L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

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L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par krolik » 16 août 2010, 09:21

Une bonne nouvelle pour Greenpeace.
Un meilleur client pour EDF...
@+
Allemagne: arrêt de réacteurs nucléaires ?

15/08/2010 – AFP par Figaro.fr - Greenpeace a mis au défi, aujourd'hui, les fournisseurs d'électricité allemands d'éteindre immédiatement huit réacteurs atomiques vétustes, comme ils en ont menacé le gouvernement, qui veut introduire une taxe sur le combustible nucléaire. EON, RWE, Vattenfall et EnBW négocient actuellement avec le gouvernement allemand sur cette taxe qui doit être mise en place en échange d'un report de la date prévue pour l'arrêt des 17 centrales nucléaires allemandes, fixée à 2020 environ.

Les quatre opérateurs de centrales ont menacé, selon l'hebdomadaire Der Spiegel à paraître lundi, de fermer immédiatement tous les réacteurs si les modalités de ce nouvel impôt, qui doit rapporter plus de 2 milliards d'euros par an, étaient trop sévères. Pour au moins 8 réacteurs, les plus vétustes, "les fournisseurs d'électrictié peuvent mettre à exécution leur menace (...) sans que cela ne débouche sur des difficultés d'approvisionnement pour l'Allemagne", assure Greenpeace dans son communiqué.

Ces huit réacteurs (Alt-AKW Biblis A und B, Brunsbüttel, Neckarwestheim 1, Isar 1, Philippsburg 1, Unterweser et Krümmel) ne représentent que 5,4% des besoins allemands en électricité, affirme l'organisation écologiste, selon ses propres calculs. Elle poursuit en affirmant que les 9 autres réacteurs pourraient être fermés dès 2015, selon un document de prospective appelé "Plan B 2050", et rédigé à la demande de Greenpeace par l'institut EUTech d'Aix-la-Chapelle (ouest). "Avec ce chantage, les producteurs d'électrictié reconnaissent que les réacteurs vétustes allemands sont inutiles pour couvrir les besoins en énergie", souligne Tobias Münchmeyer, expert en nucléaire pour Greenpeace, cité dans le communiqué La fermeture immédiate de réacteurs nucléaires, "ce n'est pas une menace, c'est une bonne nouvelle", ajoute-t-il.

Selon Greenpeace, et le document "Plan B 2050", le développement de la part des énergies renouvelables permettrait de sortir complètement du nucléaire dès 2015, et de la production thermique entre 2035 et 2040, pour parvenir à une production électrique suffisante avec un bilan carbonne quasiment neutre, et à coûts réduits.
(http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/ ... eaires.php)

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire

Message par krolik » 16 août 2010, 14:06

Les producteurs allemands d'électricité renâclent..

@+
Le débat sur le nucléaire risque de gâcher les vacances d'Angela Merkel
BERLIN - Les multinationales allemandes de l'énergie risquent de gâcher les vacances de la chancelière Angela Merkel en multipliant les déclarations alarmistes sur son projet de taxe sur l'énergie nucléaire.

Le numéro deux allemand de l'énergie RWE a ainsi estimé jeudi qu'en l'état actuel du projet, la taxe amputerait de 650 millions d'euros son bénéfice net annuel, soit d'environ 18%.

La veille, le leader allemand du secteur, EON, avait annoncé que son bénéfice opérationnel annuel reculerait de 1,5 milliard d'euros maximum, ou 15%, si cet impôt voyait le jour.

"L'énergie est un secteur qui voit à très long terme et fonctionne avec des investissements lourds. Nous avons donc besoin de visibilité et de confiance (en la politique énergétique). Nous n'avons ni l'une ni l'autre", a commenté le patron de RWE, Jürgen Grossmann.

"Nous n'avons aucune visibilité sur la politique énergétique de l'Allemagne. Il faut prendre enfin des décisions", a tonné le patron d'EON Johannes Teyssen.

Les deux maîtres du marché allemand de l'électricité ont brandi la même menace: si le gouvernement les taxe trop, ils réduiront leurs investissements, notamment dans l'énergie renouvelable.

