Le stockage des déchets nucléaire en France.

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[Nucléaire] Le nucléaire et ses déchets / démantèlement

Message par MadMax » 27 nov. 2005, 20:04

L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs

350 personnes/100 millions d'euros de budget par an/financé par les pollueurs.

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Message par energy_isere » 02 févr. 2006, 20:25

Des nouvelles du site d'expérimentation de stockage des déchets radioactifs à longue durée à Bure :

http://www.liberation.com/page.php?Article=356179
Nucléaire. Depuis 1994, des scientifiques étudient un site lorrain susceptible de les stocker.

Tests en profondeur pour déchets nocifs


par Sylvestre HUET
QUOTIDIEN : jeudi 02 février 2006

Bure (Meuse) envoyé spécial

«Front scientifique.» Le panneau désigne la galerie de gauche, tandis que celle de droite se voit baptisée «Front de creusement.» Nous sommes à -490 mètres, dans le laboratoire souterrain dédié à l'étude d'un stockage géologique des déchets de l'électronucléaire. Une sorte de mine dont l'objet serait, non d'extraire un matériau sans intérêt commercial (de l'argile mêlée de quartz aux allures de béton, formée il y a plus de 150 millions d'années) mais de déterminer s'il possède les qualités requises pour confiner la radioactivité suffisamment longtemps. L'un des coins de sous-sol les plus auscultés du monde depuis 1994, date à laquelle l'Andra (Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) a débuté l'étude. Au début, le sous-sol a livré ses secrets à travers des études sismiques et des kilomètres de carottes forées dans tous les sens ­ vertical, horizontal, oblique. Puis, par l'installation d'un laboratoire souterrain à partir de 2000.

Niche. «Ici, il y a 1 400 capteurs», explique Jack-Pierre Piguet, le directeur du laboratoire. Ces capteurs transmettent en temps réel aux scientifiques de l'Andra, mais aussi à des laboratoires universitaires ou du CNRS, les données de pression, mouvements des parois, températures. Sur les parois, des pièces jaunes montrent où des dizaines de forages ont percé la roche sur plusieurs mètres, parfois une trentaine, afin de mener cette auscultation de précision. L'équipement d'une niche expérimentale à -445 mètres, il y a un an, a permis de forer autour de la zone où le puits allait être creusé jusqu'à -520 mètres, afin d'enregistrer les réactions de la roche à cette intrusion. Le but de la manoeuvre ? Vérifier que le creusement des galeries n'altère pas au-delà de quelques mètres les caractéristiques d'origine de l'argile.

D'autres expériences testent les réactions de la roche à la chaleur avec des sondes chauffantes ou la diffusion de traceurs radioactifs. Certaines sont déjà «à caractère technologique», insiste Piguet, comme cette «saignée» remplie de bentonite (une sorte d'argile) où l'on injecte doucement de l'eau, afin de vérifier le «gonflement» qui en résulte. Une simulation bigrement accélérée, «l'équivalent de ce qui se passerait en plusieurs milliers d'années réalisé en quelques mois». Une solution imaginée pour «sceller» les alvéoles remplies de déchets. Et «cicatriser» d'éventuelles microfractures autour d'elles en les comprimant.

«L'ensemble de ces recherches, souligne Marie-Claude Dupuy la directrice générale de l'Andra, se fait en collaboration avec plus de cent laboratoires, de 30 pays européens. Elles ont donné lieu à plus de 300 publications scientifiques, 35 thèses soutenues.» Des résultats «à la disposition de tous sur l'Internet». Pour l'instant, ces travaux ont vérifié l'hypothèse de départ. Le bloc rocheux a vécu une histoire calme depuis au moins 20 millions d'années, offrant un vaste volume homogène. L'eau d'origine, contemporaine des dinosaures, est toujours là, enfermée dans les micropores de la roche. Et les grandes failles de la région laissent entre elles un espace, la «zone de transposition» au nord de Bure, où la roche doit avoir les mêmes caractéristiques. Pourtant, l'Andra souligne que la démonstration se limite à la «faisabilité» d'un stockage géologique, réversible durant deux à trois siècles. Elle ne peut donc recommander qu'une décision «de principe», dont la réalisation serait suspendue aux conclusions de dix ans à vingt ans de travaux supplémentaires.

