Relations Chine - Pays Africains

Impact de la déplétion sur la géopolitique présente, passée et à venir.

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Re: Relations Chine - Pays Africains

Message par energy_isere » 28 janv. 2018, 13:20

Remundo a écrit :
28 janv. 2018, 12:53
l'Afrique devient l'arrière-cuisine de la Chine.
Dans les infos que je poste sur l' Afrique il apparaît que 90 % des barrages en construction et en projet le sont avec des entreprises Chinoise !

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Re: Relations Chine - Pays Africains

Message par Remundo » 28 janv. 2018, 13:25

c'est bête quand même, ça nous ferait des marchés...

sinon les Africains ne sauront-ils toujours rien construire après le passage des Chinois ? Il y a un proverbe Chinois qui dit "plutôt que d'offrir tes poissons à l'affamé, apprends lui à pêcher"

Il semble que les Chinois offrent des poissons... contre des concessions minières sans doute.

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Re: Relations Chine - Pays Africains

Message par energy_isere » 28 janv. 2018, 13:34

Remundo a écrit :
28 janv. 2018, 13:25
Il semble que les Chinois offrent des poissons... contre des concessions minières sans doute.
en effet :
Le défi des groupes miniers chinois en Afrique

Publié le 08 février 2017 Par Christophe Le Bec

Fusions-acquisitions, rachats et participations massives dans des projets d’exploitation… Pékin exhorte les groupes miniers à renforcer leurs positions en Afrique pour assurer son approvisionnement en métaux.

Alors que l’empire du Milieu représente à lui tout seul 43 % de la demande en métaux de base – fer, cuivre, bauxite-aluminium et manganèse –, les acteurs chinois sont encore méconnus et de taille moyenne dans le secteur minier. « Pas un n’apparaît parmi les 25 plus grandes entreprises mondiales », note Magnus Ericsson, analyste et professeur d’économie minière à l’université technologique de Lulea, en Suède, qui leur consacre ses dernières recherches en Afrique.

Encore des progrès à réaliser

Pourtant, peu à peu, certains groupes gagnent en compétence et se frayent un chemin dans un univers concurrentiel dominé jusqu’alors par les occidentaux. Notamment sur le continent où, contrairement à ces derniers, ils bénéficient d’un soutien diplomatique et financier efficace de la part de leur gouvernement. De simples acheteurs ou traders de minerais, ces sociétés chinoises deviennent actionnaires minoritaires dans des projets extractifs, avant – pour quelques-unes d’entre elles –, de reprendre directement leur exploitation.

Les groupes miniers chinois majeurs en Afrique sont quasiment tous publics – ou semi-publics quand ils disposent d’une filiale cotée à Hong-Kong pour y lever des fonds sur les marchés financiers. À leur tête, des technocrates ou des ingénieurs qui ont grandi dans le giron de l’État et sont à l’avant-poste d’une économie dirigée en pleine mutation.

Inexpérimentées, lourdement endettées, beaucoup d’entre elles affichent une rentabilité médiocre, et leur réputation pèche sur le plan technique, social, et environnemental. Ainsi, pour bâtir des champions miniers, Pékin entend faire le ménage parmi ses entreprises à l’étranger.

Image

L’État favorise donc désormais les rapprochements afin de restructurer leur passif et de faire des économies d’échelle. L’opération de fusion-acquisition qui a permis à l’aciériste BaoSteel d’acquérir en septembre 2016 le minier Wuhan Iron and Steel Corp., actif au Mozambique, affichant de lourdes pertes, en est l’illustration.

Se diversifier


Pékin pousse également ses groupes miniers à diversifier leur portefeuille alors que la plupart d’entre eux étaient spécialisés dans un seul minerai. Chinalco, le géant de la filière bauxite-aluminium, s’intéresse désormais au fer guinéen, et China Molybdenum – producteur de molybdène –, veut acheter la mine de cuivre de Tenke Fungurume en RD Congo.

