Pétrole : Quels Coûts ?

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Pétrole : Quels Coûts ?

Message par epe » 29 juil. 2006, 14:06

Nico_ a écrit :Il ne comprend absolument pas par exemple le fonctionnement de prise de décision de mise en exploitation d'un champ pétrolier, pourquoi on le fait ou au contraire pourquoi on ne le fait pas...
Ca m'intéresserait aussi note, tu ne pourrais pas nous faire un petit résumé, pour le WIKI par exemple? :)
-Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que de risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas.
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Message par Nico_ » 29 juil. 2006, 16:03

Pour faire court, l'industrie pétrolière est une industrie à cycle très long, de 10 à 20 ans, presque celle qui a les cycles les plus longs. Seul le nucléaire a des cycles plus long en fait.

Un cycle industriel est le temps entre le moment où un dirigeant décide d'un investissement, ici souvent plusieurs milliards de dollars, et le moment où l'installation résultante fermera, faute d'être économique opérationnellement.
Chez nous, cela prend typiquement 15 à 20 ans pour les grands projets.

On distingue notamment les coûts d'investissement, massifs, comme pour construire une raffinerie, un pipeline une plateforme des coûts d'opérations (payer le rig de forage au jour le jour, le bâteau de soutien, les vols d'hélicoptères, etc...).

Pour lancer un investissement donc, il faut s'assurer que l'on va faire une plus-value sur cettte investissement et à terme d'une dizaine d'année.

Prennons un exemple :
Vous savez peut-être que Gazprom est en train de choisir ses partenaires pour le lancement de la phase I de dévelopment du champ à gaz Shtokman, situé à 650 km au nord de Mourmansk en mer de Barents, en zone Russe.
Gazprom possède la licence d'exploitation (elle a le monopole pour le gaz en Russie).
Ensuite, elle va choisir des partenaires ( 5 ont été préselectionnés : Total Norsk Hydro, Statoil, Chervron Texaco, ConocoPhillips) qui vont prendre une part dans le champ. Gazprom restera à 51% et la somme des deux ou trois partenaires finaux sera de 49%. Par exemple, ca pourrait être Norsk Hydro 15%, Statoil 10%, Total 5%, Chevron 8% et ConocoPhillips 11%.
Ainsi chaque compagnie fournit sa part dans l'investissement initial. Ici, pour la phase I plus de 10 milliards de dollars, à mon avis, le montant final sera quelque chose comme 20 milliards de dollars.

Cette somme est soit empruntée sur le marché à des banques ou à des fonds d'investissements (Londres, New York) jusqu'à 70% et les 30% restants sont financés par augmentation de capital, en emttettant des actions ( ce que Gazprom ne peut pas faire, par exemple, n'étant pas côtée, elle ne peut que financer par de la dette).

On appelle ca un financement 30% equity, 70% debt.

Cette somme n'est pas forcémet réunie en cash à un moment T comme pour un prêt personnel mais les versement vont s'échelonner dans le temps, selon les besoin de dépenses du projet.

Au court de la phase de montage du projet (ici 7 à 8 ans) on mets en place les infrstructures : plateforme offshore, construction des rigs de forage, des bateaux de soutiens, des aéroports et héliports, des ports et bases logistique. On met aussi en place les infrastructures des principaux sous-traitant (Halliburton, Schlumberger, ...).
On installe aussi les pipelines de transport, l'usine de liquéfaction du Gaz. On passe commande des Tanker de Gaz liquifiés auprès de constructeurs, etc...
Tout cela est construit partout dans le monde par une multitutde de sous-traitants et de constructeurs. Ils ne peuvent le faire qu'à condition que leur plan de charge ne soit pas saturé (ie que d'autres clients n'aient pas passé commande avant vous et saturent ainsi les outils de productions, cela vous contraindraient à investir dans un outil de production, un bassin de production de bâteau par exemple et avoir des surcoûts importants).

Il fat aussi s'assurer qu'on aura un marché pour écouler la production escomptée qui est évalué par les ingénieurs réservoir et process. Ici, le gaz sera vendu principalement sur le marché américain avec des contrats de fourniture à long terme et le reste ser vendu partout dans le monde sur le marché "Spot" (celui dont les prix font la couverture des journaux mais qui est en fait marginal).
ConocoPhillips et Chevron peuvent ici assurer l'ouverture du marché américain grâce à leur réseau de distribution (réseau de pipeline et usine de regaséification sur les côtes du golfe du Mexique).