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Message par energy_isere » 02 juin 2006, 21:39

Adoption par le Sénat du projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires

Le Sénat a adopté, en première lecture, dans la nuit du 31 mai au 1er juin, le projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires, qui ouvre la voie à leur stockage en couche géologique profonde, à l'horizon 2025. L'UMP et l'UDF ont voté pour ce texte adopté en première lecture par l'Assemblée le 12 avril. Les groupes PS et PCF se sont abstenus. Dominique Voynet (Verts), pour qui la technologie de l'enfouissement aurait mérité des recherches plus approfondies avant d'être validée, a voté contre.


Couvrant les usages énergétiques, médicaux et militaires de la filière nucléaire, le projet de loi marque "une étape décisive vers une solution sûre et de très long terme, pour tous les déchets radioactifs", a souligné le ministre délégué à l'industrie, François Loos. Il définit trois axes de recherche complémentaires pour la gestion de ces déchets : la "séparation-transmutation" (transformation des éléments radioactifs pour diminuer leur durée d'activité), l'entreposage de longue durée en surface, et l'enfouissement en couche géologique profonde.

Le projet de loi, qui confirme l'interdiction de stocker en France des déchets nucléaires étrangers, organise aussi le financement de la gestion des déchets et du démantèlement des installations, ainsi que l'accompagnement économique local. Dans une atmosphère généralement consensuelle, les sénateurs l'ont assorti de 68 amendements, dont sept proposés par le PS et six par le PCF, qui n'ont modifié qu'à la marge le texte issu de l'Assemblée.

CONDITIONS DE RÉVERSIBILITÉ

La principale modification, votée au terme d'une longue discussion technique, a consisté à décider, sur proposition du gouvernement, que la création d'un centre de stockage en couche géologique profonde ferait, le moment venu, l'objet d'un projet de loi "fixant les conditions de réversibilité". Pour une rédaction définitive de ce projet de loi de programme, le gouvernement aura le choix entre une commission mixte paritaire, composée de 14 députés et sénateurs, ou une nouvelle navette parlementaire.

M. Loos a toutefois manifesté sa préférence pour la navette, pourvu que le projet soit adopté avant la fin de l'été. "L'urgence est déclarée, mais je n'ai pas l'intention d'user de cette faculté", a-t-il dit.

Les principales réserves de la gauche ont porté sur la politique gouvernementale de libéralisation des marchés énergétiques, qui ouvre à ses yeux la voie à la "privatisation de la filière nucléaire". "La course à la rentabilité, exigée par le marché, joue contre la sécurité et la sûreté nucléaires", a averti Bernard Piras (PS). "Seul l'Etat peut apporter des garanties réelles en matière de responsabilité", a observé Evelyne Didier (PCF).

Claude Biwer (UDF) a salué un "texte de bon sens". Aymeri de Montesquiou (Rassemblement démocratique et social européen, RDSE) s'est félicité que soient donnés au Parlement "les moyens de faire des choix fondamentaux sur l'avenir énergétique de la France".


Jeudi matin, les sénateurs ont examiné, dans la foulée, en deuxième lecture, le projet de loi sur la transparence et la sécurité en matière nucléaire. Ce projet de loi a été définitivement adopté par le Parlement, après un ultime vote du Sénat en fin de matinée, conforme à celui de l'Assemblée nationale.
source Le Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 335,0.html

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Message par energy_isere » 19 juin 2006, 20:49

La loi sur les déchets radioactifs entre en vigueur

Jeudi 14 juin, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi sur la gestion des déchets radioactifs. Le texte prévoit de stocker les déchets les plus dangereux en couche géologique profonde et organise la création d'un site de stockage réversible.

