Michel Rocard

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energy_isere
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Michel Rocard

Message par energy_isere » 25 févr. 2012, 11:49

Michel Rocard vient de sortir un bouquin. Interview à cette occasion.

Michel Rocard : "La société de demain sera moins marchande et moins cupide"

LEMONDE.FR | 25.02.12

En pleine campagne présidentielle, Michel Rocard, 82 ans, ancien premier ministre socialiste, publie Mes points sur les "i" (Odile Jacob, 19 euros).

................

Pourquoi jugez-vous impossible de retrouver une croissance soutenue à moyen terme ?

Parce que nous ne vivons pas une seule crise mais plusieurs. A supposer que l'on parvienne à réguler la finance, il faudra de longues années pour désendetter les Etats. Et il y a le "pic pétrolier" qui sonne le glas de notre modèle de prospérité. L'ère du pétrole bon marché est révolue. La consommation s'accroît alors que le volume disponible diminue. La hausse des prix est aussi inévitable que potentiellement forte. Elle va fortement peser sur le pouvoir d'achat. La récession menace, la croissance rapide est terminée.

Votre livre ne va pas faire plaisir à la gauche : vous jugez irresponsable la sortie du nucléaire.


Je dénonce la stratégie diabolique des Verts qui ont convaincu la Suède, l'Allemagne, la Belgique et l'Italie de sortir progressivement du nucléaire en deux ou trois décennies. Ils vont créer au centre de l'Europe une véritable famine énergétique au moment où les quantités de pétrole et de gaz vont baisser. C'est suicidaire ! On ne peut imposer une telle brutalité, cela va conduire à la guerre civile, regardez ce qui se passe en Grèce. On n'ose plus faire d'élections.

Mais le nucléaire tue…

Il tue beaucoup moins que le charbon, cancers compris.
........................



http://www.lemonde.fr/election-presiden ... picks=true

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Re: quelques scénarios de personnalités

Message par GillesH38 » 27 févr. 2012, 15:14

les hommes politiques, c'est comme les géologues, il faut attendre qu'ils soient à la retraite pour qu'ils commencent à dire la vérité ! :-D
- Je suis Charlie - "I do not see any harm in people making money if it leads to a lower carbon society " R.K. Pachauri, président du GIEC, interview du 6 mai 2008 à Emirates Business.

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krolik
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Fil fourre-tout sur l'Elections Présidentielle de 2012.

Message par krolik » 07 mars 2012, 16:32

Rocard qui déclare dans cette interview n'avoir jamais eu aussi peur d'une guerre nucléaire. Et
http://www.liberation.fr/politiques/010 ... collective
Quelques extraits relatifs à l'énergie

Parlons d'énergie, puisque vous mettez cette question au cœur de votre livre...

Grand dieu ! Je ne la mets pas, elle y est. Il n'y a rien dans mon livre qui soit intellectuellement nouveau ou qui soit une hypothèse. Tous les esprits un peu cultivés savent que l'énergie va être la clé de notre avenir.

Ce problème est-il assez abordé par les différents candidats?

On n'en parle pas assez et pas assez bien. Depuis un moment, on trouve chaque année du pétrole nouveau en moindre volume estimé que ce qu'on a consommé dans l'année. Et ça ne pas va s'arranger. Or la demande chinoise, indienne et de tous les émergents comme le Brésil continue à augmenter vertigineusement. Cela va se traduire sur les prix, ça a d'ailleurs déjà commencé.

Vous faites dans votre livre un vibrant plaidoyer pour le nucléaire civil...

L'importance de ce qu'il faut faire passer dans l'opinion concerne surtout les énergies renouvelables. Nous avons tous envie d'une énergie qui ne tue plus et nous avons tous envie d'une énergie qui respecte notre écologie. Malheureusement, nous ne disposons pas encore de solutions scientifiques qui rendent les énergies renouvelables assez accessibles financièrement pour qu'elles s'intègrent dans le fonctionnement de nos économies. L'éolien et le solaire, les deux plus diffusées, ne permettent pas de faire du kilowatts-heure par milliards. Or il nous en faut des centaines de milliards. Des pays comme le Danemark et l'Allemagne, qui ont joué cette carte trop fort trop vite, vont avoir des problèmes car ils vont devoir payer l'éolien à des prix exorbitants. Le sujet du nucléaire, on y arrive par différence. Et donc, on y arrive... Si on ne trouve rien, en l'état actuel des choses, on va vite arriver à un moment où la baisse très forte des énergies fossiles disponibles va se traduire par une baisse tout aussi forte du Produit intérieur brut (PIB). Ainsi, quiconque dit qu'il faut renoncer au nucléaire nous explique en fait qu'il faut accepter la décroissance. Et là, je fais une hypothèse, la seule du livre, c'est que l'obligation de la décroissance conduit à la guerre civile. Ce n'est pas tenable et ça pose d'ailleurs une question majeure pour la Grèce qui subit une décroissance forcée : comment fait-on dans ce contexte pour maintenir des élections ? Il n'est pas possible de gouverner ce peuple en lui disant qu'il va perdre 25 % de son revenu dans les dix ans si on tient à payer toutes les dettes. Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d'issue en Grèce qu'avec un pouvoir militaire.

