[Charbon] L'ascension du charbon

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par Alturiak » 18 nov. 2015, 23:00

La production photovoltaïque va en effet passer de 100 Gigawatts (GW) aujourd'hui à 150 GW en 2020, l’hydroélectricité et le nucléaire dépasser les 20GW chacun
Plusieurs choses semblent erronées.

Déjà un coup classique : confusion entre capacité installée et production.
Ensuite, 100 GW c'est pour l'éolien, pour le solaire PV on est plutôt autour de 35 à 40 GW. Et, toujours pour les chiffres 2015 : hydro 35 GW, nuke on est bien à 20 GW (et 58 GW prévus pour 2020).

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 29 nov. 2015, 14:18

L'assureur allemand Allianz se détourne à son tour des investissements dans le charbon

AFP le 24 nov. 2015

Le géant allemand de l'assurance, l'allemand Allianz, a annoncé mardi qu'il allait réduire ses investissements dans les activités liées au charbon, pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique et du fait du "risque économique".

"Conscient de l'objectif de deux degrés (Celsius) des négociations de Paris sur le climat et du risque économique induit, le patron (d'Allianz) Oliver Bäte a annoncé qu'Allianz allait cesser de financer les modèles économiques basés sur le charbon", selon un communiqué.

Concrètement, Allianz, qui gère des milliards d'euros de fonds, "n'investira plus dans des entreprises qui tirent plus de 30% de leur chiffre d'affaire de l'exploitation du charbon ou génèrent plus de 30% de leur énergie du charbon". D'autres avant lui, par exemple le plus gros fonds de pension norvégien, se sont déjà détourné du charbon
http://www.connaissancedesenergies.org/ ... bon-151124

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Message par energy_isere » 18 déc. 2015, 18:27

L'AIE prédit la fin de l'âge d'or du charbon en Chine

le 18 décembre 2015, Usine Nouvelle
SINGAPOUR (Reuters)

La demande de charbon en Chine, premier consommateur mondial, va ralentir au cours des cinq prochaines années du fait de son changement de modèle économique, ouvrant la voie à une baisse de la demande mondiale de cette énergie fossile malgré la montée en puissance de l'Inde, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Dans un rapport sur ses perspectives à moyen terme jusqu'en 2020 publié vendredi, l'AIE estime que "l'âge d'or du charbon en Chine semble terminé" en raison de la stagnation du secteur du BTP et des travaux d'infrastructure, et des efforts déployés par les autorités pour promouvoir des industries moins gourmandes en énergie, dans un contexte de lutte contre la pollution.

L'AIE prévoit que la demande chinoise en charbon passera de 2.843 millions de tonnes équivalent charbon (tec) en 2014 à 2.640 millions en 2020 selon un scénario "probable" envisageant un pic de la demande en Chine.


En conséquence, la demande mondiale baisserait de 5.540 millions de tec en 2014 à 5.509 millions en 2020 (un scénario moins baissier table toutefois sur une hausse de la demande de 0,8% par an, et une demande à 5.814 millions de tec en 2020).

Cette diminution serait également le fruit, selon l'AIE, de politiques économiques plus axées sur l'environnement et de l'usage accru du renouvelable dans les pays développés.

Le directeur exécutif de l'AIE Fatih Birol, qui a présenté vendredi ce rapport à Singapour, a jugé que les investissements dans des projets fortement gourmands en énergies carbonées seraient plus risqués après l'accord de Paris sur le climat.

"Les investisseurs sont libres de faire ce qu'ils veulent, mais j'imagine une pression plus forte sur les investissements de ce type dans les années à venir", a-t-il dit.

"Les énergies renouvelables sont plus en plus répandues. Avec la baisse du coût des renouvelables et un solide soutien des Etats, elles deviennent l'option privilégiée par de nombreux investisseurs."

L'AIE prévoit également que l'Inde deviendra d'ici 2020 le deuxième pays consommateur de charbon derrière la Chine, au lieu des Etats-Unis, et que l'Asie du Sud-Est sera également une région à forte demande.