Pour se lancer dans un investissement il faut s'assurer principalement qu'il y aura un marché solvable : un réseau de distribution, que la production ne soit pas saturé par le reste du marché, ce qui provoquerait une chute des prix et donc un projet non rentable à l'arrivée avec parfois faillite de la compagnie à suivre.

Par exemple en 1986, il y a une chute énorme des cours du brut spot due au fait que la production mondiale était en surcapacité de 10 millions de barrils par jour. Il n'était donc plus intéressant d'investir dans ce contexte. Aujourd'hui, c'est le contraire, on a une grosse demande et il redevient très intéressant d'investir, au risque de saturer de nouveau le marché dans 15 ans... ce qui dépend de la production certe (et ici, Cochet a raison de mentionner la "déplétion", la baisse de la production des vieux champs aujourd'hui en production) mais cela dépend aussi de la demande qui peut chuter plus vite que la production.

Si des pays émergeants faisaient rigoureusement faillite à cause de prix du pétrole trop élevé pendant deux trois ans (disons autour de 200 dollars...), quelle demande de consommation peut-on escompter d'eux dans 15 ans ?
Si on fait le mauvais pari, on perd à l'arrivée...
Voilà pourquoi on se lance moins vite dans un investissement pétrolier que pour acheter un hamburger chez McDo.
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Message par AJH » 29 juil. 2006, 16:23

@Nico
Intéressant, ca mérite bien le wiki.
Question
A t-on une idée pour le gaz et pour le pétrole des prix pratiqués sur les contrats à long terme et les % spot/long terme?
Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée ( Victor Hugo )
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Message par Nico_ » 29 juil. 2006, 18:02

Oui, on peut avoir une idée...
Je ne les ai pas en tête et ca dépend beaucoup des endroits puisque le gaz n'est pas encore un marché mondial pour des questions de transports.

En gros, si je veux vendre du pétrole, je le produit, je le "process" (séparation de l'huile, du gaz et de l'eau) et je le charge dans un tanker.
A ce moment, j'appelle Londres ou New York et je le vends aux enchères sur le marché...

Pour le gaz, il n'y a pas encore l'équivalent du tanker (enfin si le méthanier de gaz liquifié mais pas encore à la même échelle, ca va venir dans les quinze prochaines années). Le gaz est transporté par pipeline qui ont une longueur limitée, ce qui donne un marché régional.

Par exemple les pipelines qui viennent des champs de Sibérie de l'Ouest et qui approvisionnent l'Europe (cf. l'histoire de la coupure des fournitures aux Ukrainiens en janvier).

Il va devenir mondial avec l'arrivée en production du champ de North Field au Qatar (8 trains de liquéfaction à terre) et plus tard de Shtokman offshore en Russie. Ces deux champs les plus gros du monde vont être mis en production avec des usines de liquéfaction près des sites de production. Le gaz produit pourra donc être vendu partout dans le monde.
Je sais qu'on a négocié les contrats avec le Qatar pour les 25 prochaines années par exemple mais je ne connais pas les prix et je pense que c'est confidentiel...

Pour le prix de vente actuel sur le marché européen (qui n'est pas un marché spot mais un marché de contrats long terme), je peux demander la semaine prochaine. Je peux juste vous dire que même si les contrats sont à long terme, les prix sont régulièrement renégociés et qu'on vend notre gaz 70% plus cher cette année que l'année dernière.

Pour le prix américains, c'est un marché spot pur... les courbes de prix sont disponibles un peu partout sur le net.
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Message par th » 29 juil. 2006, 19:54

Nico_ a écrit :Ainsi chaque compagnie fournit sa part dans l'investissement initial. Ici, pour la phase I plus de 10 milliards de dollars, à mon avis, le montant final sera quelque chose comme 20 milliards de dollars.
Pour enfonser le clou, dans le monde il y a quelques temps (5/6/2006) ils ecrivaient que
Le Monde a écrit : A elle seule, la mise en valeur des immenses réserves de la péninsule de Iamal exigera 65 milliards de dollars d'investissements ! Gazprom a beau être en meilleure santé financière qu'il y a dix ans, la somme est considérable pour une entreprise qui investit peu (12 milliards de dollars entre 2000 et 2006, une somme très inférieure aux investissements des majors). Elle achète beaucoup (pour 30 milliards de dollars, dont la moitié pour l'achat de la société pétrolière russe Sibneft) et ses coûts d'exploitation ne cessent d'augmenter (+ 30 % en 2004). Sans un partenariat avec des sociétés occidentales dotées de la technologie nécessaire, il lui sera impossible d'assumer ses projets.
A propos, sais tu d'ou viens la différence e tre les 10 Md£ dont tu parles et mes 65 Md$ dont parle 'Le Monde'? :-k
Dernière modification par th le 29 juil. 2006, 21:43, modifié 1 fois.