Par ailleurs, afin de gagner en performance, il n’est plus question pour ces groupes de faire du « tout-chinois », en s’appuyant uniquement sur des cadres venus de l’empire du Milieu. Un mode de management qui les a longtemps coupés des réalités locales. Pour exemple, les grèves à répétition menées par les salariés zambiens de China Nonferrous Metal Mining Co. (CNMC) en 2011 et en 2012, dénonçant les mauvaises conditions de travail et l’importation de travailleurs chinois.

Certaines sociétés minières chinoises n’hésitent donc plus à intégrer des cadres étrangers pour gagner en compétences. C’est le cas de China Minmetals Corporation qui, après avoir racheté Anvil Mining, une société canadienne active dans le cuivre en RD Congo, en a maintenu la structure opérationnelle.

Travailler avec l’étranger

D’autres, comme Aluminum corporation of China limited (Chinalco), ont choisi d’apprendre aux côtés de partenaires occidentaux reconnus, avant de reprendre des exploitations à leur compte. Ainsi Chinalco décide, après cinq ans de partenariat avec le géant anglo-australien Rio Tinto sur le projet minier de fer du Mont Simandou, de lui racheter ses parts pour 1,3 milliard de dollars (soit 1,2 milliard d’euros) en septembre dernier.

« Les Chinois sont loin de pouvoir concurrencer les géants anglo-saxons tels que Rio Tinto, BHP Billiton et Anglo American, mais ils seront les grands miniers de demain », prédit Magnus Ericsson, qui voit, d’année en année, ces groupes prendre des positions en Afrique. Notamment ces derniers mois, profitant d’opportunités pour acquérir des gisements à prix cassés, du fait de la chute des cours.

Des investissements qu’ils réalisent essentiellement dans des projets déjà en exploitation – presque jamais en exploration et très rarement en phase de développement. Jeune Afrique dresse le portrait des trois premiers groupes miniers chinois avec lesquels il faut désormais compter.
http://www.jeuneafrique.com/mag/398050/ ... s-afrique/

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Re: Relations Chine - Pays Africains

Message par Remundo » 28 janv. 2018, 15:01

belle carte, merci :geek:

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Re: Relations Chine - Pays Africains

Message par Raminagrobis » 28 janv. 2018, 16:59

Remundo a écrit :
28 janv. 2018, 13:25
c'est bête quand même, ça nous ferait des marchés...

sinon les Africains ne sauront-ils toujours rien construire après le passage des Chinois ? Il y a un proverbe Chinois qui dit "plutôt que d'offrir tes poissons à l'affamé, apprends lui à pêcher"
La métaphore est dépassée, elle vient d'un époque où y'avait assez de poissons pour tout le monde :geek:
Toujours moins.

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Re: Relations Chine - Pays Africains

Message par energy_isere » 17 mars 2018, 12:27

L’Angola a été le pays africain qui a reçu le plus de financements chinois à l’énergie, depuis 2000

Agence Ecofin 12 mars 2018

L’Angola est le pays africain qui a drainé le plus d’investissements chinois, dans le domaine des infrastructures énergétiques, depuis l’année 2000. C’est ce que révèle une étude réalisée par l’Université américaine de Boston.

Selon les recherches, l’empire du Milieu a injecté plus de 34,8 milliards $ dans les infrastructures énergétiques sur le continent, au cours des 18 dernières années.

Sur ce montant, 8,9 milliards $ ont été recueillis par l’Angola, principalement pour des centrales hydroélectriques, notamment, celui de Caculo Cabaça. L’infrastructure, dont la construction a démarré en 2017, a obtenu 4,5 milliards $ de financement de la Banque industrielle et commerciale de Chine. La centrale d’une capacité de 2 170 MW permettra au pays d’atteindre son objectif qui est d’avoir une puissance installée de 9 000 MW.

Le Nigeria talonne l’Angola, en ce qui concerne l’obtention de fonds chinois avec 6,6 milliards $ recueillis. Il est suivi par un peloton composé de la Zambie, de l’Ouganda et de l’Afrique du Sud, qui ont recueilli chacun plus de 2 milliards $ et du Soudan qui a obtenu 1,6 milliard $. Les 11 milliards $ restants ont été répartis entre les autres pays du continent.

