La bombe méthane du pergélisol Arctique

Discussions concernant les conséquences sur l'environnement de la course aux ressources.

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energy_isere
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La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par energy_isere » 27 juil. 2013, 13:55

Le coût astronomique de la fonte des glaces arctiques

Par Matthieu Hoffstetter. Mis à jour le 26.07.2013

La fonte des glaces de l'Arctique pourrait coûter 60'000 milliards de dollars, en raison des gigantesques quantités de méthane relâchées dans l'atmosphère.

Depuis 20 ans, capitaines d'industries et chefs d'Etats assistent à la fonte des glaces arctiques avec un certain fatalisme basé sur l'ouverture de la voie du grand Nord pour les navires et la possibilité d'exploiter les gisements offshore de pétrole et de gaz. Pour certains, cette conséquence du réchauffement climatique serait un mal pour un bien.

Une étude menée par une équipe d'économistes et de physiciens du Groupe de physique de l'océan polaire à l'université de Cambridge vient remettre en cause l'idée reçue comme quoi la fonte de la banquise arctique serait bénéfique pour l'économie mondiale.

La glace, le pergélisol et le méthane

Les scientifiques savent depuis longtemps que les océans retiennent de fantastiques quantités de méthane. Plus encore en Arctique où la cage glacée de la banquise a amplifié ce phénomène.

Or, ce que pointent les chercheurs de Cambridge serait l'effet combiné de la fonte des glaces et du réchauffement de l'eau de mer, qui amènera le pergélisol à libérer des quantités toujours plus grandes de méthane.

Le plateau arctique de Sibérie orientale s'apparente en effet à un réservoir géant de gaz à effet de serre, sous la forme d'hydrates de gaz. Ces quantités emprisonnées dans le sol pourrait être relâchées, soit sur un laps de temps de plus de 50 ans, ou bien plus rapidement. Et cette hypothèse-là constituerait une catastrophe, selon les chercheurs.

Ces risques étaient déjà connus depuis plusieurs années, ainsi que le prouve ce reportage vidéo de RadioCanada, mais leur impact n'était pas encore mesuré et chiffré comme viennent de le faire les chercheurs de Cambridge.

.............
http://www.tdg.ch/economie/Le-cout-astr ... y/27058021


Voir la vidéo de 5 minutes de Radio Canada dedans.
Les bouillonements de bulle de Gaz qui remontent du fond de la mer......

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par energy_isere » 27 juil. 2013, 14:01

L' étude en question se base sur un larguage de 50 milliards de tonnes de méthane étalé sur une période de 10 ans.

Release of methane gas from Arctic permafrost could devastate global economy: study

Permafrost, or soil below the freezing point, has been thawing under rising global temperatures for many years.

The thawing is releasing the powerful greenhouse gas methane, which is concentrated in the Arctic tundra and is also found as semi-solid gas hydrates in the sea.

A study in the science journal Nature says the release of 50-gigatonnes of methane over a decade will result in flooding, sea-level rise, agriculture damage and health impacts amounting to $60 trillion - which was roughly the size of the entire global economy last year.

The researchers say the impacts will be particularly devastating in developing countries.

Separate research also shows permafrost melting at alarming rates in the Antarctic.
...........
http://www.abc.net.au/news/2013-07-25/a ... dy/4842994

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par energy_isere » 27 juil. 2013, 14:43

Dans le Washington Post ils s' empressent de minimiser :

Methane mischief: misleading commentary published in Nature

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par kercoz » 27 juil. 2013, 17:59

Merdre alors ! ...c'est pas comme pour le nuke ..C'est tout le monde qui va s' en prendre ? ...on va trouver des solutions ...on a toujours trouvé une solution pour que mon PIB ne tombe pas trop et je dois justement changer de bagnole ...bon , si ça se trouve c'est juste l'émisphere nord qui va en chier ....mauvais ici , meilleur ailleurs ...je vais investir dans des compagnie transport ligne pole nord ..
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par energy_isere » 07 mai 2018, 14:12

Le pergélisol dégèle, les lacs nordiques brunissent

il y a 2 mois enerzine

Image

Confiné dans le sol gelé depuis fort longtemps, le carbone organique du pergélisol retrouve sa liberté avec la fonte de la glace qu’il contient. Il fait son chemin jusqu’aux lacs et aux étangs arctiques et subarctiques qui voient leur composition modifiée.

