L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par Herv12 » 06 juin 2013, 18:57

Disons que Siemens a de très bonnes centrales à cycle combiné au gaz. Meilleurs rendements et surtout très rapides (démarrage en 10mn, cycle complet en 30mn). Ces centrales à la fois souples et pas trop couteuses à l'investissement sont l'appoint presque idéal (hors hydraulique de lac) pour soutenir un mix fortement ENR. Au contraire les centrales lignite et nucléaire sont à priori moins adaptées.

Manque de bol pour eux, l'afflux des surproductions ENR fait de plus en plus souvent chuter les cours spot nettement en dessous des cours du gaz en Europe. En plus le nuke et le lignite ne sont pas trop modulable et continuent à produire pour un cout beaucoup plus bas (phénomène accentué par la baisse des cours du charbon). Du coup, le taux de charge des CCCG devient ridicule, les compagnies utilisatrices de CCCG ne s'y retrouvent plus et les mettent sous cocon.

Du coup, surcapacité CCCG -> Plus de client intéressé -> plus de vente.
Marché des Eoliennes en berne car réseau saturé
Marché des réseaux en berne car les écolos s'opposent la la construction des lignes
Marché des CCCG en berne
Abandon du solaire PV
Abandon du nuke

On comprend pourquoi Siemens sont pas trop contents.
Pour sauver les arbres, mangez les castors.

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par Remundo » 06 juin 2013, 19:42

une ligne de plus, Hervé, et l'Allemagne ne sera pas loin d'être une friche industrielle :-D

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 31 juil. 2013, 18:18

Quand Fukushima fait baisser les prix de l'immobilier… en Allemagne

Et si la catastrophe nucléaire de Fukushima de mars 2011 avait eu une influence sur le marché immobilier en Allemagne ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce sont les conclusions de trois chercheurs, dont les travaux viennent d'être publiés sur le site de l'institut de recherche économique RWI Essen.

Selon cette étude, basée sur plusieurs millions d'annonces immobilières recensées entre mars 2009 et mai 2012, les prix de mise en vente des logements situés à moins de 5 kilomètres des centrales nucléaires allemandes ont reculé, en moyenne, de 5,8% après l'accident. A mesure que l'on s'éloigne des sites, cette baisse s'atténue : elle se limite à 1,4% pour les biens situés entre 5 et 10 kilomètres, 1,5% entre 10 et 15 km, 1% entre 15 et 20 km et 0,5% entre 20 et 25 km.

Ce recul des étiquettes est probablement lié, en partie, à l'augmentation des craintes d'une partie de la population vis-à-vis du nucléaire suite à la catastrophe, soulignent les auteurs. Une prise de conscience qui aurait réduit la demande de logements aux abords des centrales, et donc fait pression sur les prix, selon ces économistes.

Mais ce n'est pas la seule explication. En effet, les prix ont chuté encore plus fortement (-10,8%) aux alentours des 8 centrales mises à l'arrêt (sur les 17 que compte le parc allemand) peu après la catastrophe, alors même que le risque d'accident y était a priori moins important qu'à proximité des sites toujours en activité.

En fait, cette tendance baissière est avant tout liée à des facteurs économiques. La mise à l'arrêt des centrales est en effet synonyme de suppressions d'emploi dans la région, du moins tant que le démantèlement n'est pas mis en route. Ce qui entraîne mécaniquement une baisse de la demande de biens immobiliers, et donc un déclin du marché…
http://www.capital.fr/immobilier/actual ... gne-862491

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par WizardOfLinn » 06 août 2013, 07:31

L'Allemagne sort du nucléaire, mais...
un curieux événement s'est produit lors de la finale du prestigieux GreenTec Awards en Allemagne. Les organisateurs du concours ont disqualifié un projet de réacteur nucléaire, malgré un vote favorable...
http://www.the-weinberg-foundation.org/ ... t-reactor/
Apparemment, il y a toujours un peu de recherche sur le sujet en Germanie :
http://festkoerper-kernphysik.de/dfr

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par Remundo » 06 août 2013, 10:58

sur le plan historique, les Allemands ont apporté de grandes contributions dans le domaine nucléaire. Il n'est pas surprenant qu'ils poursuivent leurs recherches.