Les investissements chinois dans l’énergie, sur le continent, ont pris de l’ampleur au cours de ces dernières années. En 2017 par exemple, ils ont été de 6,8 milliards $, dépassant la région de l’Asie du Sud-Est qui a recueilli 5,8 milliards $.
https://www.agenceecofin.com/investisse ... epuis-2000

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Re: Relations Chine - Pays Africains

Message par energy_isere » 21 juil. 2018, 08:27

L’Afrique au cœur de la politique économique chinoise

20 avril 2018

Le président chinois Xi Jinping entame ce samedi 21 juillet une tournée d'une semaine sur le continent, qui le mènera au Sénégal, au Rwanda et enfin en Afrique du Sud où aura lieu le sommet des pays émergents, les Brics. Depuis 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique, une position qui pose des questions de dépendance financière et politique.

Cela fait près de vingt ans que la Chine mise sur l’Afrique. Elle a commencé à se tourner vers le continent au début des années 2000. Selon le cabinet McKinsey, plus de 10 000 entreprises chinoises seraient actives aujourd'hui en Afrique et les échanges entre la Chine et l'Afrique auraient augmenté de 20 % chaque année depuis. La Chine est devenue en 2009 le premier partenaire commercial de l'Afrique, dépassant les anciennes puissances coloniales.

Aujourd'hui encore, l'Afrique est intégrée au principal projet économique chinois : les Nouvelles routes de la soie, dont le président Xi Jinping va faire la promotion lors de cette tournée africaine. Un projet fourre-tout lancé en mai 2017, censé renforcer les échanges de la Chine avec l’Europe et l’Asie. Et l'Afrique y a sa place.

« Il y a une carte officielle, explique Jean-François Di Meglio, président du centre de recherche Asia Centre. Elle [la route de la soie, ndlr] vient toucher l’Afrique à Djibouti, puis elle remonte vers le Nord jusqu’à la Méditerranée, en passant par le Soudan et par l’Egypte. Il faut aussi se souvenir qu’avant le projet de la Route de la soie, il y avait déjà beaucoup d’infrastructures portuaires en Afrique de l’ouest - en Côte d’Ivoire en particulier - ou en Afrique australe. Il existait donc des choses qui peuvent être récupérées. Et s’il y a des choses nouvelles à faire, elles peuvent être inclues dans ce tracé. Cela sert à sécuriser un certain nombre d’approvisionnements de la Chine en matières premières, et à absorber certaines surcapacités : à partir du moment où la Chine s’est équipée en infrastructures, cette capacité à construire des infrastructures doit se développer dans d’autres pays. »

Des prêts plutôt que des investissements

L'Afrique reste donc plus que jamais au cœur de la politique économique chinoise. Mais si la Chine prête beaucoup, elle investit très peu : trois à quatre milliards de dollars d'investissements par an, pour tout le continent. Alors que depuis vingt ans, la Chine a déversé plus de 140 milliards de dollars sous forme de prêts, selon l’agence Ecofin. Des prêts conditionnés à l'obtention de marchés pour ses entreprises, soit une pratique que les pays occidentaux de l'OCDE ont abandonnée.

« C’est un système qui est totalement défavorable aux capitales africaines dans leur grande majorité, juge Xavier Aurégan, chercheur auprès de l'Institut français de géopolitique. Si la Chine gagne des contrats, mais que, dans le même temps, elle n’investit pas ou très peu, c’est du gagnant-gagnant, mais pour la Chine ! Evidemment, les pays africains vont pouvoir développer leur territoire à travers ces infrastructures de communication, mais encore faut-il que ces infrastructures soient pérennisées dans le temps, qu’elles soient entretenues, que le matériel ne vieillisse pas trop vite… »

Résultat : l'Afrique s'endette auprès de la Chine. Pékin détient 55 % de la dette extérieure du Kenya, 60 % pour Djibouti, près de 70 % pour le Cameroun, par exemple. Ce qui pose des questions de dépendance, financière et politique.
..........
http://www.rfi.fr/afrique/20180720-chin ... ique-focus

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