La menace a de quoi faire réfléchir la chancelière conservatrice, en congés jusqu'à la fin de la semaine. Son gouvernement de coalition chrétiens-démocrates/libéraux veut en effet doubler d'ici 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation globale du pays, de 10% actuellement.

Après sa réélection à l'automne dernier, Mme Merkel avait pourtant vécu une courte lune de miel avec les grands groupes d'énergie en décidant de repousser la date prévue pour l'arrêt des 17 centrales nucléaires allemandes, fixée à 2020 environ par ses prédécesseurs sociaux-démocrates et Verts.

Mais cette promesse tarde à se concrétiser et, surtout, le gouvernement a mis à l'étude en guise de contrepartie un impôt devant rapporter plus de 2 milliards d'euros par an, auquel seraient soumis les opérateurs de réacteurs, soit EON, RWE, EnBW et Vattenfall.

L'équipe d'Angela Merkel veut présenter en septembre son programme de politique énergétique et dévoiler le sort réservé aux centrales nucléaires ainsi que les modalités précises de la taxe.

Il n'est pas sûr toutefois que les menaces des groupes énergétiques aient beaucoup gâché les randonnées de la chancelière en Italie.

"Cette taxe verra le jour, elle est sensée et EON et compagnie y survivront très bien", assure à l'AFP Claudia Kemfert, experte du secteur de l'énergie de l'institut de recherche DIW.

"Ce ne sont pas vraiment des entreprises pauvres", ironise-t-elle, en qualifiant "d'exagérées" les pertes pronostiquées par les deux entreprises à cause de la taxe.

RWE a annoncé jeudi un bénéfice net de plus de 2 milliards d'euros au premier semestre. Chez EON, il se monte à près de 4 milliards d'euros.

Des analystes de la banque Sal Oppenheim ont calculé qu'en cas d'allongement de huit ans de la durée de vie des réacteurs, EON engrangerait des recettes supplémentaires de 12 milliards d'euros, et RWE de huit milliards.

Quant à la menace de réduire les investissements, "ce serait marquer un but contre son camp car de nombreux concurrents allemands et étrangers ne demandent pas mieux que d'investir", selon Mme Kemfert.

Elle n'en épingle pas moins Angela Merkel, qui "aurait dû présenter beaucoup plus rapidement sa stratégie".

Et de conclure que Berlin "joue la montre car le thème du nucléaire est encore très impopulaire." Selon un sondage publié fin juillet, près de la moitié des Allemands, soit 48%, refusent tout sursis pour les réacteurs.

RWE E.ON

(©AFP / 12 août 2010 14h03)

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 16 août 2010, 14:51

Krolik a écrit :
LeFigaro a écrit : ......
Selon Greenpeace, et le document "Plan B 2050", le développement de la part des énergies renouvelables permettrait de sortir complètement du nucléaire dès 2015, et de la production thermique entre 2035 et 2040, pour parvenir à une production électrique suffisante avec un bilan carbonne quasiment neutre, et à coûts réduits.
font pas leur travail les journaleux du Figaro. Sur Romandie non plus.

Ils donnent pas de lien vers cette étude Allemande plan B to 2050. :evil:

Alors grace à Greenpeace (le site allemand) on trouve :
http://www.greenpeace.de/themen/atomkra ... atomkraft/


le rapport y est : Klimaschutz Plan B 2050
http://www.greenpeace.de/fileadmin/gpd/ ... 0_lang.pdf

C' est étudié et écrit par "Eutech Energie undManagementGmbH"
Ca date déja d' il y a un an.

Malheureusement c' est en Allemand, et sans résumé en Anglais . :cry:

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par krolik » 19 août 2010, 14:47

Décisions diffiicles à prendre !
@+
Allemagne - Report de la décision de taxer le nucléaire

18/08/10 à 15:07 - REUTERS

* Décision reportée à fin septembre
Une taxe affecterait les bénéfices des groupes concernés

BERLIN/DÜSSELDORF, 18 août (Reuters) - Berlin va reporter sa décision sur l'adoption éventuelle d'une taxe sur le nucléaire, a dit mercredi le ministre allemand de l'Environnement Norbert Röttgen, ce qui laissera plus de temps pour parvenir à un accord avec les groupes concernés par ce projet controversé.

