Les promesses du jatropha

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Re: [biodiesel] Huile de palme

Message par Alturiak » 09 avr. 2009, 20:32

Tovi a écrit :Le Jatropha est toxique mais on s'en fout franchement...
Finalement le reportage n'en parle pas plus que ça. Il montre surtout que les avantages conférés au jatropha tiennent plus du mythe qu'autre chose. Il lui faut en effet de l'eau, et une bonne terre ! Sinon il ne donne pas, tout simplement. D'autre part, dans le cas de l'Inde, le jatropha est planté sur des herbages qui servaient d'ordinaire à l'alimentation des vaches, si bien qu'une baisse d'approvisionnement en lait est à craindre. Ce qui serait inquiétant pour beaucoup d'indiens dont la principale source de protéines est le lait.

Quant à ce que j'ai retenu de la première partie du reportage, consacrée à l'Indonésie et à ses palmiers à huile : l'Indonésie est le 3e émetteur de GES au monde à cause des brûlis (pour libérer des terres pour y planter des palmiers à huile) qui balancent directement le CO2 accumulé par la végétation s'y trouvant, et surtout qui laisse ensuite les sols à nu, ces derniers larguant à leur tour autant sinon plus de GES. L'huile est pressée au diesel, ça émet aussi son lot. 90% de l'huile est exportée, si bien qu'il y a pénurie d'huile alimentaire ! On marche sur la tête.

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Re: [biodiesel] Huile de palme

Message par energy_isere » 29 avr. 2009, 20:07

Jatropha : «L'arbre à pétrole», l'or vert de Floride

À Fort Myers, Julie Connan (lefigaro.fr) 29/04/2009

Une fabuleuse plante, le jatropha, séduit de plus en plus d'agriculteurs qui y voient une solution à la crise.

«Difficile de croire qu'une plante aussi miraculeuse puisse prospérer dans un tel dépotoir, n'est-ce pas ?» Depuis un an qu'elle fait la promotion du jatropha, Cecilia Cutcher n'en revient toujours pas : ce petit arbre sauvage, nouvelle coqueluche des biocarburants, pousse comme de la mauvaise herbe, sans eau, ni soin particulier. Une vraie bénédiction pour les terres arides et semi-arides de la Floride, comme ici à Fort Myers.

Comme d'autres agriculteurs de la région, Cecilia Cutcher et Sue MacFarlan, auparavant employées dans l'immobilier, se consacrent donc désormais entièrement à la culture de cet «arbre à pétrole», venu des Caraïbes et déjà cultivé en Inde, en Australie, à Madagascar, au Brésil ou au Kenya.

«Ce qui en fait une plante aussi fabuleuse, c'est qu'une fois ses fruits écrasés, ils donnent une huile brute, utilisable telle quelle pour des tracteurs, des générateurs, des bateaux de croisières, ou des trains. Mais raffinée, cela devient un biocarburant que vous pouvez utiliser dans votre réservoir», résume Sue MacFarlan, l'autre «Jatropha Girl» du duo.

Pour la cultiver, il faut compter environ 2 dollars par plante, et les graines peuvent s'acheter sur Internet ou directement auprès de fermes.

«Le jatropha est l'une des réponses en matière de biocarburant, à la crise mondiale de l'énergie», confirme Roy Beckford, chercheur à l'université de Floride.


Une huile déjà testée sur des avions

En décembre dernier, le rêve des partisans de la plante a d'ailleurs commencé à se concrétiser : Air New Zealand a fait voler un Boeing 747 en utilisant 50% de fuel classique et 50% d'huile de jatropha et réduit de moitié son empreinte carbone. Un mois plus tard, c'était au tour de Continental Airlines d'en faire autant sur l'un de ses appareils. À l'heure où l'administration Obama plaide pour l'adoption d'un plan contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le jatropha a de quoi être en odeur de sainteté.

Autre atout de taille : contrairement au soja ou au colza, le jatropha curcas, de son vrai nom, ne concurrence pas la production de denrées alimentaires. Seul défaut de cette plante toutefois: sa faible résistance aux gelées occasionnelles qui frappent la Floride en hiver.

