Soudan (Nord et Sud)

Impact de la déplétion sur la géopolitique présente, passée et à venir.

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phylippe
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Soudan (Nord et Sud)

Message par phylippe » 01 août 2005, 15:30

Le Figaro.fr
De violentes émeutes ont éclaté aujourd'hui à Khartoum à la suite de l'annonce de la mort du chef sudiste John Garang dans un accident d'hélicoptère, selon un correspondant de l'AFP, alors que des témoins faisaient état de victimes.

Des milliers de Sudistes portant des armes blanches et des armes à feu sont immédiatement descendus dans les rues de la capitale, aussitôt confirmée l'annonce du décès de John Garang, le leader de la lutte sudiste depuis plus de vingt ans.

Selon un diplomate européen, joint par téléphone depuis Le Caire, «des incidents très graves se déroulent actuellement à Khartoum avec des rafales de kalachnikov et des voitures en feu».
Cela n'aurait-il pas un rapport avec le pétrole, me suis-je dis en bon "Peak-Oiliste" convaincu. Qui a dit parano? :-D

Et j'ai trouvé cet article.
Soudan : les rivalités impérialistes derrière la « crise du Darfour »

Et bingo!
En fait, les considérations « humanitaires » de Bush et de Blair - qui n’ont jamais hésité, comme en Irak, à infliger la souffrance et la mort pour défendre les intérêts de leurs classes capitalistes respectives - ne sont qu’un prétexte au service d’un impérialisme avide de profits et le pétrole. L’impérialisme américain, en particulier, cherche à se servir des souffrances de la population du Darfour dans le but d’obtenir un embargo commercial contre le Soudan, et ce afin de porter atteinte à l’exploitation du pétrole soudanais par ses principaux rivaux. La menace de l’embargo est essentiellement dirigée contre la Chine, la France, l’Inde et la Malaisie, qui ont tous des intérêts pétroliers au Soudan. Cette menace est aussi un moyen d’augmenter la pression sur le gouvernement soudanais et de renforcer les positions militaires et stratégiques des Etats-Unis dans cette partie du monde. Au nord-est du Soudan se trouvent la Mer Rouge et les terminaux pétroliers hautement stratégiques de la côte Ouest de l’Arabie Saoudite.
Mais encore.
La lutte pour le contrôle du pétrole soudanais

En 1980, la France a acquis des droits d’exploration et d’exploitation des ressources pétrolières dans le secteur nommé « Bloc B » (actuellement le « Bloc 5 »), qui couvre une surface de 120 000 kilomètres carrés s’étendant du nord au sud du pays entre Malakal et Bor, et vers l’Est en direction de la frontière éthiopienne. Des sondages sismiques effectués par des ingénieurs français ont révélé que le bloc possède un potentiel considérable pour la production de pétrole. Actuellement, le Soudan détient les plus vastes ressources de pétrole inexploitées d’Afrique, plus vastes même que celles du Golfe de Guinée. Les exportations de pétrole représentent désormais 70% du PIB du Soudan. Cependant, en 1985, la France fut contrainte de suspendre ses activités dans cette zone en raison de la guerre qui faisait rage entre les forces armées soudanaises et l’Armée de Libération du Peuple Soudanais (APLS). Depuis longtemps, l’impérialisme français est le principal soutien occidental du régime soudanais, lui fournissant armes, chars, avions et renseignements militaires dans sa guerre contre les forces rebelles du Sud.
Les Américains aussi.
L’exploration pétrolière au Soudan a commencé au début des années 1960, mais les exportations de pétrole n’ont commencé qu’en 1993. Le groupe américain Chevron s’est retiré du Soudan en 1985, après y avoir investi 1,5 milliards de dollars. Chevron avait découvert du pétrole sur plusieurs sites, mais en trop petite quantité pour justifier le maintien de ses installations dans une zone de guerre. Les compagnies américaines ont quitté le Soudan avant que le véritable potentiel pétrolier du pays ne soit connu. En 1997, des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis ont rendu illégaux les investissements américains au Soudan. Depuis, la production de pétrole soudanais a atteint 500 000 barils par jour, contre 270 000 en 2003, et pourrait bien atteindre 750 000 barils par jour en 2006. Au demeurant, les profits pétroliers reviennent aux rivaux des Etats-Unis, et en particulier à la Chine.
Tiens donc, la CHINE?
L’émergence de la Chine comme puissance majeure sur l’arène mondiale pose un problème direct aux intérêts des impérialismes occidentaux et à l’impérialisme américain en particulier. En 2003, les importations du pétrole en Chine ont augmenté de 40% par rapport à l’année précédente. A l’heure actuelle, la Chine travaille sur environ 50 projets pétroliers et pétrochimiques majeurs au niveau international. La Chine a besoin de sécuriser ses propres ressources pétrolières. Ce besoin vital ne peut être assouvi qu’en s’attaquant à la position dominante des Etats-Unis.

Le pétrole soudanais représente 6% du total des importations chinoises de pétrole. Ce pourcentage est destiné à augmenter très rapidement, compte tenu des investissements massifs de la Chine dans l’industrie pétrolière soudanaise depuis 1990. La compagnie pétrolière nationale chinoise, la China National Petroleum Corporation (CNPC), possède 40% des actions de la Greater Nile Petroleum Operating Company (GNPOC), qui elle-même contrôle deux des plus importants gisements pétroliers dans le Haut Nil occidental, au Soudan. Vers la mi-2005, la CNPC commencera la production de pétrole dans le bassin de Melut, à l’Est du Nil. D’autres compagnies chinoises sont également impliquées dans la construction d’un pipeline long de 1400 kilomètres reliant le bassin de Melut à Port Soudan, où la Chine construit un terminal pétrolier pour l’exportation. La Chine est devenue le plus important partenaire commercial du Soudan. Il est significatif que les concessions pétrolières, dans la région du Darfour, soient toutes détenues par la CNPC.

Géographiquement, le Soudan occupe une position stratégique importante. La Chine est en train de consolider ses positions au Soudan, qui pourront alors servir de plateforme pour le commerce et le transport du pétrole entre l’Afrique Centrale, le Moyen-Orient et la Chine elle-même. Cette situation est inacceptable pour Washington, qui envisagerait même de diviser le Soudan en deux, voir en plusieurs entités séparées si cela devait s’avérer être le seul moyen d’assurer son accès aux champs pétroliers. Parmi les différents groupes qui composent les milices du sud, l’administration américaine a particulièrement favorisé ceux qui revendiquent la sécession. Un certain nombre de « missions Chrétiennes », bénéficiant d’importants soutiens financiers aux Etats-Unis, s’efforcent depuis plusieurs années d’alimenter la haine raciale contre les « Arabes ». Mais la politique de l’administration américaine ne se laisse pas influencer par des considérations religieuses. Non seulement le gouvernement américain a fourni entraînement militaire, armes et argent à l’APLS, mais il a aussi accordé son soutien au « Mouvement pour la Justice et l’Egalité » (JEM) basé au Darfour. Le JEM est lié au fondamentaliste Al Tourabi, qui a aidé Al Bachir a accéder au pouvoir en 1989. Al Tourabi fut évincé par Al Bachir en 2000, et signa un accord avec le APLS en 2001. Il est actuellement détenu par les autorités à Khartoum.