A signaler que c'est en Allemagne que se situe le Schwerionenforschung Helmholtz-Zentrum, qui est le meilleur accélérateur et collisionneur d'ions lourds au monde, afin de fabriquer par fusion les derniers éléments de la ligne 7 (la toute dernière ligne de la classif périodique des éléments), et d'observer un peu leurs caractéristiques. Ceci est très difficile car ces élements sont en général très instables et radioactifs (ils se désintègrent trop souvent en quelques fractions de seconde). On les appelle souvent "uu", de n° Z=113 à 118

On aimerait bien fabriquer et tester longtemps certains isotopes du Ununoctium (Z=118) car on a l'espoir qu'ils soient stables ; ce serait l'ultime "gaz" rare / noble. Mais comme il est superlourd, on n'est pas sûr qu'il se comporte comme un gaz, certains supputent qu'il soit même un métalloïde semi-conducteur !... en fait on défriche un terrain vierge presqu'à l'aveugle.

Désolé, c'est un peu technique pour le néophyte, mais c'est physiquement passionnant.

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 04 oct. 2013, 21:22

Nucléaire : les Länder allemands doivent gérer la prolifération des déchets

04/10/2013, La Tribune

L'Allemagne a beau avoir décidé sa sortie du nucléaire, elle ne sait toujours que faire de ses déchets radioactifs, que les régions répugnent à stocker chez elles. Une commission, dont la composition reste à déterminer, devra définir, d'ici à 2015, les critères sur lesquels se fondera le choix d'un site de stockage permanent.


On efface tout et on recommence. Après trente-cinq ans de controverses et de manifestations, la question toujours non résolue du stockage des déchets nucléaires outre-Rhin a pris un tour nouveau au printemps dernier. L'ancienne mine de sel de Gorleben, située en Basse-Saxe et désignée dans les années 1970 pour stocker les déchets hautement radioactifs allemands, a obtenu un sursis : l'État fédéral et le Land de Basse-Saxe ont passé un accord en avril visant à relancer la recherche d'un site de stockage définitif (Endlager) sur l'ensemble du territoire.

Une remise à zéro des compteurs qui a un petit parfum de victoire pour les habitants de la région, devenue un haut lieu du mouvement anti atome outre-Rhin. La nouvelle loi, votée par le Parlement juste avant la pause estivale, prévoit la création d'une commission chargée de définir, d'ici à 2015, les critères qui détermineront le choix du site de stockage permanent, pour un lancement du chantier prévu au plus tard en 2031. Où enfouir les déchets ? Dans l'argile ? Le sel ? Le granit ? Gorleben, option préférée des groupes d'énergie, qui y ont déjà investi 1,6 milliard d'euros, reste donc bien en lice. Du côté des autres Länder, on élève déjà les barricades. Le dirigeant de la Bavière, Horst Seehofer, s'est empressé d'exclure l'installation d'un tel site sur son territoire, pour des raisons géologiques. Mêmes réticences en Hesse, où l'on ne veut pas non plus entendre parler du fameux Endlager.

Douze sites provisoires faute d'un site permanent

Pour Jochen Stay, porte-parole de l'association antinucléaire Ausgestrahlt, ce compromis n'est pas vraiment une bonne nouvelle : « Cette future commission aura trop peu d'influence. À l'issue de ses travaux, ce sont les politiques qui prendront la décision, alors que nous avons besoin d'un grand débat national sur le sujet. » Faute de site permanent, l'Allemagne a homologué 12 sites provisoires (Zwischenlager) en 2002 et 2003 pour un fonctionnement d'une durée de quarante ans. Berlin a donc jusqu'à 2040 pour trouver son site de stockage définitif. « Avec le programme nucléaire, on a fait décoller un avion sans piste d'atterrissage », résume Detlef Matthiessen, député Vert de l'assemblée régionale du Schleswig-Holstein.
..............
..............
http://www.latribune.fr/actualites/econ ... chets.html

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Message par energy_isere » 26 mai 2014, 19:31

Veolia vise le marché du démantèlement nucléaire en Allemagne

26 Mai 2014 Usine Nouvelle

Veolia Environnement vise une partie du marché allemand du démantèlement de centrales nucléaires et a engagé dans ce but des discussions avec des partenaires potentiels, a déclaré le directeur général de sa filiale locale à l'hebdomadaire WirtschaftsWoche.

