[Taux de déclin] -8% ou plus n'est pas à exclure

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pierre783
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[Taux de déclin] -8% ou plus n'est pas à exclure

Message par pierre783 » 11 juil. 2008, 12:52

Traduction perso de l'article : http://www.theoildrum.com/node/4242
Une des préoccupations significative concerne la vitesse à laquelle la production diminue dans les champs matures. La valeur moyenne a été supposé de l'ordre de 4 - 4,5%, et il est d'abord inquiétant de lire ce commentaire que le Wall Street Journal a récemment cité de l'AIE.
Des retards de 12 mois en moyenne dans les projets, couplés avec une baisse moyenne globale de 5,2% - contre 4% l'année dernière - sont les facteurs à l'origine de ces révisions. Plus de 3,5 mb/j de nouvelle production sera nécessaire chaque année rien que pour conserver une production mondiale stable. "Nos résultats soulignent à nouveau la nécessité de poursuivre, et même augmenter, les investissements en amont et en aval pour s'assurer que le marché restera suffisamment fourni", a déclaré le [Directeur exécutif de l'AIE Nabuo] Tanaka.
L'accélération du taux de déclin est susceptible de se poursuivre alors que toujours plus de puits horizontaux, devenus la norme dans les champs de pétrole, s'épuiseront et ne produiront plus rien.

Pour expliquer ceci, il est important de comprendre la différence de comportement entre des puits de production verticaux et horizontaux, notamment dans la façon dont ils se comportent lorsque le pétrole dans le réservoir baisse en deça de l'eau sous pression utilisée pour pousser le pétrole vers le puit.

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Avec un puit vertical, le niveau d'eau monte lentement dans le puit, ce qui réduit la longueur de puit d'extraction, mais d'une manière lente dans le temps. (La production de pétrole dépend entre autres de la longueur de puit exposé à la roche réservoir.)

Avec un puit horizontal, la production reste relativement stable, jusqu'à ce que l'eau atteigne l'horizon où le puit d'extraction est localisé, entrainant son inondation et une baisse immédiate et rapide de la production.

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Dans les champs de pétrole où les puits horizontaux dominent, une baisse de la production de 10 - 14% a été observée ; par conséquent, ces puits devenant de plus en plus courants, c'est vers cette valeur que les taux de déclins vont à l'avenir. Ces taux de déclin ne sont pas utilisés dans les modèles conventionnels qui s'intéressent à la situation de l'approvisionnement en pétrole au cours des prochaines années. Les discussions que j'ai eu, de manière informelle, avec plusieurs personnes parlant du pic pétrolier, m'ont montré leur réticence à utiliser des taux de déclin supérieurs à 4,5%. C'est comme si, après avoir saisi l'ampleur de la réaction nécessaire pour faire face à la réalité du pic de production de pétrole, s'ils hésitaient à regarder l'abîme que des taux de déclin supérieurs apporteront.

Cette accélération du taux de déclin n'est pas vraiment nouvelle, Andrew Gould, PDG de Schlumberger, parlait d'une baisse de 8% dès 2005.
Deuxièmement, l'industrie fait face à un phénomène aggravé par le manque d'investissements depuis 18 ans. Ce phénomène est le taux de déclin des champs anciens qui forment l'épine dorsale de la production pétrolière mondiale, à la fois dans et hors de l'OPEP. Un taux de déclin moyen précis est difficile à estimer, mais un chiffre global de 8% n'est pas une hypothèse déraisonnable. L'entretien requis pour ralentir le taux de déclin, et accroître la récupération, est un élément clé de la continuité de l'approvisionnement.
Bien que je ne pense pas qu'il faisait allusion d'une quelconque manière à l'utilisation croissante de puits horizontaux, son estimation du taux de déclin (et sa position lui donnant plus que d'autres le sens de la précision dans ses estimations) est une reconnaissance du changement à venir.