Le Parlement a accru l'encadrement de la procédure de création du centre de stockage en imposant la tenue d'un débat parlementaire préalable "fixant les conditions de la réversibilité". Les collectivités territoriales et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) devront donner un avis consultatif.

Le projet de loi prévoit de continuer les recherches sur la "séparation-transmutation" (transformation des éléments radioactifs pour diminuer leur durée d'activité) et l'entreposage de long terme (100 à 300 ans au lieu des 50 à 100 ans actuels). Ces deux idées avaient été définies en 1991 par la loi Bataille, que remplace ce texte.

La loi organise aussi le financement de la gestion des déchets et du démantèlement des installations et l'accompagnement économique local.

Enfin elle confirme l'interdiction de stocker en France des déchets nucléaires étrangers.
source enerzine : http://www.enerzine.com/2/621+La-loi-su ... ueur+.html

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Message par energy_isere » 25 avr. 2008, 15:47

La gestion des déchets radioactifs de courte durée a été précisée via un décret publié jeudi au Journal Officiel.

Le décret n° 2008-357 du 16 avril 2008 pris pour l’application de l’article L.542-1-2 du code de l’environnement et fixant les prescriptions relatives au Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) a été publié au Journal officiel du 18 avril 2008.

Ce décret est pris en application de la loi du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs (dite «loi déchets »). Sur les douze décrets d’application prévus pour la mise en œuvre de la loi, huit avaient été publiés à la mi-mars 2008.

La publication de ce 9ème décret constitue une étape importante, estime l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui explique qu'il fixe les modalités précises de gestion pour les différentes catégories de déchets : du déchet de très faible activité à très courte durée de vie (inférieure à 100 jours) au déchet de moyenne à haute activité à longue durée de vie (supérieure à 31 ans).

Ce Plan national précise les solutions de gestion développées pour les différentes catégories de déchets, notamment en répertoriant les installations de traitement, d’entreposage ou de stockage des déchets.

Dans le cadre de ce Plan national, l’ASN est chargée de fixer les conditions dans lesquelles les déchets radioactifs à très courte durée de vie sont gérés, afin de s’assurer que leur activité a suffisamment décru pour qu’ils soient traités dans des filières non spécifiquement autorisées pour les déchets radioactifs.

L’ASN sera également consultée par les ministres pour avis sur les différentes analyses et études complémentaires qui ont été confiées à l’Andra et au CEA.

Enfin, conformément à la « loi déchets », l’ASN sera chargée de dresser un bilan des solutions de gestion mises en œuvre pour les déchets à radioactivité naturelle renforcée et de proposer aux ministres chargés de la santé et de l’environnement toute mesure réglementaire propre à améliorer, en termes de radioprotection, la gestion de cette catégorie de déchets.

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Message par energy_isere » 08 juil. 2008, 19:03

Andra : cherche 100 ha pour stockage de déchets
(src : Andra, Le Monde)

C'est un appel à candidature inhabituel qu'ont reçu 3 000 maires ces derniers jours : une proposition de l'Agence nationale pour la Gestion des déchets radioactifs (ANDRA), en vue d'installer un site de stockage de déchets de faible activité à vie longue (FA-VL).


La loi de juin 2006 sur la transparence et la sécurité nucléaire impliquait l'ouverture d'un centre de stockage. Celui-ci doit être mis en service en 2019 pour traiter les déchets provenant du traitement de minéraux et des anciens réacteurs nucléaires UNGG.

3 000 communes ont été identifiées comme disposant de sols propice au confinement des déchets sur une centaine d'hectares.

