Recyclage automobiles, VHU

Comment anticiper au mieux le choc à venir (organisation de la société, questions politiques, conseils financiers, etc).

Modérateurs : Rod, Modérateurs

Avatar de l’utilisateur
energy_isere
Modérateur
Modérateur
Messages : 57760
Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
Localisation : Les JO de 68, c'était la
Contact :

Re: Recyclage automobiles, VHU

Message par energy_isere » 30 mars 2019, 11:37

Indra Automobile Recycling se prépare à l'arrivée des voitures électriques hors d'usage

26 mars 2019

Le spécialiste du recyclage automobile, Indra Automobile Recycling, voit son activité croître régulièrement depuis une dizaine d’années, rationalisation de ses process industriels oblige. Alors que la dernière prime à la conversion a boosté le nombre de véhicules hors d’usage (VHU) qu’il a traité en 2018, le recycleur loir-et-chérien est dans les starting-blocks pour l’arrivée des voitures électriques en fin de vie.

Avec le démontage et la dépollution de plus de 500.000 véhicules – essentiellement thermiques – par an, l’entreprise Indra Automobile Recycling (58,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018), accompagnée de son réseau de 370 concessionnaires agréés, se présente comme « le premier acteur du recyclage automobile en France ». Depuis son site de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), où elle a organisé, le 25 mars dernier, une journée « portes ouvertes » à laquelle ont participé près de 300 personnes, l’entreprise solognote cherche à créer une filière de recyclage automobile digne de ce nom dans l’Hexagone. « Notre usine de Romorantin est un site-pilote pour la déconstruction des véhicules hors d’usage (VHU). En seulement 2 heures, nos équipes sont capables de démonter l’intégralité d’un véhicule selon un process semi-industriel », indique Olivier Gaudau, directeur de l’ingénierie d’Indra Automobile Recycling.

Pour ce faire, l’entreprise, dirigée aujourd’hui par Loïc Bey-Rozet, a décidé, à la fin des années 2000, de rationaliser ses lignes de démontage pour extraire toujours plus de pièces (une trentaine par véhicule en moyenne) et de matières (polypropylène, cuivre, pneus, pare-brise, etc.) des « carcasses » des 5.500 VHU entrant sur son site chaque année. Résultats ? « Le taux moyen de valorisation des voitures que nous et notre réseau traitons atteint plus de 95 %, c’est-à-dire qu’il dépasse le taux imposé par le droit européen de l’environnement », tient à faire savoir le directeur général d’Indra Automobile Recycling. A Romorantin-Lanthenay, sur le site même où était située, quelques années auparavant, une usine du groupe Matra Automobile, une partie de l’équipe d’Indra est dédiée à la R&D. Ses objectifs ? Accroître davantage le taux de valorisation des VHU, tout en optimisant les process de démontage – en mettant au point des robots ergonomiques sur-mesure, par exemple.

« La problématique du recyclage n’est plus technique, elle est économique »

« La problématique du recyclage n’est plus technique, elle est économique », résume Olivier Gaudau. Si le cuivre ou le polypropylène font partie des matériaux extraits préférentiellement par le recycleur, certains plastiques et la mousse d’assise des sièges ne sont pas valorisés, faute de rentabilité. « La voiture électrique, qui constituera une part de plus en plus importante de notre gisement dans les années à venir, n’offre pas nécessairement de meilleures opportunités de valorisation », avance le directeur de l’ingénierie. Avant de préciser : « Cela dit, le recyclage des batteries de traction, tout comme leur seconde vie via le stockage stationnaire de l’électricité, n’est plus un problème. Les filières existent ! » Et Olivier Gaudau de citer les entreprises spécialisées Snam (groupe Floridienne), dans l’Aveyron, et Euro Dieuze Industrie (groupe Veolia), en Moselle.

Lors de la journée « portes ouvertes » d’Indra Automobile Recycling, un atelier technique était spécialement consacré à la déconstruction et à la dépollution des véhicules électriques. Des process qui demeurent complexes car risqués et qui, pour être diffusés dans le réseau d’Indra et au-delà, devront encore faire appel à l’expérience et aux compétences de l’équipe R&D de l’entreprise ainsi qu’à son centre de formation « unique dans la filière des VHU ». « Pour dépolluer le moteur d’une voiture thermique, il faut une vingtaine de minutes à une seule personne, alors qu’il faut 2 h environ à 2 personnes pour traiter la batterie d’un véhicule électrique », illustre Nicolas Paquet, responsable méthodes et centre de formation d’Indra. Si le chemin du recyclage intégral – et rentable – des voitures électriques est encore sinueux, l’éco-conception des véhicules de demain peut s’avérer une « voie de secours » vertueuse. « Nous y travaillons, notamment avec le groupe Renault, pour lequel nous étudions quelques-uns des prototypes d’un point de vue environnemental... », confie Loïc Bey-Rozet.
https://www.environnement-magazine.fr/r ... hors-usage

