Les conflits et guerres directement liés au pétrole

Impact de la déplétion sur la géopolitique présente, passée et à venir.

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Message par MadMax » 11 oct. 2005, 16:17

ASIE CENTRALE - Washington refuse de régler sa facture à l'Ouzbékistan

Le Sénat américain a voté, mercredi 5 octobre 2005, un amendement interdisant aux Etats-Unis de régler leur dette envers l'Ouzbékistan pour l'utilisation de la base militaire aérienne de karshi-khanabad, louée par l'armée américaine dans le cadre de la guerre contre le terrorisme en Asie centrale et notamment en Afghanistan. "Les sénateurs ont motivé leur amendement par leur volonté de ne pas vouloir financer 'un régime répressif corrompu'", rapporte Kommersant.

L'initiative est venue d'un groupe bipartisan de sénateurs, les républicains John McCain, Lindsey Graham et Mike DeWine, ainsi que les démocrates Joseph Biden et Patrick Leahy. Il est question d'une facture de 23 millions de dollars, pour la période de janvier 2003 à mars 2005, qui aurait dû être réglée dans le cadre du vote d'une loi sur la défense. La décision du sénat survient 2 jours après que l'Union européenne a imposé des sanctions à l'Ouzbékistan.

Selon Kommersant, "le sénateur McCain a déclaré que ce qui ne plaisait pas au Sénat américain dans la politique actuelle de Tachkent ne réside pas seulement dans les événements d'Andijan [massacre de civils sous prétexte de lutte contre le terrorisme], pour lesquels les autorités ouzbèkes ont fait obstacle à une enquête internationale indépendante. D'après ce sénateur, en donnant l'ordre aux soldats américains de quitter la base aérienne, le président Islam Karimov a rompu sa coopération avec les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et instauré une propagande antiaméricaine. De telles choses ne sont pas excusables."

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Message par jerome » 11 oct. 2005, 17:34

MadMax a écrit :ASIE CENTRALE - Washington refuse de régler sa facture à l'Ouzbékistan

Le Sénat américain a voté, mercredi 5 octobre 2005, un amendement interdisant aux Etats-Unis de régler leur dette envers l'Ouzbékistan pour l'utilisation de la base militaire aérienne de karshi-khanabad, ...
Mais c'est pas con ça!!! Et si on votait une loie interdisant de payer les importations Américaines sous prétexte qu'ils massacrent des innocents en Irak, sans autorisation de l'ONU :-D :-D

Ce qui est quand même sous-entendu dans la dernière phrase c'est quand même que les USA se moque du massacre des civils Ouzbèques, mais ne supportent pas qu'on leur supprime une de leur base au pays du pétrole. Très cynique....
Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé,
Alors seulement vous vous apercevrez que l'argent ne se mange pas
-- un Indien Cree

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Message par MadMax » 11 oct. 2005, 17:51

Et après ils s'étonnent qu'une bonne partie de la planète les déteste :smt017

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Message par lionstone » 13 oct. 2005, 13:14

Un plan pour connecter les gazoducs d'Amérique du Sud
Energie Une étude de la compagnie brésilienne Petrobras démontre que l'intégration des réseaux de gaz naturel du sous-continent serait financièrement très rentable.


Lamia Oualalou
[13 octobre 2005]

LES DIFFICULTÉS chroniques du Mercosur, le marché commun sud-américain ont fini par suggérer que l'intégration du continent n'était qu'un délire pour doux rêveurs héritiers du leader indépendantiste Simon Bolivar. Mais avec un baril de pétrole durablement accroché au-dessus des 60 dollars, les projets les plus pharaoniques deviennent réalistes. «L'Amérique du Sud est une des régions les plus riches au monde en eau, en aliments, mais surtout en énergie», insiste Marco Aurelio Garcia, conseiller du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour les questions internationales.