(...)

Si Hollande est élu, quelle est sa marge de manœuvre ?

La marge de manœuvre budgétaire est à peu près nulle. Mais la mesure par laquelle l'Etat français pénaliserait fiscalement et gravement toute entreprise bancaire coupable d'avoir maintenu des accords et des opérations avec les paradis fiscaux, la mesure selon laquelle il ne saurait y avoir l'exercice de la profession d'agent notateur autrement que sur une base de service public, la mesure selon laquelle le mélange des activités de dépôt et de financement du risque est globalement interdit, tout ça ne coûte rien! La vraie marge de manœuvre, c'est la compréhension politique de l'opinion, d'où l'importance d'en parler. Je ne vais pas les lâcher, ni lui, ni Sarko, ni nos pauvres écolos qui ont raison à peu près sur tout sauf sur l'énergie, c'est-à-dire sur l'essentiel.
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Re: Fil fourre-tout sur l'Elections Présidentielle de 2012.

Message par Vilko » 07 mars 2012, 22:46

Michel Rocard a écrit :Ainsi, quiconque dit qu'il faut renoncer au nucléaire nous explique en fait qu'il faut accepter la décroissance. Et là, je fais une hypothèse, la seule du livre, c'est que l'obligation de la décroissance conduit à la guerre civile.

Imaginons un instant, rien qu'un instant, les jeunes des cités n'ayant réellement plus AUCUN espoir de sortir de leur misère, pendant que leurs conditions de vie se dégradent. La décroissance, ça veut dire aussi un rétrécissement de l'Etat : moins de bureaux de postes, moins d'enseignants, moins de moyens pour tout... Des immeubles qui se dégradent parce que les habitants ne payent plus leurs loyers et que l'Etat n'a plus assez d'argent pour les entretenir. Des transports en commun réduits aux seules lignes rentables. Les autobus incendiés non remplacés, donc, à terme, des quartiers entiers devenus quasi-inaccessibles. Etc.

Nous avons l'exemple de l'URSS : la décroissance qu'elle a connu lors de sa chute n'a pas entraîné de guerre civile (sauf en Tchétchénie) mais heureusement que la Russie a des hydrocarbures, sinon elle serait aussi mal en point que la Somalie...

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Re: Fil fourre-tout sur l'Elections Présidentielle de 2012.

Message par akochan » 08 mars 2012, 09:12

Il n'y aura pas que les jeunes de banlieue qui vont s'exiter mais toute la population. Une décroissance lente cela n'existera jamais. Cela se fera dans la violence. Quand on a plus rien à perdre, on sauve sa peau d'abord. Les beaux héros qui se sacrifient, cela n'existe que dans les films. On ne remet un modèle en cause qu'après son effondrement.
Je ne suis pas d'accord avec Michel Rocard dans son analyse de défense du nucléaire car si le prix du pétrole explosent, il en sera de même pour l'énergie nucléaire. Les entreprises du nucléaire sous traitantes ne pourront plus envoyer leur ouvriers pour la maintenance des dites centrales et avec l'augmentation des impayés des victimes de la crise il faudra augmenter le prix de l'électricité pour faire payer ceux qui le peuvent encore et ainsi de suite. De toute façon pour faire de la croissance, il faut polluer plus et ce n'est pas possible autrement et ce ne sont pas les éoliennes et les panneaux photovoltaïques qui nous sauverons.
Le monde entier file droit dans le mur. Si la croissance est quasi nulle en Europe, elle continue de plus belle dans les pays en développement. Je lisais hier dans un magazine agricole (réussir grandes cultures du mois de mars ( références pour energy Isère :-D )) que plus de 60 % des terres acquises par les pays étaient voués a produire de l'énergie et non pas à produire de la nourriture. Cela veut tout dire et les états sont conscients du pic pétrolier et ne le disent pas. Il est dommage qu'un ancien premier ministre nous parle avec un discours cohérent au crépuscule de sa vie...

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Re: Fil fourre-tout sur l'Elections Présidentielle de 2012.

Message par energy_isere » 08 mars 2012, 09:23

Michel Rocard, l'Europe et la fin de la croissance

L'ancien Premier ministre déclare la mort de l'Europe et explique, qu'en période de crise, le bonheur n'est pas dans le travailler plus.


Michel Rocard fait partie des Français qui s'inquiètent du «malaise social» dans nos civilisations développées: «injustice criante» dans la répartition de l'argent, ennui qui découle du «sentiment d'inutilité», solitude qui est le «produit d'une société trop mobile» et disparition de l'éthique. Dans son dernier livre, Mes points sur les i, propos sur la présidentielle et la crise, le vieux militant de la deuxième gauche reprend son rêve d'une «nouvelle société» bâtie sur des valeurs de partage et d'art de vivre.