Le portrait présenté par une équipe internationale de chercheurs incluant la professeure Isabelle Laurion de l’INRS montre l’influence du dégel du pergélisol sur la biogéochimie des eaux de surface. Publiés dans la revue Limnology and Oceanography Letters, les résultats établissent que le carbone originant du pergélisol est en hausse dans les eaux de ces régions du monde. Ce carbone a la propriété d’être particulièrement absorbant pour la lumière solaire. Ainsi, les eaux s’assombrissent et se stratifient plus efficacement, ce qui affecte plusieurs processus biologiques dans ces systèmes aquatiques.

es sols de toundra gelés sont un des plus grands réservoirs de carbone organique sur la planète. Avec le réchauffement climatique, le dégel du pergélisol s’accélère et accroît le risque qu’une grande partie du carbone soit libérée dans l’atmosphère sous forme de gaz à effet de serre. Cependant, les effets du dégel du pergélisol sur les étangs arctiques et subarctiques ont été peu étudiés jusqu’ici. À l’aide d’indicateurs chimiques, biologiques, optiques et isotopiques, des chercheurs québécois, danois, finlandais et suédois ont analysé des centaines d’échantillons provenant de 14 régions circumpolaires, allant de l’Alaska à la Russie et de la zone subarctique jusqu’au Haut-Arctique. Ceux-ci ont été prélevés entre 2002 à 2016 dans 253 étangs répartis en fonction de leur exposition au dégel du pergélisol

Malgré la variabilité dans les propriétés limnologiques des systèmes arctiques étudiés, les chercheurs observent clairement l’effet du dégel du pergélisol qui se traduit par de plus grandes concentrations de matière organique provenant des sols du bassin versant.

« Les étangs arctiques et subarctiques subissent une influence terrestre de plus en plus grande, ce qui se répercute sur la chaîne alimentaire », affirment les auteurs de l’étude. « Le brunissement de ces étangs entraîne notamment un appauvrissement en oxygène et un refroidissement de l’eau au fond des étangs, qui ont des conséquences importantes sur l’activité microbienne responsable de la production et la consommation des gaz à effet de serre et, particulièrement, sur la production de méthane, un gaz à effet de serre puissant. »
http://www.enerzine.com/le-pergelisol-d ... 30-2018-03

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par williams » 14 mai 2018, 10:31

Pourquoi la fonte des glaces de l'Arctique pourrait coûter 60'000 milliards de dollars, en raison des gigantesques quantités de méthane relâchées dans l'atmosphère ??

Il est sûr que cela va amplifier le réchauffement mais question de coût c'est suite à quoi et sur quoi se basent-ils,... ??

Merci

Williams

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par mobar » 15 mai 2018, 09:07

1° de réchauffement, c'est 7% de vapeur d'eau en plus dans l'atmosphère, et sur l'ensemble de la planète
La vapeur d'eau atmosphérique, c'est ensuite des nuages d'eau ou de glace qui auront des effets réchauffant/refroidissant bien supérieurs aux pouillèmes de méthane émis par le pergélisol arctique

Feraient mieux d'essayer de comprendre comment se forme et disparait la couverture nuageuse, comme se comportent les précipitations ... au lieu de nous bassiner avec des milliards de $ de couts hypothètiques

Fatiguant, ces annonces qui focalisent sur le poils de cul du moustique, et veulent nous convaincre de l'apocalypse imminente !
"C'est quand il n'y a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien" Sénèque
https://youtu.be/0pK01iKwb1U

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par GillesH38 » 15 mai 2018, 11:25

non seulement l'évènement est improbable, mais en plus le coût est calculé sur le siècle. Ca parait énorme en comparant au PIB ANNUEL , mais sur un siècle, ça ne fait que 1% du PIB annuel (tout ça parce que meme des scientifiques semblent confondre un cout total avec un cout annuel, alors que la différence est la même qu'entre une distance et une vitesse, ou des kW et des kWh ...)

1% de différence, ça ne fait que 6 mois de croissance à 2% par an ...
- Je suis Charlie - "I do not see any harm in people making money if it leads to a lower carbon society " R.K. Pachauri, président du GIEC, interview du 6 mai 2008 à Emirates Business.

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par phyvette » 30 juin 2018, 11:48

La « bombe méthane », un pétard mouillé.

En dépit de toute la publicité qu’elle a reçue, l’idée d’un emballement incontrôlé du réchauffement climatique provoqué par des émissions de méthane arctique n’est pas considérée comme une menace concrète par la grande majorité des climatologues. Cette thèse alarmiste émane d’une poignée de chercheurs dont les travaux sont très critiqués. Survol des raisons militant contre l’idée d’un dégazage massif et rapide du méthane arctique – la soi-disant « bombe méthane »....
Lire la suite : https://energieetenvironnement.com/2018 ... d-mouille/
Gilles a raison
Gilles a tjs raison
Si un membre a raison les 1 et 2 s'appliquent
Gilles ne contredit pas il éduque
Les idées de Gilles sont tjs bonnes
Gilles est obligé de penser pour tout le monde
Seul Gilles a une vision globale de la société