"La démarche souhaitée par l'Etat et l'Andra s'appuient sur le volontariat des collectivités locales qui pourront déclarer leur intérêt, jusqu'au 31 octobre 2008, pour que soit menées des investigations locales sur leur territoire entre 2009 et 2010" précise l'Andra. Une concertation locale sera ensuite menée avec la commission nationale du débat public.

Les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL) sont des déchets peu radioactifs, mais qui le restent longtemps car ils contiennent des éléments radioactifs dont la décroissance est lente.

Ces déchets sont essentiellement des déchets radifères (contenant du radium) et de graphite. Il proviennent surtout du traitement de différents minéraux : zircon, minerai d'uranium, monazite... Les déchets de graphite sont notamment issus de l'exploitation et du démantèlement des premières générations de réacteurs nucélaires de la filière UNGG : Uranium Naturel Gaz Graphite, pour ralentir les neutrons émis par la fission du combustible.

Les quantités de déchets à stocker son estimés à 60 0000 tonnes pour les déchets radifères et 23000 tonnes pour les déchets de graphite.

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Message par energy_isere » 26 nov. 2008, 20:04

Déchets radioactifs : 30 communes candidates.

Sur les 3 115 communes sollicitées, quelques dizaines ont répondu favorablement.


Le Figaro 26-Nov-2008

Que faire de nos déchets radioactifs ? Le stockage souterrain est pour l'instant la solution privilégiée. Trois centres existent déjà, dans la Manche et dans l'Aube. Ils entreposent les déchets très faiblement ou moyennement actifs à vie courte. En revanche, en ce qui concerne ceux de faible activité à vie longue (FA-VL), autrement dit les déchets qui contiennent des éléments radioactifs dont la décroissance est lente, la question n'est pas encore réglée.

L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a clos fin octobre l'appel à candidatures des communes qu'elle avait lancé en juin. Le but est de choisir la zone géographique qui accueillera, à partir de 2015, les FA-VL. Mais alors qu'elle avait assuré que le processus de sélection s'inscrirait dans une démarche transparente, l'Andra refuse de communiquer la liste des volontaires sur les 3 115 communes contactées. Même si elle confirme que c'est dans le quart nord-est de la France que ces déchets seront entreposés. «C'est le gouvernement qui nous a passé une commande en nous demandant de trouver des sites possibles, justifie au Figaro la directrice générale de l'Andra, Marie-Claude Dupuis. Il est donc normal que ce soit lui qui ait la primeur de la liste.» Monique Sené, physicienne, animatrice du Groupement de scientifiques pour l'information sur l'énergie nucléaire estime de son côté que «l'Andra a complètement tort de ne pas communiquer la liste des communes car elle suscite un climat de méfiance. Elle donne le sentiment d'avoir fait semblant de consulter alors qu'elle sait à 100 mètres près où seront stockés les FA-VL».


Difficile décision pour les élus

Quant au réseau Sortir du nucléaire, il n'a pas attendu que l'Andra remette sa copie pour publier une liste qui compte une trentaine de volontaires. «Il est clair que tout va se passer dans la région entre l'Aube et Bure», déplore son porte-parole, Stéphane Lhomme. Le réseau antinucléaire relève que des communes font marche arrière. Ce serait le cas, selon lui, d'une dizaine d'entre elles .

Il faut dire que, pour les maires, choisir d'être candidat pour stocker des déchets FA-VL est une décision lourde à prendre surtout quand on compte à peine quelques centaines d'administrés. Les débats ont d'ailleurs été souvent vifs. Un élu qui a milité pour la candidature de sa commune - alors que ses adjoints ont voté contre - estime que le débat dans son village a été perturbé par les antinucléaires qui se sont invités aux réunions publiques qu'il avait organisées. «Ils sont de mauvaise foi parce qu'ils prêchent l'apocalypse», déplore-t-il. Denis Stolf, maire de Tréveray dans la Meuse, a consulté la population… qui a majoritairement voté contre. Nicolas Dhuicq, maire de Brienne-le-Château dans l'Aube, s'est lui porté candidat. «Je soutiens le nucléaire, plaide-t-il. On ne peut pas accepter d'avoir l'énergie sans avoir les déchets.» Il estime cependant que la consultation de la population est une «mauvaise idée» et qu'elle n'est pas constitutionnelle. «Je ne suis pas favorable à une démocratie d'opinion», argumente-t-il.

