Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Discussions libres mais portant sur le thème général de la déplétion.

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Message par Alter Egaux » 30 sept. 2010, 15:34

Je me serais trompé ? L'armée américaine demanderait 30 ans pour effectuer sa transition énergétique, et ainsi, sortir du pétrole. Enfin, ils précisent qu'il faudrait démarrer un programme de transition immédiatement, ce qui n'est pas gagné,

Ici

Le rapport en anglais
Ici

Ils ne sont pas prêt ! :lol:
Sauf dans leurs bases tactiques et stratégiques.
Etape n°1 : Les africains nomment le pétrole : la "merde" du diable.
Etape n°2 : Restons cool, le PO arrive...
Etape n°3 : "Mais à cet endroit, en ce moment, l'humanité, c'est nous, que cela nous plaise ou non", Samuel Beckett

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Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par energy_isere » 30 sept. 2010, 16:25

merci Alter Egaux,
Alter Egaux a écrit : Le rapport en anglais
Ici
.
C' est quoi cette officine US : "Center for a new American security" ?

J' ai telechargé et lirait un peu plus tard.
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par Alter Egaux » 30 sept. 2010, 16:29

energy_isere a écrit :C' est quoi cette officine US : "Center for a new American security" ?
Le plan B du NWO (Nouvel Ordre Mondial) ? :lol:
Etape n°1 : Les africains nomment le pétrole : la "merde" du diable.
Etape n°2 : Restons cool, le PO arrive...
Etape n°3 : "Mais à cet endroit, en ce moment, l'humanité, c'est nous, que cela nous plaise ou non", Samuel Beckett

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par energy_isere » 30 sept. 2010, 16:36

Un peu de sérieux

Center for a new American security : leur site : http://www.cnas.org/

ce qu' en dit Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Center_for ... n_Security

Un "Think Tank" basé à Washington D.C , fondé en 2007. 30 employés, budget de 6 millions de $.

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par yoananda » 30 sept. 2010, 16:55

Les américains veulent préparer leur transition ...
mais la transition vers quoi ????
ils vont installer des panneaux solaires sur leurs portes avions et les jeeps ?
et en cas de mauvais temps, ils ne font plus la guerre ?
ou bien alors le pentagone s'auto-demande les autorisations pour utiliser les technologies de l'AREA 51 ????
MDR

Je viens de lire (en parcourant le rapport) qu'ils préparent le transition vers les autres fuels (non pétrole).
Il vont convertir le golfe du mexique en une ferme géante de micro-algues qui génèrent du bio fuel ?

Il leur manque tout de même l'Iran, la Russie et le Venezuella dans leur petit jeu de monopoly.

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par rico » 30 sept. 2010, 17:16

+1

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par energy_isere » 01 oct. 2010, 19:57

J' ai lu le document du think tank "Center for a New American Security".

Image

Beaucoup de baratin pour dire que leurs armées doivent se preparer à dépendre de moins en moins du pétrole (Navy / army / Air Fore /Marines ).

Aucune mention du peak Oil, ils en restent à la notion infantilisante du R/P = Reserves/(Production au rythme actuel) qui entraine sur un horizon de 40 ans. :roll:

La bureaucratie/administation va étre trés difficile à faire bouger.

Le pétrole c' est 77 % des besoins en energie de l' armée et c' est l' US Air force qui en bouffe la moité de ce pétrole.

Comme les programes d' équipements des armées (y compris l' étude, voir en page 15) durent une quarantaine d' année, ca veux dire qu' il faut integrer la problématique dans tous les nouveaux programmes.

L' US Air Force doit tester et certifier tous les avions et systémes pour le mélange 50% kérozéne / 50 % carburant alternatif pour 2011. Page 11 :
“Test and certify all aircraft and systems against 50/50 alternative fuel blend by 2011"