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par energy_isere » 22 août 2018, 08:06


Au cours de ce siècle, d’étranges lacs pourraient accélérer la fonte du pergélisol et accélérer les rejets de méthane, puissant gaz à effet de serre

par Damian 21 août 2018,

Une nouvelle étude soutenue par la NASA indique que la libération de gaz à effet de serre due au dégel du pergélisol pourrait s’accélérer beaucoup plus rapidement que prévu. En effet, et pour l’heure, les modèles climatiques ne prennent pas en compte les événements de dégel abrupt observés sous les lacs dits thermokarstiques. Selon les résultats, même dans le cas d’un réchauffement global modéré, une importante amplification des rejets de méthane est probable au cours de ce siècle. Cette évolution accélérerait d’autant plus le réchauffement initial.


Le pergélisol – permafrost en anglais – désigne la partie d’un sol qui reste gelée toute l’année. Il couvre environ 25 % des terres de l’hémisphère nord, et peut atteindre jusqu’à 80 mètres de profondeur dans certaines régions proches de l’Arctique. En outre, le pergélisol de l’hémisphère nord représente le plus grand réservoir continental de carbone organique sur Terre, cumulant entre 1330 et 1580 pétagrammes de carbone (1 Pg = 1 000 000 000 tonnes). Compte tenu du fait que ce réservoir est gelé, il présente une grande stabilité. Toutefois, sous l’effet du réchauffement progressif du climat, on s’attend – et on observe déjà – à ce que celui-ci soit de plus en plus vulnérable à la décomposition microbienne qui libère le carbone dans l’atmosphère sous forme de CO2 ou de méthane – CH4 -, deux gaz à effet de serre. La différence entre les deux modes de dégazage est à relier au type de décomposition. Lorsqu’elle se fait dans un environnement anaérobie, c’est- à-dire sans présence de dioxygène, elle produit du méthane. Cette réaction des sols gelés de la planète constitue par conséquent une rétroaction amplificatrice pour le réchauffement climatique, qui reste encore mal évaluée à l’heure actuelle.

Une nouvelle étude faisant partie d’un projet financé par la NASA vient préciser les processus à l’œuvre dans cette évolution. Les résultats indiquent que la perspective actuelle d’un dégel plutôt progressif des sols peut être fortement aggravée par des phénomènes de dégels abrupts assez mal connus et liés à ce que l’on appelle des lacs thermokarstiques. Ces derniers se forment suite à l’affaissement du sol consécutif à la fonte du pergélisol. La dépression topographique qui en résulte se remplit ensuite d’eau apportée par la pluie, la fonte de la neige ou celle de la glace. L’eau accumulée conduit finalement à une fusion du sol accélérée et surtout bien plus profonde.

De ce fait, au lieu d’une fonte limitée aux quelques centimètres superficiels, celle-ci peut aller jusqu’à 15 mètres de profondeur au bout de quelques décennies. Ce dégel profond et irréversible à l’échelle du siècle s’accompagne d’un dégazage de carbone plus intense, en grande partie du méthane s’échappant des lacs sous forme de bulles. Actuellement, cette mécanique n’est pas prise en compte dans les modélisations climatiques. Sur la base de simulations numériques et de mesures de terrain, les chercheurs ont estimé que le fait d’inclure ces processus faisait plus que doubler les estimations précédentes concernant le réchauffement additionnel associé à la fonte du pergélisol. Même dans le cas d’un réchauffement climatique modéré, ils ont conclu qu’un dégazage massif de méthane était possible.

Le carbone associé aux gaz à effet de serre libérés a entre 2000 et 43 000 ans, selon les mesures faites par les scientifiques sur des lacs thermokarstiques en Alaska et en Sibérie. « Bien que l’évolution de ces lacs ait été étudiée dans de nombreuses régions, l’idée que les pertes et les gains de carbone qui leur sont associés soient très différents est nouvelle », a déclaré le co-auteur Guido Grosse. « En quelques décennies, la croissance des lacs thermokarstiques libère nettement plus de carbone que ce qui est capturé lorsque ces lacs régressent – lorsque le bas du lac recongèle ». Selon Katey Walter Anthony, auteure principale de l’étude : « Les mécanismes de dégel abrupt et de formation de lacs thermokarstiques comptent beaucoup pour la rétroaction climat-carbone associée à la fonte du pergélisol au cours de ce siècle. Nous n’avons pas besoin d’attendre 200 ou 300 ans pour obtenir ces importants rejets de carbone. Au cours de ma vie et celle de mes enfants, ceux-ci devraient s’accentuer. Cela se produit déjà actuellement, mais pas de façon très rapide, toutefois ce processus devrait connaître un pic d’ici quelques décennies ».
https://sciencepost.fr/2018/08/au-cours ... -de-serre/

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par Remundo » 22 août 2018, 23:35

pas rassurant du tout...