Aux Etats-Unis, prédit l'AIE, la consommation chutera de 75% d'ici 2020 grâce à l'exploitation du gaz de schiste.
http://www.usinenouvelle.com/article/l- ... ne.N370223

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 18 déc. 2015, 19:39

L'âge d'or du charbon semble toucher à sa fin

Boursorama avec AFP le 18/12/2015

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la consommation mondiale de charbon — énergie fossile la plus émettrice de CO2 — va fortement ralentir. La tendance est déjà enclenchée en raison d'une perte d'appétit de la Chine et de la montée en puissance des énergies renouvelables.

La consommation mondiale du charbon va fortement ralentir sur les cinq prochaines années, a annoncé ce vendredi 18 décembre l'AIE, près d'une semaine après l'adoption à Paris d'un accord mondial pour contenir le réchauffement climatique. La planète devrait consommer 5,8 milliards de tonnes de charbon en 2020, ce qui représente une baisse de plus de 500 millions de tonnes par rapport aux estimations précédentes, indique l'Agence dans son rapport annuel sur le marché du charbon.

Après avoir atteint 3,3% par an entre 2010 et 2013, la croissance de la demande mondiale va ainsi ralentir à une moyenne annuelle de 0,8% jusqu'en 2020, et la part relative du charbon dans la production d'électricité va diminuer de 41 à 37%. "Pour la première fois depuis les années 1990, la croissance de la demande mondiale de charbon a été stoppée en 2014", constate l'agence énergétique, estimant même "probable" un repli cette année de cette énergie fossile la plus émettrice de CO2.

Deux raisons majeures expliquent cette baisse de régime, selon elle : le renforcement des politiques environnementales, dont l'accord de la COP21, et surtout la transformation économique de la Chine, premier consommateur mondial, qui engloutit actuellement la moitié des ressources mondiales en charbon. Le géant asiatique, qui connaît aussi un net ralentissement de sa croissance économique, développe une économie davantage axée sur les services au détriment d'une industrie lourde très énergivore.

Outre cette restructuration des industries lourdes héritées de l'économie planifiée, les mesures prises par le gouvernement chinois pour "aborder les défis environnementaux" vont avoir un effet sur la consommation de charbon, a déclaré le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol, lors d'une conférence de presse à Singapour.

Pékin avait annoncé au début du mois une modernisation de ses centrales au charbon pour les rendre moins polluantes, via des mesures censées économiser quelque 100 millions de tonnes de charbon brut et éviter le rejet d'environ 180 millions de tonnes de CO2 chaque année.

Pour produire de l'électricité, le pays développe aussi à marche forcée des énergies alternatives comme l'hydroélectricité, le solaire, le photovoltaïque et le nucléaire, dans le souci de réduire une pollution atmosphérique endémique. "Des données officielles provisoires montrent que la demande chinoise de charbon s'est repliée en 2014 et que cette baisse devrait s'accélérer en 2015. Une diminution de la consommation de charbon en Chine pour deux années consécutives serait inédite depuis 1982", souligne l'AIE.

Le "roi charbon" a aussi de moins en moins la cote dans les zones développées de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), notamment l'Europe et les États-Unis, sous l'effet conjugué d'installations vieillissantes, d'une demande électrique morose, de l'instauration de taxations sur le carbone et de soutiens aux renouvelables, de plus en plus compétitifs.

En novembre, plusieurs pays de l'OCDE ont décidé de limiter leur soutien à l'exportation de centrales au charbon. De plus en plus d'investisseurs prennent aussi leurs distances avec cette énergie fossile et des groupes comme Total ou Engie s'en sont désinvestis totalement ou partiellement, pressés notamment par des organisations de défense de l'environnement.

Avec l'Asie du sud-est, l'Inde sera le principal moteur de la croissance du charbon ces prochaines années. Celui-ci est perçu par les autorités comme une énergie incontournable pour développer le secteur manufacturier du pays et déployer l'accès à l'électricité à quelque 240 millions de ses habitants qui en sont encore privés, souligne l'AIE. "L'Inde deviendra le deuxième consommateur mondial de charbon devant les Etats-Unis, et le premier importateur de charbon thermique", prédit l'agence, tout en estimant que cela restera insuffisant pour contrebalancer significativement la tendance générale.