Avant le 31 décembre, l'Andra doit remettre la liste des candidats au gouvernement après avoir évalué le niveau d'intérêt géologique de chaque commune, ces dernières devant remplir un certain nombre de critères. Le premier prévoit une zone géologiquement stable sur une période au moins égale à 10 000 ans, ce qui exclut de fait les zones à forte sismicité, volcaniques ou montagneuses. Le deuxième critère requiert une formation géologique très faiblement perméable. Enfin, cette dernière doit être épaisse d'au moins 50 mètres. Fin janvier, le ministre choisira deux ou trois sites sur lesquels l'Andra creusera des forages pour étudier la faisabilité d'un stockage. En 2010, elle remettra un deuxième rapport au gouvernement, tandis que les communes volontaires seront à nouveau consultées pour voir si elles maintiennent ou non leurs candidatures. Le ministre donnera l'année suivante le nom du site retenu. En 2013, le permis de construire sera délivré et deux ans plus tard, commencera la construction du stockage. Si tout se passe comme prévu.
http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/11 ... dates-.php

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Re: [Nucléaire] Le nucléaire et ses déchets / démantèlement

Message par energy_isere » 08 avr. 2009, 19:30

Sûreté nucléaire en France : le casse-tête des déchets
L'Autorité de sûreté nucléaire a présenté à l'assemblée nationale mardi 7 avril le bilan 2008 de la sécurité des centrales françaises. L'occasion de poser les questions qui fâchent.


08/04/2009
A lire dans l ' Usine Nouvelle :
http://www.usinenouvelle.com/article/su ... ets.162271

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Message par energy_isere » 12 mai 2009, 13:05

Le stockage géologique à l'étude en Aveyron

(src : IRSN)

Pour mieux comprendre les risques liés à la gestion des déchets nucléaires de haute activité et à vie longue (HAVL), l'IRSN étudie les propriétés géologiques d'un ancien tunnel ferroviaire, dans le Sud de l'Aveyron.
En France, la responsabilité de concevoir et de réaliser un éventuel stockage géologique est confiée à l'ANDRA. L'IRSN est quant à elle chargée d'évaluer, pour le compte des autorités, la sûreté de futurs projets d'enfouissement.

Dans ce contexte, l'IRSN utilise le tunnel de Tournemire pour acquérir des connaissances spécifiques et développer et maintenir ses compétences. Ce site expérimental est à l'étude depuis près de 20 ans.

Une installation de stockage en couche géologique profonde de déchets HAVL nécessite un effort important de développement des connaissances, souligne l'IRSN. Le concept de sûreté d’un tel stockage repose notamment sur les propriétés de confinement durable des matières radioactives assuré par le milieu géologique, de manière à limiter leur transfert vers les écosystèmes et ainsi prévenir les risques à long terme pour l’homme et l’environnement.

Le tunnel de 1885m est situé en bordure de Massif central, et donne accès à une roche argileuse (argilite), surmontée de 250m de calcaire. Cette formation est proche de celle étudiées sur le site de Bure, en Haute Marne, qui devrait accueillir un site de stockage géologique à partir de 2025.

D'ici là, l'équipe de l'IRSN étudie la roche et son comportement , ainsi que l'eau qu'elle contient. Elle cherche avant tout à comprendre les mécanismes et la vitesse de migration de l'eau, et des substances dissoutes dans les argiles intactes ou perturbées par la réalisation d'ouvrages souterrains (creusement d'une galerie, déssechement de la roche suite à la ventilation naturelle, altérations dûes à la présence de béton et de composés métalliques...)