Le Venezuela est non seulement l'un des principaux exportateurs de pétrole au monde – et un fournisseur stratégique des Etats-Unis – il abrite aussi le plus important gisement de gaz d'Amérique latine. Le Brésil, pratiquement autosuffisant en pétrole, est l'un des champions des énergies renouvelables, et vend au monde entier sa technologie de l'éthanol.

Potentiel exceptionnel

L'Argentine, autre pays pétrolier, est toutefois régulièrement aux prises avec une crise énergétique, contrainte d'acheter du gaz à la Bolivie. Quant à cette dernière, elle n'en finit pas de se déchirer sur l'utilisation de son gaz, refusant par exemple de construire un gazoduc vers le Chili pour cause de conflit frontalier historique. Bref, l'Amérique du Sud dispose d'un potentiel exceptionnel, mais sa répartition et la faiblesse des infrastructures de transport sont des obstacles redoutables.


C'est dans ce contexte que Pétrobras, la compagnie nationale brésilienne, a demandé à ses services de plancher sur la faisabilité d'une intégration des réseaux de gaz naturel, l'énergie du futur. Cette étude, que Le Figaro s'est procurée, démontre qu'un maillage de gazoducs comparable à celui qui existe en Europe coûterait environ 15 milliards de dollars. Une somme importante, pas démesurée pour une entreprise qui associerait les confortables capitaux de la vénézuélienne PDVSA et de Petrobras, surtout si d'autres groupes français, espagnols et américains installés dans la région participaient à cet investissement, avec une implication de l'Argentine et de la Bolivie. «Mais un tel projet dépend d'abord de la volonté politique des Etats», insiste Ildo Luis Sauer, directeur de la branche gaz et énergie de Petrobras. La balle est donc dans le camp de Luiz Inacio Lula da Silva, et de son homologue vénézuélien Hugo Chavez.

Pour le Brésil, la construction d'un réseau de gazoduc des plaines gazières du Venezuela jusqu'à Buenos Aires permettrait de dynamiser l'activité économique dans des Etats pauvres comme le Para ou l'Amazonie, riches en ressources minières (fer, bauxite, manganèse et cuivre) mais dont l'exploitation est rendue impossible par la pénurie énergétique. Même constat pour le Venezuela : le gazoduc qu'imagine Petrobras «arroserait» la région Grand Sabana dans l'Etat de Guayana, pauvre en énergie mais riche en magnésium, diamant, phosphate, sel et autres minerais. L'Argentine, le Chili et l'Uruguay se mettraient durablement à l'abri de crises énergétiques annoncées, étant donnée la forte reprise de leur économie. Surtout, pour l'ensemble de la région, le gaz, coût de transport compris, reviendrait beaucoup moins cher que le pétrole, en fait «l'équivalent d'un baril de pétrole à 20 dollars», précise Sauer. En se substituant à l'or noir dans certaines activités, il permettrait à l'Amérique du Sud d'économiser l'équivalent d'un million de barils par jour. «Cela permettrait au Brésil soit de devenir exportateur de pétrole et d'augmenter encore son solde commercial, soit de constituer des réserves stratégiques dans la perspective de pénuries futures», conclut Sauer.
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Message par MadMax » 02 nov. 2005, 11:14

L'élaboration d'un nouveau projet d'accord avec les Etats-Unis sur l'utilisation de l'aéroport de Manas

09:41 | 02/ 11/ 2005

BICHKEK, 2 novembre - Les autorités kirghizes élaborent un nouveau projet d'accord sur l'utilisation de l'aéroport kirghize de Manas par les militaires américains, a fait savoir mercredi, lors d'une conférence de presse, le président de la république Kourmanbek Bakiev.

Selon lui, le nouveau projet d'accord qui est en voie d'élaboration reviendra cher aux Etats-Unis.