Le démantèlement des centrales nucléaires allemandes intéresse Veolia. "Il existe un gros potentiel en Allemagne, c'est un marché qui porte en lui la promesse de décennies de travaux. Veolia peut apporter son savoir-faire en matière de gestion des déchets, des eaux usées et d'énergie", a dit Etienne Petit.

Neuf réacteurs nucléaires allemands sont encore en activité et doivent être fermés d'ici 2022. Huit autres ont été mis à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima, au Japon, en mars 2011. Les trois principaux producteurs allemands d'électricité, E.ON, RWE et EnBW, et la filiale allemande du suédois Vattenfall ont constitué des provisions d'environ 36 milliards d'euros pour couvrir les coûts du démantèlement de leurs centrales et de la gestion des déchets.

partenariats en discussion

Etienne Petit a expliqué que Veolia avait entamé des discussions avec des partenaires potentiels sur ce marché, sans préciser de qui il s'agissait. Il a ajouté que le groupe français ne visait qu'une partie des activités de démantèlement. "Il est clair que Veolia ne s'occupera pas du traitement de l'uranium du coeur des réacteurs. C'est un domaine spécialisé dans lequel les groupes nucléaires sont bien meilleurs", a-t-il dit. "Nous avons d'autres atouts, comme la décontamination des eaux radioactives des circuits de refroidissement et secondaires", a-t-il poursuivi.
http://www.usinenouvelle.com/article/ve ... ne.N264597

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Message par energy_isere » 15 oct. 2014, 22:08

Nucléaire : le Suédois Vattenfall réclame 4,7 milliards d'euros à l'Allemagne

15 octobre 2014 Usine Nouvelle

Le groupe énergétique Vattenfall demande à l'Allemagne le versement d'un dédommagement de 4,7 milliards d'euros, pour avoir décidé en 2011 de fermer deux centrales dont il est exploitant et co-actionnaire. Une somme supérieure aux estimations de la presse, qui tablait plutôt sur 3,7 milliards d'euros.

Sortir du nucléaire d'ici 2022 pourrait coûter à l'Allemagne plus cher que prévu : le pays, qui a décidé de fermer progressivement ses 17 centrales encore en activité en 2011, a été attaqué en justice par l'énergéticien Vattenfall. L'entreprise suédoise, co-actionnaire et exploitante de deux centrales situées au nord du pays (Brunsbüttel et Krümmel) s'estime lésée, car elle va devoir démanteler leurs réacteurs. Un processus très coûteux. Elle a porté plainte devant le centre international de résolution des disputes d'investissements (ICSID), un tribunal d'arbitrage dépendant de la Banque mondiale.

Des centrales souvent en panne

Selon le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel, Vattenfall a demandé à l'Allemagne de lui verser 4,7 milliards d'euros pour régler cette affaire. Il aurait évoqué ce chiffre publiquement le 15 octobre devant la commission économique du Parlement à Berlin, précise l'AFP, qui a interrogé des sources proches du gouvernement. Ce montant dépasse largement les 3,7 milliards d'euros évoqués jusqu'alors par la presse allemande.

Mais il n'est pas du tout garanti que l'Allemagne débourse cette somme importante, car les deux centrales, souvent en panne, était arrêtées depuis plusieurs années lorsque la chancelière Angela Merkel a pris la décision de faire sortir son pays du nucléaire. Cette décision, souligne l'AFP, n'a fait qu'entériner leur fermeture définitive. Plusieurs autres entreprises du secteur de l'énergie, comme EON et RWE, ont attaqué l'Allemagne. Ces dossiers sont en cours de traitement par la justice.
http://www.usinenouvelle.com/article/nu ... ne.N291444

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 02 janv. 2015, 21:39

Allemagne : un démantèlement nucléaire estimé à 17 milliards d’euros

Mardi 30 décembre 2014 / Écrit par: Arthur Leroy energeek

Dans son édition du mercredi 17 décembre, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung affirme que le gouvernement d’Angela Merkel planche actuellement sur la création d’un fonds consacré au démantèlement des installations nucléaires allemandes. Ce fonds devrait être constitué d’une enveloppe budgétaire de 17 milliards d’euros, remplie par les producteurs d’électricité nucléaire d’outre-Rhin.