D'autant plus que le charbon, dont les prix évoluent à des niveaux très bas, est confronté à un autre écueil: la concurrence accrue du gaz, son principal rival pour la production d'électricité, dont les prix ont reculé dans le sillage de ceux du pétrole. Fatih Birol a par ailleurs déclaré que l'accord de Paris constituait un "signal important" au monde pour accroître l'utilisation des énergies renouvelables.
http://www.boursorama.com/actualites/l- ... 45bbcb098b

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 10 janv. 2016, 20:54

CHINE : UN MORATOIRE DE 3 ANS SUR LES NOUVELLES MINES DE CHARBON

08 janvier 2016 novethic.fr

Un moratoire de trois ans sur l’ouverture de nouvelles mines de charbon. C'est la décision que vient de prendre le gouvernement chinois. Une annonce qui intervient alors que les prix sont au plus bas et que le premier émetteur de CO2 au monde cherche à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Le charbon est largement responsable du smog qui continue d'empoisonner la vie de la population. Nouveau signe de la réorientation de l’économie chinoise, les autorités ont annoncé l’interdiction de l’ouverture de toute nouvelle mine de charbon pour 3 ans, à partir du 1er janvier 2016.

Dans le nord-est de la Chine, le mois de décembre a été particulièrement pollué. Une période marquée par deux "alertes rouges" dans la capitale chinoise. Dans ce contexte, la nouvelle d'un moratoire sur l'ouverture de nouvelles mines de charbon ne peut pas déplaire aux habitants.

Pourtant, cette décision est plutôt une mesure économique qu’environnementale. "S’il s’agissait de lutter contre la pollution, le gouvernement prendrait des mesures plus directes", explique Huw Slater, analyste pour l’organisation non gouvernementale China Carbon Forum.

Après avoir explosé pendant une dizaine d’année grâce à la demande chinoise, les prix du charbon baissent depuis 2011. Ce mouvement est parallèle à celui de la croissance chinoise, qui ralentit après des années de surchauffe. Et alors que le pays veut sortir du tout charbon, le ralentissement économique est sans doute le meilleur allié de l’environnement.

En 2014, pour la première fois depuis une trentaine d’années, la consommation de charbon a très légèrement baissé en Chine. Dans le même temps, la houille qui assurait 70 % de la consommation énergétique chinoise en 2011 a reculé à 64,4 % aujourd’hui.

Une industrie en surcapacité

Cette baisse rapide de la consommation chinoise et des prix mondiaux a mis le secteur du charbon dans une situation délicate. Plus encore en Chine, où le marché de l’énergie reste largement dominé par des entreprises d’Etat qui ne réagissent pas aux mouvements du marché avec souplesse. "Une partie du marché de l’énergie n’est pas encore libéralisée, ce qui donne lieu à des effets de bulles (spéculatives, NDLR). Ici, alors que des intérêts locaux pourraient pousser à continuer à investir, le gouvernement est intervenu pour aller faire appliquer la loi du marché", analyse Huw Slater responsable projet et recherche pour l’organisation non gouvernementale China Carbon Forum, basée à Pékin.

Il y avait urgence. Depuis 2015, une grande partie des exploitants miniers chinois sont en crise: les mineurs sont payés avec des mois de retard. Quand ils sont payés. En septembre, le premier exploitant minier du Nord-Est chinois, Longmay Group, a annoncé la suppression de 100 000 postes.

En visite dans une mine de la province du Shanxi (centre), grande productrice de charbon, le Premier ministre Li Keqiang a pointé le problème ce mardi : "La Chine doit tout faire pour restructurer et éliminer les capacités obsolètes, en interdisant la construction de nouvelles infrastructures".

Bonne nouvelle pour l’environnement

D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les beaux jours du charbon sont derrière lui. "La transition économique en Chine et les politiques environnementales dans le monde - dont le récent accord de Paris - vont sans doute continuer à contraindre la demande de charbon au niveau mondial", a estimé le directeur général de l’institution fin décembre, lors de la présentation d’un rapport sur le charbon.

Ce moratoire, instauré pour des raisons économiques, aura néanmoins des effets positifs pour l’environnement. Car au-delà des émissions de CO2 liées à la combustion du charbon, les mines elles-mêmes sont très polluantes.

