campagne de "pression maximale" pour faire plier l'Iran, leur ennemi numéro un au Moyen-Orient, en annonçant des sanctions contre tout pays qui continuerait à acheter du pétrole iranien, au risque de tensions avec plusieurs alliés.

Le président Donald Trump a décidé de mettre fin dès le 2 mai aux dérogations qui permettaient encore à huit pays (Chine, Inde, Turquie, Japon, Corée du Sud, Taïwan, Italie et Grèce) d'importer du brut iranien, pour "porter à zéro les exportations" et "priver le régime de sa principale source de revenus", a annoncé la Maison Blanche.

Cette mesure, qui a provoqué une forte hausse des cours du pétrole, s'annonce particulièrement délicate pour Pékin, engagé dans de complexes négociations commerciales avec l'administration Trump, et pour New Delhi, allié stratégique des Etats-Unis et troisième importateur mondial de pétrole, dont environ un dixième des achats vient d'Iran.

"Si vous ne respectez pas cela, il y aura des sanctions", a mis en garde le chef de la diplomatie des Etats-Unis, Mike Pompeo.

La Turquie et la Corée du Sud, autres alliés de Washington, ont vivement déploré la décision américaine.

"Nous n'accepterons pas de sanctions unilatérales et de contraintes sur la manière dont nous gérons nos relations avec nos voisins", a lancé le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, dont le pays entretient déjà des relations très tendues avec l'administration américaine. La diplomatie sud-coréenne a elle promis de continuer jusqu'au bout "à faire tout son possible" pour obtenir un "renouvellement de l'exemption".

Après s'être retiré il y a près d'un an de l'accord international de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, jugé trop laxiste par Donald Trump, Washington a rétabli en novembre de dures sanctions économiques contre la République islamique. Surtout, il a accompagné sa décision de la menace de mesures punitives également contre les pays qui continueraient malgré tout d'échanger avec l'Iran.

Les sanctions américaines sont "illégales dans leur principe même", a réaffirmé lundi le gouvernement iranien.

L'interdiction d'acheter du pétrole iranien, dont les ventes représentent selon Washington 40% des revenus du régime, était la principale de ces sanctions, qui se veulent "les plus fortes de l'histoire". Les Etats-Unis avaient toutefois attribué des dérogations pour six mois, jugeant que le marché mondial ne pouvait supporter une trop brusque annulation des ventes de brut iranien.

- Ryad va "stabiliser" le marché -

Lundi, Donald Trump a promis que l'Arabie saoudite et d'autres membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, comme les Emirats arabes unis, feraient "plus que compenser" la baisse de l'offre.

Le gouvernement saoudien s'est aussitôt dit prêt à "stabiliser" le marché.

Selon l'agence spécialisée S&P Global Platts, l'Iran a exporté en moyenne 1,7 million de barils par jour en mars, dont près de 628.000 vers la Chine et plus de 357.000 vers l'Inde.

La décision américaine intervient deux semaines après une autre annonce symbolique: l'inscription des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, sur la liste noire américaine des "organisations terroristes".

La campagne de "pression maximale" contre l'Iran vise selon Washington à mettre fin aux "activités déstabilisatrices" de Téhéran au Moyen-Orient, notamment au Liban via le mouvement chiite Hezbollah, au Yémen à travers les rebelles Houthis et en Syrie par son soutien au régime de Bachar al-Assad.

En mai 2018, Mike Pompeo, qui assure vouloir changer "le comportement du régime iranien" et non le régime lui-même, avait énoncé douze conditions draconiennes pour un nouvel accord global aboutissant à une levée des sanctions.

Un an plus tard, aucune de ces conditions ne semble être respectée, mais l'administration Trump estime que l'Iran a été privé de plus de 10 milliards de pétrodollars depuis onze mois.

"Téhéran souffre clairement de la pression", dit à l'AFP Behnam Ben Taleblu, chercheur au cercle de réflexion Foundation for Defense of Democracies qui millite pour une ligne dure contre l'Iran. "Outre l'incapacité à approvisionner en pétrole" le régime Assad en Syrie, "le plus vieil allié de l'Iran, le Hezbollah libanais, appelle à des contributions pour compenser la chute de ses revenus en provenance d'Iran", relève-t-il.

Pour Michael Fuchs, du think tank proche des démocrates Center for American Progress, cette stratégie "stupide" risque toutefois de "pousser l'Iran à quitter l'accord nucléaire et à commencer à construire une arme atomique", tout en suscitant "la colère de tous les alliés des Etats-Unis".
https://www.connaissancedesenergies.org ... ien-190423

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