Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par energy_isere » 02 janv. 2019, 21:29

Indonésie et Malaisie veulent plus d'huile de palme dans les moteurs


Par Claire Fages RFI 31 décembre 2018

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Un ouvrier récolte des noix de palme à Sumatra (Indonésie) le 18 janvier 2017.. Jefta Images / Barcroft Images / Barcroft Media via Getty Images

Envahis par les stocks d'huile de palme, les deux plus grands pays producteurs au monde, l'Indonésie et la Malaisie, augmentent le taux d'incorporation de biodiesel dans les moteurs. Ces deux pays réagissent très mal aux annonces européennes visant à limiter cet usage.

La Malaisie n'apprécie pas du tout que la Norvège projette d'interdire l'huile de palme dans les moteurs en 2020 pour tenter de limiter la déforestation en Asie. Vendredi dernier, la ministre malaisienne du commerce s'est fâchée, estimant que ce serait un obstacle à la signature du traité commercial avec l'Association européenne de libre-échange, dont fait partie la Norvège aux côtés de la Suisse, de l'Islande et du Liechtenstein.

Biodiesel indonésien dans le collimateur de l'UE

Rien n'est encore fixé, pas plus en Norvège que dans l'Union européenne, où le Parlement a bien voté l'interdiction de l'huile de palme dans les carburants en 2021 mais où ni la Commission ni le Conseil européen n'ont statué.
Pourtant, la fébrilité des grands producteurs asiatiques augmente. En avril prochain l'Indonésie devrait perdre le marché européen du biodiesel après une enquête de l'Europe sur ses subventions. La Malaisie, elle, n'est pas sûre d'en tirer profit bien longtemps.

Excédents aggravés par les taxes de l'Inde

Le biodiesel, c'est pourtant la bouée de sauvetage de l'huile de palme, dont les prix n'en finissent plus de plonger. Ils étaient au plus bas depuis trois ans en novembre dernier (424 dollars la tonne) et surnagent à peine au dessus de 500 dollars la tonne aujourd'hui. Le marché, entraîné par celui du pétrole, est lui-même englué dans les stocks, 3 millions de tonnes cette année en Malaisie, près de 5 millions en Indonésie, où la production a augmenté encore plus que prévu (pour atteindre plus de 40 millions de tonnes cette année, contre 19,2 millions de tonnes en Malaisie). L'Inde a aggravé cet excédent en imposant en 2018 une taxe de 44 % sur les importations d'huile de palme, pour avantager sa propre production de colza et dépenser moins de devises. Les choses devraient changer puisque New Delhi a signé un accord de libre-échange qui entre en vigueur ce jour avec Kuala Lumpur. L'huile de palme malaisienne devrait donc à nouveau couler à flot en Inde en 2019.

Bientôt 25 % dans le moteurs indonésiens ?

En attendant, la Malaisie lance ce 31 décembre un biodiesel à 10 % d'huile de palme, contre 7 % jusqu'à présent. En Indonésie, on en est déjà à 20 % d'incorporation et l'on évoque le passage à 25 % d'huile de palme dans les moteurs, pour soutenir la production nationale - l'année 2019 sera électorale dans l'archipel asiatique.
http://www.rfi.fr/emission/20181231-ind ... me-moteurs

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Message par energy_isere » 01 mars 2019, 21:25

La Côte d'ivoire veut tripler sa production d'huile de palme sans déforester

Par Claire Fages RFI 1 mars 2019

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Un ouvrier récolte des fruits de palme fraîchement coupés pour la fabrication d'huile de palme dans une plantation gérée par un centre de recherche sur l'huile de palme en Côte d'Ivoire, à Alame, près d'Abidjan, le 5 juin 2013.Sia KAMBOU / AFP


La Côte d'Ivoire est le deuxième producteur africain d'huile de palme. Elle alimente un marché ouest-africain déficitaire. Et elle entend tripler sa production... sans agraver la déforestation.