Energy : ce qui ne veux pas dire que ce mélange est disponible en volume en 2011


Recomandation pour que le DOD (Ministére de la défense) ai pour but d' avoir basculé tout ses équipement vers des carburants alternatifs en 2040 :
We recommend that DOD establish a goal that by
2040, DOD must be able to operate all of its assets
on non-petroleum fuels. The thirty-year timeline
is sufficient time for the private sector scaling up
adequate supplies, and for DOD aligning its bureaucratic
and infrastructure systems to accommodate
this change. Knowing that petroleum prices will rise
and renewable fuels will become cost-competitive
years before the world produces all reserves, it is
not prudent to assume that petroleum will remain
affordable or that supplies will be reliably available
to the United States three decades hence....
(page 10)

et l' action doit commencer immédiatement.
Despite the 30-year timeline, DOD does not have
several decades to begin this transition. The renewable
fuel development, testing and evaluation that
the services have conducted to date mark the first
steps in guaranteeing their long-term ability to
meet their energy needs, but even if DOD adopts a
hastened timeline, it will take decades to complete
this transition. Implementing this strategy must
therefore begin immediately.
(page 10)


Le DOD devra se procurer des agrocarburants fait à partir de switchgrass, algues, cameline ou autre biomasse.
If DOD can procure fuels
from a portfolio of sources, such as fuels made
from locally grown switchgrass, algae, camelina
or other crops, that diversity can help to keep
prices competitive (especially as a hedge against
weather or economic conditions reducing crop
output in any given region) ......
(page 14)

Le DOD doit identifier les acteurs qui vont pouvoir produire les carburants alternatifs à grande échelle et les moyens d' y parvenir (loi locales, aides fiscales):
DOD should therefore
analyze the list of top fuel demand locations against
key enablers that could hasten the availability of
alternative fuels at a large scale. These enablers should
include: permissive state and local laws and incentives;
infrastructure to handle transport, storage and
fueling; and supply availability (including states or
regions with current biofuels development in progress
or high production potential).
(page 16)

Va falloir que les bureaucraties et les administrations se causent, nom d' un chien !
c' est dit la dessous en politiquement correct"
A simple way for DOD to improve its relations
with other government agencies is to provide an
online organization chart of major DOD offices
focused on energy and a description of the general
roles and responsibilities of those offices. This may
seem simplistic, but to those not familiar with the
DOD bureaucracy (especially policymakers on
the Hill and clean energy entrepreneurs) it can be
extremely challenging to find the proper points of
contact to discuss energy policies in DOD. There is
little hope of improving interagency coordination
or Congressional relations if outsiders cannot even
figure out whom to engage with questions or ideas.
(page 18)


Appel du pied au secteur privé pour étre prét à livrer à la défense des carburants alternatifs et à grande echelle.
However, meeting DOD’s goal of making a smooth
transition away from petroleum will require the
private sector to provide cost-competitive, at-scale
renewable fuels that the Defense Logistics Agency
can purchase when and where it needs them. This
will require DOD to commit to a general direction
for its energy future in order to send an effective
market signal, and it will require incentives and
regulations beyond DOD’s control.
(page 20)


Le meilleur timing est d'y aller à fond juste aprés les retraits d' Irak et Afghanistan.
Given the urgent need to address operational
energy considerations in the current wars, this
grand bureaucratic adjustment might best be
timed for after significant redeployments from Iraq
and Afghanistan are complete.
(page 21)

Le document ne traite absolument pas de la problématique d' arriver à fabriquer des agrocarburants aviation en quantité suffisante et des technologies pour y parvenir et des ressources agricoles qui seront nécessaires sur le sol US. Ni de la compétitivité par rapport au cout actuel du carburant issus du pétrole.

On sent que le document et le travail de cette officine doit quelque part étre validé de publication par les DOD et que c' est un biais pour que ce ne soit pas au DOD d' avoir à annoncer ces mesures à prendre.

Question, qui est ce qui finance ce think tank avec un personnel de 30 personnes et un budget de 6 millions de $ ? :-"

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par ~~sylvain~~ » 04 oct. 2010, 20:42

salut,
je profite du fil pour poster une info
elle ne fera plus débat pour le coup :-"
Le "peak oil" serait dépassé !
C'est du moins l'avis de Luis de Sousa (membre de l'ASPO Portugal) ce 29 Septembre, sur les sites "The Oil Drum" et "European Tribune":



"Le pic pétrolier n'est plus l'objet de débat (...) les projections et prévisions sur la date de diminution de la production pétrolière font désormais partie de l'histoire."



Le seul moyen de savoir quand aura lieu le pic pétrolier, c’est de le dépasser et de constater la diminution de la production mondiale. Or il semble que ce soit le cas aujourd'hui.