En lançant une ferme-modèle, près de Fort Myers, et 4.000 hectares de plantations prévus sur la cote est de la Floride, les deux cinquantenaires vivent leur reconversion comme une mission vis-à-vis de l'agriculture floridienne. «Pas moins de 41% de la culture des agrumes a disparu ces 8 dernières années à cause de maladies et d'importations de plants défectueux, notamment du Brésil», déplore Sue MacFarlan. «Notre mission est donc de fournir à ces agriculteurs une culture alternative qui leur permettent d'avoir des revenus décents et de ne pas vendre leur ferme ou abandonner leur métier», explique-t-elle.

Et ce n'est pas Harold L. Crews II qui va les contredire. Directeur du Farmers Market où les Jatropha Girls ont fait leurs premières plantations, il a bien l'intention d'utiliser les récoltes de la parcelle pour alimenter un petit tracteur, destiné à faire du «marketing auprès des agriculteurs traditionnels».

Le jatropha a déjà attiré l'attention de plusieurs groupes pétroliers, comme Chevron avec qui Cecilia Cutcher et Sue MacFarlan sont en contact. Un intérêt qu'elles vivent presque comme une revanche : «Jusqu'à présent, beaucoup de subventions et d'aides sont allées aux raffineries, mais aucune pour les agriculteurs désireux de planter du jatropha ou d'autres arbres oléifères. Mais avec la nouvelle administration Obama, c'est d'ores et déjà en train de changer».
http://www.lefigaro.fr/vert/2009/04/29/ ... oride-.php

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Re: Les promesses du jatropha

Message par Tovi » 08 mai 2009, 09:05

Le jatropha, or vert prometteur ?
On connaissait le colza et le soja. Voici le jatropha, qui sert à la production de biocarburants. Mais là encore, gare aux dérives !


La culture du jatropha a valu à l’Institut royal des tropiques et à la Holding/Mali BioCarburant SA, l’un des prix européens de l’environnement 2008 pour les entreprises -le prix de la coopération internationale exactement. Stavros Dimas, le commissaire européen à l’environnement, leur a remis cette récompense pour leur production de biodiesel à partir de la plante jatropha au Mali. Une culture qui permet notamment d’aider les agriculteurs pauvres.

Mais qu’est-ce qui fait la valeur de cette plante ? Déjà, son atout principal est de pouvoir être cultivée sur des terres non agricoles. Et oui, cette plante appelée aussi « or vert », est très résistante et peut pousser sur des terres semi-arides. Du coup, elle n’est pas obligée de piquer les terres des cultures alimentaires. Encore mieux, elle lutte contre la désertification. Et comme elle n’est pas comestible, elle n’entre pas en concurrence avec le secteur alimentaire. Elle ne pourra donc pas être accusée de faire monter les prix, comme c’est le cas avec d’autres biocarburants. Petit plus : elle protège les sols de l’érosion et retient l’eau.

Revaloriser des espaces dégradés

De nombreux pays se tournent donc vers cette plante originaire d’Amérique latine : l’Inde, le Brésil, Madagascar ou encore des pays d’Afrique comme le Mali ou le Sénégal. « Au Mali par exemple, cette plante alimente des moteurs à pompe ou encore des groupes électrogènes », explique Jean-Stéphane Devisse, directeur adjoint des programmes du WWF. En Inde, c’est aussi un bon moyen pour donner vie à des zones sinistrées et valoriser les espaces dégradés. Actuellement, dans le West Benghal, le jatropha est cultivé sur 5 hectares, mais d’ici la fin de l’année, cette plante devrait couvrir 15 hectares.

Risque de dérives

Cette culture est une bonne idée si le jatropha est cultivé uniquement sur des terres dégradées et qui ne servent pas aux cultures alimentaires. Mais il y a un risque de dérives car « lorsque le jatropha pousse sur des terres de bonne qualité, son rendement est meilleur. Cela pourrait donc amener certains agriculteurs à délaisser les terres arides. Mais le problème, c’est que cela concurrencera les cultures alimentaires », prévient Jean-Stéphane Devisse. Plantées sur des sols riches, les noix de jatropha peuvent produire jusqu’à 1900 litres de biodiesel par hectare, c’est-à-dire deux fois plus que le colza. Mais le cas de cette plante n’est pas unique, rappelle-t-il : « C’est comme pour toutes les cultures, pour éviter toute dérive il faut que la production soit conditionnée très fortement par des critères sociaux et environnementaux stricts. »
Si vous ne faites pas partie de la solution, alors vous faites partie du problème.
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Re: Les promesses du jatropha

Message par horco » 08 mai 2009, 12:34

Tovi, c'est mieux en mettant les sources ;)

http://www.planete-terra.fr/Le-jatropha ... r,689.html
Les optimistes sont ceux qui n'ont pas tous les éléments pour comprendre la situation.