Selon un document interne aux ministères de l’Économie et de l’Environnement consulté par les journalistes du Süddeutsche Zeitung, Berlin compte s’appuyer sur ses compagnies d’électricité pour financer sa sortie du nucléaire. Cette dernière a été décidée après la catastrophe de Fukushima qui a eu lieu en mars 2011 au Japon.

Le gouvernement d’Angela Merkel envisagerait en effet de verser quelques 17 milliards d’euros dans un fonds spécifique, destiné à financer les coûts à long terme des opérations de démantèlement nucléaire. En outre, 19 milliards d’euros supplémentaires devraient être apportés à ce fonds pour couvrir le coût du retrait et du retraitement des déchets nucléaires.

La constitution de ce fonds, dont le montant envisagé devrait aggraver le coût de la transition énergétique allemande, vise notamment à assurer la disponibilité des financements nécessaires sur le long terme. Il servirait notamment à prévenir les effets d’une faillite éventuelle de l’un des 4 opérateurs historiques de centrales nucléaires en Allemagne (E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall).

« Rien ne nous dit que tous les producteurs d’électricité nucléaire survivront à l’évolution du marché de l’énergie et respecteront leurs obligations à long terme en terme de démantèlement », a expliqué le journaliste allemand en charge de la rédaction de l’article.
http://lenergeek.com/2014/12/30/allemag ... ds-deuros/

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Message par energy_isere » 20 mars 2015, 20:04

La sortie du nucléaire, un risque pour le contribuable allemand

20 Mars 2015 Usine Nouvelle
BERLIN (Reuters)

Les contribuables allemands pourraient devoir payer des milliards d'euros pour la fermeture des centrales nucléaires dans le pays, les plans actuels de financement mis en place par les groupes de services aux collectivités risquant de s'avérer insuffisants, montre un rapport commandé par le gouvernement et consulté par Reuters vendredi.

Au moins une partie des 36 milliards d'euros de provisions constitués par les quatre grands opérateurs nucléaires en Allemagne devrait passer sous le contrôle du gouvernement, selon les recommandations du rapport effectué par le cabinet d'avocats Becker Buettner Held.

"Le besoin de financement à long terme ne peut être garanti si les fonds sont aux mains des opérateurs" ajoute le rapport, invitant à des versements de provisions dans un fonds public.

E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall, les quatre grands entreprises allemandes de services aux collectivités, ont prévu d'arrêter leurs centrales nucléaires d'ici 2022 -un délai fixé après la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011- et de payer pour le stockage des déchets.

Mais des inquiétudes demeurent au sujet du financement, y compris sur ce qui se passerait en cas de faillite d'un des "Big four".

Les bénéfices des entreprises de services aux collectivités sont déjà affectés par la conversion de l'Allemagne aux énergies propres comme le solaire et l'éolienne.

Le gouvernement devrait envisager des mesures juridiques qui obligeraient les sociétés mères des exploitants de centrales nucléaires à assumer leur responsabilité en cas de la faillite, dit le rapport.
http://www.usinenouvelle.com/article/la ... nd.N320288

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Message par energy_isere » 17 oct. 2015, 12:46

Les investisseurs chiffrent le démantèlement d’un réacteur nucléaire

16 octobre 2015 / Écrit par: Jacques Mirat lenergeek

Le ministère de l’Économie allemand vient de rendre un rapport qui rassure les investisseurs du nucléaire. Réalisé en partenariat avec le cabinet d’audit Warth & Klein Grant Thomton, l’audit du coût du démantèlement des centrales et de la gestion des déchets, considère que les provisions des exploitants sont cohérentes.

Les services de l’Etat Fédéral germanique ont récemment publié un document dans lequel ils étudient le coût de l’arrêt d’un réacteur nucléaire. Appuyés par le rapport d’audit du cabinet Warth & Klein Grant Thornton, ils considèrent qu’avec les 38,3 milliards d’euros budgétés par RWE, EON, Vattenfall, EnBW, « les spéculations concernant un possible besoin de provisions supplémentaires sont infondées ».

