Solaire PV en France : à propos de couts.

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Re: Solaire PV en France : à propos de couts.

Message par sceptique » 02 oct. 2012, 18:03

De toute façon, comme indiqué par Mahiahi, Gilles, Hervé et d'autres on ne peut pas comparer le prix du kWh nucléaire et celui du kWh PV. Car le produit fourni est totalement différent ! En gros le nucléaire est tout le temps utilisable, le PV (comme l'éolien) c'est aléatoire .

Sur un marché "libre" un gestionnaire de réseau refuserait purement et simplement du courant aléatoire. Ou alors à un prix négatif pour tenir compte des contraintes.

On oublie dans ce fil les deux faces du marché :
On peut bien offrir du courant à x Euros le MWh, mais si il n'y a aucun client que fait on ?
Actuellement les gestionnaires de réseau sont contraints et forcés d'absorber à grand frais le courant renouvelable et celà va finir par leur couter très cher si la production augmente !
Si on leur demandait leur avis ils seraient unanimes : arrêtons d'injecter du courant aléatoire dans le réseau.

Le grand intérêt du PV (ou éolien) serait par exemple de ne pas le raccorder au réseau et de l'utiliser localement, quand il produit, pour par exemple :
Recharger des batteries de véhicule électrique
Faire du froid en fabriquant-stockant de la glace
Faire du chaud
Remonter de l'eau
etc ...
Ou bien encore, pour un particulier auto-consommer sa production de PV (et en consommant donc moins de courant du réseau). Et donc sans ce système absurde (et ruineux) de double compteur. Mais alors là l'investissement va être long à amortir :-D

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Re: Solaire PV en France : à propos de couts.

Message par Herv12 » 02 oct. 2012, 18:55

sceptique a écrit :De toute façon, comme indiqué par Mahiahi, Gilles, Hervé et d'autres on ne peut pas comparer le prix du kWh nucléaire et celui du kWh PV.
+1 Sceptique

Mais un petit bémol tout de même: Il faut comparer leur cout avec le cout marginal le plus élevé des productions de base et de pointe en service.

Si l'énergie intermittente arrive systématiquement au bon moment comme le solaire qui donne le jour (on consomme plus le jour que la nuit) ou les cogénérations de chauffage qui produisent quand il fait froid, alors dans ce cas, l’énergie en question peut être relativement intéressante car elle se substitue aux moyens de pointe qui ont un cout plus élevé, polluent beaucoup ou l'hydrau stockable (qu'on peut alors garder pour quand le soleil est pas là).

Ce qu'il faut bien voir c'est que sans stockage ces énergies ne sont pas capable de remplacer mais peuvent (pour le solaire et la biomasse en cogé) être un appoint intéressant sous réserve qu'elles soit correctement dimensionnés. Dans ce cas la parité réseau est suffisante pour les rendre "acceptables"

L'éolien est un cas à part, car il peut aussi bien produire (ou pas) au bon moment comme il peut (ou pas) produire au mauvais moment. Et au mauvais moment, il pourrait encore être utilisé, dans des chaudières bi-energie, avec des contrat spéciaux pour se substituer au gaz par exemple. L'ennui c'est qu'aux tarifs actuels de l'éolien, remplacer 1Mwh de gaz à 30€ par 1MWh @ 82€ + transport, les clients potentiels vont pas se bousculer...

C'est pareil pour l'histoire des pertes en ligne: tant que la puissance installée est faible, les sources décentralisées se substituent localement au réseau et participent à réduire les pertes. Dés que la puissance augmente, et que l’énergie doit être exportée loin du lieu de production, c'est l'inverse, ça génère plus de pertes que les moyens conventionnels.
Une forte proportion d’énergies décentralisée conduirait à plus de pertes et plus de lignes MT et HT.

Si on tient à garder une base nucléaire, on peut mettre 20à 30 GW de solaire (à prix tiré) et pas mal de biomasse en cogé. Pour l'éolien il deviendra intéressant lorsque son Mwh sera inférieur au gaz, (au moins en PCI).
Pour sauver les arbres, mangez les castors.