"C'est également comme cela que je le comprends", a dit le ministre également en charge de l'énergie, en réaction à une information de Reuters faisant état du report de cette décision à la fin du mois de septembre, à l'occasion de la présentation de la politique énergétique du pays pour les prochaines décennies.

Le gouvernement de la chancelière Angela Merkel avait initialement prévu de faire connaître cette décision début septembre, lors de l'annonce de nouvelles mesures d'austérité destinées à réduire le déficit du pays.

Dans le cadre de son plan d'économie de 80 milliards d'euros, le gouvernement a prévu 2,3 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires par an en provenance de l'industrie nucléaire.

Les opérateurs de centrales nucléaires, à commencer par E.ON et RWE , pourraient ainsi devoir s'acquitter d'une nouvelle taxe pour chaque gramme de combustible nucléaire utilisé (uranium ou plutonium), indique un projet de loi du ministère des Finances publié en juin.

Cette hypothèse a suscité la colère des quatre principaux groupes de services aux collectivités du pays, qui ont proposé la semaine dernière une méthode alternative de paiement en échange d'une extension de la durée de vie des centrales existantes.

Mardi, le président du directoire de E.ON, Johannes Teyssen, a déclaré qu'une telle taxe serait illégale. Les groupes concernés ont également indiqué que cet impôt affecterait leurs bénéfices, ce qui les obligerait à réduire leurs investissements et peut-être même à fermer certaines centrales.

Un report de la décision donnerait plus de temps à Berlin pour sortir de l'impasse dans laquelle il se trouve avec E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall Europe [VATT.UL], les exploitants des réacteurs nucléaires du pays.

Cela donnerait également plus de temps à ces sociétés pour obtenir davantage de détails sur le projet de politique énergétique de long terme en cours d'élaboration à Berlin, et pour trouver un moyen de relier la question de la fiscalité à leur souhait de report du projet de réduction du parc nucléaire.

Les centrales nucléaires allemandes doivent être arrêtées progressivement d'ici à 2021 après une moyenne de 32 ans d'exploitation, mais les opérateurs espèrent que le gouvernement Merkel annulera cette loi adoptée lorsque Gerhard Schröder était chancelier.

(Tom Käckenhoff et Andreas Rinke, Florent Le Quintrec pourle service français, édité par Nicolas Delame et Marc Angrand)


http://www.investir.fr/infos-conseils-b ... 276612.php

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 19 août 2010, 15:03

krolik a écrit :Décisions diffiicles à prendre !
.....
En Allemand "procrastination" se dit : Zögern ;)

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 23 août 2010, 10:40

Angela Merkel défend la taxe sur le nucléaire :

BERLIN (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel a soutenu dimanche son projet de taxation des producteurs d'énergie nucléaire, alors que l'industrie allemande s'est unie pour s'opposer à cette proposition.

Angela Merkel espère que cette taxe rapportera 2,3 milliards d'euros par an dans le cadre de son plan d'économies de 80 milliards d'euros que la chancelière allemande est déterminée à mettre en place, afin de montrer l'exemple aux autres pays de la zone euro en matière de discipline budgétaire.

"Nous avons proposé une taxe", a-t-elle déclaré lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision ZDF, son premier depuis son retour de vacances.

"Tant qu'il n'y a aucune autre proposition sur la table, (cette) taxe reste en place."

Angela Merkel a indiqué que son gouvernement discutait avec les groupes énergétiques à propos d'autres propositions possibles.

Vendredi, l'industrie a lancé une offensive contre Angela Merkel au sujet de sa proposition d'une taxe sur les producteurs d'énergie nucléaire, la pressant dans une lettre ouverte d'abandonner ce projet au risque de mettre en péril l'avenir de l'Allemagne.

Cette initiative a notamment été appuyée par des membres du propre parti démocrate chrétien (CDU) de la chancelière allemande, en plus des dirigeants des principales entreprises de services aux collectivités du pays.

CHUTE DE POPULARITÉ

Des sondages font apparaître que depuis longtemps, une majorité d'Allemands s'opposent à l'énergie nucléaire, ce qui en fait un sujet sensible pour le gouvernement Merkel qui a promis d'étendre la durée de vie des centrales nucléaires, sans toutefois décider de combien.