Depuis 2007, la station expérimentale de Tournemire a été intégrée dans le réseau des centres d'excellence mis en place par l'AIEA, qui met en relation 27 pays membres.

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Message par energy_isere » 23 juin 2009, 21:42

Que faire des 250 000 tonnes de déchets nucléaires ?

Pierre Le Hir / LE MONDE / 23.06.09

"Au nom de quoi retirerait-on aux générations futures la possibilité de décider par elles-mêmes ?" La question posée par le sociologue Michel Callon, professeur à l'Ecole des mines, est au coeur de la nouvelle doctrine française sur les déchets nucléaires. Elle repose sur le concept de "réversibilité" des solutions techniques, mais aussi des choix politiques. Un colloque vient d'être organisé sur ce thème, à Nancy, par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), prélude à une conférence internationale prévue en 2010.

"Le stock de combustibles usés accumulé dans le monde se monte à 250 000 tonnes", rappelle Bernard Boullis, du Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Même si l'on arrêtait demain toutes les centrales, le problème resterait donc entier. En France, 1 150 tonnes de combustibles irradiés sont déchargés chaque année des 58 réacteurs d'EDF, dont 850 tonnes retraitées.

Ces déchets ultimes ne représentent qu'un volume relativement faible : un peu moins de 50 000 tonnes pour la France, provisoirement entreposées dans les usines de retraitement, à La Hague (Manche) et Marcoule (Gard). Mais ces rebuts concentrent plus de 99 % de la radioactivité totale. Certains sont à très haute activité. D'autres à vie longue : des milliers, voire des millions d'années.

Pour ces substances très nocives, l'option mondialement retenue est le stockage dans des formations géologiques profondes, capables de les confiner pendant plusieurs centaines de milliers d'années. C'est pour valider cette solution que, sous la commune de Bure (entre Meuse et Haute-Marne), l'Andra a creusé, à 490 mètres de profondeur, dans une couche d'argilite, un laboratoire.

"Il s'agit d'une installation de recherche, qui ne constituera pas le futur site de stockage", précise Marie-Claude Dupuis, directrice générale de l'Andra. Celui-ci serait situé dans un périmètre de 30 km2 autour de Bure, où serait enfoui un réseau de 15 km2 de galeries et d'alvéoles souterraines.

Si, du moins, le Parlement et le gouvernement donnent leur feu vert. Un débat public est prévu en 2013, avant une enquête et une demande d'autorisation de construction en 2015, pour une éventuelle mise en service en 2025.

Rien n'est acquis. En dépit de la promesse de 700 à 1 000 emplois directs, l'opposition locale reste forte : plus de 50 000 électeurs des deux départements ont demandé un référendum local. C'est l'hostilité persistante d'une partie de la population, en même temps que le constat que les études sur la gestion des déchets radioactifs demandent à être plus poussées, qui a conduit le Parlement à inscrire dans la loi, en juin 2006, l'exigence de réversibilité. Cela pour une durée d'au moins cent ans. "Ce principe est crucial pour donner aux citoyens les meilleures garanties, mais aussi pour laisser à la science une chance de proposer, dans le futur, des alternatives", justifie Claude Birraux, président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Tous les pays n'ont pas fait le même choix, souligne Claudio Pescatore, de l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Aux Etats-Unis et en Suisse, la réversibilité est, comme en France, exigée par la loi. Au Canada et au Japon, elle l'est par le gouvernement. En Suède et en Finlande, elle n'est pas requise, mais néanmoins prévue par les exploitants nucléaires. En Angleterre, elle fait l'objet d'un débat.