Cependant, leurs travaux indiquent également que « les coûts de démantèlement [sont] estimés à 857 millions d’euros par réacteur, contre 205 à 542 millions dans d’autres pays ». Cette différence s’explique notamment du fait des arbitrages retenus sur les méthodes et la vitesse des opérations par les équipes de la chancelière Angela Merkel.

Pour définitivement résoudre cette question, une nouvelle commission vient d’être créée outre-Rhin. Eu égard à son intitulé, la « commission sur la vérification du financement de la sortie du nucléaire » (KfK), devra probablement aussi discuter des indemnisations réclamées par les industriels à l’Etat sur la sortie anticipée du nucléaire prévue en 2022, « dont ils chiffrent les dommages en milliards d’euros ».
http://lenergeek.com/2015/10/16/les-inv ... nucleaire/

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Message par energy_isere » 19 juin 2016, 14:45

En Allemagne, la sortie du nucléaire coûte aussi très cher à l’industrie

03 Mai 2016 euractiv

Les industriels du nucléaire vont devoir verser 23 milliards d’euros à un fond public pour financer le démantèlement. Un article de notre partenaire Der Tagesspiegel.

Alors qu’en France, les problèmes financiers s’accumulent pour maintenir le parc nucléaire et construire de nouveaux réacteurs, la situation n’est guère plus brillante outre-Rhin. La commission FKF, mise sur pied en 2015 pour examiner les options de financements du démantèlement des réacteurs nucléaires et du stockage des déchets nucléaires, a annoncé la conclusion de son enquête le 27 avril.

Après le choc de la catastrophe nucléaire de Fukushima, en 2011, l’Allemagne a décidé de cesser de produite de l’énergie nucléaire. En octobre, une commission de 19 membres a dont été créée, afin d’examiner le problème et d’équilibrer sécurité et inquiétudes pratiques et économiques. Les entreprises d’énergie ont catégoriquement refusé de payer la facture. La loi pourrait cependant les forcer à le faire.

« En conclusion, la société allemande peut survivre », assure le président de la commission, Matthias Platzeck, ancien dirigeant du SPD. Ole von Beust (CDU), également membre, s’est pour sa part félicité que la commission, qui incluait des membres des différents partis, des personnes issues du monde du commerce et des dirigeants de syndicats, soit parvenue à une décision unanime.

Sa proposition finale recommande que chaque entreprise d’énergie paie 4,7 milliards d’euros à un fond public qui financerait le stockage provisoire des matériaux dangereux, la construction d’un dépôt final et tous les frais de transport. 12,4 milliards d’euros devraient selon eux être alloués à la sélection, à la construction, à la gestion et à la décommission finale des dépôts nécessaires.

La proposition de paiement d’une « prime de risque », d’environ 35 % des coûts, est la proposition la plus controversée de la commission.La façon dont les entreprises se partageront les coûts reste floue.

La commission a par ailleurs recommandé de démarrer la sortie du nucléaire le plus rapidement possible.

Ole von Beust a appelé E.on, RWE, EnBW et Vattenfall, les principales sociétés d’énergies du pays, à soutenir le projet. Un représentant de Vattenfall a cependant déclaré que la prime de risque proposée est « disproportionnée vis-à-vis de la vigueur économique des installations concernées » et que les entreprises voulaient rediscuter de la question. La fédération des industries allemandes semble pour sa part satisfaite des propositions de la commission.

Hubert Weiger, qui dirige l’ONG BUND, a cependant critiqué « le risque financier énorme imposé au contribuable ». Barbara Hendricks, la ministre de l’Environnement, adepte du principe du pollueur-payeur, a souligné que les entreprises en question ne pourraient pas se déresponsabiliser de leur héritage atomique et des coûts astronomiques qui en découleront.
http://www.euractiv.fr/section/energie/ ... -out-bill/

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 12 sept. 2016, 16:05

Allemagne-Accord en vue sur le stockage des déchets nucléaires

FRANCFORT, 12 septembre Reuters

Les principaux producteurs allemands d'électricité ont annoncé lundi se rapprocher d'un accord avec le gouvernement sur le financement du stockage des déchets nucléaires, démentant ainsi des informations de presse évoquant une augmentation des coûts restant à leur charge.