Et les Européens ne sont pas en reste. Enfin, certains Européens. On s'étonnera après que l'Europe est au point mort...
Les termes de « l’accord de paix »

Sous la pression de Washington, un accord sur la guerre dans le sud a finalement été signé début 2004, sur la base du « Protocole de Machakos ». Il prévoit une division des ressources pétrolières entre le gouvernement de Khartoum et une « administration autonome » dans le sud, avec la promesse d’un référendum sur l’indépendance du sud après une période de transition de six ans. Si cet accord était appliqué, cela signifierait que le sud « autonome », bien que nominalement sous l’autorité de l’aile politique de l’APLS, deviendrait en fait un Etat pétrolier satellite de l’impérialisme américain. Ce marché signifie effectivement la marginalisation de la France et la mainmise des compagnies américaines sur une majeure partie des réserves de pétrole connues. Cependant, les stratèges américains ne se contentent pas de cela, et font pression désormais pour acquérir toujours plus de contrôle territorial, notamment sur les trois provinces du centre du Soudan.

Seul le contrôle total du Soudan peut satisfaire les appétits des corporations pétrolières et des stratèges militaires américains. Leur véritable but est d’obtenir un « changement de régime ». Par le moyen de harcèlements politiques et économiques et en apportant son soutien à tout groupe armé prêt à combattre le gouvernement de Khartoum, l’impérialisme américain espère déstabiliser et finalement renverser le régime actuel. L’installation d’un régime au service des intérêts américains ouvrirait les vastes réserves pétrolières du Soudan aux compagnies américaines, au détriment de leurs rivaux. L’Angleterre, la Norvège et l’Italie soutiennent la stratégie américaine, dans l’espoir de se voir attribuer une part du butin à un stade ultérieur. Tony Blair a déclaré qu’il était prêt à envoyer 5 000 hommes au Soudan. Bien sur, tout cela est officiellement dans l’intérêt de « l’aide humanitaire » et du « maintient de la paix ». Il en est toujours ainsi lorsqu que des grands pouvoirs se préparent au pillage et à la guerre !


L’Angleterre, la Norvège et l’Italie avec les Etats-Unis. France et Chine (Mais pas ensemble) de l'autre côté. Qui à tué John Garang? Surement pas le Colonel Moutarde avec le chandelier. Plus probablement la Chine pour mettre des batons dans les roues des Americains. Ce qui ne va pas leurs plaire. Pauvre Soudanais. Tant de souffrance et de mort pour faire rouler un 4X4...

L'article est long, mais je vous en conseille la lecture. Il est très informatif.

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Message par mehdiclean » 21 déc. 2005, 11:37

http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=2842
POLITIQUE-SOUDAN :
Le secteur pétrolier se révèle être un problèmedifficile à résoudre

Noel King

KHARTOUM, 22 oct (IPS) - Farouq Kam, ingénieur géologue, estime que la guerre civile de 21 ans au Soudan n'a pas réellement pris fin en janvier quand le gouvernement islamique du pays a signé un accord de paix avec des rebelles du sud chrétien et animiste. Elle a juste pris une coloration beaucoup plus subtile.

''La guerre n'est pas finie...Elle ne va plus nécessairement être menée dans la brousse du Sud-Soudan. Mais une autre guerre vient juste de commencer, avec d'autres instruments. Et ça, c'est la guerre des ruses'', a-t-il déclaré à IPS. Au cœur de ce conflit, se trouvent les ressources pétrolières convoitées du Soudan.

L'accord de paix de janvier stipule que la richesse pétrolière doit être partagée par les autorités gouvernementales et les anciens rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) du sud. Cette région jouira maintenant d'une autonomie sous la direction d'un gouvernement régional; les rebelles font également partie d'un gouvernement national de transition.

Toutefois, le contrôle du ministère clé de l'Energie et des Mines, qui traite de la production et des recettes pétrolières, a été attribué au 'National Congress Party' (NCP) du président Omar Hassan Ahmad el-Béchir.. Cette décision a mis hors d'eux bon nombre de gens au Sud-Soudan, où la plupart des ressources pétrolières se trouvent; ils ont perçu la mesure comme un signe avant-coureur du fait qu'on leur refusera leur part des revenus pétroliers.

Kam, qui est originaire de l'Etat sudiste producteur de pétrole - Bentiu - est un membre du groupe ethnique Nuer -- qui a publié un communiqué de presse récemment pour faire connaître au public ses inquiétudes au sujet de la répartition des revenus pétroliers. Aux termes de l'accord de paix, le gouvernement régional dans le sud recevra 50 % des recettes pétrolières, le gouvernement central 48 % -- et les régions productrices de pétrole les 2 % restants.

Certains disent que la décision de renoncer au contrôle du ministère de l'Energie était motivée par le désir du leader du SPLM et nouveau vice-président nouvellement nommé, Salva Kiir Mayardit, d'obtenir que le gouvernement intérimaire soit opérationnel. L'administration a été investie vers la fin du mois dernier, après des retards provoqués par des désaccords sur le groupe qui devrait diriger des ministères critiques comme le portefeuille de l'Energie.

''C'est réellement une preuve de bonne foi'', affirme Abendego Akok, chef du 'Juba University Centre of Peace and Justice Studies' (Centre d'études sur la paix et la justice de l'Université de Juba), basé dans la capitale -- Khartoum. ''Le gouvernement a été formé. Nous regardons maintenant vers l'avenir''.

Mais même les plus optimistes reconnaissent que le secret entourant l'industrie pétrolière est problématique. Les chiffres sur la production pétrolière ne sont pas divulgués.

''Ce n'est pas transparent, ainsi ils font ce qu'ils veulent. Ils ne font pas ce que les populations veulent'', déclare Edriss Yousif Ahmad, un ancien député qui est actuellement vice-président d'un groupe d'activistes dans la province du Darfour, déchirée par la guerre -- dans l'ouest du Soudan.

Akok est de cet avis.

''Aucun universitaire au Soudan ne vous dira qu'il a lu quelque chose sur le pétrole, les recettes pétrolières, comment les contrats sont signés, là où il est vendu'', a-t-il dit à IPS. ''Nous ignorons tout des structures du ministère du Pétrole. Si vous croyez que vous le savez, c'est un gros mensonge''.