Le troisième plan ivoirien du palmier à huile est ambitieux. Multiplier par trois la production actuelle (550 000 tonnes sur une superficie officielle de 250 000 hectares), sans continuer d'amputer sur les forêts, comme cela s'est passé pour le cacao, peut paraître irréaliste. Pour la Côte d'Ivoire l'enjeu est d'abord alimentaire. L'Afrique de l'Ouest est déficitaire en huile de palme et elle doit en importer d'Asie. 75 % de la production ivoirienne est consommée dans le pays, le reste est exporté vers les pays ouest-africains voisins.

L'autre enjeu, c'est pérenniser une filière qui fait vivre plus de 10 % de la population ivoirienne. Aux côtés des grandes sociétés industrielles comme Sifca, l'interprofession compte 40 000 petits planteurs, et plus de 21 000 employés dans la première et la deuxième transformation.

Reconquérir les vieilles friches

Mais les revenus ne sont pas encourageants pour les planteurs ivoiriens. « Le marché de l'huile de palme est difficile depuis quelques temps », reconnaît Abdoulaye Berté, secrétaire exécutif de l'AIPH, l'interprofession ivoirienne, les prix mondiaux de l'huile de palme sont bas, ce qui encourage par ailleurs les importations asiatiques.

Mais la cause principale, ce sont les rendements très faibles : 6 tonnes de fruits à l'hectare en moyenne - contre près du double en Indonésie. L'état des pistes empêche par ailleurs souvent les petits producteurs de livrer leurs fruits qui pourrissent avant de rejoindre l'usine, confie le responsable d'une coopérative.

Jeunes palmiers coupés

Certains planteurs se détournent de l'huile de palme pour cultiver le manioc, ou la banane plantain. Quand ils ne coupent pas tout bonnement les palmiers alors qu'ils pourraient encore donner, déplore Siaka Coulibaly le représentant du ministère ivoirien de l'agriculture. « Le modèle ancien n'est plus durable, estime-t-il. On ne peut plus produire de façon extensive comme avant, il faut faire en sorte que les plantations existantes produisent plus avec moins de surface, quitte à reconquérir les vieilles friches ». Reste à résoudre les problèmes fonciers et le manque de main d'oeuvre pour entretenir les plantations. Les palmiers très hauts sont dans ce contexte un obstacle, la récolte y est plus difficile.

Inventaire et suivi par satellite

La filière ivoirienne du palmier à huile a profité du salon de l'Agriculture à Paris pour demander un soutien accru des chercheurs du CIRAD pour tous ces défis techniques, ainsi que le soutien financier de l'Agence française de développement. L'AFD qui a insisté sur la nécessité de préserver les écosystèmes, elle évoque un inventaire et un suivi des zones à haute valeur de conservation (HCV) et de stockage de carbone (HCS) en Côte d'Ivoire, si besoin par satellite.
http://www.rfi.fr/emission/20190301-cot ... deforester

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Message par energy_isere » 25 mars 2019, 20:02

Total La Mède reçoit son premier navire d’huile de palme

Publié le 25/03/2019 lemarin.fr

L’Atlantic Pride, chimiquier de 50 600 tpl de l’armateur grec Super Eco, est reparti de Lavéra le lundi 25 mars après avoir déchargé un premier lot d’huile de palme destiné à la nouvelle bioraffinerie Total de La Mède. Il doit décharger le solde chez Bio-Oils à Huelva.
Image
L’« Atlantic Pride » a livré à Lavéra la première cargaison d’huile de palme destinée à la nouvelle bioraffinerie de La Mède. (Photo : Super Eco)
https://www.lemarin.fr/secteurs-activit ... e-de-palme

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Message par energy_isere » 30 mars 2019, 08:49

Bras de fer sur l'huile de palme entre l'Union européenne et l'Asie du Sud-Est

AFP parue le 29 mars 2019

L'huile de palme, un dossier chaud entre l'Indonésie, la Malaisie et l'Union européenne, est devenu brûlant après la publication en mars d'un texte réglementaire européen qui a poussé les deux principaux pays producteurs à menacer l'UE d'une guerre commerciale.