Les quatre principales compagnies d'électricité du pays, E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall discutent depuis des mois avec Berlin des modalités de cet accord, sur la base des propositions présentées en avril par une commission d'experts mandatée par le gouvernement.

Selon ces propositions, les compagnies devraient transférer à l'Etat 23,3 milliards d'euros pour se libérer de leurs obligations en matière de stockage des déchets nucléaires.

Un accord définitif incluant un échéancier financier est attendu dans les semaines à venir, a déclaré lundi un porte-parole d'E.ON. "Je suppose qu'il y aura une solution concernant les quatre sociétés", a-t-il dit.

Une porte-parole de RWE a dit que des discussions constructives avec le gouvernement se poursuivaient.

L'un et l'autre ont dit que l'article de Börsen-Zeitung selon lequel les producteurs d'électricité devraient finalement verser 26,4 milliards d'euros était inexact.

L'article, citant des sources proche de la commission gouvernementale, explique que ce nouveau montant intègre des provisions liées au risque de dépassement des coûts de stockage.

"Nous n'avons pas connaissance de ces chiffres et nous pensons qu'ils sont inexacts", a dit la porte-parole de RWE.

Le ministère de l'Economie s'est refusé à tout commentaire sur l'article de Börsen-Zeitung.

Les compagnies impliquées dans les négociations ont demandé une révision à la baisse de leur contribution financière en arguant de l'effondrement des prix de l'électricité, de l'essor des énergies renouvelables et de la décision de Berlin de sortir du nucléaire d'ici 2022.

Selon le projet actuellement à l'étude, les déchets nucléaires allemands devraient être stockés sous terre - probablement dans une mine désaffectée - mais le site de stockage n'a pas encore été choisi. La construction des installations et l'acheminement des déchets pourraient prendre des décennies
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL8N1BO2UT

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Re: L'Allemagne sort du nucléaire ? ou pas ?

Message par energy_isere » 06 déc. 2016, 19:13

Sortie du nucléaire en Allemagne : les énergiticiens ont droit à des indemnités

Par AFP , publié le 06/12/2016

Karlsruhe (Allemagne) - La Cour constitutionnelle allemande a porté un coup mardi à l'une des mesures phare de la chancelière Angela Merkel en donnant en partie raison aux producteurs d'énergie, qui réclament à Berlin des indemnités pour la sortie accélérée du nucléaire.

Le gouvernement allemand "était autorisé" à prendre l'accident de Fukushima en 2011 comme raison à l'accélération "de la sortie du nucléaire afin de protéger la santé publique et l'environnement", ont certes estimé les juges suprêmes.

Mais les producteurs d'énergie sont en droit de demander une compensation "adaptée" à Berlin, qui avait ordonné la fermeture rapide de plusieurs vieux réacteurs, ajoutent-ils dans leur verdict.


La Cour n'a pas chiffré le montant de ces dédommagements, mais a demandé au gouvernement de trouver un compromis avec les plaignants d'ici juin 2018.

A la Bourse de Francfort, à 14H16 GMT, EON grimpait de 2,66% à 6,30 euros et RWE de 1,36% à 11,91 euros, dans un marché en hausse de 0,27%.

-Satisfaction de part et d'autre-

Les deux parties ont salué la décision, dans laquelle elles ont chacune trouvé une raison d'être satisfaites.

"La Cour constitutionnelle a confirmé que la loi sur la sortie du nucléaire de 2011 est conforme pour l'essentiel avec notre Constitution", a déclaré la ministre de l'Environnement social-démocrate Barbara Hendricks.

Même si la Cour estime des indemnités légitimes dans certains cas, "il n'est plus question de demandes chiffrées en milliards", a-t-elle affirmé dans un communiqué.

La presse avait auparavant évoqué près de 20 milliards d'euros au total.

Les deux géants allemands de l'énergie EON et RWE ont tous deux annoncé vouloir étudier en détail le jugement avant d'évaluer les compensations qu'ils réclameront.