La réversibilité suppose de pouvoir, à tout moment, retirer les colis radioactifs de leurs alvéoles souterraines. Mais aussi de pouvoir revenir sur les choix de gestion des déchets. Ce qui soulève de multiples questions. Comment assurer le même niveau de sécurité à un stockage susceptible d'être rouvert qu'à un ouvrage définitivement scellé ? Comment être sûr que, dans les décennies ou les siècles à venir, les institutions politiques seront au moins aussi stables que les formations géologiques, et qu'elles garantiront des processus de décision démocratiques ? Comment imaginer sérieusement qu'une fois lancé, on puisse revenir sur un projet chiffré, entre la construction et l'exploitation sur un siècle, à 15 milliards d'euros ?

Pour l'heure, la Suède est le premier pays à avoir choisi un site de stockage profond, dans du granit. Tous les autres tergiversent. Aux Etats-Unis, le projet d'enfouissement dans la roche volcanique de Yucca Mountain, dans le désert du Nevada, vient d'être "enterré" par Barack Obama. En Allemagne, le stockage dans la mine de sel de Görleben a été gelé par le moratoire sur le nucléaire. Le Japon, le Canada et l'Angleterre cherchent des sites. L'Espagne privilégie pour l'instant l'entreposage. La Chine, l'Inde et la Russie, quant à elles, n'ont pas arrêté de position.

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Message par energy_isere » 25 juin 2009, 15:30

Déchets nucléaires : 2 communes de l'Aube sélectionnées

Le gouvernement a sélectionné deux communes de l'Aube susceptibles d'accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs de faible activité à vie longue (FA-VL).

Jusqu'à l'année prochaine, des investigations approfondies seront menées dans les communes d'Auxon et Pars-lès-Chavanges. Ces deux communes font partie de la quarantaine qui s’était portée candidate suite au dossier d’information envoyé par l’Andra en juin 2008. Le choix a été fait à partir d'un rapport d'analyse géologique et environnemental que lui a remis l’Agence fin décembre dernier.

Sur la base de ce rapport, le Gouvernement a consulté, d’une part, l’Autorité de Sûreté Nucléaire et la Commission Nationale d’Évaluation qui ont confirmé l’analyse de l’Andra et, d’autre part, les élus des territoires concernés. De ces consultations, il résulte qu'Auxon et Pars-lès-Chavanges réunissent les meilleures conditions pour la poursuite du projet.

Les investigations géologiques et environnementales y seront donc menées par l'Andra dès cette année, pour vérifier la faisabilité d'implantation du centre de stockage à faible profondeur.

A l’issue des investigations, un débat public sera organisé en 2011 sous l’égide de la Commission nationale du débat public. Avant le choix du site qui accueillera le centre de stockage, les communes seront invitées à délibérer pour confirmer ou non leur candidature.

Si tout se passe bien, les investigations seront poursuivies entre la fin 2011 et 2014. Des études approfondies du site retenu seront réalisées. Suivra la préparation de la demande d'autorisation de création du stockage.

En 2015 et 2016, une enquête publique et l'instruction de la demande d'autorisation seront menées, et le permis de construire déposé. Le début de la construction et la demande de mise en service des premières installations pourraient intervenir en 2017-2019.

L’ouverture d’un centre de stockage pour les déchets radioactifs FA-VL est l’un des objectifs fixés par la loi de programme du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs. Du fait des substances radioactives qu’ils contiennent et de leur durée de vie, ces déchets doivent faire l’objet d’une gestion spécifique. L’option technique privilégiée est un stockage à faible profondeur (15 à 200 mètres) dans des couches géologiques particulières.

Les déchets FA-VL sont pour la plupart déjà produits et sont actuellement entreposés provisoirement en surface en attente d’une solution de gestion à long terme, indique l'Andra. Il s’agit pour l’essentiel de déchets de graphite provenant d’anciennes centrales nucléaires françaises et de déchets radifères issus par exemple du traitement de minéraux utilisés par les industriels pour la fabrication de pots catalytiques, de composants électroniques ou dans la métallurgie fine.