Le texte, qui a pour effet de classer l'huile de palme dans les biocarburants non durables à cause de son effet sur la déforestation, a fait monter la tension d'un cran. Ces deux grands pays exportateurs craignent de voir leurs débouchés se restreindre après une chute de 15% du cours de cette matière première l'an dernier.

L'Indonésie veut porter l'affaire devant l'Organisation mondiale du commerce si le texte entre en vigueur. La Malaisie brandit elle la menace de rétorsions commerciales et se dit prête à acheter des armements ailleurs qu'en Europe.

"C'est un traitement inéquitable (...) qui pourrait affecter les bonnes relations entre l'Union européenne et l'Indonésie", s'est insurgé Darmin Nasution, ministre indonésien chargé de coordonner les affaires économiques au cours d'une conférence de presse la semaine dernière.

"L'Indonésie est prête à porter cela devant l'OMC (...) nous ne voulons pas être traités comme ça", a-t-il averti.

Un contrat d'armement en jeu

Le Premier ministre malaisien, Mahathir Mohamad, a prévenu dimanche: si les Européens "continuent à agir contre nous, nous allons réfléchir à acheter des chasseurs en Chine ou dans un autre pays". La Malaisie est courtisée pour un contrat visant à remplacer sa flotte russe vieillissante de Mig-29 par des Rafale français ou des Typhoon du consortium européen Eurofighter.

Jakarta et Kuala Lumpur considèrent l'huile de palme comme stratégique car elle apporte beaucoup de devises et est dominée de puissants conglomérats. Les deux pays soulignent aussi que le secteur a permis de sortir de la pauvreté des millions d'agriculteurs.

Mais l'huile de palme est montrée du doigt par les défenseurs de l'environnement pour la déforestation qu'elle entraîne, vue comme l'une des plus grandes menaces pour la biodiversité tropicale, et notamment les orangs-outans.

L'Union européenne souligne de son côté que l'huile de palme contribue fortement au changement climatique par les émissions de gaz à effet de serre induites.

Par conséquent elle juge que le biocarburant à base d'huile de palme ne peut pas être pris en compte pour les objectifs que s'est fixée l'Europe en terme d'utilisation des énergies renouvelables.

"L'idée est d'éviter que l'UE consomme des biocarburants dont la production aura généré plus de gaz à effet de serre que l'utilisation d'énergie fossile", souligne Vincent Guérend, ambassadeur de l'Union européenne en Indonésie dans un entretien à l'AFP.

L'Indonésie "s'est efforcée de réduire les émissions de dioxyde de carbone, de protéger les orangs-outans, mais les Indonésiens sont importants aussi", objecte Luhut Panjaitan, ministre chargé de coordonner les affaires maritimes.

Signe de bonne volonté, l'Indonésie a décrété en 2018 un moratoire de trois ans sur le développement de toute nouvelle plantation de palmiers à huile.

Intense lobbying

Les deux pays avaient déjà enclenché un intense lobbying l'an dernier contre une directive européenne qui recommande, dans le cadre des objectifs de l'UE en matière d'énergie renouvelable, de réduire l'utilisation de l'huile de palme dans les biocarburants européens pour atteindre zéro d'ici 2030.

Le nouveau texte réglementaire, un acte délégué adopté par le collège des commissaires le 13 mars, est encore soumis à l'examen du Parlement européen et des pays. Si après deux mois ils ne formulent aucune objection, le texte entrera en vigueur.

L'Indonésie et la Malaisie crient à la discrimination et dénoncent une nouvelle "barrière protectionniste" destinée à avantager les producteurs européens de biocarburants. "S'il y a un différent commercial, il doit effectivement être porté devant l'OMC", note Vincent Guérend.

Jakarta a laissé entendre qu'elle pourrait suspendre les négociations en cours sur un accord de libre échange avec l'Union européenne.