"EON est prêt à discuter de façon constructive avec le gouvernement sur l'application concrète du jugement d'aujourd'hui", a souligné la compagnie dans un communiqué.

Il revient désormais au pouvoir politique de déterminer "comment et quand" il remplira ses obligations, a déclaré RWE.

-Revirement brutal-

La plainte remontait à 2012: EON et RWE, ainsi que le suédois Vattenfall, troisième producteur d'énergie en Allemagne, s'estimaient lésés par la décision de Berlin d'accélérer la sortie de l'atome à fin 2022 et de mettre à la retraite les sept réacteurs les plus anciens ainsi que celui de Krümmel (Vattenfall), objet de pannes à répétition.

Il s'agissait alors d'un brutal revirement dans la politique de la chancelière conservatrice. En 2010, son gouvernement avait en effet décidé de revenir sur la sortie du nucléaire décidée à la fin des années 90 par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder et ses alliés Verts.

Pour les industriels, il s'agissait de faire constater qu'un "droit fondamental", en l'occurrence le droit à la propriété, avait été bafoué.

Déjà confrontés à la baisse des prix de gros, aux problèmes de rentabilité des centrales à charbon et à la concurrence des énergies renouvelables, ils estimaient que la décision de Berlin avait sérieusement contribué à aggraver leur situation financière.

Plombés par de lourdes pertes, EON et RWE ont décidé de se scinder pour répondre aux défis de la transition énergétique dans le pays, en séparant d'un côté les énergies fossiles, de l'autre les énergies renouvelables (solaire, éolien). Une refonte finalement bouclée en 2016.

- Coût élevé pour le contribuable -

Parallèlement à ce volet judiciaire, gouvernement et industriels se sont accordés dans les grandes lignes sur la gestion de l'arrêt du nucléaire.

Un texte de loi déterminant le financement du conditionnement sécurisé des déchets et du démantèlement des centrales a été adopté en octobre. Huit d'entre elles sont encore en service.

Il prévoit en particulier la création d'un fonds chargé de gérer le stockage des déchets, auquel les producteurs contribueront à hauteur de plus de 23 milliards d'euros. Sur ce montant, ils paieront une prime de risque d'un peu plus de 6 milliards qui leur permettra de se dégager de toute responsabilité dans leur gestion future, renvoyant ainsi les risques et les coûts à l'Etat et aux contribuables.

En ouvrant la voie aux indemnités pour les groupes, le jugement d'aujourd'hui montre que, même si la décision d'abandonner l'atome "était juste et importante", elle coûterait "plus cher qu'on ne le pensait à la communauté", juge Claudia Kemfert, experte des questions énergétiques à l'institut DIW de Berlin.
http://lexpansion.lexpress.fr/actualite ... 57687.html

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RWE essuie des pertes liés au fond de traitement des déchets

Message par dysgraphik » 22 févr. 2017, 10:15

La société RWE annonce des pertes records, dont une grosse partie est imputée au fond mis en place en Allemagne pour le stockage des déchets radioactifs.
Changed expectations regarding the future development of wholesale electricity prices force RWE to recognise impairments of €4.3 billion, which reduce the company's non-operating result. About €3.7 billion of this sum is largely attributable to the German power plant portfolio with further impairments of assets in the United Kingdom, the Netherlands and Turkey.
An additional extraordinary burden on earnings results from the German law on the reorganisation of the responsibility for nuclear waste disposal in Germany that was passed at the end of 2016. According to the new legislation, companies must pay their provisions for interim and final radioactive waste storage plus a 35 percent risk premium into a state fund.
RWE will pay the total of about €6.8 billion for which the company is responsible as soon as 1 July 2017, in order to indemnify itself from largely politically induced disposal risks and avoid a high, disadvantageous interest burden. The risk premium of about €1.8 billion included in the payment will be considered in the 2016 consolidated financial statements through an increase in nuclear energy provisions. The increased provisions and impairment losses as well as -€0.8 billion in additional effects from the fair valuation of derivatives lead to a net income of -€5.7 billion for 2016.
source : https://www.rwe.com/web/cms/en/113648/r ... id=4015400

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