Gaz vert en France (perspectives toutes filiéres)

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Gaz vert en France (perspectives toutes filiéres)

Message par energy_isere » 26 févr. 2014, 15:25

On a parlé dans une autre fil de Gaz par méthanisation ,
dans un autre de Gaz par méthanation,
on a parlé aussi de Gaz depuis les algues et de gazeification.

un synthése des perspectives pour la France :
GrDF révèle le potentiel de production du 'Gaz vert' en France

26 fev 2014 enerzine

GrDF a publié récemment deux nouvelles études qui permettent d'observer combien de gaz naturel pourrait être remplacé à terme en valorisant des ressources renouvelables.
Le réseau de distribution de gaz est exploité par GrDF pour le compte de 9 350 communes. Aussi, l'injection de biométhane - gaz renouvelable - dans le réseau de gaz naturel existant pourrait constituer un atout pour les différentes filières.

Le biométhane remplace le gaz naturel dans tous ses usages : "chauffage, cuisson, … et même carburant". Il se développe aujourd'hui grâce à une technologie mature : la méthanisation de déchets ménagers ou agricoles. Forte de son agriculture et de son industrie agroalimentaire, la France pourrait développer jusqu'à 210 TWh de gaz vert par méthanisation, soit près de 40% de la consommation actuelle de gaz naturel.

Image

Demain, la gazéification de biomasse permettra de transformer en biométhane des ressources sèches et ligneuses (bois, paille). Grâce au trés bon rendement de ce procédé, 50% supérieur à la filière de biocarburant liquide de 2ème génération, un stère de bois suffirait pour parcourir 3.000 km avec un véhicule individuel, en s'appuyant sur une ressource locale et durable. Les ressources forestières de la France en font un territoire propice au large déploiement de cette technologie, amorcé dans le cadre de projets pilotes. Le potentiel de production se situerait ainsi à 100 TWh en 2020 et jusqu'à 280 TWh en 2050, soit plus de 50 % de la consommation actuelle.

À plus long terme, les microalgues apporteraient un nouveau potentiel de production de biométhane. Elles sont cultivées au moyen de procédés industriels qui utilisent la lumière du soleil : "en recyclant le CO2, les nitrates et les phosphates émis par exemple par une installation industrielle, elles génèrent des composés à haute valeur ajouté (nutriments, oméga 3…) et pour le reste peuvent être méthanisées pour produire du biométhane."

Cette "troisième génération" de gaz verts intervient ainsi indirectement dans le traitement de certaines pollutions. La France dispose d'une trentaine de laboratoires et d'autant d'entreprises qui contribuent aux efforts de R&D nécessaires à la diminution des coûts et à l'augmentation de la productivité des cultures. En identifiant les différents facteurs de succès de cette technologie, la production de biométhane à partir de microalgues pourrait être de 1 à 10 TWh à l'horizon 2020 en fonction des surfaces accessibles et atteindre plus de 20 TWh en 2050.

Toutes ces filières sont complémentaires. Certains, comme l'association Negawatt ou l'ADEME, imaginent même parfaire le verdissement du gaz par la transformation des excédents d'électricité renouvelable en hydrogène ou en méthane de synthèse par méthanation, également injectables dans les réseaux.

Le potentiel total de ces différentes filières est ainsi estimé entre 400 et 550 TWh. Or, la consommation actuelle de gaz en France s'élève à 520 TWh (2011). Ainsi, on peut imaginer, en l'état actuel des connaissances, des scénarios où le gaz distribué et consommé en France serait 100% renouvelable et local à l'horizon 2050. Le réseau gaz deviendrait un vecteur de gaz vert, au bénéfice de la transition énergétique et des ambitions énergétiques des territoires.

► Biométhane de gazéification 2020 et 2050 (.pdf) : ici

► Biométhane de microalgues 2020 et 2050 (.pdf) : ici
http://www.enerzine.com/12/16969+grdf-r ... ance+.html

cliquez les liens pdf dans enerzine.

Ca parait un peu trop beau ......

Lansing
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Re: Gaz vert en France (perspectives toutes filiéres)

Message par Lansing » 26 févr. 2014, 17:42

merci pour le lien.
Je n'avais pas vu ta réflexion à la fin avant de lire mais c'est exactement ce que je me suis dit.
J'ai lu le pdf sur l'étude n°2 du biomethane. Il a le mérite de synthétiser la majeure partie des connaissances actuelles.
Mais les mises en garde du prologue peuvent laisser le lecteur sceptique sur l'avenir de cette filière industrielle, inexistante aujourd'hui avec l'arrêt d'activité de Greenfuel aux usa.
En effet le rédacteur du préambule admet qu'il n'y a à l'heure actuel aucun moyen de prédire ce qui se passera dans 20 ou 30 ans. Ce qui laisse dubitatif sur une autosuffisance en gaz en France annoncée à l'horizon 2050.
...
la filière microalgues n’est pas mature pour la production d’énergie ou la
bioremédiation d’effluents. La maîtrise technique à échelle industrielle n’est pas assurée, certains verrous
techniques nécessitent d’être levés par de la R&D et la viabilité économique d’un tel projet n’est pas encore
démontrée.
...
De plus les principaux acteurs, voir les seuls, de la recherche en France sur le sujet ne font pas partie de cette étude.
Pour info MAAF, ce n'est pas l'assureur mais le ministère de l'agriculture.
Il suffit de lire la page 13 du rapport pour comprendre qu'avant de pouvoir être auto-suffisant en gaz avec ce procédé il va s'écouler beaucoup d'eau dans les ponds ou les bioréacteurs.
Dernier point, ce système avec lequel on pensait pouvoir se débarrasser du CO2 en excès est en réalité extrêmement polluant. Que ce soit avec les ponds en système ouvert ou avec les réacteurs en système fermé mais consommant énormément d'énergie.
...
Production de BioBrut par liquéfaction hydrothermale...
Cette réaction se fait à haute température (250 – 350 °C) et sous forte pression (100 – 200 bars)...
Le truc qui m'est venu à l'esprit en lisant ce rapport est la manière dont on nous a vendu ITER.
Je conseille tout de même la lecture, c'est intéressant. Il fait moins de 50 pages, le reste sont des annexes.
Une des dernières phrases :
...
L’exercice démontre l’impact majeur de l’amélioration des rendements de production et de conversion qu’il est
possible d’envisager d’ici 2050. L’accès à ces améliorations reste néanmoins conditionné par un effort de
recherche important qui sera a même de générer des ruptures techniques et économiques indispensables au
développement de ces technologies à l’horizon 2050.
...
Bref, on est pas sorti du sable.

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