Le "peak demand"

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Re: Le "peak demand"

Message par kercoz » 06 juin 2020, 07:39

J' ai lu récemment que l' empire romain, comme la civilisation grecque, ont été fondées par des groupes extérieurs, envahisseurs provisoires et peu nombreux.
Il me semble que l' on peut faire une analogie avec les modèles physiques dynamiques : qd un système perd de son inertie, il devient sensible au premier perturbateur (opportuniste) qui intervient, alors que cette perturbation (parmi de nombreuses autres du même ordre) n'aurait eu aucune influence , peu de temps auparavant.
Idem pour l' économie occidentale et le covid.
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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Re: Le "peak demand"

Message par tuefeli » 09 juin 2020, 15:57

energy_isere a écrit :
06 juin 2020, 01:40
tuefeli a écrit :
06 juin 2020, 01:09
Par exemple la fin de l'empire romain (très très sommairement) : le climat en Afrique du nord se modifie en partie à cause des défrichages massifs, moins de blé arrive dans la Rome antique, les empereurs s'accusent mutuellement d'être nuls (petit parallèle avec la situation actuelle), ....
ah tiens c'est la première fois que je lis ça, vous auriez un lien la dessus ?
https://www.cairn.info/revue-annales-20 ... ge-105.htm#

tita
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Re: Le "peak demand"

Message par tita » 09 juin 2020, 18:05

tuefeli a écrit :
06 juin 2020, 01:09
Je ne pourrais pas dire mieux. L'histoire nous apprend une chose : Les grandes catastrophes ne sont jamais venues par là où on les attendait, et, pire encore, j'ai le sentiment que le déni a souvent accéléré les processus.

Par exemple la fin de l'empire romain (très très sommairement) : le climat en Afrique du nord se modifie en partie à cause des défrichages massifs, moins de blé arrive dans la Rome antique, les empereurs s'accusent mutuellement d'être nuls (petit parallèle avec la situation actuelle), et puis finalement, c'est au confins de l'Empire, du côté des Flandre, qu'une tribu dont tout le monde se moque se soulève et fait vaciller tout l'empire sous les ordre de Clovis.
C'est fascinant....
Heuuuu... Je crois qu'il y a un tas de truc qui se sont passé avant l'expansion des francs sous Clovis, dont entre autre la fin officielle de l'empire romain d'occident avec son dernier empereur en 476. Je crois qu'on parle surtout aujourd'hui d'une transition entre la fin de l'expansion et le sommet de la puissance de l'empire romain et de son administration centralisée (2ème siècle après JC) en sa réorganisation au gré des crises et de territoires qui passaient sous un contrôle plus local qui restait lié à l'empire... Personne n'a conquis l'empire romain d'occident. Y'a même eu la transition du pouvoir religieux à la tête de l'empire, du polythéisme romain au monothéisme chrétien. Fondamentalement, ce sont les chrétiens qui ont pris le pouvoir, mais il y a aussi une fusion culturelle. Le latin restait la langue dominante écrite, et l'est étonnamment restée dans l'église jusqu'au 20ème siècle.

Alors oui, il y a les "invasions barbares"... Mais quand on y pense, toutes ont été conquises par le christianisme. Ces invasions ont adopté le système en place.

Et la question des ressources est aussi centrale... Mais justement, c'est quelque chose qui s'est déroulé sur des siècle. Le problème d'alimenter une ville comme Rome toujours en expansion se posait déjà du temps de la république, ce n'est pas apparu soudainement à la fin.

Oui, l'histoire est fascinante. Mais c'est très loin d'être sommairement résumable en "manque de ressources => déclin => invasions => chute".

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Re: Le "peak demand"

Message par tuefeli » 09 juin 2020, 18:42

effectivement, comme je l'ai dit, mon histoire est excessivement sommaire. Je n'ai par contre jamais dit que Clovis a envahi Rome, puisqu'il était roi d'une province intégrée à l'empire.... Clovis s'est soulevé, profitant des faiblesses de l'administration. Je soulignais juste le fait que ce soulèvement est intervenu d'un côté complètement inattendu, alors que tout le monde avait les yeux braqués sur les faiblesses des dirigeants.
Après, l'année 476 est de plus en plus controversée. La fin de l'empire s'étale sur de longues décennies, voir de longs siècles, et a des causes multiples, dont le climat en Afrique du nord (grenier à blé de la ville de Rome), les épidémies (la peste fait son apparition), les invasions, et, par dessus tout ça, des soulèvement internes, dont celui de Clovis semble être le plus important.