Le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a déclaré dimanche à la chaîne de télévision ARD qu'une prolongation de dix à quinze ans paraissait probable.

..................
http://www.boursorama.com/infos/actuali ... 577e6dd527

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 25 août 2010, 10:54

Allemagne : EnBW menace à son tour de fermer des centrales nucléaires

AFP le 25/08/2010

Le patron du groupe d'énergie allemand EnBW, dont le français EDF est grand actionnaire, menace à son tour, dans un entretien paru mercredi, de fermer des centrales si le gouvernement allemand taxe trop lourdement l'énergie nucléaire.
Je vais telephoner à Greenpeace Allemagne pour leur demander de me traduire le mot "chiche" en Allemand. :mrgreen:

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par krolik » 30 août 2010, 10:30

Le débat continue en Allemagne et pour un moment encore certainement..
@+
Allemagne: un rapport conseille de prolonger les centrales nucléaires de "12 à 20 ans"

(AFP) – 28 août

BERLIN — Un rapport d'experts commandé par le gouvernement allemand préconise une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires de 12 à 20 ans, rapportent samedi plusieurs journaux.

Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, les experts estiment qu'un allongement de 12 à 20 ans de l'existence des centrales nucléaires permettrait d'atteindre "les meilleurs effets en matière de protection climatique et sur le plan économique".

Parmi les différents scénarios de prolongement de l'exploitation des centrales qui ont été analysés, "les résultats les plus bénéfiques" se situent "entre 12 et 20 ans", citent l'hebdomadaire Focus et le quotidien Stuttgarter Zeitung.

Selon ce journal qui cite des sources proches du gouvernement, la coalition conservatrice/libérale de la chancelière Angela Merkel réfléchit à un allongement "autour de 10 ans" du fonctionnement des centrales.

Berlin avait réclamé une expertise pour préparer un nouveau projet d'orientations énergétique à l'horizon 2050, qui doit être présenté fin septembre. Le rapport lui a été remis vendredi.

La fermeture progressive des 17 centrales nucléaires allemandes avait été programmée aux environ de 2020 par la coalition formée des sociaux-démocrates et des Verts (1998-2005). Mais l'actuel gouvernement d'Angela Merkel a décidé de repousser l'abandon du nucléaire sans fixer de délai.

Selon un sondage Politbarometer rendu public vendredi, 56% des Allemands refusent que les centrales nucléaires soient exploitées au-delà de 2021.

Les Verts ont appelé à une grande manifestation anti-nucléaire mercredi à Berlin.

Mme Merkel a indiqué vendredi dans un communiqué que la part des énergies renouvelables devrait couvrir la moitié du besoin énergétique d'ici à 2050 et que l'énergie issue du charbon et du nucléaire servirait de "trait d'union" jusqu'à ce que l'approvisionnement soit assuré exclusivement par les énergies propres.

Le débat sur les conditions de sortie du nucléaire est tendu en Allemagne, face à une opinion publique opposée à l'atome et des géants de l'énergie en croisade contre un projet de taxe sur le combustible nucléaire.

Le lobby nucléaire a publié il y a une semaine une lettre paraphée par une quarantaine de patrons dont ceux de banques ou de groupes industriels pour dénoncer ce projet de taxe présenté par le gouvernement comme la contrepartie du rallongement de l'activité des centrales.

En plus de cette taxe qui devrait rapporter 2,3 milliards d'euros par an dès 2011, Mme Merkel, qui fut ministre de l'Environnement dans le gouvernement d'Helmut Kohl, a indiqué jeudi qu'il faudrait "discuter de la manière dont les entreprises de l'énergie vont contribuer au développement des renouvelables."

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par Remundo » 31 août 2010, 11:21

\:D/ Champagne ! \:D/

Mais ne pas croire ils font ça par foi dans le nucléaire... :idea:

... Juste ne pas trop s'exposer aux foudres gazières de l'Est, le temps de renforcer leurs capacités EnR... comme le suggère la fin de votre article.

Et probablement, le charbon restera fort aussi chez nos amis germains... ça c'est moins bien. :?