L’auteur illustre son article avec le graphique suivant :
bienvenue en réplétion
http://www.avenir-sans-petrole.org/arti ... 56890.html
pour le PO: vous savez?....
alors quels sont vos projets ?
oléotransition

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par energy_isere » 04 oct. 2010, 20:52

L' article original de The Oil Drum est la : http://europe.theoildrum.com/node/7001#more

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navidad
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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par navidad » 04 oct. 2010, 22:30

~~sylvain~~ a écrit : bienvenue en réplétion
http://www.avenir-sans-petrole.org/arti ... 56890.html
Christine Lagarde préfèrerait parler de Riplétion.

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SuperCarotte
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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par SuperCarotte » 04 nov. 2010, 09:20

Pas vraiment de date de pic, mais un avertissement sur le déclin des spare capacity qui pourrait devenir problématique à partir de la fin 2012

Oil to Rise as Capacity Drops, Morgan Stanley Says
Crude oil prices will rise as spare production capacity drops to “untenable levels” by the end of 2012, Morgan Stanley said in a research report.

Spare capacity passed its peak this year and may decline to 4.1 million barrels a day by the end of 2011 from 5.9 million barrels today, Hussein Allidina, an analyst at Morgan Stanley, said in the report today. It could drop to 2.5 million barrels a day by end-2012, he said.

“Tighter, impossible levels of spare capacity are seen from 2013 to 2015,” the report said. “With demand relatively inelastic in the short run, we reiterate our view that higher prices will be needed to ration demand.”
La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. [Albert Einstein]

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par jml34 » 04 nov. 2010, 13:46

The bank maintained its end-2010 forecast of $95 a barrel, its 2011 forecast of $100 and 2012 estimate of $105 a barrel
On saura dans moins de 2 mois si leur première prévision est correcte.
En attendant on sait qu'ils veulent qu'on croie à la hausse...

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par energy_isere » 17 nov. 2010, 20:54

article dans l' édito matiéres premiéres :
Pétrole : Un choc énergétique lié à l'offre pourrait survenir d'ici fin 2011


........

Les transports restent l'activité la plus gourmande en pétrole. Sur 85 millions de barils consommés par jour dans le monde, 55 millions sont destinés au transport routier, et seulement 10 millions pour les transports aérien et maritime

..........

une carte interessante, les pays selon leurs reserves de pétroles :

Image

........


article : http://www.edito-matieres-premieres.fr/ ... chine.html

pascal47
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article : oil will run out 90 years before replacement ready

Message par pascal47 » 19 nov. 2010, 11:56

http://petrole.blog.lemonde.fr/2010/09/ ... hirsch-12/
15 septembre 2010
‘Peak Oil’ : le ministre de l’énergie de Jimmy Carter sonne l’alarme

Entretien avec Robert L. Hirsch (1/2)


James Schlesinger, ex-secrétaire à l’énergie du président Carter, préface le livre d’un ancien haut fonctionnaire américain, le Dr Robert Hirsch, qui prédit une chute de la production de pétrole dans les 5 années à venir. Jamais un personnage politique du rang de Schlesinger n’avait assumé un tel diagnostic.

Le livre paraîtra aux Etats-Unis le 1er octobre. Interview de son auteur en avant-première et en exclusivité.

[Entretien avec Robert L. Hirsch (2/2)]


Robert Hirsch occupe une place à part dans l’évolution du débat sur le ‘peak oil’. En 2005, il fut l’auteur principal du premier rapport pessimiste officiel jamais publié par l’administration d’un gouvernement (présentation sur Wikipedia).

Et pas n’importe quelle administration : le département de l’énergie du président Bush.

Les conclusions de Robert Hirsch, ancien responsable de la recherche sur les carburants synthétiques du groupe Exxon, ex-haut cadre de la RAND corporation et ancien patron du programme de fusion nucléaire américain, avaient à l’époque été mises sous l’éteignoir.



Dr Robert L. Hirsch à Alexandria (Virginie), août 2010 [M.A]


Aujourd’hui, Robert Hirsch persiste. Pour lui, c’est désormais une évidence : nous serions à la veille d’un déclin de la production d’or noir mondiale.

Dans The Impending World Energy Mess (*), c’est-à-dire « Le désordre énergétique mondial imminent », M. Hirsch cherche à faire entendre un signal d’alarme qu’il n’est plus tout à fait, comme en 2005, l’un des seuls à tirer.