Kam allègue que les populations du Sud-Soudan peuvent également trouver d'autres aspects du secteur pétrolier difficiles à saisir, comme elles ont été laissées en dehors de l'industrie.

''Nous n'avons jamais été représentés par rapport aux compagnies pétrolières. Nous n'avons pas d'employés au sein des effectifs (main-d'œuvre). Nos populations ne sont pas autorisées à travailler, même en tant qu'ouvriers -- sans parler du (personnel) qualifié'', affirme-t-il.

Akok ajoute : ''La plupart des champs pétrolifères sont dans les régions affectées par la guerre, donc elles sont sous le contrôle de l'armée soudanaise. Alors, l'accès aux champs pétrolifères n'est pas facile parce qu'ils sont considérés comme des...zones militaires''.

L'accord de paix du Soudan prévoit la création de commissions bipartites qui agiront en tant qu'organes de contrôle pour empêcher la corruption au sein du gouvernement.

Mais de telles commissions ne peuvent pas être créées tant que la formation d'une autorité régionale dans le sud ne sera pas complète. Par ailleurs, les membres de la commission ne seront pas élus mais nommés, par Mayardit et el-Béchir. La nature non démocratique de ce processus a jeté un doute sur la légitimité des commissions.

Selon Ahmad, le développement d'autorités régionales fortes offre le meilleur espoir de garantie d'un fair-play au sein de l'industrie pétrolière.

''Nous devons former des gouvernements régionaux forts contre un gouvernement central faible'', a-t-il indiqué à IPS. ''A l'heure actuelle, nous avons un gouvernement central fort et des gouvernements régionaux faibles. C'est un problème''.

La situation sera d'autant plus tendue qu'après la fin de la période intérimaire de six ans, les populations du Sud-Soudan voteront pour dire si elles veulent restées unies au gouvernement du Soudan -- ou faire sécession pour former leur propre nation, une démarche qui devrait résolument placer les ressources pétrolières du sud hors de la portée de Khartoum.

Le nouveau gouvernement du Soudan est confronté à plusieurs autres défis. Des milices sudistes, qui ne s'étaient pas alignées sur le SPLM, parcourent toujours la région, tandis qu'au Darfour, le gouvernement est accusé d'avoir commis des violations humanitaires contre ses propres populations et d'avoir soutenu des milices brutales pour mater la rébellion. Quelque 200.000 personnes ont perdu la vie dans le conflit du Darfour.

Plus de deux millions de personnes sont mortes au cours de la guerre dans le sud, qui s'est lancé dans une guerre civile pour empêcher la domination religieuse, ainsi que la marginalisation ethnique et économique, par le nord. (FIN/2005)
ce qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité... c'est qu'on la trouve !

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Message par epe » 15 oct. 2006, 10:11

Encore et toujours le conflit Chine/USA

http://www.leblogfinance.com/2006/10/pt ... vrita.html

Pétrole : le véritable enjeu de Bush au Soudan

En 1997, la Maison Blanche invoquait le soutien de Khartoum au terrorisme international, les efforts de déstabilisation des gouvernements voisins et les violations des droits de l'Homme. Washington se focalise désormais sur le Darfour où, selon l'ONU, la guerre civile aurait fait au moins 200.000 morts depuis février 2003.

En 2004, l’odeur du pétrole plane déjà au-dessus du Darfour. Après bien des hésitations, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une résolution le 30 juillet 2004 pour permettre aux ONG humanitaires d’intervenir en toute sécurité et pour commencer une enquête sur le génocide en cours (seule la Chine s’est abstenue, et pour cause ...)

Mais, il s’agit bien d’une guerre pour le contrôle du pétrole et la construction d’oléoducs est au coeur de ces enjeux. C’est le cas de l’ouverture de l’oléoduc Tchad – Cameroun . Ce pipeline doit passer par le Darfour et entre dans la logique d’éviter les zones à risques et arabes en particulier.

Alors que la Chine est en train de consolider ses positions au Soudan, la situation est jugée inacceptable pour Washington, qui envisagerait même selon certains de diviser le Soudan en deux, voire en plusieurs entités séparées si cela devait s'avérer être le seul moyen d'assurer son accès aux champs pétroliers. Parmi les différents groupes qui composent les milices du sud, l'administration américaine a particulièrement favorisé ceux qui revendiquent la sécession.

Un certain nombre de "missions Chrétiennes", bénéficiant d'importants soutiens financiers aux Etats-Unis, s'efforcent depuis plusieurs années d'alimenter la haine raciale contre les "Arabes".

Les Etats-Unis font pression désormais pour acquérir toujours plus de contrôle territorial, notamment sur les 3 provinces du centre du Soudan. Par le moyen de harcèlements politiques et économiques et en apportant son soutien à tout groupe armé près à combattre le gouvernement de Khartoum, les USA espèrent déstabiliser et finalement renverser le régime actuel. L'installation d'un gouvernement au service des intérêts américains ouvrirait les vastes réserves pétrolières du Soudan aux compagnies US, au détriment de leurs rivaux.

Des forages pétroliers ont débuté au Darfour où des études préliminaires ont montré que le sous-sol recelait d'importantes réserves de pétrole, a fait savoir un porte-parole du ministère soudanais de l'Energie mi-Avril 2005.

Le Soudan espère atteindre un montant d'exportations de pétrole autour de 2 millions de barils par jour en 2008. Soit un mort par baril ...

Le pétrole soudanais représentait en 2003 d'ores et déjà 6% du total des importations chinoises de pétrole. Ce pourcentage est destiné à augmenter très rapidement, compte tenu des investissements massifs de la Chine dans l’industrie pétrolière soudanaise depuis 1990.

La Chine est donc ainsi devenue le plus important partenaire commercial du Soudan. Il est significatif de constater qu'en 2003, les concessions pétrolières, dans la région du Darfour étaient toutes détenues par la CNPC.
-Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que de risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.
Les Shadoks

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Message par energy_isere » 11 déc. 2007, 13:27

Des rebelles du Darfour disent avoir attaqué un site pétrolier chinois

Un important groupe rebelle du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'églité (JEM), a affirmé avoir attaqué mardi un gisement pétrolier exploité par une firme chinoise, à l'est du Darfour, dans le centre du Soudan, pour forcer les société chinoises à quitter le pays.

"Nous avons attaqué ce matin à 06H00 (03H00 GMT) le gisement pétrolier de Rahaw (sud du Kordofan) et pris contrôle de l'installation", a indiqué un commandant du JEM, Abdel Aziz Nur al-Asher, joint par téléphone par l'AFP.