L’exploitation des sites à ciel ouvert implique déforestation, destruction des paysages, émission de poussière pour les riverains. Nombre de mines souterraines surexploitées provoquent aujourd’hui des glissements de terrain à travers la Chine. Et l’extraction consomme et pollue beaucoup d’eau, déjà rare dans le pays, tout en libérant du méthane contenu dans la roche. Longtemps après leur fermeture, les mines continuent à dérégler l’environnement.

Autre conséquence positive, à plus long terme, la restructuration chinoise pourrait aider à la stabilisation des prix du charbon, ce qui rendrait les énergies renouvelables, aujourd’hui largement subventionnées en Chine, plus compétitives.
http://www.novethic.fr/lapres-petrole/e ... 43801.html

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Message par energy_isere » 09 sept. 2016, 21:10


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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 17 déc. 2016, 12:50

La consommation mondiale de charbon va fortement ralentir jusqu'en 2021

AFP le 12 déc. 2016

La consommation mondiale de charbon va fortement ralentir jusqu'en 2021, sous l'effet notamment d'une efficacité énergétique accrue, mais ce combustible très polluant demeurera incontournable dans la production électrique en Asie, estime lundi l'Agence internationale de l'énergie.

"En raison des implications pour la qualité de l'air et des émissions de carbone, le charbon est très critiqué ces dernières années, mais il est trop tôt pour affirmer que la fin du charbon est arrivée", résume Keisuke Sadamori, directeur de la division marchés et sécurité énergétiques de l'AIE, dans un communiqué.

La planète devrait consommer 5,6 milliards de tonnes de charbon en 2021, moins que l'estimation précédente de 5,8 milliards de tonnes, précise l'agence énergétique dans son rapport annuel sur le marché du charbon. Après avoir atteint 4% par an entre 2000 et 2013, la croissance de la demande mondiale va ainsi ralentir à une moyenne annuelle de 0,6% par an sur la période 2015-2021. Et la part relative du charbon dans la production d'électricité va diminuer de 41% (en 2014) à 36%.

La tendance s'explique par une croissance économique globalement molle qui pèse sur la demande d'électricité, le développement des énergies renouvelables et une efficacité énergétique accrue dans le cadre des politiques déployées pour lutter contre le changement climatique. Elle est déjà enclenchée, avec une baisse de 2,7% à 5,4 milliards de tonnes en 2015, inédite depuis le début du nouveau millénaire.

Cette tendance cache toutefois des réalités géographiques différentes. L'Asie consomme de plus en plus de charbon - sa part dans la consommation mondiale est passée de 46% en 2000 à 73% en 2015 -, l'Europe (22 à 12%) et l'Amérique du Nord (25 à 10%) de moins en moins. Car si les investisseurs prennent de plus en plus leur distance avec le charbon, celui-ci n'en demeure pas moins la colonne vertébrale de la production d'électricité et industrielle dans de nombreux pays émergents - surtout en Asie du Sud et du Sud-Est, souligne l'AIE.
http://www.connaissancedesenergies.org/ ... 021-161212

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par phyvette » 27 janv. 2017, 08:37

Pic de la consommation mondiale de charbon passé en 2014.
[2] Figures to be released in 2017 and future years are likely to show that the peak in world coal consumption occurred in 2014. This is important, because it means that countries that depend heavily on coal, such as China and India, can expect to see much slower economic growth, and more financial difficulties.
https://ourfiniteworld.com/2017/01/10/2 ... ing-apart/
Gilles a raison
Gilles a tjs raison
Si un membre a raison les 1 et 2 s'appliquent
Gilles ne contredit pas il éduque
Les idées de Gilles sont tjs bonnes
Gilles est obligé de penser pour tout le monde
Seul Gilles a une vision globale de la société

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 25 nov. 2017, 19:53

A la COP23, le charbon mis sur la touche par 20 pays

OLIVIER COGNASSE Usine Nouvelle 16/11/2017

Ce n’est pas encore demain que le charbon sera totalement éradiqué de la planète, mais plusieurs Etats ont décidé d’accélérer à commencer par la France. L’occasion de contrecarrer les velléités pro-charbon de Donald Trump, le paria du sommet de Bonn.