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Re: Les promesses du jatropha

Message par energy_isere » 03 sept. 2009, 19:06

Il y a déjà l' huile de Palme en Indonésie, voila maintenant qu' il veulent mettre en plus du Jatropha curcus :
L'Agence Bloomberg informe que le pétrolier taïwanais CPC va faire exploiter en Indonésie par un groupement local, 100 mille hectares de terrain avec des plantations de Jatropha Curcus qui devraient produire 350 mille tonnes d'huile de Jatropha par an.
http://www.leblogenergie.com/2009/09/cu ... anais.html

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Re: Les promesses du jatropha

Message par Alturiak » 03 sept. 2009, 19:43

Soit environ 7500 bj.

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Re: Les promesses du jatropha

Message par energy_isere » 08 sept. 2009, 12:20

Un raffineur taiwanais investit dans le jatropha

http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /59923.htm

A Taiwan, CPC Corporation, une entreprise publique de raffinage, a annoncé au début du mois de juin 2009 qu'elle planifiait de cultiver du jatropha dans le but de produire du biocarburant au cours des six prochaines années. Le choix de la zone de culture doit s'opérer entre l'Indonésie et le Cambodge, dont les climats sont plus adaptés à la culture de cette plante.
Dans le cadre d'un programme pilote, le raffineur taiwanais avait déjà cultivé 3 682 plants de jatropha à Taiwan. Selon Arthur KUNG, vice-président de CPC, la société envisage de cultiver jusqu'à 50.000 hectares de jatropha et permettrait ainsi de réduire les émissions de carbone et de diminuer la dépendance de Taiwan en énergies fossiles importées.

Le jatropha est une plante de la famille des Euphorbiaceae, très étudiée par les agronomes. En effet, son fruit est riche en huiles et peut être utilisé pour produire du biodiesel.

Le biodiesel suscite aujourd'hui la controverse en raison du fait qu'il soit produit à partir de colza et de soja qui sont également des plantes vivrières. L'utilisation de ces huiles pour alimenter des moyens de transport au détriment de l'alimentation humaine est en effet discutée. CPC s'est tournée vers le jatropha, en partie parce que l'huile de jatropha n'est pas comestible et elle est même toxique pour l'homme, et que son utilisation n'entre par conséquent pas directement en concurrence avec l'alimentation. D'autre part, des études montrent que le jatropha pourrait produire jusqu'à 2.000 litres de diester par hectare, bien plus qu'en sont capable le colza et le soja.

A terme, CPC pourrait éventuellement vendre son biocarburant en Europe et ainsi venir concurrencer le géant européen BP PLC.
hectares qui vont étre pris sur la foréts primaire Indonésienne qui ne "coute" rien. :evil:

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jatropha au Bénin

Message par amzath » 19 sept. 2009, 22:24

Bonjour, j’ai fait une étude complète sur la production de l’huile de Jatropha de façon manuelle. Je dispose de 5OOOha de terre au Bénin et je suis à la recherche d'un partenaire financier ou association pour la production du jatropha. Pour tout vos renseignements sur le Jatropha n’hésiter pas à me contacter.

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Re: jatropha au Bénin

Message par phyvette » 19 sept. 2009, 23:11

amzath a écrit :je suis à la recherche d'un partenaire financier ou association pour la production du jatropha.
Vas voir là bas : Forum Jatropha curcas
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Re: jatropha au Bénin

Message par moinsdewatt » 15 janv. 2010, 12:22

Stimuler le rendement du jatropha grâce à la génétique

La société californienne SG Biofuel a annoncé une alliance stratégique avec Life Technologies Corporation pour arriver à produire un biocarburant performant et durable, grâce notamment au séquençage génétique du jatropha.
Ce partenariat étudiera dans un premier temps le génome du jatropha curcas afin d'introduire de nouvelles caractéristiques qui auront pour but d'augmenter le rendement de la production en biocarburant. Les deux sociétés projettent également de développer des variétés spécifiques dans la région.

Le jatropha curcas est un arbuste non comestible originaire d'Amérique centrale. Ces graines contiennent une grande quantité d'huile qui peut être utilisée dans des procédés de fabrication de biocarburants comme le biodiesel, ou encore devenir une substitution de matières premières dans le secteur de la pétrochimie. Enfin, il peut effectivement être cultivé sur des terres marginales considérées comme non viables pour d'autres cultures.

