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http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar ... vici-83597morceaux choisis:
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Plus abordable que le difficile (mais remarquable) « La Décroissance » de Nicholas Georgescu-Roegen (1979), plus intelligent et mieux écrit que « Le Principe de frugalité » bâclé par Marc Halévy (2010), cette « Critique de l’Economie de Croissance pour les Nuls » a l’immense mérite de représenter ce qui s’est écrit de mieux sur le sujet depuis ces dernières années, et ce jusqu’à la page 147.
A partir de la page 148, les auteurs transforment, malheureusement, leur excellent réquisitoire du détestable présent en un aléatoire plaidoyer pour un avenir pavé de bonnes intentions. Certes, nous ne pouvons que les remercier de leurs louables leurs efforts pour proposer une feuille de route cohérente et réaliste destinée à redresser notre trajectoire, mais nous avons relevé un certain nombre d’éléments majeurs qui, de notre point de vue, sont manifestement discutables, voire contestables.
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Nous pensons par ailleurs qu’ils se méprennent complètement sur le comportement potentiel des populations vis à vis de certaines « mesures » préconisées. En bons technocrates, ils partent du principe que, le problème ayant été correctement expliqué au peuple par de jeunes politiciens « au top », celui ci va comprendre rapidement où se situe son intérêt. Or c’est méconnaître profondément l’histoire politique que de penser cela. Les auteurs sont, certes, des hommes du présent et de l’avenir, mais, pour ce coup ci, ils souffrent d’un manque évident de connaissance du passé. Eh bien, non Messieurs, dans le domaine de la gestion des masses, cela ne se passe pas comme ça !. Relisez Platon, l’Evangile selon saint Matthieu, Martin Luter, Marx, Mao Tse Toung et mettez les évènements historiques contemporains de leurs écrits en parallèle, vous comprendrez alors votre candide méprise. Lorsque Che Guevara expliqua aux paysans boliviens en 1967 qu’en liquidant la dictature de Barrientos, ils pourraient enfin manger à leur faim, se soigner convenablement et envoyer leurs enfants à l’école, ceux ci le remercièrent en le livrant à la CIA !
Prenons l’exemple le plus frappant : la taxation de l’énergie, et plus particulièrement la taxation de l’essence. Cette mesure préconisée par les auteurs semble la logique même. Il faut économiser le pétrole, donc l’état « n’a qu’à » taxer l’essence afin de faire diminuer la consommation, d’une part, et de consacrer le produit financier de la taxation au développement des énergies nouvelles, d’autre part. C’est tellement limpide que les auteurs s’imaginent que les gens vont scrupuleusement suivre les instructions du gouvernement et laisser sagement leur voiture au garage. Malheureusement les choses ne se passeront pas comme cela, pour deux raisons principales. Premièrement : « les français aiment la bagnole » (G. Pompidou 1972). Deuxièmement : « les français ne font pas confiance aux politiciens » (axiome de comptoir). La voiture, instrument « exosomatique » par excellence, comme dirait Nicholas Georgescu Roegen, est devenu le prolongement même de l’individu, sa coquille mobile et son havre d’indépendance. Elle représente un acquis social incontournable, au même titre que la retraite, la sécurité sociale et l’assurance chômage.