Agroécologie

Comment anticiper au mieux le choc à venir (organisation de la société, questions politiques, conseils financiers, etc).

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Agroécologie

Message par energy_isere » 24 avr. 2013, 20:20

L'agroécologie est-elle l'avenir de l'agriculture française ?

Le Monde | 24.04.2013


Il faut un œil averti pour identifier de quoi sont plantés les champs de Jacques Morineau, de part et d'autre des chemins de son exploitation vendéenne où bringuebale son vieux 4x4 tout infiltré de poussière de terre. Vingt-neuf variétés y poussent, sur une mosaïque de parcelles où il a mêlé ici du pois et de l'orge, là du blé et de la féverole, ailleurs un carré de maïs entouré de colza, de l'avoine, du sorgho, des prairies et des bosquets, un champ de peupliers... Sans compter les ruches, les vaches et les poulets.
Ce savant assemblage ne doit rien au hasard. Le pois et l'orge, par exemple : le premier fixe dans la terre l'azote nécessaire au second, évitant ainsi le recours aux engrais azotés. L'orge, plus fragile, résiste mieux aux maladies quand elle pousse en mélange, l'autre variété empêchant que le pathogène ne contamine tout le champ. Au final, le rendement global de la parcelle s'en trouve accru, assure Jacques Morineau. "On fait l'inverse de la monoculture et de l'agriculture intensive, où on a spécialisé les plantes : on cherche un maximum de diversité génétique", explique le paysan agronome.

Les cultures associées sont l'une des méthodes employées dans sa ferme, qu'il a convertie dans les années 1990 à l'agroécologie. Union d'agronomie et d'écologie, ce mot-valise désigne une démarche agricole qui utilise les services rendus par les écosystèmes, plutôt que de chercher à les substituer par des intrants – engrais, pesticides... "Au lieu de lutter contre la nature, on compose avec", résume Benoît Drouin, président du réseau Agriculture durable des Civam. "Mon grand-père était agriculteur à l'époque de la deuxième guerre mondiale, et il mélangeait les cultures. Il faut retrouver la connaissance des plantes et le sens de l'observation."

LA FRANCE, FUTUR LEADER MONDIAL DE L'AGROÉCOLOGIE ?

Ces méthodes, si elles restent marginales en France, sont acquises au gré des expérimentations de quelques agriculteurs "pionniers", et de plus en plus explorées par la science agronomique : l'INRA en a fait l'un de ses deux champs de recherche prioritaires en 2010. La démarche a aussi inspiré le ministre de l'agriculture, qui a déclaré vouloir faire de la France un leader mondial de l'agroécologie, et présenté un projet en ce sens fin février. Elle constitue le fil rouge de la future loi d'avenir de l'agriculture, qui est entrée en phase de concertation lundi 15 avril, avant une présentation en Conseil des ministres en septembre

Stéphane Le Foll promet notamment de mobiliser 3 millions d'euros dès 2013 dans ce domaine, et de créer des "groupements d'intérêt économique et environnemental" pour permettre aux agriculteurs de s'associer et d'échanger leur savoir. "A ceux qui disent qu'on ne peut pas produire autant avec l'agroécologie, je réponds : "Venez constater avec moi, sur le terrain, que l'on peut faire des rendements de 80 quintaux à l'hectare en blé ou 9 000 litres par an pour une vache laitière avec des systèmes écologiquement performants", assure-t-il dans un entretien à Terra Eco.

Dans l'exploitation de Jacques Morineau, les rendements sont légèrement inférieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle, du moins en ce qui concerne les céréales comme le blé et le maïs. Mais l'homme se targue, pour compenser une production moindre, d'un gain de qualité : son blé, par exemple, peut être transformé en pain. Et "depuis cinq ans, notre productivité ne fait qu'accroître. Alors qu'avant, en chimique, c'était un échec : les rendements n'augmentaient plus", dit l'agriculteur.

Selon lui, il faudrait d'ailleurs, pour comparer, ramener la production à la surface réelle et à l'énergie consommées pour un hectare : lui n'achète ni semences cultivées ailleurs, ni fourrage pour ses animaux, ni engrais ou pesticides. Cette autonomie lui permet, surtout, de réduire ses coûts de production. Les marges qu'il obtient permettent de faire travailler sept personnes dans sa ferme.

Parmi les salariés, le gendre de Jacques Morineau, qui souhaite reprendre l'exploitation avec sa fille, arpente en tracteur un champ de blé et de féverole avant la tombée de la nuit. Autres méthodes expérimentées dans ces champs : l'épandage de bois et de fumier pour favoriser le développement des micro-organismes vivant dans la terre – "base de la productivité des sols" selon M. Morineau –, ou la réduction des labours, pour "ne pas mettre sens dessus-dessous les couches dans lesquelles vit la microfaune du sol".

En surface, des insectes prédateurs "auxiliaires", utilisés pour remplacer les insecticides, ont investi les haies qui dessinent les parcelles de l'exploitation. L'agriculteur tente aussi d'agencer les différentes cultures de sorte qu'y circulent les coccinelles, qui mangent les pucerons. "Une sorte de parcours gastronomique", s'amuse-t-il. "C'est une question de regard. Quand mon voisin voit des coccinelles, il se dit qu'il y a des pucerons, donc il traite. Quand j'en vois, je m'en réjouis car elles mangent les pucerons."
http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html

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Re: Agroécologie

Message par Rod » 13 juin 2014, 14:38

Bonjour,

Je ne sais pas trop où le mettre alors je le mets ici. Il y a des choses intéressantes.