"Le site de Rahaw est situé au nord-ouest de celui de Hajlil, que nous avions attaqué le 23 octobre et la nouvelle attaque vient confirmer notre intention de dire aux compagnies chinoises de quitter le pays", a-t-il dit.

Pékin, premier client du pétrole soudanais, a été accusé d'empêcher le vote de sanctions internationales contre le gouvernement soudanais dans le conflit du Darfour.

Le JEM avait également menacé le mois dernier d'attaquer des Casques bleus chinois arrivés au Darfour pour préparer le déploiement d'une force ONU-Union africaine dans cette région de l'ouest du Soudan en guerre civile.

"Aucun civil n'a été tué ou blessé dans l'attaque dont l'horaire a été étudié pour éviter des pertes civiles", a assuré mardi le commandant Asher.

"Nous avons neutralisé la force de protection du site composée de trois bataillons et détruit les installations, ce qui a arrêté la production", a encore affirmé ce chef rebelle.

L'attaque n'avait pas été confirmée dans l'immédiat de source officielle soudanaise.

Le site attaqué est géré par la GNPOC, un consortium incluant l'ONGC indienne, le Chinois CNPC, le Malaisien Petronas et le Soudanais Sudapet, qui assure plus de la moitié des quelque 500.000 barils par jour produits au Soudan, dont la plupart sont exportés en Chine.

Selon le commandant du JEM, le site de Rahwa attaqué mardi produit 35.000 barils par jour et est géré par la compagnie chinoise Great Wall (la Grande Muraille).

Il a déploré deux morts parmi les combattants du JEM, appartenant à une unité installée dans le Kordofan.

L'attaque a fait de "nombreux morts et blessés" parmi les membres de la force de protection gouvernementale, a-t-il ajouté.

Vaste territoire situé au coeur du Soudan, le Kordofan est limitrophe du Darfour --déchiré par un conflit sanglant depuis 2003-- et de la région autonome du sud-Soudan, sortie en 2005 d'une guerre de 21 ans ayant fait près d'1,5 million de victimes.

Le JEM est un mouvement qui n'a pas participé, comme d'autres groupes rebelles du Darfour, aux négociations de paix parrainées par les Nations unies et l'Union africaine, fin octobre à Syrte en Libye.

Le conflit du Darfour et ses conséquences ont fait en près de cinq ans quelque 200.000 morts, selon des organisations internationales et 2,2 millions de déplacés. Khartoum conteste le chiffre des victimes parlant de 9.000 morts.

Boursorama^

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Message par MadMax » 11 déc. 2007, 15:49

C'est chaud dans le coin

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Re: Soudan

Message par GillesH38 » 03 mars 2009, 18:55

Une info pouvant au choix figurer dans le fil "Soudan", le fil "hydroélectricité", ou le fil "divers conflits dans le monde " ... :-D

http://www.google.com/hostednews/afp/ar ... 4WUl1uLU3A
Le Soudan a lancé en grande pompe mardi la production électrique au grand barrage de Méroé, le plus important chantier sur le Nil depuis 40 ans, son président Omar el-Béchir en profitant pour fustiger la justice internationale qui le menace.
Un géant de béton se dresse désormais à 400 kilomètres au nord de Khartoum. Ce projet controversé de plus de deux milliards de dollars, financé à l'ombre des sanctions américaines, doublera à terme la capacité électrique du pays. Il a entraîné l'inondation de villages et le déplacement de milliers de paysans.....

Ce projet pharaonique arrive à point nommé pour le président soudanais. La Cour pénale internationale (CPI) doit décider mercredi d'émetre ou non un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir, accusé de génocide, crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest soudanais en proie à une guerre civile à l'origine de 300.000 morts depuis 2003 selon l'ONU, 10.000 selon Khartoum.
- Je suis Charlie - "I do not see any harm in people making money if it leads to a lower carbon society " R.K. Pachauri, président du GIEC, interview du 6 mai 2008 à Emirates Business.

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Re: Soudan

Message par energy_isere » 03 mars 2009, 19:29

GillesH38 a écrit : ....
Le Soudan a lancé en grande pompe mardi la production électrique au grand barrage de Méroé, le plus important chantier sur le Nil depuis 40 ans, son président Omar el-Béchir en profitant pour fustiger la justice internationale qui le menace.
Un géant de béton se dresse désormais à 400 kilomètres au nord de Khartoum.
Il me reviens en mémoire un reportage TV ou les archéologues faisaient fissa pour faire encore quelques fouilles à cet endtroit avant que cela ne devienne trop tard.

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Re: Soudan

Message par Raminagrobis » 03 mars 2009, 19:49

GillesH38 a écrit :
Le Soudan a lancé en grande pompe
Ce projet pharaonique

Que de jeuxde mots brillants :roll:
Toujours moins.

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Re: Soudan

Message par GillesH38 » 05 mars 2009, 07:43

bon voilà, vous l'avez sûrement entendu ....premier mandat d'arrêt contre un chef d'état lancé par la CPI

http://tf1.lci.fr/infos/monde/afrique/0 ... four-.html

petit portrait du personnage

http://www.google.com/hostednews/afp/ar ... BCrupirJnQ

puisqu'on a pas mal parlé ces temps ci du bilan de différents conflits et de l'importance qu'ils prenaient dans les médias (hum hum...), petit bilan
Ses vingt années à la tête du Soudan ont été jalonnées de guerres civiles, au Sud jusqu'à la paix de 2005, et dans la province ouest du Darfour depuis 2003. Ce conflit a déjà fait 300.000 morts, selon l'ONU, 10.000 d'après Khartoum.....

Sous l'influence de Tourabi, Omar el-Béchir oriente le Soudan - pays de 40 millions d'habitants morcelé en une pléthore de tribus et divisé entre le nord majoritairement musulman et le sud peuplé de chrétiens et d'animistes - vers un islam radical.

Les forces populaires de défense créées dans la foulée du coup d'Etat sont déployées au sud pour combattre les "infidèles" et imposer la charia, la loi islamique, ouvrant un nouveau chapitre d'une guerre civile amorcée en 1983 et qui a fait deux millions de morts jusqu'en 2005.
si il en est à ne reconnaitre "que" 10 000 .... on peut craindre effectivement que la réalité soit bien supérieure !
- Je suis Charlie - "I do not see any harm in people making money if it leads to a lower carbon society " R.K. Pachauri, président du GIEC, interview du 6 mai 2008 à Emirates Business.

