https://www.connaissancedesenergies.org ... ure-251204Nucléaire: le projet Cigéo franchit une étape clé vers le stockage des déchets radioactifs à Bure
Connaissance des Énergies avec AFP le 04 décembre 2025
Le projet de Cigéo à Bure (Meuse), où doivent être enfouis à partir de 2050 les déchets nucléaires les plus dangereux, a franchi jeudi une étape clé avec la publication de l'avis technique du gendarme du nucléaire, qui juge ses conditions de sûreté "satisfaisantes" en l'état.
Avec cet avis, fruit de 30 mois d'expertise et d'instruction, le projet peut désormais être soumis aux consultations obligatoires de l'enquête publique, attendue à l'automne 2026.
Il reviendra ensuite au gouvernement de délivrer l'autorisation de création du site à travers un décret pris en Conseil d'État, au mieux en 2028.
"C'est une étape clé, très importante, mais ce n'est pas la fin de l'histoire", a déclaré à l'AFP Pierre Bois, directeur général adjoint de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). De fait, bien des phases techniques et réglementaires jalonneront ce projet hors norme qui doit s'étaler sur 150 ans, de sa construction jusqu'à la fermeture définitive du stockage vers 2170.
Lancé en 1991, le projet Cigéo, contesté par des écologistes et des associations locales, doit accueillir à 500 mètres sous terre des déchets de centrales nucléaires devant rester hautement radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années. Au total, 83.000 mètres cubes, dont la moitié déjà produits, sont destinés à reposer dans des alvéoles. Ces tunnels de stockage accueilleront les déchets les plus nocifs, à "haute activité", ainsi que les déchets dits de "moyenne activité à vie longue".
Cet avis, présenté jeudi au Parlement, apporte un éclairage technique sur le dossier de demande de création, déposé début 2023 par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), mais sans constituer "un feu vert", a souligné l'ASNR.
"Sur de nombreux points", l'évaluation préliminaire de sûreté présentée par l'Andra dans son dossier est "satisfaisante", donc conforme aux attendus réglementaires, a déclaré Pierre Bois, devant les parlementaires de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.
Pour autant, "d'autres compléments" devront ensuite être apportés par l'Andra à l'occasion des grands jalons du projet et jusqu'à la mise en service progressive de Cigéo prévue à l'horizon 2050 avec le dépôt des premiers colis radioactifs.
- "Sentiment du fait accompli" -
Parmi les sujets de vigilance identifiés, certains portent sur la performance des ouvrages de scellement bouchant les galeries souterraines, la vitesse de corrosion des conteneurs métalliques contenant les déchets "haute activité", la maîtrise du risque d'explosion dans les alvéoles et la maîtrise du risque d'incendie en cas de stockage de colis de déchets bitumés, des boues radioactives conditionnées dans du bitume et qui présentent un risque d'échauffement.
"Malgré toutes ces lacunes, vous donnez un avis favorable et vous demandez à l'Andra de faire cette démonstration (de sûreté) plus tard", y compris après le lancement de la construction, s'est étonné le député LFI Maxime Laisney, membre de l'Opecst, en évoquant une situation qui "renforce le sentiment du fait accompli".
Au contraire, cet avis n'est pas "un chèque en blanc", a souligné auprès de l'AFP, Lydie Evrard, directrice générale de l'Andra, qui "s'est engagé" à apporter des réponses "par étapes" et à les communiquer "en transparence". Après "30 ans d'expérimentation et d'études de sûreté (...) c'est un travail de longue haleine qui se poursuit", a-t-elle ajouté.
En cas de feu vert, le projet débutera par une phase pilote "permettant de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l'installation, notamment par un programme d'essais", précise la loi.
Le site a été pensé pour accueillir les déchets existants et futurs des installations nucléaires déjà autorisées à fin 2016, ce qui comprend les réacteurs actuels d'EDF dont l'EPR de Flamanville, les sites d'Orano (cycle du combustible) et du CEA (recherche), mais pas les déchets des six nouveaux réacteurs que le gouvernement veut construire. Si bien que toute extension de capacité devra faire l'objet d'une nouvelle autorisation.
La France a fait le choix d'un stockage dans une couche géologique argileuse profonde, âgée de 160 millions d'années, censée garantir la protection radiologique, tandis que la Suède et la Finlande ont opté pour un terrain granitique.
CIGEO le stockage des déchets nucléaire ultime
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https://www.connaissancedesenergies.org ... e-260216-0Déchets nucléaires: une "bombe" désamorcée au domicile d'un ingénieur du projet d'enfouissement de Bure
Connaissance des Énergies avec AFP le 16 février 2026
Une bombe a été désamorcée au domicile d'un ingénieur de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), a déclaré lundi le maire de la commune, une action revendiquée par des opposants au projet d'enfouissement de Bure (Meuse).
L'engin a été désamorcé vendredi près d'un cabanon de jardin appartenant à l'ingénieur dans la commune de Liffol-le-Grand (Vosges), a déclaré à l'AFP le maire, Cyril Vidot, confirmant une information du journal L'Est républicain.
Le parquet d'Epinal a ouvert une enquête, a indiqué à l'AFP le procureur de la ville, Frédéric Nahon.
"Les investigations menées par la brigade de recherches de Neufchâteau se poursuivent pour identifier le ou les auteurs et leurs mobiles", a-t-il ajouté.
Une revendication, publiée sur le site anarchiste infoLibertaire.net, évoque "une bombe de faible intensité (...), un dispositif incendiaire qui provoque l'explosion d'une ou plusieurs cartouches de gaz".
Le texte assure que cette action "n'a mis personne en danger".
Elle qualifie l'ingénieur visé de "mafieux du nucléaire" en tant que l'un des responsables du projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs sur le site de Bure.
"C'est inacceptable. On ne peut pas s'en prendre à l'entourage, à la famille", a dénoncé M. Vidot.
L'ingénieur ciblé a porté plainte et l'Andra va déposer plainte également dans la journée, a déclaré le directeur industriel de l'agence nationale, Patrice Torres.
"Ca dépasse ce que nous avions jusqu'à présent pu subir. On a déjà eu du matériel et des équipements auxquels des opposants au projet avaient mis le feu (...) mais là, on est sur tout autre chose, c'est encore une étape supérieure où on vise individuellement un collaborateur, et on va le viser en plus chez lui", a déploré M. Torres.
L'ingénieur pris pour cible avait déjà fait l'objet par le passé d'un jet de farine et son domicile avait été tagué, a-t-il précisé.
Dans un courriel adressé aux médias, la coordination d'opposants Stop Cigéo a tenu à rappeler lundi qu'elle "n'a jamais cautionné et ne cautionnera jamais l'atteinte ou les tentatives d'atteinte aux personnes".
Lancé en 1991, le projet Cigéo a fait l'objet d'une reconnaissance d'utilité publique en 2022.
Il pourrait accueillir au moins 83.000 m3 de déchets hautement radioactifs à 500 m dans le sous-sol argileux de Bure d'ici à 2035-2040.
Entre 700 et 2.000 personnes ont encore manifesté sur place contre le projet en septembre, sous haute surveillance policière.