Détail remarquable : le livre est préfacé par James Schlesinger, secrétaire à la défense sous Richard Nixon et Gerald Ford, qui fut ensuite le premier secrétaire à l’énergie de l’histoire des Etats-Unis, sous le président Carter.

Schlesinger et Hirsch sont à ce jour les seuls officiels ou ex-officiels de l’administration américaine qui assument de crier publiquement au loup.


Voici la première partie d’une interview accordée par Robert Hirsch en août en banlieue de Washington.

Cette première partie est consacrée au pronostic de Robert Hirsch sur l’imminence d’un déclin de la production mondiale de pétrole.

La seconde partie porte sur ce que le Dr. Hirsch considère comme une “conspiration du silence” autour du peak oil à Washington.

(*) The Impending World Energy Mess, par Robert L. HIRSCH, Roger H. BEZDEK & Robert M. WENDLING. [Les trois auteurs sont associés dans une petite société d’intelligence économique, MISI, Inc, installée à Alexandria, près de Washington DC.] Avant-propos par James R. Schlesinger. Sortie prévue le 1er octobre 2010. Editions Apogee Prime. 256 pages, $29.95.



Entretien avec Robert L. Hirsch (1/2)





[oil man] Dans le livre que vous allez publier, vous cherchez à prouver que la production mondiale de carburants liquide risque de chuter très bientôt. D’après vous, d’ici combien de temps pourrions-nous avoir des problèmes ? Dans dix ans, dans moins de dix ans ?
Une chose d’abord : la base, c’est la production. La production mondiale de pétrole a longtemps progressé, puis elle a stoppé cette progression, et depuis le milieu de l’année 2004, elle fluctue. La production a atteint un ‘plateau’. De son côté la demande, elle, a connu un faible déclin, à cause de la récession économique.



Cette demande augmente à nouveau cette année. Elle est revenue à son niveau d’avant la crise de 2008.
Exact. La production de pétrole fluctue dans une bande de 4 ou 5 %. Ce n’est pas beaucoup. Je pense que la production mondiale de pétrole n’ira pas plus haut.



Quelle est votre hypothèse ?
La production va rester à l’intérieur de cette bande, et d’ici 2 à 5 ans, les extractions mondiales vont entrer en déclin.



Vous avez donc en tête le même type de terrible scénario que ceux récemment envisagés par le Pentagone, la Lloyd’s et Chatham House, ou encore par l’armée allemande ?
En gros, oui.



Le département de l’énergie américain évoque lui aussi un futur plateau fluctuant, « ondulant », de la production pétrolière. Parlez-vous de la même chose ?
Eux parlent d’un plateau qu’on attendrait quelque part dans le futur. Mais quand on regarde les chiffres, il n’y a pas de doute que nous y sommes déjà.



Un déclin de la production mondiale de pétrole d’ici 2 à 5 ans… Que va-t-il se passer ?
Ce sera la pagaille, et puis tout d’un coup, ce sera évident.



Quel rythme de déclin faut-il selon vous redouter ?
C’est là un point crucial, parce que ce rythme de déclin déterminera l’importance du problème auquel nous faisons face. Dans le livre, nous envisageons deux taux de déclin : 2 % et 4 % par an. Il est clair que plus ce taux sera faible, moins ce sera difficile. Le taux de 4 % est vraiment catastrophique. A 2 %, ça restera très difficile.



Difficile à quel point ?
Dans notre rapport de 2005, nous avons travaillé sur un programme mondial de « crash », qui correspondrait à la meilleure réaction possible de la part de la société. On ne peut aller plus vite que ça. En mettant en oeuvre un programme comme ça, il nous faudrait plus de dix ans pour compenser le déclin. Pourquoi ? Parce que le problème s’enfuit devant vous ! Si vous êtes dans une course avec quelqu’un d’autre, et que la personne part avant, même si vous arrivez à courir plus vite qu’elle, ça va vous prendre beaucoup de temps pour la rattraper.



A quoi faut-il s’attendre, d’ici à ce que le monde « rattrape » le problème du ‘peak oil’ ?
Au niveau mondial, le Produit intérieur brut va décroître chaque année pendant une décennie. Cette récession de l’économie mondiale pourrait facilement atteindre 20 à 30 % au total sur toute cette période. Voilà ce que je veux dire quand je dis « catastrophique ».