Je voulais donc juste dire que les regard étaient braqués dans de mauvaises directions, et que le danger n'a pas été détecté à temps. Et pour revenir au sujet du topic, je pense de plus en plus que le pic oil interviendra aussi d'une façon inattendue, par exemple avec une épidémie qui provoquera un effondrement de la demande!

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Re: Le "peak demand"

Message par GillesH38 » 09 juin 2020, 19:01

tuefeli a écrit :
09 juin 2020, 18:42
effectivement, comme je l'ai dit, mon histoire est excessivement sommaire. Je n'ai par contre jamais dit que Clovis a envahi Rome, puisqu'il était roi d'une province intégrée à l'empire.... Clovis s'est soulevé, profitant des faiblesses de l'administration. Je soulignais juste le fait que ce soulèvement est intervenu d'un côté complètement inattendu, alors que tout le monde avait les yeux braqués sur les faiblesses des dirigeants.
Après, l'année 476 est de plus en plus controversée. La fin de l'empire s'étale sur de longues décennies, voir de longs siècles, et a des causes multiples, dont le climat en Afrique du nord (grenier à blé de la ville de Rome), les épidémies (la peste fait son apparition), les invasions, et, par dessus tout ça, des soulèvement internes, dont celui de Clovis semble être le plus important.

Je voulais donc juste dire que les regard étaient braqués dans de mauvaises directions, et que le danger n'a pas été détecté à temps. Et pour revenir au sujet du topic, je pense de plus en plus que le pic oil interviendra aussi d'une façon inattendue, par exemple avec une épidémie qui provoquera un effondrement de la demande!
oui enfin après 476, il n'y a plus d'Empire puisque plus d'Empereur, Romulus Augustule ayant été déposé par Odoacre, même si l'avant dernier empereur déposé, Julius Repos, continuait à revendiquer le titre, mais il est assassiné en 480. Clovis serait né en 466 donc n'avait que 10 ans lors de la prise de Rome.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_romain
En 475, Flavius Oreste, ancien secrétaire d'Attila, chassa l'empereur Julius Nepos de Ravenne et proclama son propre fils, Romulus Augustule, empereur.

En 476, Oreste refusa d'accorder aux Hérules d'Odoacre le statut de fédérés, poussant Odoacre à prendre Rome et à envoyer les insignes impériaux à Constantinople, s'établissant comme roi d'Italie. Si le pouvoir romain se maintint dans des poches isolées après 476, la cité de Rome elle-même était gouvernée par des barbares, et le contrôle de Rome sur l'Occident avait pris fin. La convention veut que l'Empire d'Occident ait disparu le 4 septembre 476, lorsque Odoacre déposa Romulus Augustule. Mais dans les faits, les choses ne sont pas aussi simples.

Julius Nepos prétendait toujours au titre d'empereur d'Occident depuis son réduit de Dalmatie, et était reconnu comme tel par l'empereur byzantin Zénon, ainsi que par Syagrius, qui était parvenu à sauvegarder une enclave romaine dans le nord de la Gaule. Odoacre, souverain autoproclamé de l'Italie, commença à négocier avec Zénon, qui finit par lui accorder le titre de patrice, le reconnaissant comme son vice-roi en Italie. Zénon insista cependant pour qu'Odoacre rende hommage à Nepos comme empereur d'Occident. Odoacre accepta, allant jusqu'à frapper des pièces au nom de Nepos dans toute l'Italie. Il ne s'agissait cependant que d'un geste purement politique, et Odoacre ne rendit aucun territoire à Nepos. Ce dernier fut finalement assassiné en 480, et Odoacre conquit peu après la Dalmatie.