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Message par franck1968 » 29 juil. 2006, 21:08

@Nico_ ce que tu nous raconte est très intéressant, d'ailleurs je ne suis pas bien sûr que tu ne sois pas tenu au secret professionnel.
Je ne comprend pas ce que tu reproche exactement à Cochet sur son catastrophisme vis à vis du pétrole.
Alors que tu dis toi même que l'industrie pétrolière n'est ni plus ni moins qu'une industrie capitaliste.
Je ne trouve pas juste de reprocher à Cochet de ne pas être un professionnel du pétrole.
Il connaît peut être pas les subtilités que tu peut connaître mais sur le forum également je pense qu'il n'y a pas une majorité de pro du pétrole, est ce que cela empêche la prise de conscience du problème ?

Nico_ a écrit
Pour le dire autrement, il a une connaissance vaguement théorique, de "salon" du pétrole et non pas un vécu d'industriel pétrolier.

Il ne comprend absolument pas par exemple le fonctionnement de prise de décision de mise en exploitation d'un champ pétrolier, pourquoi on le fait ou au contraire pourquoi on ne le fait pas...

Il essaye d'instrumentaliser une théorie, celle de Hubbert, qui n'est pas infondée, mais n'en demeure pas moins qu'une théorie, à des fins strictement politiciennes.
Alors que tu expliques qu'il n'y a pas de différence entre les investissements en pétrole où par exemple la prise de décision pour construire une usine d'assemblage d'automobile au brésil par exemple sauf sa durée peut être et encore.
Les considérations sont les mêmes que pour tout investissement capitaliste et je suis d'accord les mêmes études de marché solvable, calcul de retour sur investissement.
Sinon pas d'investissement.

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Message par Nico_ » 29 juil. 2006, 22:50

@th : la différence vient probablement du fait que je ne parle que de ce qu'on appelle l'investissement de phase I, c'est-à-dire pour la mise en production du champ pour une quinzaine d'année.
Le Monde parle visiblement de tous les investissements qui seront fait sur Shtokman au cours de la vie du champ, soit pour les 50 prochaines années...

@franck1968 : Rien ne relève du secret professionel dans ce que je viens de dire, ne t'inquiète pas.
Ce que je reproche à Cochet, c'est son "ton" catastrophiste. En fait, disons que je ne lui reproche pas vraiment, il le fait exprès et il sait pourquoi il le fait.
Son objectif est de faire prendre conscience à la "masse", à l'automobiliste lambda, que le pétrole, la voiture, le mode de vie à l'occidental n'est pas un acquis et qu'il ne faut pas croire que la croissance économique va continuer toujours.
Entièrement d'accord là-desssus.

Là où je ne le suis pas, c'est quand il dit qu'il va fallir rationner les riches pour que les pauvres aient plus accès à la consommation. Et je suis ici d'accord avec le type du Figaro qui parle de liberté... Il faut que les riches restent décent dans leur comportement et n'aillent pas faire du tourisme dans l'espace (coût énergétique intéressant) ou aillent passer leur vacances aux Bahamas. Mais à l'inverse, il faudra bien que 1,5 milliard de Chinois et 1 milliard d'Indiens comprennent qu'il est matériellement impossible qu'ils atteignent notre niveau de vie actuel durablement. C'est peut-être injuste mais c'est ainsi. On n'a tout simplement pas les ressources.

Je n'aime pas trop non plus son ton péremptoire, genre énarque donneur de lecons, du type qui connait tout sur le pétrole alors qu'il n'a certainement jamais mis les pieds sur un rig de forage et la facon dont il énonce comme argument massue le second principe de la thermodynamique. Il me fait penser aux médecins des pièces de Molière.