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Re: Soudan

Message par marocain » 05 mars 2009, 11:31

GillesH38 a écrit :bon voilà, vous l'avez sûrement entendu ....premier mandat d'arrêt contre un chef d'état lancé par la CPI

http://tf1.lci.fr/infos/monde/afrique/0 ... four-.html

petit portrait du personnage

http://www.google.com/hostednews/afp/ar ... BCrupirJnQ

puisqu'on a pas mal parlé ces temps ci du bilan de différents conflits et de l'importance qu'ils prenaient dans les médias (hum hum...), petit bilan
Ses vingt années à la tête du Soudan ont été jalonnées de guerres civiles, au Sud jusqu'à la paix de 2005, et dans la province ouest du Darfour depuis 2003. Ce conflit a déjà fait 300.000 morts, selon l'ONU, 10.000 d'après Khartoum.....

Sous l'influence de Tourabi, Omar el-Béchir oriente le Soudan - pays de 40 millions d'habitants morcelé en une pléthore de tribus et divisé entre le nord majoritairement musulman et le sud peuplé de chrétiens et d'animistes - vers un islam radical.

Les forces populaires de défense créées dans la foulée du coup d'Etat sont déployées au sud pour combattre les "infidèles" et imposer la charia, la loi islamique, ouvrant un nouveau chapitre d'une guerre civile amorcée en 1983 et qui a fait deux millions de morts jusqu'en 2005.
si il en est à ne reconnaitre "que" 10 000 .... on peut craindre effectivement que la réalité soit bien supérieure !
tu oublies juste de préciser qu'al tourabi fut emprisonné par ... el bechir pendant plusieurs années bien avant le conflit au darfour.
qu'al tourabi est accusé par le gouvernement soudanais de soutenir les rebelles du darfour (qui rappelons le sont une rébellion islamiste.. comme le hamas que tu détestes tant).
qu'al tourabi a été accusé par les autorités religieuses soudanaises (sous influence du gouvernement) d'apostasie et donc n'est plus considéré comme une référence religieuse du moins au niveau local.
El bachir comme tous les dictateurs africains est bien évidemment un homme détestable, cependant ce mandat d'arret n'est qu'un ingérence de plus des états occidentaux contre un pays qui leur dit "merde" et qui s'allie ouvertement avec la chine. d'ailleurs ne faudrait il pas des mandats d'arrets contre bush, blair, sharon et olmert et quid de la guerre d'algérie qui a fait bien plus de morts que la guerre au darfour.
ce genre de deux poids deux mesures va achever le peu de légitimité du CPI.

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Re: Soudan

Message par GillesH38 » 05 mars 2009, 12:08

je sais pas très bien ce que tu veux dire, finalement, Marocain. Si El Bechir est "détestable", en quoi est ce mal de lancer un mandat d'arrêt contre lui? d'accord, c'est le premier, mais justement c'est un début, c'est toujours ça ! et les grandes puissances ne paraissent pas hypercontentes, c'est plutot un bon signe non?
après, qu'il y en ait d'autres qui puissent être justiciables du même traitement, personne ne le contestera. Mais tu penses qu'il est vraiment placé loin derrière d'autres dans la liste? moi je ne le trouve pas en si mauvaise place ... selon quels critères places tu les noms que tu cites avant lui? Olmert par exemple (t'as vraiment pas pu t'en empecher ! )?
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Re: Soudan

Message par marocain » 05 mars 2009, 21:17

GillesH38 a écrit :je sais pas très bien ce que tu veux dire, finalement, Marocain. Si El Bechir est "détestable", en quoi est ce mal de lancer un mandat d'arrêt contre lui? d'accord, c'est le premier, mais justement c'est un début, c'est toujours ça ! et les grandes puissances ne paraissent pas hypercontentes, c'est plutot un bon signe non?
après, qu'il y en ait d'autres qui puissent être justiciables du même traitement, personne ne le contestera. Mais tu penses qu'il est vraiment placé loin derrière d'autres dans la liste? moi je ne le trouve pas en si mauvaise place ... selon quels critères places tu les noms que tu cites avant lui? Olmert par exemple (t'as vraiment pas pu t'en empecher ! )?
ce que je regrette c'est que le droit épouse uniquement les interets des puissances occidentales.

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Re: Soudan

Message par Raminagrobis » 26 avr. 2009, 19:17

P*ain j'aimerais bien avoir un abonnement à PIW

http://www.energyintel.com/DocumentDeta ... tion_id=31

Le titre me fait saliver
Sudan Misses Production Targets as Nile Blend Output Falters
Sudan is failing to reach its oil production targets as the decline in output from mature areas exceeds its ability to bring new field developments on stream
Si le soudan a piqué, c'est une news importante, car c'était un gros "augmenteur de production" ces dernières années.


D'ailleurs, lien, les indiens (ONGC Videsh) abandonnent leur concession sur le bloc soudanais 5B, après que 3 puits d'exploration n'aient rien donné. Ils ont dépensé 89 millions de dollars en pure perte.


En outre; lien
Despite the minister’s projections of higher production next year, output on the Greater Nile project, where the key Nile Blend grade is produced, has fallen below 250,000 bpd, well off the 325,000-bpd peak.
Ce pic date de 2005. Le déclin est donc plutôt violent : -25% en 3 ans. Il semble que les compagnies ont cherché à produire le plus vite possible, au risque d'abimer les gisements, à cause de l'incertitude géopolitique ;)
Toujours moins.

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Re: Soudan

Message par Raminagrobis » 01 juin 2009, 22:11

lien

découverte de gaz importante au sud du soudan... Dans un endroit pareil, pas évident de trouver des débouchés commerciale au gaz.
Toujours moins.

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Re: Soudan

Message par Tovi » 22 juin 2009, 17:55

1
LE DARFOUR ? C'EST UNE AFFAIRE DE PETROLE, IDIOT...
Chine et USA engagés dans une nouvelle guerre froide pour l’or noir africain
F.WILLIAM ENGDAHL