"Ils (les Américains) devront payer aux prix mondiaux pour chaque mètre de terre utilisée", a-t-il précisé.
Demandez des avances avant que les USA ne fassent faillite ! :-D

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Message par MadMax » 02 nov. 2005, 11:18

Mon pays n'entend pas accueillir des bases militaires américaines sur son territoire - Ramiz Rizaïev

12:51 | 02/ 11/ 2005

MOSCOU, 2 novembre - RIA Novosti, Andreï Malychkine. Au cours d'un entretien avec RIA Novosti l'ambassadeur d'Azerbaïdjan en Russie, Ramiz Rizaïev, a déclaré que son pays n'entendait pas accueillir des bases militaires américaines sur son territoire.

"Le président azerbaïdjanais a déclaré à plusieurs reprises que sur le territoire de la république il n'y a pas et il n'y aura pas de bases militaires et de troupes d'autres Etats, c'est là un aspect fondamental de la politique qui avait été tracée par le leader national de l'Azerbaïdjan, Gueïdar Aliev, a souligné le diplomate.

En ce qui concerne les plans d'implantation de radars américains en territoire azerbaïdjanais, selon Ramiz Rizaïev "ils sont liés à la nécessité de protéger les frontières du pays ainsi que son infrastructure énergétique".

"On sait que dans le cadre du "projet du siècle" l'Azerbaïdjan et des sociétés occidentales exploitent en mer Caspienne des gisements de pétrole d'une valeur de 4 milliards de dollars. Les intérêts des principaux pays du monde sont impliqués dans ce projet d'envergure. L'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan est entré en service cette année et en 2006 on devrait achever la pose du pipeline Bakou-Tbilissi-Erzeroum. Bien entendu, les Etats-Unis et les autres pays participant à ces projets veillent à ce que leur réalisation se fasse dans les meilleures conditions, c'est pourquoi l'aide qu'ils accordent à l'Azerbaïdjan est des plus logiques. A propos, les radars en question deviendront la propriété de l'Azerbaïdjan", a dit l'ambassadeur en ajoutant qu'il fallait se féliciter que la Russie et l'Iran, pays limitrophes de l'Azerbaïdjan, se montraient compréhensifs à l'égard de cette question.

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Message par fabinoo » 02 nov. 2005, 12:53

On sait que dans le cadre du "projet du siècle" l'Azerbaïdjan et des sociétés occidentales exploitent en mer Caspienne des gisements de pétrole d'une valeur de 4 milliards de dollars.
Mettons le baril à 50$ pour être gentil.
4 milliards de $, ça ferait alors 80 millions de barils.
Soit UN jour de consommation mondiale.
C'est effectivement le projet du siècle.

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Message par Roland » 02 nov. 2005, 13:50

Non, c'est plus que ça. 4 milliards, ça doit être la valeur des installations pétrolières... Rien que les recherches sismiques ont coûté plus de 300 millions de dollars...
http://www.offshore-technology.com/projects/kashagan/

Par contre, c'est du brut très lourd et plein de soufre (>15%), donc dégueu. Si je me souviens bien, ils estimaient en avoir pour 200 milliards de barils, révisé à 30 ou 40 dont pas la moitié récupérable.

fabinoo

Message par fabinoo » 05 nov. 2005, 12:00

Ok, mais une fois de plus, le journaliste a écrit n'importe quoi.

Relisez vos vieux PLPL !
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Message par Tiennel » 05 déc. 2005, 00:47

Image
Un petit graphe intéressant, toujours basé sur les données de BP qui ont le mérite d'être disponibles directement au format Excel.
On notera :
  • la catastrophe qu'a été le second choc pétrolier pour le Moyen-Orient, et pour l'Arabie Saoudite en particulier. Sans la guerre Iran-Irak, le Moyen-Orient aurait "piqué" sans doute 10 ans plus tôt. Si on revient à aujourd'hui, l'hypothèse d'un pic prochain, dans les 3-5 ans, du Moyen-Orient est graphiquement validable
  • le plateau impressionnant qu'arrive à maintenir les USA en poussant ses voisins mexicains et canadiens à fournir coûte que coûte ; dans une moindre mesure, l'Amérique du Sud elle aussi semble au taquet (Brésil et Venezuela font tout ce qu'ils peuvent)
  • la courbe caractéristique de Hubbert pour l'Asie, avec la Chine et l'Indonésie qui "piquent" en même temps
  • l'Afrique (Nigeria, Lybie et Algérie) et l'Eurasie (Russie et Kazakhstan) semblent en avoir encore sous le pied