Ceci étant dit, je suis assez d'accord avec son message de fond : les champs géants découverts dans les années 60-70 sont en train de piquer un peu partout dans le monde.
Ce qu'il ne sait pas, c'est que moyennant des investissements certes importants, on peut encore les faire produire au plateau pendant au moins une ou deux décennies. Investissement aujourd'hui impossibles parce que les compagnies nationales ont instauré des monopoles (Pemex au Mexique, Saudi Aramco, NIOC en Iran, etc...).
Ces pays sont très endettés, n'ont pas de fonds propres et refusent les investissements occidentaux. Là est l'impasse. On est en train de payer le deuxième effet Kiss Cool de la guerre OPEP-occident des années 70-80.
Tout cela n'étant pas sans rapport avec la situation politique générale au moyen-orient, soit dit en passant...

C'est ici le message des fameux "terre-platistes" que vous dénoncez, mais ils n'ont pas complètement tort. Ils ont un peu raison, un peu tort, en fait...

Pour ce qui est du fait que l'industrie pétrolière est très capitaliste, c'est un fait... Pour mener à terme un projet pétrolier, il faut immobiliser beaucoup de capital. C'est ainsi, ca n'est ni bien ni mauvais en soi.

Pour ta dernière remarque, il y a quand même une différence avec l'ouverture d'une usine de voiture et elle est politique. Le pays sur lequel se trouve le champ recueille des royalties et peut t'empécher d'investir ou soudainement nationaliser, etc...
En clair, un investissement pétrolier dans l'amont est beaucoup plus risqué politiquement qu'un investissement industriel classique.
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Message par psychic » 29 juil. 2006, 23:04

Nico_ a écrit :Pour lancer un investissement donc, il faut s'assurer que l'on va faire une plus-value sur cettte investissement et à terme d'une dizaine d'année.
Quel niveau d'assurance doit on atteindre quand on sait que le pétrole ou le gaz sont des ressources stratégiques (plus pour le pétrole) qui ont été l'une des raisons majeures des guerres du 20ème et du début du 21ème siècle ? Et quand on sait que ces ressources sont à la base de la révolution verte ?

Dans un monde où régne la monnaie papier et où des intances gouvernementales servent de filet de sécurité voire manipulent directement des compagnies par injections discrètes de capitaux et existe même une collusion entre le pouvoir et les corporations, il y a-t-il lieu de parler de niveau assurance ?

Ne devrions nous pas parler plutôt de contrôle des ressources au lieu d' "assurance de faire une plus-value" sans nier l'imporatnce de cette dernière dans une optique purement capitaliste ?
__________
Nico_ a écrit :mais cela dépend aussi de la demande qui peut chuter plus vite que la production.
Parrions que non dans un contexte de compétition globale (Chine, Inde, Russie, US, EU, Japon...) Ce qui va chuter plus vite c'est le nombre de pays capables de s'offrir la précieuse marchandise : l'inégalité grandissant entre la base et le haut de la pyramide.
Exclu du scénario le cas d'une compétition globale armée.
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Message par greenchris » 29 juil. 2006, 23:20

Nico_ a écrit : Pour ta dernière remarque, il y a quand même une différence avec l'ouverture d'une usine de voiture et elle est politique. Le pays sur lequel se trouve le champ recueille des royalties et peut t'empécher d'investir ou soudainement nationaliser, etc...
En clair, un investissement pétrolier dans l'amont est beaucoup plus risqué politiquement qu'un investissement industriel classique.
Hmm, et Renault qui construit la Logan en Iran ?? Ce ne sont pas les mêmes sommes en jeu, d'accord, mais l'industrie automobile peut rencontrer le même genre de soucis.
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Message par greenchris » 29 juil. 2006, 23:23

Nico_ a écrit : Je n'aime pas trop non plus son ton péremptoire, genre énarque donneur de lecons, du type qui connait tout sur le pétrole alors qu'il n'a certainement jamais mis les pieds sur un rig de forage et la facon dont il énonce comme argument massue le second principe de la thermodynamique. Il me fait penser aux médecins des pièces de Molière.
Et les économistes qui disent qu'il suffit d'investir pour s'en sortir, qui citent les sables bitumineux ?? Tu crois qu'ils ont été sur place ?

Ceci mis à part, merci pour ces explications très pointues qui sont enrichissantes pour tous et moi le premier.
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Message par Nico_ » 29 juil. 2006, 23:43

@psychic : oui et non. Tu n'es pas à la place de l'investisseur et je t'assure que si tu avais à investir 10 milliards de dollars en Russie demain, tu y réfléchirai à 2 fois...