Romulus Augustule fut épargné par Odoacre qui, bien qu'ayant assassiné son père, eut pitié de lui et lui donna une pension et une villa en Campanie, villa qui devint un monastère. On trouve trace de lui au milieu des années 500, ce qui laisse à penser qu'il aurait survécu à Julius Népos.
Il restait une poche romaine en Gaule dirigée par Syagrius, qui fut défait par Clovis qui annexa son territoire à la bataille de Soissons.
"Ce ne sont plus les faits contrôlés, les choses examinées avec soin qui forment la conviction ; c'est la conviction souveraine, irrésistible, qui déforme les faits et les choses." Joseph Reinach, à propos de l'affaire Dreyfus.

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Re: Le "peak demand"

Message par tuefeli » 09 juin 2020, 19:24

précisemment, Clovis prend le pouvoir en 480, au moment où Repos est assassiné.
Et Clovis profite du bordel à Rome pour tout renverser...

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Re: Le "peak demand"

Message par tita » 10 juin 2020, 11:15

tuefeli a écrit :
09 juin 2020, 19:24
précisemment, Clovis prend le pouvoir en 480, au moment où Repos est assassiné.
Et Clovis profite du bordel à Rome pour tout renverser...
On peut le voir comme celui qui a vaincu les autres prétendants à un pouvoir sur ces régions qui cherchaient à s'étendre. Une étape après toutes les étapes qui se sont succédé au cours des siècles précédents qui ont vu apparaître ces pouvoirs régionaux toujours plus importants.

La gaule romaine dirigée par Sygarius ressemblait d'ailleurs plus à un royaume indépendant dont Sygarius se revendiquait le roi.

Si les historiens ont choisi la date de 476, c'est parce qu'à ce moment-là il ne reste littéralement plus rien d'un pouvoir quelconque de l'empire romain d'occident, mais l'influence avait déjà largement disparue depuis longtemps et on parlait de royaumes fédérés. Ce sont plusieurs royaumes indépendants (Wisigoth, francs, burgondes), eux-mêmes précédemment envahisseurs ou peuples migrants, qui s'étaient alliés sous le nom de l'empire romain contre d'autres envahisseurs. On est déjà depuis un moment dans des luttes entre des royaumes/tribus. Mais même avant la fin officielle de l'empire romain, les wisigoths cherchaient à s'étendre alors qu'ils étaient en soit un royaume romain. Ils avaient d'ailleurs pris et pillé Rome en 410, une date que des historiens retiennent aussi comme la fin de l'empire romain d'occident.

Ce que je trouve fascinant, c'est qu'il n'y a pas vraiment de transition brutale... C'est une évolution relativement lente, où le problème des ressources a bien sûr un rôle, mais beaucoup d'autres choses se sont produites. Tu ne peux pas raccourcir plusieurs siècles d'histoire simplement comme ça, en disant que le problème des ressources a permis à Clovis de renverser le pouvoir. C'est même pas sommaire, c'est juste induire une opinion qui est fallacieuse.

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Re: Le "peak demand"

Message par tuefeli » 10 juin 2020, 14:43

D'accord, l'idée que j'exprimais, c'est que, un peu comme aujourd'hui d'ailleurs, les empereurs, les petits chefs de guerre et autres roitelets se sont tous accusés les uns les autres de leurs incompétences, sans voir que le problème était externe.
J'ai par ailleurs bien précisé :
tuefeli a écrit :
09 juin 2020, 18:42
La fin de l'empire s'étale sur de longues décennies, voir de longs siècles, et a des causes multiples, dont le climat en Afrique du nord (grenier à blé de la ville de Rome), les épidémies (la peste fait son apparition), les invasions, et, par dessus tout ça, des soulèvement internes, dont celui de Clovis semble être le plus important.
Pour rester un peu dans le sujet tout de même (même si la fin de l'Empire Romain est passionnante), il me semble qu'on pourrait tirer une projection à partir de ce modèle.
Pendant que la classe politique se débat, les populistes cherchent à les discréditer de toute part (on en est plus aux assassinats, tout de même), et en parallèle, on a une liste de problèmes qui s'accumule, un peu comme à cette époque...