Avatar de l’utilisateur
energy_isere
Modérateur
Modérateur
Messages : 57760
Inscription : 24 avr. 2005, 21:26
Localisation : Les JO de 68, c'était la
Contact :

Re: Recyclage automobiles, VHU

Message par energy_isere » 28 avr. 2019, 10:06

Les casses automobiles tournent à plein régime

Erwan Benezet 27 avril 2019 LeParisien. Fr

Le succès de prime à la conversion a fait bondir de 30% l’activité des casses automobiles. Reportage à Romorantin (Loir-et-Cher), dans l’une des plus grandes de France.

De la fumée, un vacarme assourdissant, des flaques d’huile au sol et des carcasses qui s’amoncellent dans les coins ? Oubliez l’image traditionnelle que l’on se fait de la casse auto. Aujourd’hui, c’est plutôt : robots démantibuleurs, traçage informatique, réemploi et recyclage, le tout dans un calme impressionnant. Comme sur le site de Re-Source, propriété du recycleur Indra (380 centres agréés en France), dans la banlieue de Romorantin (Loir-et-Cher). D’ailleurs, ne parlez plus de casse, mais plutôt de centre pour « Véhicule hors d’usage » (VHU).

Comme les 1700 centres qui se partagent le marché en France, Re-Source a vu son activité bondir avec le succès de la prime à la conversion. « Comme le site n’est pas extensible, et que nous n’avons pas le droit d’empiler les véhicules les uns sur les autres, raconte Nicolas Paquet, l’un des responsables de Re-Source, il a fallu s’arranger pour faire de la place. » La largeur des allées a été réduite, et les voitures resserrées les unes contre les autres. Pas suffisant ? Des mesures ont donc été prises pour accélérer le rythme. « Nos 33 salariés traitent jusqu’à 5000 véhicules par an, reprend le responsable. Ce qui fait de notre site l’un des plus importants de France. »

Un centre tous les 50 km

Les véhicules proviennent des compagnies d’assurances, des concessions et de particuliers qui les déposent gratuitement. La réglementation impose en effet un maillage de centres VHU au maximum tous les 50 km, afin d’encourager le retraitement des voitures en fin de vie.

Mais que deviennent ces véhicules une fois entreposés sur le site ? Prenons l’exemple de cette Renault diesel Laguna. Un code-barres lui a été attribué, une carte d’identité informatique qui la suivra pendant tout son parcours. Première étape : l’expertise. Il s’agit d’identifier toutes les pièces - carrosserie, selleries, optiques, vitrages, etc. - qui, une fois reconditionnée, pourront être revendues d’occasion.

Et c’est parti pour un strip-tease en règle ! Posée sur un chariot, notre Laguna passe entre les mains expertes de six opérateurs. Chacun a une mission très précise, et pas plus de 15 minutes pour l’accomplir. La dépollution tout d’abord. Ici un trou est percé dans un réservoir ; là, c’est un tuyau que l’on coupe ; ou un boulon qui est desserré. La voiture se vide de tous ses fluides : le carburant bien sûr, liquides de frein, de refroidissement, du lave-glace, les huiles moteur et de boîte de vitesses, le gaz de climatisation, et même sur ce modèle, le liquide de la direction assistée hydraulique.

«Revaloriser au moins 95 % de la masse totale des véhicules hors d’usage»

Le pot catalytique est précieusement mis de côté. Les quelques microgrammes de terres rares qu’il renferme (rhodium, palladium, etc.) se revendent facilement plusieurs dizaines d’euros sur le marché. Moment délicat : l’extraction du moteur. La voiture est basculée sur son flanc gauche au moyen d’un énorme levier, et les 200 kg du moteur sont extraits en un tour de main. En bon état, il pourra être envoyé à l’export pour remplacer un moteur défectueux, ou bien être pourvoyeur de pièces de rechange. Un marché porteur qui génère environ 450 M€ par an, soit 4 % du marché global des pièces détachées. Re-Source a lui-même développé un magasin de revente directe de ces pièces sur le site, à destination des particuliers.

« Au final, la réglementation européenne oblige à revaloriser au moins 95 % de la masse totale des véhicules hors d’usage, rappelle Loïc Bey Rozet, le directeur général d’Indra. Soit en reconditionnant certaines pièces, soit en recyclant la matière. » Les 5 % seront envoyés dans des centres dédiés un peu partout en France pour être définitivement enfouis… sous terre.
Avec les photos dans l'article original http://m.leparisien.fr/economie/les-cas ... D-32280599

Répondre