Malheureusement, comme le montre l'exemple du champ Cantarell lorsque la production commence à baisser à un rythme d'environ 14%, cela prend peu de temps pour que la situation de l'ensemble des exportations d'un pays change sensiblement, ce qui a, à son tour, un effet important sur les pays importateurs de pétrole. Et pourtant, alors que les champs individuels tels que Cantarell, Yibal, et la mer du Nord ont montré ce sont ces taux de déclin ne sont pas rares, leur impact sur le déclin de la production mondiale totale n'a pas été très remarqué. [...]
Les faits semblent pointer vers une augmentation globale du taux de déclin mondial des puits existants. Cela signifie que si la production mondiale est d'environ 86 millions de barils par jour, alors pour compenser les diminutions actuelles l'an prochain, une nouvelle unité de production supplémentaire de 4,47 mb/j à 5,2% de taux de déclin, au lieu de 3,87 mb/j à 4,5%, sera nécessaire pour simplement stabiliser l'approvisionnement à un niveau fixe. Si le taux de déclin accélère, cette différence de 600 000 b/j va s'accroitre [...].

Cette augmentation du taux de déclin étant déjà constatée, le pic potentiel de production de pétrole en 2010 que les courbes montrent est déjà à risque et il est probable qu'il faille lutter pour dépasser la production actuelle. Gardez à l'esprit que les taux de déclin sont cumulatifs au fil des ans, et que la production annuelle d'un puit doit être toujours plus importante pour soutenir l'approvisionnement, par rapport à sa production actuelle.

À l'heure actuelle, il y a encore beaucoup de complaisance sur la façon dont la situation d'approvisionnement en pétrole jouera. Il est souvent insinué qu'il s'agit juste d'une période difficile à traverser, et que, dans un laps de temps relativement court la situation va s'améliorer. Malheureusement, je pense que même nos réflexions en cours sont largement trop optimistes, et que les événements vont être beaucoup plus difficiles et rapides que nous nous y attendons. Mais aussi, en raison du fait que les gens s'attendent à un pétrole disponible à un prix raisonnable, les risques de troubles civils qui risquent de se produire sans information correcte du public face à [flambée du prix des carburants voire à la pénurie] dans les stations, sont importants.
Dernière modification par pierre783 le 11 juil. 2008, 16:53, modifié 2 fois.

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Glycogène
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Re: [Taux de déclin] -8% ou plus n'est pas à exclure

Message par Glycogène » 11 juil. 2008, 13:32

Excellent, à passer en article après correction ?


*** suite du message effacé suite à fausse manip de la modération désolé***

the_oliver_2000
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Re: [Taux de déclin] -8% ou plus n'est pas à exclure

Message par the_oliver_2000 » 11 juil. 2008, 15:26

Très intéressant merci.

Je viens de tomber par hasard sur cette citation de Margerie qui corrobore les 8%.

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pierre783
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Re: [Taux de déclin] -8% ou plus n'est pas à exclure

Message par pierre783 » 11 juil. 2008, 16:48

Glycogène a écrit :Excellent, à passer en article après correction ?
Merci, j'ai corrigé l'erreur. J'avais supprimé la phrase entre parenthèses car je ne la comprenais pas.

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Re: [Taux de déclin] -8% ou plus n'est pas à exclure

Message par mrlargo » 11 juil. 2008, 20:12

Excellent, à passer en article après correction ?
Je bascule ce sujet dans contribution.

Je serais perso favorable à sa publication.

Mais avant de publier la traduction, il va falloir demander l'accord de l'auteur.
La différence entre l’amour et l’argent, c’est que si on partage son argent, il diminue, tandis que si on partage son amour, il augmente. L’idéal étant d’arriver à partager son amour avec quelqu’un qui a du pognon.
(Philippe Geluck)

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pierre783
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Re: [Taux de déclin] -8% ou plus n'est pas à exclure

Message par pierre783 » 11 juil. 2008, 20:39

mrlargo a écrit : Je serais perso favorable à sa publication.

Mais avant de publier la traduction, il va falloir demander l'accord de l'auteur.
OK pour moi. Simplement, j'ai fait une traduction rapide pour ouvrir le débat, je ne sais pas si elle a la qualité d'un article.

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