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Re: Solaire PV en France : à propos de couts.

Message par sceptique » 03 oct. 2012, 10:18

Herv12 a écrit : Si l'énergie intermittente arrive systématiquement au bon moment comme le solaire qui donne le jour (on consomme plus le jour que la nuit)
Une petite précision : la pointe maximale est l'hiver à la tombée de la nuit et le PV a alors une contribution nulle.

Sinon je suis d'accord. En gros l'intégration du renouvelable au réseau est le problème majeur et actuellement sans solution raisonnable (le stockage étant hors de prix au kWh restitué : mieux vaut ne pas le produire). Son coût à la production devient alors secondaire devant le coût de l'intégration. Sauf, évidemment, si la production reste marginale et que l'on ne compte pas dessus (cad que les centrales classiques ont la capacité à faire face seules). Ou encore si on ne l'intègre pas au réseau (solution radicale mais raisonnable) !

Se baser sur le cout du kW crête pour comparer le PV au kW "classique" n'a donc pas de sens.

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Message par GillesH38 » 03 oct. 2012, 13:15

Remundo a écrit :
GillesH38 a écrit :faut compter à service équivalent, c'est à dire le coût de produire une électricité stable et à la demande.
Voui, compter bien tous les services, et aussi les sévices.

En matière de sévices, je pense que nucléaire et hydrocarbures sont pas mal.
le coût de ne pas avoir une électricité disponible à la demande est énorme ... la plupart des industries ne fonctionnent pas correctement sans ça, et sans système industriel, c'est tout le niveau de vie de la population qui s'effondre, avec des conséquences bien plus lourdes que ce que tu peux imaginer pour les fossiles ou le nucléaire, à part bien sûr les quelques cas d'accident majeur.
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Re: Solaire PV en France : à propos de couts.

Message par Remundo » 03 oct. 2012, 18:38

Non seulement le gaspillage des fossiles n'augmente pas le niveau de vie, mais en plus il prépare à la fois son effondrement et un monde futur dégradé par rapport à ce qu'il était avant le largage de milliards de tonnes CO2 et la création de millions de tonnes de déchets nucléaires... Au passage, il compromet chaque jour un peu plus la qualité de la transition énergétique qui devrait être engagée.

Dans l'immédiat, ils rendent quelques "services", comme la "nécessité" d'avoir un char d'assaut de 200 Ch, 4 roues motrices pour amener bébé à la crèche, et 24 kW triphasé pour chauffer des habitations proches d'épaves thermiques.

Effectivement, le service est bien fourni, disponible à volonté, le sévice ultérieur le sera aussi...

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Re: La secte de la supertomate.

Message par Troti » 03 oct. 2012, 22:33

GillesH38 a écrit :
Remundo a écrit :
GillesH38 a écrit :faut compter à service équivalent, c'est à dire le coût de produire une électricité stable et à la demande.
Voui, compter bien tous les services, et aussi les sévices.

En matière de sévices, je pense que nucléaire et hydrocarbures sont pas mal.
le coût de ne pas avoir une électricité disponible à la demande est énorme ... la plupart des industries ne fonctionnent pas correctement sans ça, et sans système industriel, c'est tout le niveau de vie de la population qui s'effondre, avec des conséquences bien plus lourdes que ce que tu peux imaginer pour les fossiles ou le nucléaire, à part bien sûr les quelques cas d'accident majeur.

Le pic de conso le soir en hiver, ce ne sont pas les industriels, mais madame Michu qui prend sa douche, fait la cuisine et allume ces convecteurs. Ce pic est facilement lissable via un tarif de l'élec dissuasif lors de l'approche d'un déséquilibre (tempo XXL). J'ai habité à la campagne dans le sud ouest il y a quelques années. Il y avait plusieurs fois par an des coupures, en général assez courtes (moins d'une heure). Ce n'était pas la cata. J'ai acheté un onduleur pour le PC qui n'aime pas être brusqué, la plaque de cuisson était mixte gaz-induction, et les bougies étaient facilement accessibles.