Enfin une bonne nouvelle ! Vingt pays, - dont la France, le Royaume-Uni, l’Italie, le Canada, le Mexique et les Iles Fidji - et six Etats fédéraux américains et canadiens ont lancé jeudi 16 novembre 2017 une alliance mondiale pour sortir du charbon. Une réponse au gouvernement américain, qui s’évertue à défendre cette énergie fossile réputée la plus polluante. Le rapport annuel des chercheurs du Global Carbon Project publié en début de semaine a montré que pour la première fois les émissions mondiales de CO2 étaient reparties à la hausse (+ 2% en 2017) après trois années de baisse. En cause : le charbon et notamment celui de la Chine.

Ce dernier pays qui veut développer les ENR à toute vitesse n’est pas prêt à renoncer au charbon, même s’il a stoppé un grand nombre de projets et fermé des centrales. Au même titre que certains autres pays à forte croissance économique comme l’Inde. Quant à l’Allemagne qui accueille physiquement la COP 23 (organisée par les Iles Fiji), il ne fait pas partie de la liste. Et pour cause, selon l'ONG Energy for Humanity, elle représente la pire menace pour le climat en Europe.

AXA a investi 848 millions d’Euros dans le charbon

Tous les pays de cette alliance anti-charbon se sont engagés à sortir progressivement du charbon avec des dates limites : 2021-22 pour la France et 2030 pour le Royaume-Uni par exemple. Toutefois, Emmanuel Macron a brandi, lors de son discours à la tribune de la COP23 une menace d’un retour au charbon, si la France sortait trop vite du nucléaire. Le Président de la République tient un double discours qui traduit le malaise de la France face à la situation du nucléaire et de ses deux piliers, Areva et EDF.

Mais les "anti-charbon" ne sont pas encore au bout de leur peine. Le nouveau rapport des Amis de la Terre intitulé "le charbon prend de l’assurance" dénonce l’immobilisme des compagnies d’assurance qui continuent à soutenir les entreprises les plus dangereuses pour le climat. Et de citer dans son communiqué le champion français AXA qui a investi "848 millions d’euros dans les développeurs de charbon depuis 2015, […] soit 91% des investissements des assureurs et 30% des investissements français totaux" qui atteignent 2764 millions d’euros. Derrière AXA, on retrouve "les quatre premiers groupes bancaires français". Sans surprise !
https://www.usinenouvelle.com/article/a ... ys.N615278

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 06 janv. 2018, 14:02

La demande mondiale de charbon en croissance faible d'ici 2022

Par Reuters le 18.12.2017

La demande mondiale de charbon n'augmentera que marginalement durant les cinq prochaines années en raison d'une baisse de la consommation de la Chine, prévoit lundi l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

La consommation de charbon a diminué de 1,9% à 5,357 milliards de tonnes en 2016, la baisse des prix du gaz, l'essor des énergies renouvelables et les programmes d'amélioration de l'exploitation ayant grevé la demande, explique l'AIE dans son rapport annuel sur ce marché.

La demande de charbon augmenterait en moyenne de 0,5% l'an pour atteindre 5,534 milliards de tonnes en 2022, "à peine plus haut que les niveaux actuels, ce qui signifie que l'emploi du charbon ne fait que stagner depuis une dizaine d'années", note l'agence.

L'usage du charbon diminuera en Europe, au Canada, aux Etats-Unis et en Chine, le premier consommateur mondial, mais il augmentera en Asie du sud-est, en Inde, au Pakistan et au Bangladesh.

Sur la période s'étalant jusqu'en 2022, c'est en Inde que la consommation de charbon devrait augmenter le plus, de 3,3%, à 605 millions de tonnes.


Après un pic de consommation en 2013, la demande chinoise diminuerait de 0,1% l'an, à 2,787 milliards de tonnes en 2022, conséquence de la politique d'amélioration de la qualité de l'air.

Aux Etats-Unis, la consommation de charbon augmentera un peu en 2018 avant de fléchir à 469 millions de tonnes en 2022, tandis que celle de l'Union européenne (UE) diminuerait à 293 millions de tonnes.

La part du charbon dans les sources d'énergie utilisées dans le monde passerait de 27% en 2016 à 26% en 2022.

Après des années de baisse, les prix du charbon ont poursuivi leur remontée cette année en raison d'une forte réduction de la production chinoise et d'une demande soutenue dans la région Asie-Pacifique et en Europe.

