Centrales à charbon moins "sales" mais sans sequestrationCO2

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Centrales à charbon moins "sales" mais sans sequestrationCO2

Message par energy_isere » 09 juil. 2009, 13:04

630 MW pour une centrale charbon plus "propre" aux USA

(src : GE Energy)

GE Energy a livré les premiers équipements de la centrale à cycle combiné à gazéification intégré de Duke, située à Edwardsport dans l’Indiana. Le site est présenté comme la plus grande centrale à charbon "propre" au monde.
"Grâce à la technologie CCGI, il est désormais possible d’utiliser du charbon pour produire de grandes quantités d’électricité tout en obtenant des niveaux d’émissions plus bas qu’auparavant," affirme M. Monte Atwell, Directeur général, technologie CCGI, GE Energy. "Les centrales CCGI ont déjà prouvé leur capacité à réduire les émissions de manière significative comparativement aux centrales à charbon traditionnelles. La technologie de gazéification a par ailleurs été employée à l’échell industrielle pour séparer le CO2."

Sur une centrale CCGI, le charbon est chauffé à haute température pour créer un gaz de synthèse ou « syngaz », qui est ensuite traité pour éliminer de nombreuses émissions – oxydes d’azote et de soufre, mercure et particules en suspension – avant que le gaz ne soit brûlé dans une turbine spécialement conçue pour produire de l’électricité. Situé sous le gazogène, le refroidisseur réfrigère le gaz de synthèse, ce qui crée de la vapeur, alimente la turbine et augmente l’efficacité de la centrale. Le refroidisseur sera construit sur site essentiellement par une main d’œuvre locale et doit être achevé d’ici la fin 2010.

Belleli Energy en Italie a fabriqué un refroidisseur de gaz de synthèse par rayonnement. Les premières pièces sont arrivées sur site la semaine dernière. Les autres seront livrées plus tard dans l’année. GE Energy fournit la gazéification, la production d’énergie et contrôle l’équipement et les services pour la conception et l’ouverture de la centrale CCGI qui produira environ 630 mégawatts lors de sa mise en service en 2012.

La technologie GE a été mise en place dans plusieurs projets importants de CCGI, notamment la centrale pilote, Coolwater, à Barstow en Californie et la centrale Polk Tampa Electric en Floride. Elles ont permis de confirmer la faisabilité commerciale du CCGI. Aujourd’hui, 65 infrastructures de gazéification sont sous licence de gazéification GE. Parmi celles-ci, 33 centrales emploient la technologie permettant de séparer le CO2.

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Re: Centrales à charbon moins "sales" mais sans sequestratio

Message par energy_isere » 24 févr. 2012, 15:42

Une centrale à charbon supercritique de 1.000 MW en Malaisie

Un consortium** comprenant le français Alstom a annoncé avoir remporté un contrat d'un montant total de plus d'1 milliard d'euros attribué par Tanjung Bin Energy Issuer*, pour la fourniture d'une centrale à charbon supercritique de 1.000 MW à Tanjung Bin, dans l'État malais de Johor.
Avec une part s’élevant à 830 millions d'euros, Alstom fournira tous les équipements principaux de la centrale et assurera l'ingénierie et la gestion de l'ensemble du projet ainsi que la mise en service de la centrale.

Les centrales supercritiques fonctionnent à des températures plus élevées que les centrales à charbon traditionnelles. Cela permet d'augmenter la pression, donc d'améliorer leur efficacité et leur rendement, tout en limitant les émissions – de CO2 notamment – par unité de combustible brûlé.

Selon Alstom, les émissions d'oxyde d'azote, d'oxyde de soufre et de poussière seront considérablement limitées grâce à l'utilisation de brûleurs à faible dégagement de NOx, d'un système performant de désulfuration des fumées par eau de mer et de filtres à manche. En outre, Alstom fournira et installera son plus récent système numérique de contrôle-commande ALSPA® Series 6.

La centrale de Tanjung Bin devrait entrer en service en 2016. C'est le deuxième contrat remporté par Alstom pour fournir l'équipement d'une unité à charbon supercritique en Malaisie, après celui signé en mars 2011 pour la construction de la centrale de Manjung, elle aussi d'une puissance de 1.000 MW. Celle-ci sera mise en service en 2015 et les deux nouvelles centrales apporteront au total une capacité supplémentaire de 2.000 MW au réseau de la péninsule malaise.

« Ce succès, obtenu très peu de temps après le contrat portant sur la construction de la centrale de Manjung, reflète toute la confiance que nos clients malais accordent à notre technologie supercritique et à nos compétences pour la mettre en œuvre. Grâce à cette technologie de pointe, non seulement les capacités de production seront renforcées, mais les émissions de la centrale seront très faibles. Les habitants et les entreprises de Malaisie auront ainsi accès à une électricité moins chère et plus propre » a déclaré Andreas Lusch, Senior Vice-président de l'activité Steam d'Alstom.

** Mudajaya et Shin Eversendai
* filiale à 100 % de Malakoff Corporation Berhad
http://www.enerzine.com/41/13536+une-ce ... isie+.html

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Re: Centrales à charbon moins "sales" mais sans sequestratio

Message par Raminagrobis » 14 mars 2012, 08:01

lien La technologie IGCC (intergrated gasification combined cycle) peine à s'imposer. On peut considéré qu'elle a fait ses preuves, la centrale tampa electric tourne depuis 10 ans et même plutôt bien, mais elle ne convainct pas les électriciens, trop chère.