@+

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par krolik » 01 sept. 2010, 15:32

La politique énergétique allemande analysée par un spécialiste.
@+
http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html
La stratégie d'entreprise face à l'incertitude réglementaire
LEMONDE.FR () | 31.08.10 |

Hugues Poissonnier, professeur à Grenoble école de management et directeur de la recherche de l'IRIMA (Institut de recherche et d'innovation en management)

À l'heure où, en France, la volonté de ménager le champion national EDF avant de franchir de nouvelles étapes dans le processus de libéralisation du marché de l'énergie est manifeste (relèvement important des tarifs, affirmation du rôle de leader au sein de la filière nucléaire par le récent rapport Roussely…), les énergéticiens d'outre-Rhin déplorent un manque de visibilité des évolutions du cadre réglementaire auquel ils sont soumis. Les doutes concernent l'avenir du nucléaire, déjà largement débattu en Allemagne.

Au sein d'un marché libéralisé depuis déjà plusieurs années, la différence d'écoute par les pouvoirs publics dont bénéficient EDF d'un côté et E.ON de l'autre, interpelle. Certes, le contexte politique importe toujours en matière d'énergie et les interrogations entourant l'avenir du nucléaire allemand doivent être appréhendées dans une perspective temporelle longue (marquée par le choix allemand depuis 2002 de sortir complètement du nucléaire), mais sur le très court terme, de nouveaux doutes sont récemment venus perturber les marchés financiers.

En dépit de résultats commerciaux très encourageants et d'une politique d'investissement cohérente et bien menée, l'action de E.ON vient de perdre 20 %. Les causes de cette chute sont clairement à chercher du côté du manque de visibilité qui entoure la réglementation allemande en matière d'énergie nucléaire. Alors qu'au moment de sa réélection à l'automne dernier, Angela Merkel avait promis de revenir sur la loi visant à l'arrêt du dernier réacteur en 2022 et de prolonger la durée d'exploitation des centrales – justifiant de nouveaux investissements de la part des énergéticiens – cette durée fait aujourd'hui débat. Pire, c'est récemment une taxe sur le combustible nucléaire qui est aujourd'hui envisagée. Cette dernière, destinée à faire participer l'industrie à l'effort collectif de rééquilibrage budgétaire, devrait ramener 2,3 milliards d'euros à l'Etat fédéral.

E.ON ne serait bien sûr pas le seul touché par cette taxe. RWE, EnBW et Vattenfall contribueraient largement à l'effort envisagé. C'est toutefois à une réduction de ses profits de 1,3 à 1,5 milliards d'euros par an que s'attend E.ON dont le Pdg, Johannes Teyssen, a récemment menacé de réduire ses investissements en cas de mise en place de la taxe, dans le but de préserver la santé financière de son groupe.

TAXER LE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE, UNE FAUSSE BONNE IDÉE

Dans un secteur en pleine recomposition, où les positions de demain se gagnent aujourd'hui au terme de fusions ou de rachats de concurrents, pénaliser et affaiblir de grandes entreprises nationales est sans doute malvenu. La Grande-Bretagne peut témoigner de la possible disparition de grands énergéticiens nationaux, tous rachetés aujourd'hui par leurs concurrents français ou allemands. Les recettes fiscales visées seraient alors bien peu en comparaison des coûts sociaux, économiques et politiques associés à la disparition d'un ou plusieurs "champions nationaux".

Les français l'ont bien compris et s'il est un domaine dans lequel la stratégie de domination du marché fonctionne à merveille, c'est bien celui de l'énergie, GDF-Suez étant devenu depuis peu le deuxième producteur d'énergie mondial après EDF suite au rachat de International Power (le dernier grand énergéticien britannique). Dans le nucléaire en particulier, le financement par des opérateurs alternatifs, voire des électro-intensifs (les grands consommateurs d'énergie) de l'extension de la durée de vie des réacteurs en contrepartie de droits de tirage n'est plus tabou. Plus qu'une concurrence nouvelle, c'est un soutien qui est ainsi apporté à EDF (GDF Suez possède 12,5 % de droits de tirage sur la centrale de Tricastin et E.ON 17,5 % sur celle de Fessenheim).