"Les prix continueront de dépendre en grande partie de la Chine; en conséquence, la réforme structurelle des houillères chinoises est la clé de l'évolution des prix du charbon", explique l'AIE.
https://www.challenges.fr/monde/la-dema ... 022_520896

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 22 mars 2018, 21:13

Charbon: la matière noire a encore de beaux jours devant elle


Par Myriam Berber 22 mars 2018

Image
Une barge de charbon est remorquée sur la rivière Musi, à Palembang, au sud de Sumatra, en Indonésie, le 7 mars 2018.©Antara Foto/Nova Wahyudi/ via REUTERS

Glencore, le géant suisse du négoce et des mines, va racheter des mines de charbon à l’Australien Rio Tinto pour 1,3 milliard d’euros. Le charbon, qui n’est pas la matière première la plus en vogue aujourd’hui, a encore des beaux jours devant lui, notamment dans les pays émergents.

Ce sont les deux dernières mines de charbon de Rio Tinto, après la vente, l’an dernier, de ses exploitations houillères, de Hunter Valley en Australie, au chinois Yan-Coal. Il y a ceux, comme Rio Tinto, qui se désengage du charbon, une énergie très polluante qui a mauvaise réputation. Et en face, il y a ceux, comme Glencore, qui renforcent leur position.

Le groupe australien est convaincu que le charbon a encore un bel avenir, devant lui. Parmi les énergies fossiles, la matière noire est, en effet, la plus abondante et la moins chère. Depuis 2014, la production mondiale de charbon reculait, mais elle est repartie à la hausse depuis l’an dernier. Sous l’effet de la forte consommation dans les pays émergents.

L’Asie concentre, aujourd’hui, les trois quarts, de la demande mondiale, contre 50% il y a quinze ans, en raison du développement économique et de la démographie galopante.

En Inde, troisième consommateur mondial, le charbon est à l'origine de 80% de l’électricité. Et en Chine, il représente 60% des besoins énergétiques du pays. Au Vietnam, en Indonésie et au Pakistan, l'usage du charbon se renforce également.

Et même si sa consommation a fortement reculé en Europe et en Amérique du Nord, la fin du charbon n'est pas encore pour demain. Selon l'AIE, l'Agence internationale de l'énergie, la planète devrait en consommer plus de 5,5 milliards de tonnes à l'horizon 2021.
http://www.rfi.fr/emission/20180322-cha ... evant-elle

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 24 mars 2018, 20:50

La construction de centrales à charbon ralentit dans le monde entier

Par Loïc Chauveau le 23.03.2018

Un rapport de trois ONG américaines révèle un ralentissement marqué des projets de centrales à charbon dans le monde. Mais les constructions en cours sont encore trop nombreuses pour atteindre l’objectif de limitation des températures à 1,5°C.

Le regroupement de chercheurs Coalswarm, l'association de protection de la nature américaine Sierra Club et l'ONG Greenpeace l'assurent : le déclin du
charbon comme source d'électricité est en cours. Selon les calculs des trois organismes, ces deux dernières années le nombre de nouvelles centrales entrant en service a chuté de 41% tandis que les démarrages de chantiers ont reculé de 73%. Les permis et les projets planifiés ont, eux, reculé de 59%. Dans le même temps, entre 2015 et 2017, 97 GigaWatts (GW) de capacité ont été fermés. Ces arrêts de centrales ont principalement eu lieu aux Etats-Unis (45GW), où pourtant la politique menée est favorable au charbon. La Chine a mis au rebut pour 16GW et le Royaume-Uni (qui est en train d'abandonner ce type d'énergie) 8GW. On assiste donc à un "effet ciseau". Les auteurs du rapport ont en effet calculé qu'en 2022, les fermetures de centrales au charbon seront plus nombreuses que les ouvertures. La part de cette énergie commencera alors à fortement diminuer dans le mix énergétique mondial.

Cette désaffection a plusieurs causes. Aux Etats-Unis, les fermetures sont liées à la production croissante de gaz de schiste plus rentable que le charbon. Malgré les efforts de l'actuel président des Etats-Unis, Donald Trump, ces règles économiques condamnent les mines du pays. De plus, jusqu'ici, les fermetures se déroulaient dans les pays développés. Il s'agissait principalement de centrales en fin d'activité. Ainsi, 290 GW de capacités ont atteint les 39 années de durée de vie prévues pour de telles unités. 144 GW sont situés aux Etats-Unis et 59 GW dans l'Union européenne. 315 GW supplémentaires atteindront la limite d'âge à la fin de 2030.