Les Etats ne renflouent pas les corporations qui font faillite, du moins pas les entreprises privées...

On peut aussi parler de contrôle des ressources en effet mais pas au niveau de l'investisseur ou de l'opérateur. Le gouvernement américain a le soucis du contrôle des ressources et de la sécurité des approvisionnement. C'est pour cela qu'il possède la première marine et armée du monde et a une présence militaire très forte dans le golfe persique...

L'objectif d'une majpre pétrolière, je le répète, est uniquement de faire gagner de l'argent à ses actionnaires, pas de "contrôler" les ressources, du moins pas directement.

Pour ce qui est de ta deuxième remarque, je maintiens qu'il est très difficile d'anticiper la demande à plus de 5 ans. Un conflit général pour l'accès aux ressources peut très bien précéder une lourde chute de la demande. On peut passer à d'autre énergies : gaz ou charbon liquéfié, etc...

@greenchris : bon exemple en effet, mais avoue que c'est marginal...
Les opportunités d'investissement dans l'amont sont majoritairement situées dans des pays à fort risques politique. Ce n'est pas le cas des autres indutries.
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Message par Nico_ » 29 juil. 2006, 23:51

greenchris a écrit : Et les économistes qui disent qu'il suffit d'investir pour s'en sortir, qui citent les sables bitumineux ?? Tu crois qu'ils ont été sur place ?

Ceci mis à part, merci pour ces explications très pointues qui sont enrichissantes pour tous et moi le premier.
Les économistes de la "terre-plate" sont aussi des théoriciens de salon, en effet. Mais, ca ne veut pas dire qu'ils ont forcémen tout faux, pas plus que Cochet.

Les sables bitumineux ne remplaceront pas la production du Moyen-Orient à court terme. Mais les réserves estimées, estimées seulement pas prouvées, sont énomes.
On verra bien si on arrive à les produire... Only Doctor Drill knows for sure :-)
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Message par koogan » 30 juil. 2006, 07:01

Nico_ a écrit :et la facon dont il énonce comme argument massue le second principe de la thermodynamique.
Parce que c'est faux ? Quand ça coûtera (énergétiquement parlant) un barril de produire un barril, on continuera à produire ? Suis pas du tout convaincu...
Nico_ a écrit :Ce qu'il ne sait pas, c'est que moyennant des investissements certes importants, on peut encore les faire produire au plateau pendant au moins une ou deux décennies.
C'est la première fois que j'entends ça de la part d'un insider. Les autres, ceux qui sont sortis (qui ne sont ex-insiders et qui ne risquent plus rien) ne disent absolument pas ça... étonnant.
Je connais un ingénieur, qui bosse chez Total et qui a été, entre autres, trader. Je vais lui soumettre le problème...
Dernière modification par koogan le 30 juil. 2006, 07:05, modifié 1 fois.

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Message par koogan » 30 juil. 2006, 07:03

Nico_ a écrit :Les économistes de la "terre-plate" sont aussi des théoriciens de salon, en effet. Mais, ca ne veut pas dire qu'ils ont forcémen tout faux, pas plus que Cochet.
Ils ont forcément tout faux de penser qu'une planète aux ressources finies peut engendrer une croissance infinie.

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Message par franck1968 » 30 juil. 2006, 09:20

Nico_ a écrit
Ce qu'il ne sait pas, c'est que moyennant des investissements certes importants, on peut encore les faire produire au plateau pendant au moins une ou deux décennies.
Euh, là il me semble que c'est déja le cas par exemple pour Ghawar, Où toutes les techniques sont utilisés pour maintenir sa production. (injection de 6 mb/j d'eau de mer)
il me semble me souvenir que dans le bouquin de J-L Wingert (sous contrôle de Laherrere (a qui on ne peut pas reprocher d'être un théoricien de salon)) dit que les techniques sont maitrisé par les ingénieurs et techniciens partout dans le monde (puits paralléles, injection d'eau ...) qui sont classées en 3 phases, je crois, mais précise si je me trompe et que ces techniques sont maitrisées depuis les années 80 et qu'il n'y a rien de nouveaux vus que toutes ses techniques sont déja mis en oeuvre, donc pourrais tu t'expliquer davantage sur ce que tu entends comme "investissements certes importants, on peut encore les faire produire au plateau pendant au moins une ou deux décennies".

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