Jusqu'à 2.840 litres d'huiles brutes peuvent être obtenus actuellement avec un hectare de jatropha, soit cinq fois plus que le rendement du soja et le double de celui du colza. Grâce à des améliorations de natures génétiques, la société espère augmenter ces chiffres et vise à produire du carburant brut de haute qualité qui pourrait coûter moins de 1 dollar le gallon (1 gallon = 3,78 litres).

Pour finir, SG Biofuel indique posséder la plus grande base de données au monde sur le matériel génétique du jatropha.
http://www.enerzine.com/6/9025+stimuler ... ique+.html

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Re: jatropha au Bénin

Message par mobar » 15 janv. 2010, 17:02

moinsdewatt a écrit : Stimuler le rendement du jatropha grâce à la génétique

Un sujet qui ne manquera pas de plaire à Greenpeace!

Ils se rouillent un peu cet an ci :mrgreen:
"C'est quand il n'y a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien" Sénèque
https://youtu.be/0pK01iKwb1U

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Re: jatropha

Message par energy_isere » 16 juil. 2010, 17:56

Le néo colonialisme en action :
Déforestation et délogements pour un agrocarburant au Kenya

David Barissa Ringa tente d'empêcher l'implantation d'un vaste projet d'agrocarburants dans son pays, le Kenya. Lors de son passage à Paris, il nous a expliqué comment des paysans kenyans sont sur le point d'être expulsés de chez eux pour répondre à la demande européenne d'arriver à 10% de carburants verts d'ici 2020.

Il travaille pour ActionAid au Kenya, une ONG qui lutte contre la pauvreté, et souligne l'absurdité d'un projet qui déplacerait 20 000 personnes, mettrait en danger la biodiversité… pour un carburant aux bénéfices écologiques plus que douteux. Témoignage.

L'an dernier, Kenya Jatropha Energy Limited, filiale d'une société italienne spécialisée dans la production d'énergie électrique, a reçu l'accord du conseil du comté [qui représente les habitants, ndlr] de la région de Malindi pour produire un agrocarburant sur 50 000 hectares de terre.

Les habitants de la région m'ont alerté en voyant arriver les bulldozers : ils n'avaient jamais entendu parler de ce projet, à part quelques dirigeants locaux.

Une terre normalement collective

Contrairement à ce que prévoit la loi kenyane, le conseil du comté n'a pas consulté les communautés qui cultivent cette terre et qu'il est censé représenter. La terre est supposée être une propriété collective, conséquence de la décolonisation : sa gestion appartient à des représentants qui, dans le cas présent, se sont permis de ne pas consulter les principaux intéressés.

Cette région de Malindi, sur la partie côtière du Kenya, contient une forêt où vivent des espèces rares et protégées d'oiseaux. La forêt couvre environ 30% des 50 000 hectares concernés par le projet, et le reste est parsemé de villages.

On estime que sur les 39 000 personnes qui y vivent, 20 000 devraient être déplacées. Parmi elles, une communauté de chasseurs-cueilleurs qui vivent de manière traditionnelle et prélèvent dans leur environnement de quoi se nourrir, mais aussi leur eau et leur médication naturelle.

L'étude d'impact environnemental confirme nos craintes

Autre déni de démocratie, l'entreprise italienne n'avait pas informé l'agence environnementale kenyane de ce projet, ce qui aurait dû mener à la rédaction d'une étude d'impact environnemental, en consultation avec les communautés affectées.

Négociant directement avec le conseil du comté, ils avaient cru pouvoir s'en passer. Mais les communautés et ActionAid ont décidé d'envoyer des pétitions au ministre de l'Environnement, afin de l'alerter sur ce projet et lui demander de faire effectuer cette étude d'impact environnemental.

Cette mobilisation a en partie payé puisque nous avons obtenu une évaluation environnementale : la compagnie y admet que 70% de la zone ciblée est habitée. Elle prétend créer 15 000 emplois, un hôpital et améliorer les infrastructures locales. Mais Kenya Jatropha Energy Limited n'a pas expliqué comment elle allait reloger ces personnes ou leur fournir des compensations financières. Elle n'a pas non plus précisé comment elle comptait pallier la destruction de la forêt.