Où que vous viviez, quelqu’un doit vous amener votre nourriture. Or l’agriculture moderne marche au pétrole, parce que les tracteurs qui labourent le sol plantent les graines et récoltent marchent au pétrole. Ensuite il faut transporter la nourriture vers un processeur quelconque, puis il faut encore la transporter jusqu’à vous.



En 2008, quand le baril valait plus de 130 dollars, il y a eu des manifestations de la faim dans plus de vingt pays du Tiers Monde. Est-ce que vous croyez que c’est ce qui risque de se produire à une bien plus grande échelle et pendant plusieurs années ?
Oui. Je suis physicien. Il y a un mot que j’aime, c’est la « non-linéarité ». Linéaire, c’est comme ça (il trace une ligne droite dans l’air.) Non-linéaire, c’est ça, ou ça, ou encore ça (Il se met à dessiner des lignes et des courbes qui vont dans toutes les directions), il y a tellement de choses qui interagissent.

Rentrer là-dedans et essayer de comprendre le problème que pose le peak oil avec un minimum de détails est, je pense, impossible, parce que c’est trop non-linéaire, parce que ceci va toucher cela, cela va toucher ceci, et ceci aura un impact sur les gens.

Et les gens peuvent se conduire de manière rationnelle, ou alors ils peuvent sortir dans les rues pour protester. Il pourrait y avoir un chaos politique ! Quand ça arrivera, et que la police va sortir et ensuite… Vous savez, des guerres pourraient avoir lieu. Là ça devient très vilain.



Vous pensez qu’un pays développé comme les Etats-Unis pourrait faire face à plus de problèmes qu’un pays du Tiers Monde (les pays développés dépendent beaucoup du pétrole, et aucun plus que les Etats-Unis) ?
Oui. Nous allons avoir des problèmes, parce que nous importons tellement de pétrole, et parce que presque tout ce que nous faisons dépend du pétrole.

Le Canada est en bien meilleure posture. Ils ont ce sable bitumeux, ils en ont beaucoup. Ils raffinent ce pétrole lourd, et il l’exporte aussi.



Mais justement, pourquoi les pétroles lourds, offshore ou non-conventionnels ne pourraient-ils pas aider à compenser le déclin de la production de pétrole conventionnel ?
Mettons que je veux faire du pétrole non-conventionnel avec du charbon ou avec du gaz naturel, et que je fais ça aussi vite que je peux ; vous savez : un programme mondial de « crash ».

Regardez ce qui est arrivé à l’Afrique du Sud durant l’apartheid. Ils avaient un énorme problème à cause de l’embargo sur les produits pétroliers. Ils possédaient une seule usine de transformation du charbon en essence. Alors ils ont décidé d’en construire une autre, juste à côté. Ils avaient les gens qu’il fallait pour ça, ils n’avaient pas de problème administratif, pas de problème d’environnement ni rien de ce genre. Il leur a fallu trois ans pour construire une usine qui fournissait 100 000 barils de plus par jour (b/j). C’était ça, leur programme de crash.



Et ça n’a pas changé grand chose pour eux. Ils leur manquaient quand même du pétrole pour faire vraiment tourner leur économie, n’est-ce pas ?
Oui, on ne pouvait pas aller plus vite, et ça leur a pris trois ans. A l’échelle mondiale, il faut faire la même chose partout simultanément, et pas juste pour 100 000 b/d, mais pour un nombre de millions de barils par jour chaque année multiplié ! C’est ça, un problème qui s’enfuit devant vous.

Voilà le point clé : le pétrole c’est pas comme cet objet (il montre son I-phone). Ça, c’est petit, ça peut changer vite : vous pouvez faire de grands changements en un ou deux ans. Mais l’énergie, c’est énorme, ça ne peut être qu’énorme.



Les deux seuls endroits où il semble que l’on puisse produire encore beaucoup de pétrole sont les eaux profondes au large du Brésil et l’océan Arctique. Est-ce que ça ne peut changer quelque chose d’être capables de forer de plus en plus profond ou d’aller au pôle Nord ?
Espérons. On ne sait pas encore, on commence juste là-bas.

Mais une chose est claire, c’est la vitesse à laquelle on peut mettre les choses en place. Et je ne parle même pas d’avoir un accident comme celui du golfe du Mexique.

Cela prend du temps de trouver le pétrole, et ensuite il faut construire quelque chose pour le faire sortir, puis creuser les trous qu’il faut.