Durant la campagne électorale de 1992 aux USA, un certain William Jefferson Clinton,
alors inconnu, avait lancé au président d’alors George Herbert Bush : « C’est
l'économie, idiot ». On pourrait paraphraser aujourd’hui ce trait d’esprit. En effet, à y
regarder de plus près, les préoccupations de l’actuelle administration de Washington
sur le Darfour au Soudan méridional ne relèvent pas d’une inquiétude authentique sur
un génocide contre les peuples de la partie la plus pauvre d’entre les plus pauvres de
cette région abandonnée de l’Afrique. Non. « C’est le pétrole, idiot. »
Ce constat a une forte dimension de cynisme, si on considère que la même administration
washingtonienne n’a eu aucun scrupule face au génocide qu’elle a organisé en Irak, dans le
but de s’assurer l’accès aux énormes gisements pétroliers de ce pays. Qu’est-ce qui est
donc en jeu dans la bataille du Darfour ? Le contrôle du pétrole, des tas et des tas de
pétrole.
Le cas de Darfour, un immense territoire desséché par le soleil au sud du Soudan, illustre la
nouvelle guerre froide pour le pétrole, où l’augmentation dramatique de la demande de
pétrole de la Chine pour alimenter sa croissance explosive a amené Pékin à s'embarquer
dans une politique agressive fondée- ironiquement – sur une diplomatie du dollar. Avec ses
réserves, principalement en dollars, de plus de 1.3 billions de $, dans principalement des
réservations du dollar d'USA à la Banque nationale populaire de Chine, Pékin s'engage dans
une géopolitique active du pétrole. L'Afrique est son principal territoire de chasse, et en
Afrique, la région centrale entre le Soudan et le Tchad est une priorité. Ceci définit un
nouveau front important dans ce qui, depuis l'invasion par les USA de l'Irak en 2003, est une
nouvelle guerre froide entre Washington et Pékin pour le contrôle des sources principales de
pétrole. Jusqu'ici Pékin a joué un peu plus habilement que Washington. Le Darfour est un
champ de bataille majeur dans cette compétition à forts enjeux pour le contrôle du pétrole.
La diplomatie pétrolière de la Chine
Ces derniers mois, Pékin s'est embarqué dans une série d'initiatives destinées à lui assurer
sur le long terme l’accès à des sources de matières premières d'une des régions les plus
fournies de la planète - le sous-continent africain. Aucune matière première n'a une priorité
plus élevée pour Pékin actuellement que le pétrole dont elle veut s’assurer
l’approvisionnement à long terme.
Aujourd'hui la Chine tire environ 30% de son pétrole brut d'Afrique. Cela explique une série
extraordinaire d'initiatives diplomatiques qui ont rendu Washington furieux. La Chine utilise
des crédits sans conditions en dollars pour accéder aux vastes richesses en matières
premières de l'Afrique, ce qui met hors jeu le jeu classique du contrôle exercé par
Washington via la Banque mondiale et le FMI. Qui a besoin de la médecine douloureuse du
FMI quand la Chine offre des conditions avantageuses et, par-dessus le marché, construit
des routes et des écoles?
En novembre 2006 Pékin a accueilli un sommet extraordinaire de 40 chefs d'État africains.
Elle a littéralement déployé le tapis rouge pour les dirigeants entre autres de l'Algérie, du
Nigeria, du Mali, de l’Angola, de la République centrafricaine, de la Zambie et de l’Afrique Du
sud.

La Chine vent de conclure un deal pétrolier avec deux des plus grandes nations du continent
- le Nigeria et l’Afrique du sud. La CNPC (China National Petroleum Corporation -
Compagnie nationale pétrolière de Chine) importera du pétrole du Nigeria, par le biais d'un
consortium qui inclut également la South African Petroleum Co., ce qui permettra à la Chine
d’obtenir de l’ordre de 175.000 barils par jour en 2008. C'est une affaire 2.27 milliards de $
qui donne à la CNPC – société d’État – 45% de la production d’un vaste champ pétrolier off
shore nigérian. . Jusqu’ici, le Nigeria avait été considéré à Washington comme une chasse
gardée des majors anglo-usaméricaines, ExxonMobil, Shell et Chevron.
La Chine a distribué généreusement des prêts souples, sans intérêts ni garanties, à certains
des États débiteurs les plus pauvres de l'Afrique. Les prêts sont allés à des travaux
d’infrastructures - routes, hôpitaux, et écoles -, contrastant fortement avec les demandes
brutales d'austérité de la Banque mondiale et du FMI. En 2006 la Chine a fourni plus de 8
milliards de $au Nigeria, à l’Angola et au Mozambique, contre 2.3 milliards pour toute
l'Afrique subsaharienne de la Banque mondiale. Le Ghana est en train de négocier un prêt
chinois pour l’électrification du Chinois de 1.2 milliards de $. À la différence de la Banque
mondiale, qui est de facto un bras de politique économique étrangère des USA, Chine
n'attache astucieusement aucune condition à ses prêts.
Cette diplomatie chinoise liée au pétrole a conduit Washington à lancer l’accusation loufoque
que Pékin essaye de « s’assurer les sources pétrolières », ce qui a été un objectif de la
politique qu'étrangère de Washington depuis au moins un siècle.
Aucune source de pétrole n'a été plus au centre du conflit pétrolier Chine-USA que le
Soudan, où se trouve le Darfour.
La richesse pétrolière du Soudan
La China National Petroleum Company, est le plus grand investisseur étranger au Soudan,
avec environ 5 milliards de $ dans le développement des champs pétroliers. Depuis 1999 la
Chine a investi au moins 15 milliards de $ au Soudan. Elle possède 50% d'une raffinerie de
pétrole près de Khartoum avec le gouvernement du Soudan. Les gisements de pétrole (voir
la carte) sont concentrés dans le sud, théâtre d'une guerre civile qui mijote depuis
longtemps, financée en partie secrètement par les USA, pour arracher le sud au nord
islamique de Khartoum.
La CNPC a construit un pipe-line de ses blocs de concession 1, 2 et 4 au Soudan
méridional, vers un nouveau terminal à Port-Soudan sur la Mer rouge où le pétrole est
chargé sur des tankers pour la Chine. Huit pour cent de pétrole consommé par la Chine
viennent maintenant du Soudan méridional. La Chine prélève de 65% à 80% des 500.000
barils/jour produits par le Soudan. Le Soudan était cette année la quatrième source
étrangère du pétrole pour la Chine. En 2006 la Chine a pris la place du Japon comme
second importateur mondial par ordre d’importance après les USA, important 6.5 millions de
barils par jour d'or noir. Avec une demande de pétrole augmentant d'environ 30% par an, la
Chine dépassera les USA dans la demande d'importation de pétrole dans quelques années.
Cette réalité est le moteur de la politique étrangère de Pékin en Afrique.
Un regard sur les concessions pétrolières du Soudan méridional montre que la CNPC détient
des droits sur le bloc 6 qui chevauche le Darfour, près de la frontière avec le Tchad et la
République centrafricaine. En avril 2005 le gouvernement soudanais annonçait avoir trouvé
du pétrole au Sud-Darfour, où l’on estime que pourraient être pompés 500 0000 barils/jour.
La presse mondiale a oublié ce fait vital lorsqu’elle parle du conflit au Darfour.