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par mobar » 23 août 2018, 22:20

C'est la but, faire flipper le max de blaireaux!
"C'est quand il n'y a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien" Sénèque
https://youtu.be/0pK01iKwb1U

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par Remundo » 23 août 2018, 22:58

mieux vaut encore être un blaireau inquiet qu'un harangueur insouciant.

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par energy_isere » 01 oct. 2018, 21:11

La fonte du permafrost, un cauchemar pour la planète

Olivier Cognasse Usine Nouvelle le 01/10/2018

Maintenir la hausse des températures dans les objectifs de l’Accord de Paris n’est déjà pas une sinécure. Or la fonte du permafrost dans l’Arctique pourrait nécessiter des efforts gigantesques pour maintenir la Terre à une température acceptable.

Méthane et CO2, deux noms à faire frémir un ours polaire sur sa banquise en pleine déliquescence. La fonte du permafrost pourrait précipiter la Terre dans un abîme dont elle aurait du mal à se relever. Le permafrost, terme géologique qui désigne un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de deux années consécutives, représente 25% de la surface de l’hémisphère Nord et se situe en Arctique. Particulièrement présent en Alaska et en Sibérie, il subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique.

Si les Russes peuvent y trouver l’espoir d’un climat plus tempéré dans cette région immense, les conséquences pourraient être catastrophiques pour l’avenir de la planète. Une récente étude réalisée par des scientifiques de l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués basé en Autriche et publiée dans Nature Geoscience tire la sonnette d’alarme.


Non seulement, les objectifs annoncés à Paris en décembre 2015 lors de la COP21 sont insuffisants pour éviter un réchauffement climatique à 1,5 ou 2°C – on est au-dessus de 3°C aujourd’hui – mais peu de pays tiennent leurs promesses à commencer par la France qui est encore en deçà de ses engagements. Les émissions de CO2 dans le monde sont reparties à la hausse depuis deux ans…

Quinze années d’émissions de gaz à effet de serre

Les études multiples sur le sujet à commencer par celles du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui font autorité dans le domaine – la prochaine publication sera rendue publique le 8 octobre – sont particulièrement pessimistes, mais n’évaluent généralement pas le phénomène de la fonte du permafrost.

Or selon l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués, ce phénomène pourrait nous conduire vers une hausse des températures bien supérieure aux estimations actuelles et entrer dans une zone de non-retour.

Surtout, le permafrost stockerait de telles quantités de CO2 et de méthane, que si elles se diffusaient dans l’atmosphère, elles représenteraient l’équivalent de quinze années d’émissions de gaz à effet de serre (GES) actuelles. "Au-delà du phénomène, la fonte du permafrost amplifie le changement climatique et nécessite donc de faire davantage d’efforts pour rester dans les objectifs", indique Philippe Bousquet, professeur l’Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, il effectue sa recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE). Mais il se veut relativement optimiste. "Rien ne dit que si on atteint les 2°C, on ne pourra pas dans un ou deux siècles faire redescendre la température en enlevant du CO2 et du méthane."

Des stocks de mercure inimaginables

"Un monde à +2,1°C n’est pas la bérézina. Par contre, à +4 ou +5°C cela deviendra très difficile, ajoute Philippe Bousquet dans un entretien à l’Usine Nouvelle qui rappelle qu’une hausse de 2 à 3°C en moyenne sur la Terre, se traduira dans certaines régions par des hausses de 7 ou 8°C. "Quand on voit tout le bazar que provoque le sort des 58 migrants de l’Aquarius, on n’imagine pas quand ils seront des millions de personnes à migrer suite au dérèglement climatique."

Pire, la fonte du permafrost pourrait avoir d’autres conséquences encore plus dramatiques que le dérèglement climatique. Selon certaines estimations et notamment une étude publiée en février dernier dans le National Snow and Ice Data Center, les stocks de mercure enserrés dans le permafrost seraient deux fois plus importants que sur le reste de la Terre. Avec le réchauffement, il pourrait contaminer les océans et la chaîne alimentaire.

Sans parler des virus et bactéries pris dans la glace depuis des dizaines de milliers d’années qui pourraient ressurgir. De là à penser que nous sommes dans un roman d’anticipation…
https://www.usinenouvelle.com/article/l ... te.N749274

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Re: La bombe méthane du pergélisol Arctique

Message par Remundo » 01 oct. 2018, 22:56

tout est dit. #-o

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