Dominer le marché ne met pas à l'abri de cruelles désillusions. L'échec pas encore totalement digéré d'Abu Dhabi pour le nucléaire français en témoigne. Quelle que soit la taille, la collaboration demeure essentielle, mais c'est là une question de stratégie, toujours perfectible. Bien que l'on vante beaucoup aujourd'hui les vertus de l'agilité et de la capacité d'adaptation, la stratégie a besoin de visibilité. C'est cette dernière qu'il importe d'offrir, même si elle est toujours relative, aux entreprises.

Que la sortie du nucléaire soit entérinée ou remise en cause en Allemagne, il est essentiel que le choix soit fait rapidement et dans l'intérêt économique, social et politique du pays. Dans le cas présent, taxer le combustible nucléaire s'apparente sans doute à une fausse bonne idée.

Hugues Poissonnier, professeur à Grenoble école de management et directeur de la recherche de l'IRIMA (Institut de recherche et d'innovation en management)

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Message par Remundo » 02 sept. 2010, 22:53

Jawohl...

L'Allemagne a eu très haute conscience de sa dépendance aux hydrocarbures, depuis longtemps.

Elle fait tout pour s'en sortir et ne se voile pas la face sur le plan industriel. Mais la partie n'est pas gagnée d'avance, loin de là.

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Message par Aerobar » 02 sept. 2010, 23:02

Remundo a écrit :L'Allemagne a eu très haute conscience de sa dépendance aux hydrocarbures, depuis longtemps.

Elle fait tout pour s'en sortir et ne se voile pas la face sur le plan industriel.
Bientôt sur les Autobahne outre-Rhin, des Mercedes à voile et des BMW solaires :-D

Et surtout, rappellerait krolik, des centrales nucléaires en prolongement de durée de vie dans la campagne...
Nous sommes tous voués à devenir ennuyeux.
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Message par Remundo » 02 sept. 2010, 23:30

Salut Aérobar,

tu fais bien d'en parler...

Bosch, BMW et Mercedes sont parmi les plus avancés en rendement moteur. Plus généralement, les Allemands sont les plus grands motoristes du monde.

Simplement, leur péché mignon (ou plutôt celui de leurs imbéciles de clients), c'est de mettre 150 Ch. sur les citadines (serié 1) et 300 Ch. sur les berlines (série 5, 4x4...).

J'ai toujours dit qu'en coupant en 2 un 6 en ligne de BMW, on obtient un moteur fabuleux et sobre pour une voiture, surtout en l'hybridant et en récupérant au freinage.

Ah tiens... l'efficient dynamics et les futures usines de batteries de Bosch...

Et... il y a aussi Volkswagen, qui s'est rendu compte que le marché Chinois était en avance et Volkswagen réagit avec Bosch

où en sont nos "champions" français ? Toujours sur des savonnettes en plastique d'Heuliez ou la Kangoo flachie Ze ?

Quand je pense que dans les années 2000, il existait le Kangoo Elec'Road, super hybride nickel cadmium... produit en petite série.

@+

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par Raminagrobis » 03 sept. 2010, 08:26

Si les voitures allemandes sont si puissantes, c'est surtout parce que leurs autoroutes sont illimitées en vitesse.
La plupart des gens y roulent à 160-200 km/h. Alors si tu veux y rouler à 130 bien peinard comme en France, c'est super dangereux, un peu comme si tu roulais à 80 km/h sur une autoroute france :roll: T'es obligé de rouler à 160 minimum, et pour ça faut déjà une voiture puissante.

sinon, tu veux la techno BMW sur un petit moteur, y'a les "prince", des moteur 1.4 et 1.6 codéveloppés par BMW et PSA : BMW les utilise sur ses mini, PSA sur différents modèles (207, 308, C4 bis, etc)
Toujours moins.

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par phyvette » 03 sept. 2010, 16:34

Raminagrobis a écrit :Si les voitures allemandes sont si puissantes, c'est surtout parce que leurs autoroutes sont illimitées en vitesse.
C'est une quasi-légende, pour avoir utilisé quelques fois les Bundesautobahnen, il existe beaucoup de portions limitées à 80(pluie), 100, à 120 ou à 130 kmh. Ja...!
Gilles a raison
Gilles a tjs raison
Si un membre a raison les 1 et 2 s'appliquent
Gilles ne contredit pas il éduque
Les idées de Gilles sont tjs bonnes
Gilles est obligé de penser pour tout le monde
Seul Gilles a une vision globale de la société

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