De l’usage du génocide pour militariser la région pétrolière du Soudan
Le thème préféré de cette presse est le génocide et Washington est le chef d'orchestre.
Curieusement, alors que tous les observateurs reconnaissent que le Darfour a connu de
grands déplacements humains et une misère et des dizaines humaines de milliers ou même
pas moins que 300.000 morts au cours de ces dernières années, seuls Washington et les
ONG qui lui sont proches utilisent le terme chargé de "génocide" pour parler du Darfour. S'ils
peuvent faire endosser l’accusation de génocide par une large opinion, cela ouvre la
possibilité d’une intervention musclée de l’OTAN et de fait de Washington, dans les affaires
internes du Soudan, en faveur d’un "changement de régime".
Le thème du génocide a été utilisé, avec le soutien total de Hollywood et de stars comme
George Clooney, pour orchestrer l’affaire vers une occupation de fait de la région par
l’OTAN. Jusqu'ici le gouvernement du Soudan a énergiquement refusé, ce qui n’est pas
surprenant.
Le gouvernement US évoque répétitivement le "génocide" à propos du Darfour. C'est le seul
gouvernement à le faire. Secrétaire d'État ajointe des Ellen Sauerbrey, chef du Bureau des
populations, des réfugiés et des migrations, a dit dans une interview en ligne d'USINFO le 17
novembre dernier : « Le génocide en cours au Darfour, Soudan - 'une violation grossière '
des droits humains - est parmi les premiers sujets internationaux de préoccupation des USA.
» L'administration Bush insiste à dire qu’un génocide est en cours au Darfour depuis 2003,
malgré le fait que une mission de cinq personnes de l'ONU, conduite par le juge italien
Cassese, ait relaté en 2004 qu’aucun génocide n'avait été commis au Darfour, mais plutôt
des violations graves des droits humains. Ils ont réclamé des procès pour crimes de guerre.
Marchands de mort
Les USA, agissant par des alliés de substitution au Tchad et dans les pays voisins ont
entraîné et ont armé l'Armée de libération du Peuple du Soudan (SPLA), dirigée jusqu'à sa
mort en juillet 2005, par John Garang, formé à l'École de forces spéciales US à Fort
Benning, en Géorgie.
En déversant des armes au sud-Soudan, dans l’est du pays, d’abord puis, après la
découverte de pétrole au Darfour, dans cette région également, Washington a alimenté le
conflit qui a causé des dizaines de milliers de morts et a contrait plusieurs millions de
personnes à fuir leurs foyers. L’Érythrée accueille et soutient la SPLA, la coalition
d'opposition NDA ainsi que les rebelles du Front oriental et du Darfour.
Deux groupes rebelles combattent au Darfour le gouvernement central de Khartoum du
président Omar Al Bashir – le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et l'Armée de
libération du Soudan (SLA), qui est plus importante.
En février 2003 la SLA a lancé des attaques contre des positions gouvernementales au
Darfour. Son secrétaire général Minni Arkou Minnawi a lancé un appel à la lutte armée,
accusant le gouvernement d'ignorer le Darfour. « L'objectif de la SLA est de créer un Soudan
démocratique uni. » Autrement dit un changement de régime au Soudan. Le Sénat des USA
a adopté une résolution en février 2006 demandant l’envoi de troupes de l’OTAN au Darfour,
ainsi qu’une force de maintien de la paix de l’Onu plus consistante, avec un mandat solide.
Un mois plus tard, le Président Bush a également réclamé des troupes supplémentaires de
l’OTAN au Darfour. Ho Ho… Génocide ? Ou pétrole ?
Le Pentagone s’est démené pour former des officiers africains aux USA, beaucoup comme il
l’a fait pour les officiers latino-américains pendant des décennies. Son Programme militaire
international d'éducation et de formation (IMET) a formé des officiers du Tchad, d'Éthiopie,
d’Érythrée, du Cameroun et de République centrafricaine, tous les pays frontaliers du
Soudan. Une grande partie des armes qui ont servi aux tueries au Darfour et dans le Sud ont
été apportés dedans par d’obscurs "marchands privés de mort" privés et protégés, comme
Victor Bout, ancien agent opérationnel du KGB de notoriété publique, qui a maintenant des
bureaux aux USA. Bout a été cité à plusieurs reprises ces dernières années comme vendeur
d’armes à travers l'Afrique. Les fonctionnaires de gouvernement des USA le laissent
curieusement mener ses opérations au Texas et en Floride en dépit du fait qu'il est sur la
liste des personnes recherchées par Interpol pour blanchiment d'argent.
L'aide au développement des USA pour toute l’Afrique subsaharienne, Tchad compris, a été
fortement diminuée tandis que leur aide militaire augmentait. Les raisons en sont le pétrole
et la bousculade pour les matières stratégiques. La région du sud-Soudan du Haut Nil aux
frontières du Tchad est riche en pétrole. Washington savait cela bien avant le gouvernement
soudanais.
Le projet pétrolier de Chevron de 1974
Les majors pétrolières US connaissaient la richesse pétrolière du Soudan depuis le début
des années 1970. En 1979, le président Jafaar Nimeiry, rompait avec les Soviétiques et
invitait Chevron à venir exploiter le pétrole du Soudan. Ce fut peut-être une erreur fatale.
L’Ambassadeur auprès des Nations unies George H.W. Bush avait personnellement parlé à
Nimeiry des photos satellites indiquant des gisements pétroliers au Soudan. Nimeiry a mordu
à l’hameçon. La conséquence en ont été les guerres pour le pétrole.
Chevron trouva de grandes réserves pétrolières au sud-Soudan. Elle dépensa 1,2 milliard de
$. 1.2 milliards en forages et en essais. C’est ce pétrole qui a déclenché ce qu’on a appelé la
seconde guerre civile du Soudan en 1983. Cible d’attaques répétées et de tueries, Chevron
suspendit son projet en 1984. En 1992, elle vendait ses concessions de pétrole
soudanaises. En 1999, la Chine commençait à exploiter les champs abandonnés par
Chevron avec des résultats remarquables.
Mais aujourd’hui Chevron n’est pas loin du Darfour.
Le pétrole du Tchad et la politique du pipeline
Chevron (pour laquelle Condoleezza Rice a travaillé) est présente au Tchad, aux côtés de
l’autre géant pétrolier US, ExxonMobil. Ils viennent d’achever la construction d’un pipeline
qui a coûté 3,7 milliards de $ pour acheminer 160 000 barils/jour de pétrole depuis Doba, au
centre du Tchad et près du Darfour, jusqu’au port camerounais de Kribi sur la côté
Atlantique, destiné aux raffineries des USA.
Pour ce faire, ils ont travaillé avec le « président à vie » du Tchad Idriss Déby, un despote
corrompu qui a été accusé de fournir les armes livrées par les USA aux rebelles du Darfour.
Déby a rallié l’Initiative pansahélienne lancée par le Commandement européen du
Pentagone, destinée à entraîner ses troupes au combat contre le « terrorisme islamique ».
La majorité des tribus du Darfour sont musulmanes.
Doté d'aide militaire, de formation et d’armes des USA, Déby a lancé en 2004 la première
frappe qui a déclenché le conflit du Darfour, en utilisant les membres de son Garde
présidentielle d'élite originaires de cette de la province, fournissant aux hommes les
véhicules tous terrains, les armes et l’artillerie anti-aérienne destinés aux rebelles combattant
le gouvernement de Khartoum dans le sud-ouest Soudan. Le soutien militaire des USA à
Déby a été le déclencheur du bain de sang au Darfour. Khartoum a réagi et une débâcle s’en
est suivie avec toutes ses dimensions tragiques.
Les ONG soutenues par Washington et le gouvernement US crient au génocide, qui n’est
pas prouvé et cela est le prétexte invoqué pour, en dernière analyse, envoyer des troupes de
l’OTAN et de l’ONU sur les champs pétroliers du Darfour et du sud-Soudan. C’est le pétrole
et non la misère humaine qui motive le soudain intérêt de Washington pour le Darfour.
La campagne sur le « génocide au Soudan » a commencé en 2003, au moment même où le
pipeline Tchad-Cameroun entait en fonction. Les USA ont maintenant une base au Tchad
pour partir à la conquête du pétrole du Darfour et, potentiellement, pour coopter les
nouvelles sources de pétrole de la Chine. Le Darfour est au carrefour stratégique entre le
Tchad, la République centrafricaine, l'Égypte et la Libye.
Selon Keith Harmon Snow « les objectifs militaires US au Darfour – et plus largement dans
la Corne de l’Afrique – ont été desservis par le soutien apporté par l’OTAN et l’ONU au
déploiement de troupes de l’Union africaine au Darfour. Là l’OTAN apporte un appui terrestre
et aérien aux troupes de l’UA qui sont classes comme “neutres” et “forces de paix”. Le
Soudan est en guerre sur trois fronts, contre trois pays – l’Ouganda, le Tchad et l’Éthiopie –
où il y a une présence US significative et où des programmes militaires US sont en cours. La
guerre au Soudan implique à la fois des opérations clandestines US et des factions «
rebelles » entraînées par les USA et venant du sud-Soudan, du Tchad, de l’Éthiopie e de
l’Ouganda. »
Déby lorgne aussi vers la Chine
La réalisation du pipeline US financé par la Banque mondiale, du Tchad à la côte
camerounaise était conçue dans le cadre d’un plan plus vaste de contrôle des richesses
pétrolières de l’Afrique centrale, depuis le Soudan jusqu’au Golfe de Guinée dans sa totalité.
Mais le pote de Washington Idriss Déby a commencé à être mécontent de la faible part qui
lui revenait des profits pétroliers contrôlés par les US. Quand lui et le parlement tchadien ont
décidé début 2006 de prendre une plus grande part des revenus pétroliers pour financer les
opérations militaires et étoffer son armée, le nouveau président de la Banque mondiale et
artisan de la guerre d’Irak Paul Wolfowitz a déclenché la suspension des prêts au Tchad.
Puis en août 2006, après avoir été réélu, Déby a créé une société pétrolière tchadienne, la
SHT, et a menacé d’expulser Chevron et la malaisienne Petronas pour défaut de paiement
de taxes et a exigé des royalties de 60% sur le pipeline. À la fin, il a pu s’entendre avec les
compagnies pétrolières, mais les vents du changement avaient commencé à souffler.
Déby doit aussi faire face à l’opposition croissante d’un groupe rebelle, le Front uni pour le
changement (FUC), dont il dit qu’il est financé de manière occulte par le Soudan. Cette
région est une partie vraiment complexe du monde de la guerre. Le FUC a établi ses bases
au Darfour.
C’est dans cette situation instable que la Chine s’est pointée au Tchad avec une valise
pleine d’aide financière. Fin janvier, le président chinois Hu Jintao a effectué une visite d’État
au Soudan et au Cameroun parmi d’autres pays africains. En 2006, les dirigeants chinois ont
visité pas moins de 48 pays africains. En août 2006, Pékin a accueilli le ministre des Affaires
étrangères tchadien pour des discussions et une reprise des relations diplomatiques
interrompues en 1997. La Chine a commencé à importer du pétrole du Tchad comme du
Soudan. Pas beaucoup de pétrole, mais si Pékin obtient ce qu’il veut, cela pourrait vite
changer.

