le biocarburant à partir du bois

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Message par GillesH38 » 21 mars 2006, 17:31

http://www.leblogfinance.com/2006/03/co ... la_fn.html
2 – Les Biocarburants empiètent sur l'alimentaire au delà de 800.000 t
La production de biocarburants en France empièterait sur la production destinée au secteur alimentaire au-delà de 800.000 tonnes, a estimé début mars Christian Balmes, président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP). "Au-delà de ce seuil, il faut soit importer soit puiser dans le domaine alimentaire", a-t-il averti.

Deux types de biocarburants sont produits en France : les éthanols, dérivés du blé,de la betterave, et du maïs connus sous le nom de "bioessence", et les biodiesels, fabriqués à partir de cultures oléagineuses (colza et tournesol) et commercialisés sous l'appellation "diester".

L'UFIP a néanmoins réaffirmé son engagement à faire progresser le développement des biocarburants en France, en annonçant la mise à disposition d'une "essence à éthanol" à hauteur de 5%. Le gouvernement français et les professionnels des secteurs pétroliers, agricole et automobile ont adopté en novembre 2005 quinze mesures destinées à atteindre l'objectif de 5,75% d'incorporation dans les carburants en 2008.

En 2005, 500.000 tonnes de biocarburants (400.000 de biodiesel, 100.000 d'éthanol) ont été incorporées sur un total des 40 millions de tonnes de carburants consommés. Les objectifs affichés pour 2008 amèneraient le total des biocarburants à 3 millions de tonnes, dont 2,2 millions de biodiesel.
Pour seulement 6% de la consommation actuelle.
- Je suis Charlie - "I do not see any harm in people making money if it leads to a lower carbon society " R.K. Pachauri, président du GIEC, interview du 6 mai 2008 à Emirates Business.

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Message par Tiennel » 21 mars 2006, 17:37

Si son exploitation était dédiée aux biocarburants, la forêt des Landes permettrait d'alimenter 3 millions de véhicules diesels chaque année. Ne venez pas me dire que vous mangez du pin des Landes au petit déjeuner ;)

Quels sont les débouchés actuels de la forêt landaise ? Réponse ici
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Message par matthieu25 » 21 mars 2006, 17:41

Ou sont tes informations sur la Forêt des Landes Tiennel?
La religion est la maladie honteuse de l' humanité.la politique en est le cancer(Millon de Montherlant)

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Message par Tiennel » 21 mars 2006, 17:48

Un p'tit calcul rapide que j'avais fait dans ce post
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Message par matthieu25 » 21 mars 2006, 17:56

As tu une idée du coût de la mise en oeuvre d'une production d'essence de pin?Et j'imagine qu'il faudra effectuer des modifications aux moteurs des autos...
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Message par Tiennel » 21 mars 2006, 18:01

En fait, tout est possible.

On peut (par procédé type Fischer-Tropsch) obtenir à peu près n'importe quel type d'hydrocarbure à partir de charbon (de bois), avec évidemment un rendement variable. Cela permet par contre de faire tourner les moteurs existants.

A l'opposé, on peut optimiser l'ensemble "usine à biocarburant / moteur" de façon à ce que le rendement global soit très élevé. Mais il faut effectivement modifier les moteurs - moins qu'on ne l'imagine, car aujourd'hui le contrôle moteur (injection et allumage) est complètement électronique. Cela pourrait n'être qu'une "réinstall" des logiciels embarqués.

Quoiqu'il en soit, les investissements requis sont bien inférieurs à la construction d'une belle centrale nucléaire ;)
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Message par GillesH38 » 21 mars 2006, 19:03

Tiennel a écrit :Un p'tit calcul rapide que j'avais fait dans ce post
voui mais y avait une suite dans la discussion y compris ;-).
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Message par Stéphane » 22 mars 2006, 16:10

Tiennel a écrit :Un p'tit calcul rapide que j'avais fait dans ce post
Euh ? J'ai une question bête ...
Quand on parle de biocarburants, on a l'habitude de songer à des cultures dont le cycle de vie est périodique (et annuel le plus souvent : maïs, blé, betterave, colza, etc.). Chaque année, on peut recommencer les mêmes opérations.
Est-ce toujours valable dans le cas de la forêt landaise ? Une fois qu'on a coupé le bois nécessaire au processus WTL (Wood To Liquids), il ne repousse pas en 1 an, non ? Il y aura bien une ch'tite pousse toute mignonne 12 mois plus tard, mais plus de quoi faire 4000 litres à l'hectare probablement ...
Je dis des conneries ou quoi, là ?