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Re: [Nucléaire] Le nucléaire et ses déchets / démantèlement

Message par krolik » 01 juil. 2009, 17:23

Communiqué de l'ANDRA sur les déchets nucléaires et leur évolution dans le temps.

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30-06-2009 - Reuters

France - Les déchets radioactifs doubleront d'ici 2030 - Andra

PARIS, 30 juin (Reuters) - Le volume des déchets radioactifs de haute activité, principalement issus du traitement du combustible usé des centrales nucléaires, devraient plus que doubler d'ici 2030, estime l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) dans un rapport publié mardi.

L'Andra dresse tous les trois ans un inventaire des matières et déchets radioactifs par secteur d'activités, établit une cartographie des sites pollués et estime des volumes de déchets prévisionnels.

Fin 2007, les déchets de haute activité, la catégorie la plus dangereuse, représentaient 95% de la radioactivité totale des déchets français, mais seulement 0,2% du volume, selon l'Andra.

Le volume des déchets de haute activité devrait augmenter de 120% à 5.060 mètres cube (m3) en 2030 sur un volume total de déchets de 2,2 millions de m3, précise l'Andra dans son rapport.

"Ces déchets sont dès aujourd'hui pris en compte par l'Andra dans la conception et l'exploitation de ses centres de stockage", écrit l'Andra dans un communiqué.

Des centaines de milliers d'années seront nécessaires pour que les déchets issus de la production d'électricité nucléaire perdent leur radioactivité, le stockage étant devenu une question centrale avec notamment la construction prévue de nouveaux réacteurs dans les prochaines décennies.

Les déchets hautement radioactifs sont actuellement entreposés en surface sur le site de l'usine d'Areva de La Hague (Manche) mais une loi de juin 2006 a ouvert la voie à leur stockage en formation géologique dans une zone de 200 km2 située au nord du laboratoire de Bure (meuse) à l'horizon 2025.

Les prévisions de l'Andra pour 2030 prennent comme hypothèse une production d'origine nucléaire de 443 Tera Watt heure (TWh) par an à partir de 2013 lorsque l'EPR de Flamanville entrera en service.

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Re: [Nucléaire] Le nucléaire et ses déchets / démantèlement

Message par energy_isere » 01 juil. 2009, 18:30

Krolik, je lisais sur un document du CEA ( Les systémes nucléaire du futur de Franck Carré ) qu' il faudrait trouver un successeur de La Hague pour 2040.

page 8 :
........Cette plate-forme servira également à sélectionner les procédés de séparation et de
conversion qui seront mis en oeuvre dans l’usine de traitement des combustibles usés qui succédera vers 2040 à l’usine actuelle de La Hague.
Ca veut dire que La Hague sera fermé, ou bien que tout ce qui est entreposé continuera à étre stocké, et c' est une nouvelle plate forme supplémentaire qui sera nécéssaire ?

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Re: [Nucléaire] Le nucléaire et ses déchets / démantèlement

Message par krolik » 01 juil. 2009, 19:49

Et bien La Hague est une usine qui vieillit comme les autres, alors il faudra luii trouver un remplacement.
Maintenant quel procédé choisir ? Plus performant... Jusqu'où veut-on pousser le retraitement et les séparations ??
De toutes les façons à l'usine même de La Hague il n'y a que des stockages temporaires de ce qui rentre et de ce qui en sort.

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Re: [Nucléaire] Le nucléaire et ses déchets / démantèlement

Message par Lansing » 02 juil. 2009, 10:28

krolik a écrit : ...
De toutes les façons à l'usine même de La Hague il n'y a que des stockages temporaires de ce qui rentre et de ce qui en sort.

@+
On stock des déchets sur un site qui jouxte l'usine de la Hague, au Rauxmarais exactement, depuis 1969, plus de 500.000 m3. Mon père a supervisé les installations pour le CEA jusqu'en 1989.

Patrick

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