Interrogé sur une potentielle guerre commerciale, l'ambassadeur européen minimise ce risque : "pas du point de vue de l'Union européenne, ce n'est pas l'UE qui la déclenchera".

L'UE rappelle que sa politique ne vise pas à interdire les importations d'huile de palme, qui reste largement utilisée dans l'alimentation et les cosmétiques.

L'Union européenne est le deuxième plus important importateur d'huile de palme brute. Et la moitié de ses importations, quelque 4 millions de tonnes, sont utilisées pour les biocarburants.
https://www.connaissancedesenergies.org ... est-190329

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Message par energy_isere » 03 juil. 2019, 13:55

Démarrage de la bioraffinerie de Total à La Mède, malgré l'opposition écologiste

AFP•03/07/2019

La raffinerie de biocarburants de Total à La Mède (Bouches-du-Rhône), l'une des plus grandes d'Europe, a démarré sa production, au grand dam des associations de défense de l'environnement.

Le site du bord de l'étang de Berre, près de Marseille, issu de la conversion d'une raffinerie d'hydrocarbures, dispose d'une capacité de production annuelle de 500.000 tonnes de biocarburants, du "biodiesel" et du "biojet" pour l'aviation, a expliqué le géant pétrolier dans un communiqué mercredi.

La production a démarré dans la nuit de lundi à mardi. La bioraffinerie, une des plus grandes du continent avec celles d'Eni en Italie et de Neste en Finlande, est la première de cette taille en France.

Total avait lancé en 2015, en liaison avec le gouvernement, la conversion de sa raffinerie de pétrole brut, alors pourvoyeuse de 430 emplois, mais largement déficitaire dans un contexte de surcapacités européennes

Le groupe indique avoir investi 275 millions d'euros. Et l'ensemble des nouvelles activités - bioraffinerie mais aussi une plateforme de logistique ou encore un centre de formation - permet de maintenir 250 emplois directs. Dans le cadre des travaux, 65% des commandes ont été passées à des entreprises locales (soit 800 emplois), ajoute-t-on.

Mais le démarrage n'est pas allé sans mal, avec près d'un an de retard, pour des "raisons techniques" liées à la "transformation d'installations existantes".

La Mède, qui fonctionnera pour moitié sur la transformation d'huile de palme importée, a aussi fait face à une vive contestation des défenseurs de l'environnement et des agriculteurs, pour une fois unis sur un même front.

"France Nature Environnement s'inquiète des conséquences sanitaires potentielles sur les citoyens", réagit ainsi dans un communiqué la section provençale de l'association après avoir constaté "depuis plusieurs jours la présence de fumées noires émanant" du site.

"France Nature Environnement en appelle à la responsabilité de Total: ses investissements doivent à tout prix être orientés vers des systèmes de production d'énergie de long terme, plus respectueux de l'environnement et de la santé des populations", ajoute l'ONG.

- "Dispositif spécial de contrôle" -

Les associations environnementales, qui contestent devant la justice administrative l'autorisation d'exploitation accordée par le préfet (audience attendue début 2020), accusent également ce projet de contribuer à la déforestation en Asie du sud-est.

Dans son communiqué mercredi, Total indique s'être "engagé à traiter chaque année au maximum 300.000 tonnes d'huile de palme, soit moins de 50% du volume des matières premières nécessaires".

Les carburants seront produits "pour 60-70% à partir d'huiles végétales durables (colza, palme, tournesol, etc.)" et "pour 30-40% à partir de retraitement de déchets (graisses animales, huiles de cuisson, etc.)".

"Lorsqu'ils sont produits à partir de matières premières durables, comme c'est le cas à La Mède, les biocarburants émettent plus de 50% de CO2 en moins que les carburants fossiles", a expliqué Bernard Pinatel, directeur général Raffinage-Chimie de Total, cité dans le communiqué.

Total a assuré compléter la certification de son huile de palme par un dispositif spécial de contrôle de la durabilité et du respect des droits de l'Homme (limitation du nombre de fournisseurs, acceptant d'être audités par un expert tiers...).