"Ingénierie écologique : seconde édition des journées portes ouvertes les 28 et 29 juin 2014
Le temps d'un week-end, les 28 et 29 juin 2014, le CNRS et Irstea ouvrent exceptionnellement au grand public plus d'une vingtaine de sites-ateliers de restauration écologique répartis sur toute la France. Nettoyer les eaux usées, anticiper les épidémies, utiliser des fourmis pour restaurer des prairies, les plantes pour dépolluer des sols, lutter contre les risques naturels en montagne… Ce sont quelques exemples d'expérimentation faisant appel à l'ingénierie écologique. Une discipline qui utilise des concepts et des techniques innovants pour mieux gérer notre environnement."

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3561.htm
moins vite, moins loin, moins souvent: le transport post PO
Des couches lavables
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Re: Agroécologie

Message par energy_isere » 31 août 2014, 12:38

VIDEO La science au chevet des sols agricoles

Durée : 07:30 | Images : Universcience.

Le sol héberge le plus grand réservoir de biodiversité de la planète. Collemboles, micro-arthropodes, acariens, vers de terres, bactéries et champignons participent à la dégradation de la matière organique en matière minérale essentielle pour nourrir les plantes. Une donnée essentielle que l'agriculture intensive néglige souvent, ce qui a pour effet d'appauvrir des sols. Cette vidéo d'Universcience.tv montre comment les scientifiques du Laboratoire d'analyses microbiologiques des sols et du Genosol de l'Inra à Dijon participent à la prise de conscience de l'importance de la vie souterraine, afin de cultiver de manière durable.
Le Monde.fr
http://www.lemonde.fr/sciences/video/20 ... 50684.html

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Re: Agroécologie

Message par kercoz » 31 août 2014, 13:45

Les Bourguignons sont efficaces du fait d' un charisme certain ...mais la femelle commence a dire des conneries ( lune ou BRF...)
Pour ceux qui veulent des infos réellement scientifiques et factuels , je conseille plutôt Konrad Schreiber :
http://www.avenir52.com/actualites/prod ... TWNA0.html
( des tas de vidéo dispo a ce nom)
C'est un agriculteur -professeur qui s'est longtemps cantonné au TCS et SD en Bretagne ou il a converti un max d' agri ...il s'est récemment converti au BRF que je voyais plutot restreint aux jardins et maraichage .

http://www.afs-journal.org/index.php?op ... F4041.html
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Re: Agroécologie

Message par sherpa421 » 01 sept. 2014, 15:46

kercoz a écrit :mais la femelle commence a dire des conneries ( lune ou BRF...)
Merci d'être plus précis, en citant précisément les affirmations que tu met en cause. Vu le langage que tu utilise, ça semble un minimum.
kercoz a écrit :Pour ceux qui veulent des infos réellement scientifiques et factuels , je conseille plutôt Konrad Schreiber :
Enfin, l’intervenant conseille les doubles cultures en associant des plantes compagnes, comme un maïs associé à un trèfle qui reste en dormance tout au long de la vie du maïs et assure une couverture au sol.
Dans mon petit jardin, j'essaye (sur 5 m2) de faire pousser du blé sur trèfle. L’intérêt c'est que le trèfle à une racine rampante et le blé des racines plongeante. Par contre, le maïs a des racines traçantes (superficiel). Il me semble donc qu'il y a un risque de concurrence, notamment en cas de déficit hydrique.
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Re: Agroécologie

Message par kercoz » 02 sept. 2014, 18:42

Les Bourguignons me fatiguent un peu ... J'ai vu passer qqs approximations sur la pédogenèse dans leurs vidéo . Ils ne bossent que pour des grands chateaux de pinardier et bien qu'ils oeuvrent dans le bon sens, c'est limite crédible ...style reader's digest de la bio...
Sur les BRF , ils ont pris le train en marche , sans même lire les thèses de l' U.Laval ...trop opportuniste , pour ma part .
Konrad Schreiber ,lui on peut voir la liste des ses boulots et interventions , je sais pas s' il rentre chez lui! Et une conf faite par lui , faut s'accrocher , même quand on est assez pointu ds le sujet.
Je pensais à des racines profondes pour le trefle et la luzerne ....mais je n' ai pas assez de terrain potager pour faire de l' engrais vert , sauf avec des trucs consomables .......ne jamais laisser un terrain a nu ni sans racines ....Il n' y a guère de concurence avec les racines , je pense de plus en plus que le seul truc qui limite une surface c'est la lumière .
Il ne faut pas penser a un sol comme un reservoir ...plus il y a de racines , plus il s'enrichit ...bien sur il faut lui rendre la MO qu'il y a pris en laissant racines tiges et feuilles .
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Re: Agroécologie

Message par sherpa421 » 03 sept. 2014, 09:02

kercoz a écrit :J'ai vu passer qqs approximations sur la pédogenèse dans leurs vidéo .
Vu tes attaques, il faut être plus précis et factuel. Tu nous parlais de connerie, maintenant il s'agit d'approximation. C'est pas sérieux !
kercoz a écrit :Il ne faut pas penser a un sol comme un reservoir ...plus il y a de racines , plus il s'enrichit
En matière de NPK, je te rejoins. Par contre, en matière d'eau, c'est évidant que le sol est un réservoir. Bien sur, il existe des méthodes pour augmenter sa capacité à retenir l'eau. Mais à priori si on utilise une culture mixte avec du trèfle c'est pour améliorer son sol. Donc on ne fait pas ça sur des sol ayant une bonne capacité à retenir l'eau.
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