Les pays en voie de développement commencent à se détourner du charbon

La nouveauté, c'est que cette décennie est marquée par l'abandon du charbon dans les pays en voie de développement. Dans l'est asiatique (Chine, Japon, Corée), si 553 GW sont en cours de construction, 758 GW de projets ont été abandonnés, soit un taux de renoncement de 59%. En Inde, où l'urgence est à l'électrification de l'ensemble du pays, seuls 17 centrales sont en cours de réalisation, et ce, affirment les auteurs, du fait de la désaffection des investisseurs privés. Comme aux Etats-Unis, le gaz est le principal concurrent du charbon. Mais le coût devenu très compétitif des énergies renouvelables change aussi la donne. Le fait que le solaire et l'éolien soient désormais moins chers que les énergies fossiles est un phénomène qui ne date que de la moitié de la décennie et les effets commencent à se faire sentir sur les choix des investisseurs.

Ce recul est certes une bonne nouvelle pour le climat et la réalisation de l'accord de Paris pour un maintien de la hausse des températures mondiales à moins de 2°C et si possible à 1,5°C (cette hausse est aujourd'hui de 1,1°C). Cependant le recul enregistré n'est pas suffisant. "Le total des émissions de CO2 des centrales à charbon du monde entier est de 233 gigatonnes, plus haut que le budget total pour les 1,5°C et 2°C " affirment les auteurs du rapport. Pour respecter le seuil de 1,5°C, il faudrait annuler tous les projets actuels de construction et fermer la plupart des centrales avant leurs 40 ans d'âge. Et même l'objectif de 2°C implique une fermeture accélérée des centrales en activité. C'est le sombre avertissement du rapport.
https://www.sciencesetavenir.fr/nature- ... ier_122314

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 04 déc. 2018, 00:11

Country
Below are the 15 countries that exported the highest dollar value worth of coal during 2017:


Australia: US$40.6 billion (36.6% of total coal exports)
Indonesia: $17.9 billion (16.1%)
Russia: $13.5 billion (12.2%)
United States: $9.9 billion (8.9%)
Colombia: $6.8 billion (6.2%)
South Africa: $5.7 billion (5.2%)
Canada: $5.1 billion (4.6%)
Netherlands: $4.1 billion (3.7%)
Mongolia: $2.2 billion (2%)
China: $1.1 billion (1%)
Poland: $816.9 million (0.7%)
Kazakhstan: $445.3 million (0.4%)
North Korea: $403.6 million (0.4%)
Philippines: $337.4 million (0.3%)
Czech Republic: $331.9 million (0.3%)

The listed 15 countries shipped 98.7% of global coal exports during 2017.

Six top coal exporters increased their international sales from 2013 to 2017: Mongolia (up 99.3%), Philippines (up 51.8%), Russia (up 14.5%), Colombia (up 9%), Australia (up 6.1%) and China (up 4.1%).

Among the remaining 9 countries, top coal exporters experiencing the most severe declines over the 5-year period were: North Korea (down -71.7%), Czech Republic (down -43.8%), Poland (down -34.1%), Kazakhstan (down -23.1%) and Indonesia (down -21.5%).
Source http://www.worldstopexports.com/coal-exports-country/

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Re: [Charbon] L'ascension du charbon

Message par energy_isere » 08 déc. 2018, 13:00

Charbon: les investissements chinois dans le monde menacent le climat

AFP le 08 déc. 2018

La Chine se bat d'un côté chez elle pour limiter sa production d'énergie liée au charbon, mais de l'autre, le premier émetteur de CO2 au monde exporte cette technologie polluante en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, selon les experts.

Les émissions de CO2 de ces centrales à charbon financées par la Chine pourraient handicaper les efforts mondiaux pour freiner le réchauffement climatique provoqué par les carburants fossiles, en particulier la houille, mettent en garde ces spécialistes.

"La Chine est le leader mondial pour prendre des mesures et faire les investissements nécessaires pour progressivement décarboner son économie", explique Tim Buckley, du think tank Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA). "Mais au niveau international, la Chine continue d'investir dans une série de projets charbon, en contradiction directe avec sa stratégie énergétique nationale".