Mais les ONG, telles que Greenpeace et les Amis de la Terre, demandent plus de transparence sur la traçabilité et l'origine de la palme, dénoncent l'inefficacité de certifications comme les labels RSPO ou ISCC.

Pour le climat, "les agrocarburants c'est pire qu'une énergie fossile, parce qu'on déboise, on utilise des terres destinées à l'alimentation, et l'entreprise ne peut pas s'assurer qu'il n'y a pas de déforestation directe", surtout dans des pays où l'opacité règne, a indiqué à l'AFP Laura Monnier, juriste de Greenpeace, en demandant plus de transparence au ministère de la Transition écologique.

Les agriculteurs étaient venus bloquer le site de La Mède en juin 2018, protestant contre l'importation des matières premières et notamment de l'oléagineux asiatique "dont la part croît" dans l'essence en France au détriment notamment du colza.

Total s'est engagé à employer "au minimum 50.000 tonnes de colza français afin d'assurer un débouché supplémentaire à l'agriculture française".

L'essentiel de sa production ira au marché national. La France consomme environ trois millions de tonnes par an de biodiesels, incorporés à hauteur de 7,7% dans les hydrocarbures. Jusqu'ici, environ la moitié était produit en France.
https://www.boursorama.com/bourse/actua ... 42dbd3866d

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Message par kercoz » 03 juil. 2019, 15:18

Huile de palme pour Macron, plus efficace que la vaseline ?
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Message par energy_isere » 16 juil. 2019, 19:15

Après le chantage au Rafale, la Malaisie va attaquer l'Europe pour défendre son huile de palme

FRANCK STASSI Usine Nouvelle 16/07/2019

Deuxième producteur mondial d’huile de palme, la Malaisie compte porter plainte auprès de l’OMC quelques mois après l’adoption d’un texte européen visant à faire disparaître le produit controversé des agrocarburants en 2030.

Après avoir fait du chantage aux achats d’avions militaires, la Malaisie passe à l’offensive contre l’Union européenne. Le pays, deuxième producteur mondial d’huile de palme, a fait part de son intention de porter plainte d’ici novembre auprès de l’Organisation mondiale du commerce. La Malaisie remet en cause le projet de Bruxelles de supprimer l’huile de palme des agrocarburants d’ici à 2030. L’Indonésie, leader mondial de l’huile de palme, a également réaffirmé son intention de s’opposer au texte, sans en préciser les modes d’action.

"Nous avons découragé les investissements dans la production nouvelle de carburants issus de cultures alimentaires et plaidé pour des biocarburants de nouvelle génération", s’était félicité José Blanco López, alors rapporteur en charge des énergies renouvelables au Parlement européen, lors de l’adoption du texte en novembre 2018. La consommation d’agrocarburants à base d’huile de palme et de soja ne devra pas dépasser, dans chaque pays, le niveau de consommation de l’année 2020, entre 2023 et 2030. En Europe, au moins 14% des carburants utilisés pour les transports devront être issus de ressources renouvelables d’ici 2030.

Un nouveau texte adopté en février

En février 2019, la Commission européenne a adopté un acte délégué (une catégorie de textes qui peuvent ajouter de nouvelles règles ou comprendre une modification ultérieure de certains aspects d’un acte législatif) qui catégorise les agrocarburants de première génération comme "non-durables". De nombreuses ONG spécialisées dans la défense de l’environnement s’émeuvent toutefois d’un texte trop lâche selon elles.

"En permettant l’importation d’huile de palme cultivée sur des terres dégradées ou dans des petites plantations, la Commission fait abstraction des effets indirects sur les forêts provoqués par l’augmentation des surfaces de palmiers à huile", regrettait ainsi le porte-parole des Amis de la Terre, Sylvain Angerand. D’après l’ONG, 75% de l’huile de palme consommée l’est sous forme de carburant.