Le propos serait banal sans deux convictions surprenantes et fortes qui ouvrent, chacune, un énorme débat. La première est assénée cruellement:

«Il n'y a plus d'Europe.»

La seconde fait la trame du livre: désormais la croissance sera lente. Il nous faut nous adapter, fondamentalement, à une économie de quasi-stagnation.

L'Europe, c'est fini?

L'auteur n'insiste pas sur le sujet, au contraire, il lui règle son compte brutalement en trois pages: «L'Europe est dispersée et contradictoire», dans cette crise économique et financière «il n'est pas espérable de lui voir retrouver convergence et leadership». Conclusion: elle «n'est, hélas, pas un acteur majeur pour la sortie de crise».

L'ancien Premier ministre explique que le coupable est la Grande-Bretagne, qui «se suicide». Elle choisit, «par arrogante culture patriotique», la voie «de la solitude et de l'impuissance».

Heureusement, ajoute quand même Michel Rocard, le «labeur» fait depuis six mois par les commissaires et les ministres semble dispenser la zone euro de la déconfiture des dettes souveraines. Si l'euro s'en sort et si, bien entendu, on maintient «à tout prix» la Grande-Bretagne au dehors, alors l'Europe pourrait, un jour, retrouver un rôle dans l'affrontement Occident-Asie. «On peut rester optimiste», se convainc Rocard. Mais, pour l'heure, l'Europe ne compte plus.

Cette conviction ne va pas faire plaisir à ses camarades socialistes. Pour eux, l'Europe est encore le recours. La France seule ne peut plus rien, mais l'Europe peut.

Il suffit de «réorienter la construction européenne», comme on lit dans le programme du candidat Hollande. Il suffit de changer le rôle de la Banque centrale européenne, il suffit d'introduire des barrières douanières «climatiques», il suffit de lancer des eurobonds.

Michel Rocard détruit cet espoir. Lui, militant européen de la première heure, ne croit plus que quoi que ce soit d'important puisse venir de Bruxelles, et sûrement pas des projets de croissance. Bref, le salut viendra uniquement des réformes en France.

Constat discutable mais constat salutaire: le PS est renvoyé au peu de réalisme de son projet européen et à l'incontournable besoin de réformes structurelles en France.

Deuxième conviction: la croissance sera désormais lente

«La droite fait croire à une sortie de crise par un sentier de croissance dynamique. C'est irréaliste», écrit Michel Rocard. Les socialistes doivent «faire en sorte qu'il y ait toujours de la croissance, sans laquelle il faut renoncer à réduire les inégalités, la précarité et le chômage», mais celle-ci sera faible. Ce constat-là ne fera pas plaisir non plus aux camarades, qui comptent encore sur une hausse du PIB de 2% à 2,5% l'an dès 2015.

L'auteur en tire au passage une conviction pronucléaire et il adresse un «appel à [ses] amis écologistes» qu'il veut persuader de ne pas abandonner les centrales atomiques. Dans la crise, elles restent «irremplaçables», les énergies renouvelables ne sont pas prêtes, la France n'a pas les moyens d'une «dépression énergétique». Sinon, ce sera carrément la décroissance.

Renonçons au travailler plus

L'ancien Premier ministre en tire une autre conclusion surprise: il faut relancer le débat sur la durée du travail. La crise vient, explique-t-il, des excès du vouloir «gagner plus», de la compétition, de l'accumulation vaine de biens matériels. Les vraies joies ne sont pas d'argent. Sortir de la crise passe par la construction d'une société qui gratifie «les valeurs authentiques» et donc renonce au travailler plus. On voit la logique: dans une société à croissance lente, il faut chercher le bonheur ailleurs qu'au travail.

Michel Rocard rejoint ses bases d'origine pour souhaiter «une autre société, moins marchande, tournée vers le temps libre». On ne peut s'empêcher de penser qu'il n'a pas tort de dire que l'opinion publique, une partie en tout cas, le désire.

Le démentir passe par une relance réfléchie, considérable, partagée, de l'Europe et de la croissance. Si l'on ne se résigne pas à une France phare de la civilisation des loisirs, le coup de rein est d'une ampleur considérable.

Eric Le Boucher

Chronique également publiée dans Les Echos


http://www.slate.fr/story/50835/rocard- ... ur-travail

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Re: Fil fourre-tout sur l'Elections Présidentielle de 2012.

Message par energy_isere » 08 mars 2012, 09:28

Mes points sur les i
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Présentation de l'éditeur

« Le monde va mal.
La France ne va guère mieux.
La France est au cœur des tempêtes.
Les Français ont peur.
Ce livre est né, au fond, de cette inquiétude. » M. R.

Une analyse approfondie et renouvelée des défis auxquels la France et les Français sont confrontés.

Un exercice magistral de réflexion et de proposition sur tous les grands enjeux d’aujourd’hui.

De la crise financière au réchauffement climatique, de la réforme de l’État à la question du temps de travail, du débat sur le nucléaire au rôle mondial de la France, un véritable projet de société.

Un appel à l’intelligence.

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