Quant à l'industrie, celles qui ne supportent pas de coupures occasionnelles ont déjà mis en place des moyens de production de secours. Les autres pourront être soient plus ou moins prioritaires (suivant le prix payé), et sont aussi capables de réduire leur conso lors des pics sur le cout de kwh.
Comment fait-on pour que les ravioles ne collent pas?

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Re: Solaire PV en France : à propos de couts.

Message par Herv12 » 04 oct. 2012, 04:56

Il y avait plusieurs fois par an des coupures, en général assez courtes (moins d'une heure). Ce n'était pas la cata.
Celui qui va se retrouver coincé une heure dans un ascenceur, rater PSG-OM... va peut être voir les choses différamment...

La pointe d'une heure le soir est une chose, et ce probleme peut (va) se régler facilement par le déploiment de la smart grid de seconde génération. (Linky, tarifs a pointe mobile)

Par contre la baisse de 70% de la production solaire (moyenne) les deux mois d'hiver, avec des non productions de plusieurs jours consecutifs couplée à la non production éolienne qui dure parfois plus d'une semaine est le véritable souci.
Pour sauver les arbres, mangez les castors.

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Re: Solaire PV en France : à propos de couts.

Message par Herv12 » 04 oct. 2012, 05:30

sceptique a écrit :Ou encore si on ne l'intègre pas au réseau (solution radicale mais raisonnable) !
Dans l'ensemble je suis d'accord avec vous, mais le fait que ce ne soit pas couplé au réseau peut quand même avoir des effets pervers sur ce dernier:

Prenons le cas du chauffe eau solaire thermique qui existe déjà et correspond à votre proposition:

- En été, il produit abondamment et remplace en totalité l'utilisation du surplus de production nucléaire nocturne dont on ne sait que faire.
- En hiver, il va se passer des quinzaines ou il ne va rien produire, et dans ce cas consommer de l'électricité, et souvent en période de pointe diurne car son utilisateur n'a pas eu intérêt a opter pour un contrat doble tarif.

Malgrés le fait qu'il paraisse découplé du reseau, le chauffe eau solaire est générateur de perturbation sur le réseau elec, nécessite la même capacité de pointe que le chauffe eau conventionnel, mais ne participe que trés peu à son financement, qui devra être payée par les autres usagers...

Conclusion:Parce qu'elle demande des moyens de backup (d'une manière ou d'une autre), l'intermittence génere un coût supplémentaire quel que soit la façon dont on tourne le problème.

La question finalement c'est de savoir si ce coût est inférieur ou supérieur à la solution sans énergie intermittente. Cela implique qu'elle doit au minimum être moins chère que le prix combustible remplacé.
Dans ce cas, la vraie "parité réseau" du solaire PV ou autres (celle qui n'entraine pas de surcoût pour l'usager) doit actuellement se situer quelque part entre 10 et 60€ le Mwh, sous réserve qu'il n'y ait pas surproduction ENR et sans tenir compte des frais annexes lignes...)

Et c'est pas fini! Le choix d'une énergie intermittente peut emmener la compagnie électrique à changer de mode de production (virer le nuke pour passer au gaz par exemple dont le combustible est plus cher) ce qui va aussi contribuer à augmenter la facture finale.

Donc, l'électricité PV sans surcoût pour l'usager, c'est pas pour demain!
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Re: Solaire PV en France : à propos de couts.

Message par Remundo » 08 déc. 2013, 11:41

Le solar nuclear crossover est atteint.
L'échelle du devéloppement des énergies renouvelables en Allemagne a permis une réduction phénoménale des coûts de production de l'électricité photovoltaïque. L'avénement prochain d'une énergie illimitée et accessible à tous va changer le monde - non sans résistance.

En Allemagne, dès cet automne le prix de rachat de l'électricité photovoltaïque garanti par le gouvernement sera inférieur à 10 cts le kWh. Au Royaume Uni, EDF exige, pour construire de nouveaux réacteurs EPR, un prix plancher garanti par le gouvernement d'au moins 11 cts pendant 35 ans avec une indexation sur l'inflation (1).