Il n'y a encore qu'une poignée de centrale IGCC au charbon. Quelques autres ont été construites intégrées à des raffineries et utilisent des résidus de pétrole (coke, asphalte...), il y en a aux USA mais aussi en Italie et en Espagne.
Les japonais ont aussi une IGCC au charbon à Nakoso.

Ces centrales n'émettent pratiquement pas de soufre et de particules fines. L'idée de base est de faire réagir le charbon avec de l'eau et de l'oxygène (rationné) pour produire un gaz combustible (CO et H2) - procédé ancien, c'est comme ça qu"on produisait jadis le "gaz de ville".

Avantages : on peut utiliser ce gaz dans un cycle combiné (turbine gaz + turbine vapeur), qui présente un meilleur rendement qu'une turbine, on peut nettoyer les polluants avant la combustion (et non dans les gaz d'échappement comme on fait s'habitude), on est très souple sur les carburants utilisables (on peut mélanger charbon, lignite, résidus de raffinage, biomasse), et on peut faire de la multiproduction (une IGCC italienne utilise une partie du gaz produit pour faire de la pétrochimie).

Le flow-chart typique :
Image
Toujours moins.

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Re: Centrales à charbon moins "sales" mais sans sequestratio

Message par energy_isere » 14 sept. 2014, 14:46

Le Royaume-Uni interdit une pub anglaise pour du « charbon propre »

L'autorité britannique des normes publicitaires (ASA) a estimé trompeuse une publicité pour du « charbon propre ». Peabody Energy se voit interdit de la diffuser à nouveau.

« Redonnons le sourire aux victimes de précarité énergétique », voici le slogan de la publicité pour Peabody Energy publiée dans le Financial Times. Le premier producteur privé de charbon au monde estime que le « charbon propre » permettrait de réduire les inégalités en matière d'accès à l'énergie dans les pays en développement, un secteur clé pour la croissance de l'entreprise.

L'autorité britannique des normes publicitaires (ASA) affirme pour sa part que « sans information supplémentaire suivie de la référence "énergie propre et moderne", les consommateurs seraient tentés d'interpréter le mot "propre" comme une affirmation absolue. Elle estime que la publicité transmet l'idée que la technique du "charbon propre" ne libère pas de CO2 ou d'autres émissions. » Ce qui est évidemment faux ; au mieux le charbon propre enfouit le dioxyde de carbone sous terre, au pire il s'agit de centrales thermiques dont le rendement énergétique est meilleur qu'auparavant.

« Nous en avons donc conclu que la publicité était trompeuse », a indiqué l'organe de surveillance dans sa décision publiée le 20 août.

...........
http://www.euractiv.fr/sections/energie ... pre-307877

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Re: Centrales à charbon moins "sales" mais sans sequestratio

Message par energy_isere » 09 mars 2015, 20:33

En Asie, Alstom passe le lignite au régime ultra-supercritique

09 Mars 2015 Usine Nouvelle Manuel Moragues

Alstom a remporté un contrat pour la construction de la première centrale électrique au lignite d’Asie qui fonctionnera en conditions ultra-supercritiques. De quoi, selon le français, augmenter le rendement de 20% et réduire d’autant les émissions de CO2 par électron produit.

Rendre le charbon le plus sale, le plus propre possible. C’est l’enjeu du contrat remporté par Alstom en Thaïlande. Le français a annoncé, ce lundi 9 mars, qu’il avait été retenu par Electricity Generating Authority of Thailand (EGAT) dans le cadre d’un consortium avec Marubeni Corporation pour livrer une centrale électrique clés en main de 600 MW pour 950 millions d’euros. La part d’Alstom s’élèvera à près de 520 millions d’euros selon le communiqué du groupe.

Chaud, très chaud

La centrale de Mae Moh, qui devrait entrer en service en 2018, sera la première centrale au lignite d’Asie à fonctionner dans des conditions ultra-supercritiques, se félicite Alstom. Ultra-supercritique, cela veut essentiellement dire chaud, très chaud : la vapeur qui fait tourner les turbines - et les générateurs d’électricité associés - franchit les 600°C. Et la pression dépasse 250 bars. Des conditions extrêmes qui permettent de pousser le rendement d’une centrale à charbon au-delà de 46%. Soit, pour une même quantité de combustible, plus de kilowattheures et moins d’émissions de CO2.

Technologie en expansion

Le charbon n’est pas près de perdre son statut de première source d’électricité, tout particulièrement en Asie où se concentrent les deux tiers du marché mondial des centrales à charbon. Les technologies permettant de limiter les émissions de ce combustible fossile ultra polluant sont donc cruciales. A l’image de la technologie ultra-supercritique : alors que la première centrale de ce type date d’à peine 2006, ce sont près de la moitié des centrales construites aujourd’hui par Alstom qui utilisent cette technologie.

Désulfuration

Dans le cas de la centrale de Mae Moh, qui utilise le charbon le plus sale, le lignite, Alstom va remplacer deux unités anciennes. Le français prévoit d’installer une chaudière ultra-supercritique intégrant une réduction catalytique sélective des oxydes d’azote (NOx) et des solutions de contrôle de la qualité de l’air. En particulier un système de désulfuration des gaz de combustion par voie humide, "destiné à la réduction des oxydes de soufre de l’ordre de 98 %", et des "dépoussiéreurs électriques conçus pour capturer les émissions de particules et de poussières à un niveau de près de 99,9 %." Selon le français, le rendement de conversion du charbon en électricité sera accru de 20% et les émissions de CO2 par kWh produit réduites de 20%. Reste qu’avec toujours plus d’électricité produite avec le charbon, les émissions augmenteront tout de même.
http://www.usinenouvelle.com/article/en ... ue.N318173

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