Une terre louée 100 000 euros par an sur trente-trois ans

Lors d'une réunion publique, nous avons réussi à savoir que le conseil du comté avait négocié un loyer de 2 euros par hectare par an, soit 100 000 euros par an, pendant les trente-trois ans de la concession. C'est très peu.

Plus gênant encore, les recherches concernant les cultures de jatropha montrent que cette plante n'est pas économiquement viable, en particulier pour les petits agriculteurs familiaux. Le jatropha a été présenté comme une « plante miracle » qui pousse sur des terres arides et a de bons rendements.

En réalité, les revenus que l'on tire d'une telle culture ne compensent pas les lourds investissements, car pour avoir des rendements élevés il faut des terres fertiles et beaucoup d'irrigation. C'est d'ailleurs pourquoi l'entreprise italienne a prévu de creuser des puits d'irrigation sur les terres visées.

L'Europe sait-elle ce que nécessitent ses objectifs ?

Aujourd'hui, j'en appelle au gouvernement kenyan : dans un pays où 10 millions de personnes ont faim, où la sécurité alimentaire n'est pas assurée, avons-nous besoin de mettre en danger des populations et la nature au mépris des lois ?

J'en appelle également à l'Europe qui a décrété la nécessité que 10% des carburants consommés dans les transports en Europe soient issus de matières renouvelables d'ici 2020 : avez-vous évalué l'impact sur les pays du Sud de vos politiques soi-disant écologiques ?

► Propos recueillis et traduits par Sophie Verney-Caillat
http://www.rue89.com/planete89/2010/07/ ... nya-158642

J' espére que Greenpeace Italie va se bouger pour ca. :cry:

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Re: jatropha

Message par energy_isere » 24 janv. 2011, 20:23

Le Jatropha : l’espoir déchu des agrocarburants

21-01-2011 Univers Nature

Dans un précédent rapport intitulé « Le Piège Jatropha », paru en juillet 2010, l’organisation des Amis de la Terre dénonçait l’accaparement massif de terres fertiles au profit du développement des agrocarburants, et plus particulièrement du jatropha (1).

Mais la concurrence alimentaire qu’introduit la production de jatropha, sous couvert de lutte contre les changements climatiques, est d’autant moins légitime que cette plante, pourtant vantée par les partisans des agrocarburants comme la « plante miracle », n’est pas à la hauteur de ses promesses. Afin d’amadouer les investisseurs potentiels, les compagnies européennes d'investissement promeuvent le jatropha comme la garantie d’un retour sur investissements avec une culture sur des terres marginales (non agricoles) en Afrique, Asie et dans les Amériques du Sud et centrale. Or, comme en témoigne le dernier rapport des Amis de la Terre sur cette question, « Jatropha : l'argent ne pousse pas sur les arbres », cette publicité est pour le moins mensongère. Qualifiant ces promesses de non réalistes, Paul de Clerck, coordinateur du programme Justice économique des Amis de la Terre, a en effet déclaré : « De nombreux projets ont déjà été abandonnés car les rendements étaient bien en-dessous des promesses, même sur de bonnes terres. Investir dans de grandes plantations de jatropha n'est ni rentable économiquement, ni durable environnementalement. ».

Parmi les divers points soulignés dans le récent rapport de l’ONG, outre la remise en question d’un retour sur investissements et le prétendu choix de terres marginales, les besoins en eau de la production de jatropha semblent problématiques. En effet, la plante nécessiterait des apports en eau significatifs, particulièrement aux premiers stades de son développement. Selon l'association, plusieurs études suggèrent même que le jatropha nécessite plus d’eau que n’importe quelle autre culture bioénergétique pour produire la même quantité d’huile. Loin de l’image valorisante que l’on veut lui conférer, la production de jatropha pâtit, en outre, d’une mauvaise résistance aux maladies, d’où le recours aux pesticides. Mais ces inconvénients ne sont rien en comparaison des préjudices causés aux populations locales, confrontées à une compétition alimentaire accrue et contraintes de se déplacer.

Pour Mariann Bassey, coordinatrice du programme Alimentation et Agriculture du groupe Environmental Rights Action / Amis de la Terre Nigeria : « (…) Les prix alimentaires augmentent de nouveau et nos terres nous sont volées pour faire des carburants pour les voitures. Nous voulons une agriculture qui permette de nourrir d'abord les humains ». Si faire peur aux investisseurs, en leur montrant le vrai visage de la production de jatropha, est encore le meilleur moyen de mettre un terme à ce simulacre d’engagement en faveur de l’environnement, il est à craindre que d’autres voies se proposent aux acteurs de la course aux agrocarburants.