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Re: Le "peak demand"

Message par energy_isere » 29 juin 2020, 08:35

BloombergNEF parle d'un pic de la demande du carburant routier d'ici 10 ans.
Peak Fuel Demand Will Occur Within 10 Years

By Irina Slav - Jun 27, 2020, 6:00 PM CDT

It has been a tough few months for the oil industry, and there’s more pain on the way as the industry struggles with disruptive forces that could completely transform it. Now, according to BloombergNEF, oil and gas companies have one more thing to worry about: peak fuel demand. In an outlook for road fuels published earlier this month, BloombergNEF forecasts that gasoline demand will peak in 2030, with diesel following three years later. As a result, demand for crude oil from the road transport sector is seen peaking in 2031, BloombergNEF said, at 47 million barrels daily. That’s higher than BloombergNEF’s 2019 projection, which saw oil demand from light and heavy-duty vehicles peaking at 45.1 million bpd.

To fully realize the implications of this trend, here is some context. As of 2019, road transport accounted for more than 40 percent of overall global oil demand. What’s more, road transport has accounted for more than half of total oil demand growth over the past two decades. Peak demand for road transport fuels, therefore, is a harbinger of peak oil demand.
.............
https://oilprice.com/Energy/Energy-Gene ... Years.html

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Re: Le "peak demand"

Message par energy_isere » 14 sept. 2020, 08:58

BP emet l'idée que le Peak demand pourrait être arrivé à cause du covid19 dans au moins un scénario dans son rapport annuel sur le futur de l'énergie.
Global oil demand may have passed peak, says BP energy report
Oil will be replaced by clean electricity, BP predicts, as demand may never recover from Covid-19 pandemic

Jillian Ambrose. 14 Sep 2020

BP has called time on the world’s rising demand for fossil fuels after finding that demand for oil may have already reached its peak and faces an unprecedented decades-long decline.

Demand for oil may never fully recover from the impact of the coronavirus pandemic, according to the oil firm, and may begin falling in absolute terms for the first time in modern history.

BP’s influential annual report on the future of energy, published on Monday, says oil will be replaced by clean electricity from windfarms, solar panels and hydropower plants as renewable energy emerges as the fastest-growing energy source on record.

Spencer Dale, BP’s chief economist, said the company’s vision of the world’s energy future had become greener due to a combination of the Covid-19 pandemic and the quickening pace of climate action, which has hastened “peak oil”.

The report in effect sounds a death-knell for the growth of global oil demand after two of the report’s three energy scenarios for the next 30 years found that demand reached a peak in 2019.

In BP’s third scenario, showing a world in which climate action does not accelerate, oil demand plateaus at similar levels seen in 2019 through the 2020s before declining from 2035.

The report has confirmed a chorus of warnings from independent energy economists that the impact of coronavirus will bring forward the start of the oil industry’s terminal decline from the end of the decade.

BP’s chief executive, Bernard Looney, said the findings would help the company to “better understand the changing energy landscape” and would be instrumental in helping it develop its plans to become a net zero energy company by 2050.

He admitted earlier this year that he would “not write off” the possibility that coronavirus had brought forward the global peak in oil demand, and was “more convinced than ever” BP must embrace a low-carbon future.

The report’s central scenario, which aligns with the goals of the Paris climate agreement to keep global temperatures well below 2C above pre-industrialised levels, shows demand for oil tumbling by 55% over the next 30 years. Meanwhile, the report’s greenest scenario, in which the world aims to limit global heating to an increase of 1.5C, oil demand falls 80% by 2050.

The energy transition could be even quicker if global governments choose to spur a green economic recovery from the coronavirus crisis. A boom in economic stimulus packages for low-carbon industries, which is expected by many energy experts, was not taken into account in the report because this outcome is “not inevitable”, according to Dale.

He will present BP’s energy vision to the company’s investors on Monday as part of a three-day event outlining the company’s plan to become a carbon neutral energy company by 2050, which is one of the most ambitious energy transition plans set out by any large oil company.

BP announced plans last month to grow its low-carbon investments eightfold by 2025 and tenfold by 2030, while cutting its fossil-fuel output by 40% from 2019. The company took its first step into the offshore wind industry last week with a $1.1bn (£860m) deal to buy a stake in two projects owned by Equinor of Norway.