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Message par Tiennel » 22 mars 2006, 16:17

A partir du moment où un massif est suffisamment important, il est découpé en parcelles qui sont exploitées de façon asynchrone : certaines sont pleines d'arbres à maturité, d'autres de jeunes arbres, d'autres encore de jeunes pousses et quelques-unes viennent d'être réduites à l'état de clairière ! Le résultat est que la récolte est permanente. Y a toujours du taf pour les bûcherons !

Partons d'une telle clairière : après avoir retiré les souches, on plante des pousses assez rapprochées. Au bout de 3-4 ans, on fait une première coupe pour enlever celles qui n'ont pas réussi et couper quelques branches à celles qui vont rester, histoire de les aider à croître encore. Eventuellement, quelques années plus tard, on peut refaire une autre coupe sombre de ce type. Puis (dans le cas du pin des Landes) à partir de 10-12 ans, on peut faire une coupe claire pour tout récolter.

D'autres techniques de sylviculture sont possibles : ainsi, l'industrie papetière landaise avait étudié une technique où on plantait serré pour récolter tout d'un coup au bout de 4-5 ans : évidemment, les arbres étaient minables mais puisqu'il s'agissait d'en faire de la pâte à papier...
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Message par Stéphane » 22 mars 2006, 16:48

Tiennel a écrit :A partir du moment où un massif est suffisamment important, il est découpé en parcelles qui sont exploitées de façon asynchrone : certaines sont pleines d'arbres à maturité, d'autres de jeunes arbres, d'autres encore de jeunes pousses et quelques-unes viennent d'être réduites à l'état de clairière ! Le résultat est que la récolte est permanente. Y a toujours du taf pour les bûcherons !

Partons d'une telle clairière : après avoir retiré les souches, on plante des pousses assez rapprochées. Au bout de 3-4 ans, on fait une première coupe pour enlever celles qui n'ont pas réussi et couper quelques branches à celles qui vont rester, histoire de les aider à croître encore. Eventuellement, quelques années plus tard, on peut refaire une autre coupe sombre de ce type. Puis (dans le cas du pin des Landes) à partir de 10-12 ans, on peut faire une coupe claire pour tout récolter.

D'autres techniques de sylviculture sont possibles : ainsi, l'industrie papetière landaise avait étudié une technique où on plantait serré pour récolter tout d'un coup au bout de 4-5 ans : évidemment, les arbres étaient minables mais puisqu'il s'agissait d'en faire de la pâte à papier...
Okay, merci Tiennel.
Mais dans ce mode de gestion, on ne peut donc exploiter qu'une partie de la forêt, certainement pas le million d'hectares que tu as utilisé dans ton calcul, et qui a conduit à la conclusion que la forêt des Landes pouvait alimenter 3 000 000 de véhicules diesel.
Quelle proportion de la superficie pourrait raisonnablement être exploitée d'année en année ?

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Message par Jéjé » 22 mars 2006, 16:49

Stéphane a écrit :[Le] processus WTL (Wood To Liquids) [...]
Et ça, c'est quoi ?
Image
Le WTC, bien sûr ! Wood To Coal...

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Message par Jéjé » 22 mars 2006, 16:53

Stéphane a écrit :Okay, merci Tiennel. Mais dans ce mode de gestion, on ne peut donc exploiter qu'une partie de la forêt, certainement pas le million d'hectares que tu as utilisé dans ton calcul [...].
Je présume que Tiennel a utilisé des valeurs qui tiennent précisément compte de cette rotation, et que la production annuelle qu'il évoque est bien celle de la parcelle (une fraction du million d'hectares) mise en exploitation.

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Message par sceptique » 22 mars 2006, 17:25

Jéjé a écrit :
Stéphane a écrit :Okay, merci Tiennel. Mais dans ce mode de gestion, on ne peut donc exploiter qu'une partie de la forêt, certainement pas le million d'hectares que tu as utilisé dans ton calcul [...].
Je présume que Tiennel a utilisé des valeurs qui tiennent précisément compte de cette rotation, et que la production annuelle qu'il évoque est bien celle de la parcelle (une fraction du million d'hectares) mise en exploitation.
C'est exactement cela. Une foret est un capital et on exploite les intérets. Par exemple, pour les forets françaises, les intérêts annuels sont de 10 tonnes de matière sèche par an par hectare (chiffre de Tiennel). Et le capital reste globalement intact. Si on n'exploitait pas ce capital, d'ailleurs, il finirait par tomber et pourrir en dégageant C02 (comme lors de la combustion) et méthane (pire que le CO2 pour l'effet de serre). Il faut donc exploiter une forêt (les intérets !).