En ce mois d’avril 2007, le ministre tchadien des Affaires étrangères a annoncé que les
discussions avec la Chine sur une plus grande participation de celle-ci à l’exploitation du
pétrole tchadien « progressaient bien ». Évoquant les termes des propositions chinoises
pour une exploitation du pétrole tchadien, il a dit qu’ils impliquaient « un partenariat
beaucoup plus égalitaire que ceux auxquels nous sommes habitués. »
La présence économique de la Chine au Tchad pourrait par une ironie du sort avoir un effet
plus calmant sur les combats et les déplacements de populations au Soudan que ne
pourraient jamais en avoir aucune présence de troupes de l’Union africaine ou de l’ONU.
Cela ne serait pas vu d’un bon oeil à Washington et au QG de Chevron, dans la mesure où
ils verraient ce pétrole glisser entre leurs mains sanglantes.
Mais le Tchad et le Darfour le sont qu’une partie de l’effort chinois pour “s’assurer le pétrole
à la source” à travers l’Afrique. Le pétrole est aussi le facteur premier dans la politique
africaine des USA aujourd’hui. George W. Bush s’intéresse aussi à une nouvelle base US à
Sao Tome et Principe à 260 km de la côte du Golfe de Guinée, à partir de laquelle il sera
possible de contrôler les champs pétroliers de l’Angola au Sud au Congo, au Gabon, à la
Guinée équatoriale, au Cameroun et au Nigeria. Il se trouve justement que ce sont
exactement les mêmes zones sur lesquelles les récentes activités diplomatiques et
financières chinoises se sont concentrées.
« Le pétrole d’Afrique de l’Ouest a acquis un intérêt stratégique national pour nous »,
déclarait déjà en 2002 Walter Kansteiner, le secrétaire d’État adjoint à l’Afrique. Le Tchad et
le Darfour ne sont qu’une extension de la politique US en Irak « par d’autres moyens » -
contrôle du pétrole partout. La Chine défie ce contrôle « partout », particulièrement en
Afrique. Cela ressemble à une nouvelle Guerre froide pour le pétrole.

F. William Engdahl est l’auteur de A Century of War: Anglo-American Oil Politics (Un siècle
de guerre : la politique anglo-US du pétrole) Pluto Press Ltd. Il peut être contacté via son site
web http://www.engdahl.oilgeopolitics.net.
Article original en anglais publié le 20 mai 2007
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour
la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial :
elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources
et auteurs.
31st May 2007
http://www.mondialisation.ca/index.php? ... ticleId=58
29|Mondialisation.ca
http://www.michelcollon.info/articles.p ... og=invites
Si vous ne faites pas partie de la solution, alors vous faites partie du problème.
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