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Message par lionstone » 05 déc. 2005, 10:01

Personnellement ce n’est pas la production brut mondiale qui m’intéresse, mais la capacité mondiale pour des producteurs de mettre du pétrole sur le marché. Quelle importance que la Russie produise plus, si elle exporte moins comme elle prétend le faire, par exemple.
Il serait d’ailleurs extrêmement intéressant d’avoir des chiffres sur le volume de produits exportables dans le monde.
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Message par Tiennel » 05 déc. 2005, 22:16

Image

Le Moyen-Orient exporte quasiment autant que juste avant le premier choc pétrolier. L'Afrique est la deuxième région exportatrice ; l'Amérique Latine renoue timidement depuis quelques années après une longue période d'autoconsommation.
Amérique du Nord et Asie (dont Japon) consomment de plus en plus, tandis que l'Europe+Russie réduit continuellement sa demande nette depuis 1975
En fait (mais ce n'est pas si simple dans le réel), l'Europe+Russie pourrait se contenter des maigres exportations sud-américaines. USA, Japon, Corée, Chine et Inde aspirent l'essentiel du pétrole du Moyen-Orient et de l'Afrique
Spassiba Vladimir

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Le Kremlin mise sur la coopération tripartite Russie-Inde-Ch

Message par alan » 06 déc. 2005, 16:51

Le Kremlin mise sur la coopération tripartite Russie-Inde-Chine
06/12/2005 09:59 http://fr.rian.ru/russia/20051206/42326034.html
MOSCOU, 6 décembre - RIA Novosti.

Le Kremlin attache une importance toute particulière à la coopération tripartite de la Russie, de l'Inde et de la Chine.

"L'établissement d'une coopération entre la Russie, l'Inde et la Chine dans un format n'étant pas celui d'un bloc, reposant sur des priorités communes en politique étrangère et l'utilisation des potentialités de la coopération tripartite pour oeuvrer au développement social et économique de chacun de nos pays revêt une importance particulière",
a déclaré à RIA Novosti une source au Kremlin la veille des entretiens qui auront lieu à Moscou entre le président russe, Vladimir Poutine, et le premier ministre indien, Manmohan Singh.

Selon l'interlocuteur de l'agence, les rencontres entre les ministres des Affaires étrangères des trois pays tenues à Vladivostok et à New York ont contribué à la réalisation d'actions conjointes visant le règlement de problèmes internationaux d'actualité.

"Un Forum d'affaires tripartite est programmé en Inde pour le mois de mars 2006", a annoncé la source au Kremlin.
Dans l'ensemble la visite à Moscou du premier ministre indien sera marquée par un échange d'opinions sur un registre étendu de problèmes internationaux et régionaux.