Selon Simone Löfgen, experte en énergie renouvelable à la Commerzbank (2), même à moins de 10 cts d'euros le kilowattheure, le photovoltaïque offre encore une rentabilité de 4 à 4,5 %. La baisse des prix du photovoltaïque en Allemagne, et par voie de conséquence dans le reste du monde (3), est largement due à une politique publique en faveur des renouvelables inscrite dans la loi pour les énergies renouvelables (Erneuerbare-Energien-Gesetz) votée en 2000, puis amendée plusieurs fois depuis.
Source DDmagazine

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Message par energy_isere » 08 déc. 2013, 11:45

Reste à voir si à 10 cts le kWh en Allemagne il se monte encore une foultitude de parcs solaire PV.

Rendez vous dans 12 mois pour voir les stats de capacités installées sur ces 12 mois.

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Re: Solaire PV en France : à propos de couts.

Message par energy_isere » 21 janv. 2014, 20:53

SER-Solar : le plan de relance de la filière solaire photovoltaïque

21 Janv 2014

Dans la continuité du Plan de relance des énergies renouvelables, publié par le Syndicat des Energies Renouvelables en septembre dernier, la branche photovoltaïque du SER, a publié lundi son Plan de relance de la filière solaire photovoltaïque.
.................
http://www.enerzine.com/1/16817+ser-sol ... ique+.html

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Message par energy_isere » 08 déc. 2014, 19:43

Une Start-up française innove dans la fabrication de cellules solaires

08 Dec 2014 enerzine

La Start-up poitevine S'Tile a développé un processus de fabrication de cellules solaires à hauts rendements qui présente des coûts réduits de 30% comparativement aux procédés classiques.

Après avoir obtenu des rendements de conversion énergétique dépassant 16% sur ses cellules, S'Tile a pour objectif un rendement de 18% pour 2015 puis 20% en 2016.

En avance sur sa feuille de route initiale, la jeune société se lance désormais dans l'installation d’une ligne pilote de fabrication de cellules en Poitou-Charentes. Cette dernière préfigurera une future production de masse lancée dès 2018.

Dans la filière photovoltaïque traditionnelle, les plaquettes de silicium (dites « wafers ») sont obtenues par fusion de silicium dans des creusets, puis solidification des lingots, et enfin découpe des lingots en plaquettes de dimensions désirées.

Ces étapes sont très coûteuses car forte consommatrices d’énergie et de matériaux. En effet, l’obtention d’un wafer d’environ 180 micromètres (dimension standard dans le photovoltaïque) provoque la perte d’environ 180 micromètres supplémentaires (soit l’épaisseur du fil de découpe) sous forme de poussières non recyclables à l’heure actuelle.

Après découpe, les plaquettes seront ensuite transformées en cellules photovoltaïques après métallisation. Ces dernières seront raccordées en série puis interconnectées entre elles pour former les modules (panneaux solaires). Or, les contacts métalliques en argent (sur la cellule) et en cuivre (pour le module) permettant de collecter les courants générés rajoutent un coût supplémentaire de fabrication. Le silicium pur, l’argent et le cuivre représentent à eux seuls 30% du coût total de la fabrication des cellules.

S’Tile a inventé une nouvelle technologie de fabrication de cellules photovoltaïques induisant une forte baisse du coût grâce à la réduction de l’utilisation des matériaux précieux : silicium de qualité solaire, argent et cuivre. Ces économies de matériaux permettent de faire baisser de 30% les coûts de production des modules photovoltaïques.

Le nouveau concept de cellule utilise un support en silicium fritté à partir de poudres de silicium à bas coût sur lequel est collée une très fine feuille de silicium monocristallin divisée en sous cellules. Ce concept est appelé i-Cell®

........
http://www.enerzine.com/1/17908+une-sta ... ires+.html

Mon avis perso, pas sur qu' ils arrivent à s' imposer..........

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