The world’s greater reliance on clean energy means renewables could grow from 5% of the world’s energy use today to somewhere between 20% and 60% by 2050, according to the report.

“In all three of these scenarios the share of renewable energy grows more quickly than any energy fuel ever seen in history,” Dale said.

He explained that the coronavirus pandemic was expected to stall economic growth in developing countries that typically spur energy demand, while economically developed countries are putting in place more ambitious climate policies and raising carbon taxes, according to the report.

The shift towards electric vehicles will also take its toll on demand for oil. In all three scenarios the report found that the use of oil in transport would reach a peak in the mid- to late 2020s due to the shift towards electric cars and hydrogen-powered vehicles.

Another factor dragging on the forecasts for oil demand in the coming decades are new measures to limit the production of plastic, which is manufactured using petrochemicals produced from fossil fuels, through more recycling and less single-use plastics.

The effect may be an upending of global energy market dynamics, according to BP. The report expects members of the Opec oil cartel, led by Saudi Arabia, to bear the brunt of the decline in demand while US shale rigs take a greater share of the global oil market over the next decade. It may also usher in an era of more diversity in energy where no one source dominates the energy landscape, and all are forced to compete to maintain a significant share of the market.
https://www.theguardian.com/business/20 ... rgy-report

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Re: Le "peak demand"

Message par energy_isere » 14 sept. 2020, 23:48

En français :) merci l'AFP.
La demande mondiale de pétrole pourrait déjà avoir atteint son pic selon BP

AFP parue le 14 sept. 2020

La demande de pétrole dans le monde pourrait avoir déjà atteint son pic en raison des conséquences de la pandémie et de la transition énergétique, estime lundi le géant britannique des hydrocarbures BP.

Le groupe envisage trois scénarios sur la transition vers une énergie plus verte à échéance 2050, de la plus lente à la plus rapide. Dans les deux scénarios les plus optimistes, la demande de pétrole a même déjà passé son pic et ne se relèvera jamais de la chute causée par la crise sanitaire. Si la transition énergétique se poursuit au même rythme que celui actuellement observé, le scénario le plus conservateur, la consommation d'or noir atteindra un plateau dans les années qui viennent, précise le rapport.

Pour BP, la demande pour le seul secteur des transports ne fera que reculer quel que soit le scénario, en raison de la baisse du nombre de déplacements à court terme liée à la pandémie et de l'essor des véhicules électriques sur le long terme.

Au-delà du pétrole, le géant pétrolier estime que le gaz fera preuve de résistance dans les 30 prochaines années notamment en permettant de se substituer au très polluant charbon dans les économies émergentes. Les énergies renouvelables seront celles qui bénéficieront de la plus forte croissance dans le monde dans n'importe quel scénario, notamment le solaire et l'éolien.

"L'argument semble être que le Covid-19 a accéléré des tendances qui étaient déjà à l'oeuvre, à savoir un moindre recours au pétrole et au gaz en raison des préoccupations environnementales de la société, des responsables politiques et des investisseurs", résume Russ Mould, analyste chez AJ Bell. Mais BP prévient que la transition énergétique ne pourra avoir lieu que si de nouvelles mesures sont prises par les gouvernements pour limiter les émissions de CO2.

« Trajectoire non tenable »

"Même si la pandémie a beaucoup réduit les émissions carbone, le monde reste sur une trajectoire qui n'est pas tenable" assure BP. "Toutefois, avec des mesures politiques déterminantes et davantage de choix d'énergie à bas carbone pour les entreprises et les consommateurs, la transition énergétique est possible", assure Bernard Looney, directeur général de BP.

Il précise que les conclusions du rapport "ont joué un rôle clé" dans l'élaboration de la nouvelle stratégie du groupe qui entend verdir ses activités et devenir un groupe énergétique et non plus seulement pétrolier.

BP veut multiplier par 10 ses investissements dans les énergies à faible émission carbone d'ici 2030, pour atteindre 5 milliards de dollars par an, afin de respecter ses engagements à devenir neutre en carbone d'ici 2050. Il a notamment annoncé la semaine dernière son entrée sur le marché de l'éolien en mer, en investissant un milliard de dollars dans des projets portés par le groupe norvégien Equinor aux États-Unis.