Polémique en France, à La Mède

En France, l’huile de palme est au cœur d’une polémique depuis l’ouverture de la bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) début juillet. Le site, piloté par Total, doit transformer des huiles végétales, notamment de palme (60 à 70%) ou issus de traitement de déchets. Pour Greenpeace, cela "va générer une déforestation massive, avec des impacts irréversibles sur le climat et la biodiversité". Total s’est pour sa part engagé à alimenter une business unit dédiée à la préservation des forêts à hauteur de 100 millions d’euros par an.
https://www.usinenouvelle.com/article/a ... me.N866795

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Message par energy_isere » 16 août 2019, 14:29

Bruxelles taxe le biodiesel indonésien

13.08.19

La Commission européenne vient d’instituer dans un règlement d’exécution du 12 août 2019 (1), des droits compensateurs provisoires allant de 8 à 18 % sur les importations de biodiesel en provenance d’Indonésie. Ces taxes entrent en vigueur pour une période de quatre mois. L’enquête entreprise par Bruxelles continuera avec la possibilité d’instituer des mesures définitives d’ici la mi-dé...(abonnés)
http://www.lafranceagricole.fr/actualit ... 41221.html

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Re: Huile de palme (et biodiesel tiré d'huile de palme)

Message par energy_isere » 16 août 2019, 14:33

L’UNION EUROPÉENNE IMPOSE DES TAXES SUR LES BIOCARBURANTS INDONÉSIENS
La Commission européenne a décidé d'imposer des droits de douane sur les biocarburants en provenance d'Indonésie, qu'elle estime subventionnés par des aides d'État. La nouvelle réglementation, publiée au Journal officiel, impose des taxes de 8 % à 18 % sur les importations de biocarburants subventionnés.


16 août 2019. Afp et Novethic

"Une enquête poussée de la Commission a mis en lumière que les producteurs de biocarburants indonésiens bénéficient de subventions, d'avantages fiscaux et d'accès à des matières premières à des prix inférieurs à ceux du marché. Cela fait peser une menace de préjudice économique sur les producteurs de l'UE", souligne la Commission.

L'exécutif européen précise que ces droits compensatoires sont provisoires et que ses investigations se poursuivent, avec la possibilité d'imposer des mesures définitives d'ici la mi-décembre. Elle indique également que son enquête ne se limite pas au marché de l'huile de palme, principale source pour les biocarburants d'Indonésie, mais à toute aide publique, quelle que soit la matière première utilisée.

Selon les chiffres de la Commission, le marché européen du biocarburant pèse 9 milliards d'euros par an, et les importations en provenance d'Indonésie représentent jusqu'à 400 millions d'euros. Cette mesure a été immédiatement saluée par l'EBB, l'Association des producteurs de biodiesel européens, qui avait porté l'affaire devant la Commission.

Guerre commerciale

"C'est un pas important dans la bonne direction pour mettre un terme au commerce inéquitable de biocarburants au niveau international", s'est félicité Raffello Garofalo, secrétaire général de l'EBB, dans un communiqué. "Ceci n'est pas le début d'une guerre commerciale entre l'UE et l'Indonésie, comme certains le disent : les taxes viennent simplement mettre fin à des pratiques déloyales qui font du mal à l'industrie manufacturière de l'UE en général, et aux producteurs d'énergies renouvelables en particulier", a-t-il ajouté.

En amont, le ministre du Commerce de l'Indonésie avait menacé d'augmenter les taxes douanières sur les importations de produits laitiers européens en représailles à la volonté de l'UE de taxer davantage le biodiesel fabriqué à base d'huile de palme.

La proposition de taxation supplémentaire sur le biodiesel indonésien représentait selon lui un "traitement inéquitable". L'Indonésie et la Malaisie, qui produisent quelque 85 % de l'huile de palme mondiale, protestent régulièrement contre la politique européenne à l'égard de l'huile de palme. Les deux pays d'Asie du Sud-Est se sont montrés très critiques récemment après la publication d'un texte réglementaire classant au sein de l'UE l'huile de palme dans les biocarburants non durables.
https://www.novethic.fr/actualite/envir ... 47596.html

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