Même en allant aussi vite qu’on peut, ça veut dire 7 à 10 ans pour récupérer 100 000 b/j de plus, c’est-à-dire la production moyenne d’un nouveau champ de pétrole. C’est comme pour les usines de liquéfaction en Afrique du Sud, ou comme pour mettre beaucoup plus de voitures économes sur les routes : ça prend du temps.

Si dans notre livre nous ne nous trompons pas, si la production mondiale entre en déclin d’ici 2 à 5 ans, le monde perdra. Mais il y aura des vainqueurs. Ces vainqueurs, ce seront les compagnies pétrolières, parce ce sont elles qui vont creuser les trous profonds, et il est presque certain que ce sont elles aussi qui construiront les usines de liquéfaction du charbon et du gaz naturel, et tout le reste. Parce qu’il nous faut des carburants liquides.



Des vainqueurs, mais le monde « perdra » ?…
Est-ce que les USA vont avoir des problèmes ? Oui. Est-ce que la Russie va avoir des problèmes ? Non. Elle a des exportations, elle va devenir plus forte. Est-ce que la Russie va continuer à exporter ? Imaginons que vous êtes le tsar de Russie. Vous voyez le prix du pétrole augmenter parce que la production décline : si vous réduisez vos exportations, vous savez que vous gagnerez autant d’argent, peut-être même plus. Dans ce cas, l’envie peut vous prendre d’économiser vos réserves de pétrole.



Cette année, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a dit quelque chose qui ressemble beaucoup à ce que vous décrivez.
Oui, il l’a même répété. Et il y a des gens qui doutent qu’il puisse être sérieux… D’autant que les Saoudiens mentent sur le montant de leurs réserves depuis très longtemps.



Quelle est votre opinion sur le montant officiel des réserves de l’Arabie Saoudite ?
Chaque année depuis 15 ans, ils disent que leurs réserves se situent entre 258 et 262 milliards de barils de pétrole. Cela n’est PAS plausible.

Pourquoi ?
Parce qu’ils extraient du sol chaque année quelque chose comme 3,5 milliards de barils. Cela voudrait dire qu’ils trouvent grosso modo 3,5 milliards de barils nouveaux tous les ans depuis 15 ans. Statistiquement, c’est impossible. Vous parlez de trouver quelque chose d’insaisissable, et puis la manière dont les découvertes ont lieu, c’est que vous commencez par trouver les gros champs de pétrole, et ensuite vous découvrez les petits.

Donc prétendre que vous trouvez exactement ce que vous produisez, c’est… la probabilité que ça arrive deux années de suite est peut-être de 50 ou 60 %. La probabilité d’avoir ça quinze années de suite, c’est zéro. Ça ne pas marcher comme ça, tout simplement.



Vous dites que les Saoudiens mentent sur leurs réserves depuis longtemps. Qu’en est-il selon vous des autres pays producteurs ?
Disons qu’à l’Opep, ils jouent entre eux avec leurs chiffres officiels.

Regardez le Koweit par exemple. Dans les années 80, ils sont passés de 50 à 100 milliards de barils de réserves officielles, et ensuite ils ont continué à annoncer 100 milliards de barils, tout en produisant régulièrement, et ils ne faisaient pas de grosses découvertes. Et puis il y deux ans, quelqu’un a dit : « Bon en fait, peut-être que c’est 50 milliards ». Et puis le gouvernement a fait taire tout le monde.



[En 2004, la compagnie Shell a reconnu avoir exagéré de 20 % le montant de ses réserves de pétrole et de gaz naturel.

Entre 1985 et 1991, les principaux pays producteurs du golfe Persique ont en moyenne multiplié par 1,9 le montant de leurs réserves dites « prouvées ». Et cela sans que des découvertes nouvelles puissent justifier de telles hausses (tel est en tout cas le jugement de très nombreux experts pétroliers).
Daniel Pennac (La fée Carabine)
"Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi la société n'est qu'un rêve de prédateur."

http://www.le-message.org/

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Re: Synthèse des dates prévisionnelles de peak

Message par energy_isere » 26 janv. 2011, 20:27

BP à sorti une étude "Energy Outlook 2030 "

sur leur site : http://www.bp.com/sectiongenericarticle ... Id=7066648

Image

le document en pdf : lienpour son telechargement


The Oil Drum a fait ce jour un article à ce sujet :
The BP Energy Outlook to 2030 - a review
http://www.theoildrum.com/node/7387#more

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