BP est toutefois loin d'abandonner le pétrole et le gaz dans lesquels il continuera à investir des milliards de dollars. "En 2030, BP sera encore un grand producteur d'hydrocarbures", reconnaît M. Looney dans un entretien lundi au Financial Times, précisant "ne pas pouvoir couper le robinet du jour au lendemain".

Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown, rappelle que le groupe produit toujours 2,6 millions de barils de pétrole par jour. "Prendre un virage sec pour s'éloigner de son coeur de métier et aller vers les renouvelables pourrait faire fuir les investisseurs" habitués à recevoir de confortables dividendes, ce qui oblige M. Looney à jouer les équilibristes, selon elle.
https://www.connaissancedesenergies.org ... pic-200914

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Re: Le "peak demand"

Message par GillesH38 » 15 sept. 2020, 07:03

sur un fil, on nous annonce un pic demande, et sur l'autre fil, que le prix va remonter jusqu'a 65 $ le baril... va comprendre, Charles ! [-o<
"Ce ne sont plus les faits contrôlés, les choses examinées avec soin qui forment la conviction ; c'est la conviction souveraine, irrésistible, qui déforme les faits et les choses." Joseph Reinach, à propos de l'affaire Dreyfus.

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Re: Le "peak demand"

Message par kercoz » 15 sept. 2020, 07:58

Le pic demande, à mon sens, serait conjoncturel et provisoire. Tout a fait intuitivement, le modèle actuel de la demande doit avoir une putain d' inertie vers la demande des pays émergents; des milliards de litres indispensables (mobylettes)contre l' abandon de la 2e voiture et une limitation des voyages de qqs privilégiés occidentaux.

Le vrai pic demande ne devrait pas avoir de causalité directe ( immédiatement corrélée). Les systèmes complexes c'est du billard à 10 bandes .
SE demander ce qui pourrait empêcher les pauvres des émergents de conserver leur mob ...pas le prix. DE plus, une limitation de la demande n'a pas besoin d' être homogène. Elle peut être locale et/ou périodique.
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Re: Le "peak demand"

Message par energy_isere » 29 sept. 2020, 23:06

TOTAL voit un peak demand en 2030.
Ils sont donc plus conservatifs que BP.
Total Makes Peak Oil Demand Prediction

by BloombergFrancois de Beaupuy & James
HerronTuesday, September 29, 2020

Total SE joined the ranks of oil companies anticipating a peak for the industry in the coming decade, saying demand growth will end around 2030.

While the French energy giant’s analysis is more conservative than that of BP Plc, which earlier this month said the era of oil-market growth was already over, it adds to the chorus of executives and investors predicting rapid change for the industry.

Energy demand increased in all the scenarios considered in Total’s Energy Outlook report published on Tuesday, but most of the gains were seen being satisfied by low-carbon power. Electricity will comprise 30% to 40% of final energy demand in 2050, up from 20% today, it said.

The outlook was better for the company’s other main product, natural gas, which is expected to play a key role in energy markets for decades to come as a less carbon-intensive bridge fuel.

Total and its European peers are channeling investment into clean energy such as solar and wind, battery technology and car-charging networks. While investors in BP and Royal Dutch Shell Plc appear skeptical of the transition, particularly after suffering big dividend cuts earlier this year, Total has so far avoided any big stumbles.
https://www.rigzone.com/news/wire/total ... 5-article/

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Re: Le "peak demand"

Message par energy_isere » 11 oct. 2020, 12:06

Pic de la demande de pétrole : mythe ou réalité ?

L’idée d’un déclin naturel de la demande de pétrole qui viendrait opportunément répondre au moins en partie aux enjeux climatiques et de réserves trouve un auditoire de plus en plus large. Il s’agit cependant d’une hypothèse largement prospective qui ne doit pas conduire à minorer les efforts à fournir pour réduire notre dépendance à l’or noir, avant d’y être contraint par l’épuisement des réserves accessibles à un coût « raisonnable ».

Maxence Cordiez connaissance des energies
Oct 2020
......
Lire https://www.connaissancedesenergies.org ... ou-realite

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