Le charbon représente 40% des émissions mondiales de CO2, et plus des deux-cinquièmes de l'électricité mondiale est produite grâce à cette énergie, soit près du double de la part du gaz naturel et 15 fois plus que l'éolien et le solaire combinés.

Un quart des centrales à charbon en projet ou en construction hors de Chine sont soutenues par des institutions financières officielles et des entreprises chinoises, selon une étude de l'IEEFA.

"Le risque est d'enfermer ces pays dans quelque chose qui n'est pas bon pour eux à long terme, et c'est incompatible avec les objectifs de l'accord de Paris" qui vise à limiter le réchauffement à maximum +2°C, souligne à l'AFP Christine Shearer, auteure de cette étude qui doit être publiée prochainement.

Nombre des bénéficiaires des largesses chinoises (Egypte, Nigeria, Kenya, Sénégal, Zimbabwe...) n'ont aujourd'hui aucune ou très peu d'énergie produite par le charbon et pas de charbon pour alimenter les futures centrales.

"Cela veut dire qu'ils devront construire des infrastructures d'importation ou des mines de charbon", note Christine Shearer.

Pour limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, les scientifiques du Giec ont souligné qu'il faudrait réduire les émissions de près de la moitié d'ici 2030.

Malgré tout, les institutions financières chinoises ont engagé plus de 21 milliards de dollars pour développer 31 gigawatts de centrales à charbon dans une douzaine de pays, et 15 milliards de dollars supplémentaires sont en projet pour financer des capacités de 71 GW dans 24 autres pays, selon l'IEEFA.

Il existe déjà aujourd'hui près de 2.500 centrales à charbon d'au moins 30 mégawatts, pour une capacité totale de quelque 2.000 GW, selon l'organisme Global Coal Plant Tracker.

"De nouvelles infrastructures houillères enterreraient nos chances de contenir le réchauffement bien en dessous de +2°C", met en garde Heffa Schuecking, directrice d'Urgewald, ONG allemande spécialiste du secteur du charbon:

- "La Chine a le choix" -

Selon l'ONU, pour garder le monde sous les +1,5°, il faudrait quasiment éliminer le charbon des mix énergétiques d'ici 2050.

Le charbon utilisé en Chine (la moitié du total mondial), a largement diminué ces dernières années, tout comme les émissions de CO2, même si ces dernières sont reparties à la hausse cette année.

Dans le reste de l'Asie, la forte demande d'électricité a provoqué un boom de la consommation de charbon.

La Corée du sud et le Japon financent aussi des énergies fossiles à l'étranger, mais leur part de marché se réduit face aux Chinois. "Les entreprises chinoises sont plus prêtes à se frotter à des pays et à des marchés risqués", explique à l'AFP Han Chen, experte du Natural Resources Defense Council.

La Chine a tout à fait conscience des critiques grandissantes envers cette politique de financement du charbon, note Laurence Tubiana, ancienne négociatrice française et cheville ouvrière de l'accord de Paris.

Mais face à une économie chinoise qui ralentit, les géants publics du charbon cherche de nouveaux marchés à l'étranger, commente Christine Shearer.

Reste que, selon une dizaine d'experts interrogés par l'AFP, Pékin pourrait investir différemment à l'étranger.

"Ils ont le choix", souligne Oliver Sartor, de l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). "Cela semble hypocrite de faire le ménage à la maison et d'investir dans le charbon à l'étranger".

Selon Laurence Tubiana, "le secteur privé chinois, dynamique et très impliqué dans les renouvelables ou les véhicules électriques, pourrait être un moyen parfait pour l'influence chinoise à l'étranger".

D'autant que plusieurs projets houillers financés par la Chine ont rencontré une forte opposition, notamment au Sénégal ou au Bangladesh, déjà frappés par les effets du changement climatique.

Alors Renato Redentor Constantino, de l'Institute for Climate and Sustainable Cities à Manille, pense que la Chine fera le choix des renouvelables: "Mais elle ne le fera pas toute seule (...) Il doit y avoir une pression de la part des autres pays et de la société civile".
https://www.connaissancedesenergies.org ... mat-181208

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