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Message par Stéphane » 23 mars 2006, 10:19

Jéjé a écrit :
Stéphane a écrit :Okay, merci Tiennel. Mais dans ce mode de gestion, on ne peut donc exploiter qu'une partie de la forêt, certainement pas le million d'hectares que tu as utilisé dans ton calcul [...].
Je présume que Tiennel a utilisé des valeurs qui tiennent précisément compte de cette rotation, et que la production annuelle qu'il évoque est bien celle de la parcelle (une fraction du million d'hectares) mise en exploitation.
Je n'en suis pas certain, d'où mon interrogation.
Car j'ai trouvé sur cette page que la forêt landaise couvrait au total 1 166 000 ha, et sur cette autre page qu'elle s'étendait sur 965 000 ha.
J'en déduis que le calcul de Tiennel est inexact car son raisonnement s'appuie sur l'intégralité de la forêt. Or, il explique lui-même que l'exploitation se fait par rotation entre les différentes parcelles.
Bref, je suis paumé. Quelques éclaircissements supplémentaires ne seraient pas superflus, je crois.

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Message par sceptique » 23 mars 2006, 11:05

Stéphane a écrit :
Jéjé a écrit :
Stéphane a écrit :Okay, merci Tiennel. Mais dans ce mode de gestion, on ne peut donc exploiter qu'une partie de la forêt, certainement pas le million d'hectares que tu as utilisé dans ton calcul [...].
Je présume que Tiennel a utilisé des valeurs qui tiennent précisément compte de cette rotation, et que la production annuelle qu'il évoque est bien celle de la parcelle (une fraction du million d'hectares) mise en exploitation.
Je n'en suis pas certain, d'où mon interrogation.
Car j'ai trouvé sur cette page que la forêt landaise couvrait au total 1 166 000 ha, et sur cette autre page qu'elle s'étendait sur 965 000 ha.
J'en déduis que le calcul de Tiennel est inexact car son raisonnement s'appuie sur l'intégralité de la forêt. Or, il explique lui-même que l'exploitation se fait par rotation entre les différentes parcelles.
Bref, je suis paumé. Quelques éclaircissements supplémentaires ne seraient pas superflus, je crois.
Un exemple :
on a une foret de 10 ha. On découpe en 10 parcelles de 1 ha. Après une coupe rase, une parcelle repousse en 10 ans. Cette parcelle rapporte 100 tonnes.
L'annéé 01 on coupe la parcelle 01
L'annéé 02 on coupe la parcelle 02
...
L'annéé 10 on coupe la parcelle 10
L'annéé 11 la parcelle 01 a repoussée on la recoupe ...
chaque année on a récolté 100 tonnes pour la foret de 10 ha. Donc, en moyenne, on a 10 tonnes par ha.

Maintenant, le 10 correspond à la durée de rotation de la foret. Selon les espèces elle est très variable. Et pour faire du bois de chauffage, de trituration (pate à papier) ou du biocarburant on a intèret à prendre des essences à rotation rapide.
Pour faire du biocarburant, l'idéal est le taillis. En gros, des souches qui donnent des dizaines de rejets. La rotation est très rapide. Et une fois les rejets coupés ils repoussent tout seuls ! C'est impressionnant à voir progresser en qq années. Par contre, pour faire du bois d'oeuvre c'est une calamité.
Par exemple, les taillis de saules ou peupliers sont très efficaces en Suède (de mémoire) pour réaliser des centrales de chauffage au bois.
Si on ne veut pas épuiser le sol il faut laisser une partie du petit bois à meme le sol et ramener les cendres ou résidus de traitement. Le petit bois au sol (avec les feuilles ou épines) permet aux insectes, bactéries, champigons, ... de le régénerer et de l'enrichir naturellement.
C'est un résumé très grossier et approximatif. Pour plus de détail (et d'exactitude) le mieux est de consulter des sites spécialisés. Google sur sylviculture, par exemple (onf, ...) !

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