En 2008, les plantations de jatropha s'étendaient sur 900 000 hectares dans le monde, dont 760 000 en Asie, 120 000 en Afrique et 20 000 en Amérique latine. Mais selon le rapport de la FAO et du FIDA, d'ici 2015, elles pourraient être multipliées par 13 pour atteindre 12,8 millions d'hectares à l’échelle mondiale. Les plus gros pays producteurs seraient alors l'Indonésie en Asie, le Ghana et Madagascar en Afrique, et le Brésil en Amérique latine.

Cécile Cassier

1- Le jatropha est un arbuste de plus en plus cultivé pour ses fruits riches en huile et pour sa capacité à survivre dans des conditions arides.
http://www.univers-nature.com/inf/inf_a ... gi?id=4542

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Re: Les promesses du jatropha

Message par AJH » 25 janv. 2011, 09:20

Eh oui, hélas: le Jatropha ça ne marche pas ...

Voir mon message 2163 de 2007 sur la page précédente
viewtopic.php?f=50&t=5003&start=15
Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée ( Victor Hugo )
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Signez la pétition " POUR QUE L'ARGENT NOUS SERVE, AU LIEU DE NOUS ASSERVIR ! "

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Re: Les promesses du jatropha

Message par energy_isere » 12 avr. 2011, 16:49

Le Jatropha semble faire ses preuves dans l'aviation

Les résultats de plusieurs tests effectués auprès des lignes aériennes sur du pétrole produit à partir de la plante du Jatropha, comme substitut possible du kérosène ont été rassemblés par la société Business Matchmaking.
Japan Airlines, Air New Zealand, Continental, TAM Airlines du Brésil et, plus récemment, la ligne commerciale mexicaine Interjet, en collaboration avec le fabriquant européen, Airbus, ont réalisé des essais en vol en utilisant du biocarburant à base de plantes cultivées sur des terres non agricoles, comme le Jatropha.

Un rapport complet daté du 31 mars 2011 par la Faculté des études environnementales de Yale et financé par Boeing, a conclu que "le Jatropha peut représenter des avantages environnementaux et socioéconomiques". L'étude de Yale s'est basée sur des critères de durabilité développés lors de la table ronde sur les carburants durables évalués sous des conditions agricoles réelles.

Cette étude porte à 60%, le taux de réduction des gaz à effet de serre dans le cas d'utilisation de carburants à base de Jatropha en lieu et place d'un carburant pétrolier.

Mission NewEnergy, qui est le plus grand producteur de Jatropha à l'hectare planté, emploie actuellement plus de 140 000 fermiers en Inde. D'après la compagnie, ces derniers gagnent leur vie en cultivant le Jatropha, sans "le risque de compromettre l'offre ou le taux alimentaire." Elle distribue actuellement ses produits en Europe et prochainement aux États-Unis.

"Nous sommes particulièrement contents d'apprendre qu'il y a eu, à plusieurs occasions, des tests positifs du Jatropha dans le milieu aérien. Avec des défis comme jamais connus dans le milieu aérien, pour cause de l'augmentation du prix du kérosène et la demande mondiale de durabilité comme responsabilité environnementale clé, la solution du Jatropha est opportune et efficace" a déclaré James Garton, président de Mission NewEnergy USA.

Outre celles de l'aviation civile, des études sont effectuées à l'heure actuelle dans le secteur militaire en ce qui concerne le pétrole produit à partir de Jatropha. "Le milieu militaire a un énorme besoin et un besoin continu de pétrole efficace et abordable, et le Jatropha semble correspondre à ces normes tout en répondant aux exigences environnementales" a conclu le général de division aérienne, Wilbert Pearson (USAF-Ret), également président du Conseil consultatif de Mission NewEnergy.

L'Organisation de l'aviation civile internationale des Nations Unies a établi un objectif de réduction des émissions de gaz carbonique produites par l'aviation en utilisant des carburants renouvelables. À un certain moment dans le secteur aérien, l'hypothèse du carburant éthanol avait été évoquée, mais comme ce dernier gèle à des températures relativement basses, il avait été écarté aussitôt.
http://www.enerzine.com/6/11789+le-jatr ... tion+.html

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