"La coïncidence des intérêts stratégiques à long terme et la proximité des priorités des deux pays sur la scène internationale prédéterminent l'attachement commun de Moscou et de New Delhi aux principes d'un ordre mondial multipolaire et juste, l'ONU jouant ici le rôle central, de la riposte conjointe aux défis et dangers modernes",
a indiqué la source en soulignant que la Russie et l'Inde étaient l'une et l'autre conscientes de la nécessité de développer la dialogue et de renforcer la coopération en vue d'assurer la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité dans la région Asie-Pacifique et qu'elle entendaient pour ce faire collaborer étroitement aux niveaux bilatéral et multilatéral avec les autres Etats et forums régionaux.
L'interlocuteur de l'agence a mis l'accent sur les nouvelles possibilités qui s'offraient pour une coopération politique constructive avec New Delhi depuis que l'Inde a été admise, au mois de juillet dernier, à l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en qualité d'observateur.
Le représentant du Kremlin a ajouté que Moscou se félicitait de l'évolution du dialogue indo-pakistanais, ainsi que de la volonté exprimée par New Delhi et Islamabad de conférer un caractère irréversible au processus de paix.
La source au Kremlin a indiqué que la lutte contre le terrorisme international était un volet de la coopération étroite de la Russie et de l'Inde.
"L'Inde a soutenu le projet russe de Convention internationale sur la lutte contre les actes de terrorisme nucléaire, qui sur l'initiative de la Russie a été adoptée par l'ONU au mois d'avril de cette année. De son côté, à l'ONU la Russie appuie le projet indien de Convention globale sur la lutte contre le terrorisme international", a rappelé la source.
.

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Message par Tiennel » 07 déc. 2005, 21:14

Un petit graphe intéressant fait à partir des données BP :
Image
En rouge les régions importatrices nettes, en bleu les exportateurs nets.

On constate que les USA ont su remarquablement diversifier leurs sources : leurs 2 zones d'approvisionnement principales sont le Moyen-Orient et l'Amérique Latine (20% des importations chacun) ; compte tenu de leur production domestique, cela veut dire que les USA ne perdraient qu'environ 15% de leur besoins si l'une de ces deux régions coupaient brutalement le robinet.

On est beaucoup moins équilibré en Europe, vu que la Russie nous fournit près de la moitié de nos besoins pétroliers.

Mais il y a pire que nous : toute l'Asie, Chine exceptée, est dépendante à près de 80% du pétrole du Moyen-Orient. La Chine, plus maline, n'en dépend qu'à hauteur d'un tiers de ses besoins. On voit également sur ce graphe, fondé sur des données récentes (2004), que la Chine joue encore pour l'instant un rôle secondaire dans les grands mouvements pétroliers : le reste de l'Asie (dont Japon, Corée du Sud, Australie) importe près de 5 fois plus de pétrole que la Chine. La désigner comme facteur principal de tension sur les prix est peut-être exagéré, sinon diffamatoire

Si les flux restent stables sur le long terme (ce qui n'est pas impossible car l'essentiel de ces flux résultent d'accords pluri-annuels entre Etats), on pourrait penser que l'Asie suffoquera dès que Ghawar aura entamé significativement sa déplétion, sauf si la Russie abandonne l'Ouest au profit de l'Est (cf déclaration de Loukoil d'il y a quelques jours), auquel cas sinon c'est en Europe que les choses graves vont commencer
Dernière modification par Tiennel le 07 déc. 2005, 23:25, modifié 1 fois.

Rafa
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Message par Rafa » 07 déc. 2005, 22:33

Tiennel a écrit : Si les flux restent stables sur le long terme (ce qui n'est pas impossible car l'essentiel de ces flux résultent d'accords pluri-annuels entre Etats), on pourrait penser que l'Asie suffoquera dès que Ghawar aura entamé significativement sa déplétion, sauf si la Russie abandonne l'Ouest au profit de l'Est (cf déclaration de Loukoil d'il y a quelques jours), auquel cas sinon c'est en Europe que les choses graves vont commencer
Excellente analyse.

Il est dès lors ahurissant, compte tenu que notre dependra quasi exclusivement du bon vouloir des russes, d'avoir la position que nous avons, de favoriser les Etats-Unis contre la Russie, de participer ou fermer les yeux devant les manoeuvres des Etats-Unis en Ukraine, dans la Baltique, dans les Balkans, de permettre l'arrivée d'encore plus de bases US en Europe, d'élargir l'OTAN,... tout cela est suicidaire.

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