Niger

Impact de la déplétion sur la géopolitique présente, passée et à venir.

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Message par energy_isere » 29 août 2007, 00:29

Le Niger réalise sa première vente directe d'uranium

NIAMEY (Reuters) - Le Niger a pour la première fois vendu directement de l'uranium sur le marché, soit 300 tonnes à l'américain Exelon pour au moins 20 milliards de francs CFA (41,71 millions de dollars).

Cette vente, annoncée par le ministre des Mines Mohamed Abdoulahi à la télévision lundi soir tard, est la conséquence d'un accord conclu avec le français Areva le mois dernier.

Le groupe nucléaire, dont les relations avec l'Etat nigérien se sont tendues, a accepté de donner au Niger 300 tonnes en 2007 à vendre sur le marché libre.

Abdoulahi a précisé que les 100 premières tonnes seraient transférées à Exelon fin 2007 et le reste début 2008.

Areva exploite les deux mines d'uranium du pays, situées dans le nord saharien. Elle en exportait jusqu'à présent la totalité de la production en rémunérant l'Etat nigérien par un prix fixé à la tonne.

Or, le monopole d'Areva a été contesté par le gouvernement nigérien qui a accusé le groupe français de soutenir la rébellion touarègue dans le nord du pays en incitant des soldats de l'armée régulière à rejoindre la rébellion moyennant finances, ce qu'Areva a nié.

Ce conflit s'est traduit par l'expulsion le mois dernier du patron d'Areva dans le pays, le Français Dominique Pin et par la renégociation du contrat d'Areva. La redevance payée au Niger est passée de 27.300 francs CFA par kilogramme à 40.000 francs CFA, avec effet rétroactif au début 2007.

Selon le gouvernement nigérien, Areva a aussi accepté de verser une avance de 15 milliards de francs CFA à valoir sur de futurs dividendes, outre les 300 tonnes d'uranium à vendre sur le marché à son propre profit.

Par ailleurs, le gouvernement nigérien continue d'accorder des licences de prospection à des compagnies minières étrangères.

Le Niger a produit quelque 3.500 tonnes de concentré d'uranium (yellow cake) en 2006.

Boursorama

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Message par Thibaud » 29 août 2007, 06:02

Exelon !

C'était le médicament préféré de Ronald Reagan, non ?

:-D

"Les peuples ne provoquent pas les guerres, ce sont les gouvernements. "

Ronald Reagan

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Re: Exelon

Message par energy_isere » 28 oct. 2007, 20:11

un article sur l' Uranium au Niger dans contreinfo : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1375
Le Niger est l'un des pays les plus pauvres de la planéte, mais il est doté d'uranium. M. Ibrahim Loutou décrit le combat mené par les autorité nigériennes afin de reprendre le contrôle de cette ressource qui a été littéralement pillée par France, sans que le pays ne perçoive une juste rétribution. Aujourd'hui encore, Areva ne paye que 60 euros le kilo pour un minerai qui en vaut 150 sur les marchés mondiaux.

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Re: Niger

Message par Saratoga Elensar » 31 janv. 2008, 17:46

Niger: un chef touareg annonce le lancement de la "bataille de l'uranium"

PARIS - Les rebelles touareg du Niger en lutte contre le gouvernement de Niamey vont lancer une "bataille de l'uranium" en attaquant les mines, notamment celles du groupe français Areva et les convois de minerai, a affirmé le chef historique de la rébellion, Rhissa Ag Boula.

Rhissa Ag Boula, qui coordonne les mouvements touareg, indique dans un entretien à paraître jeudi dans l'hebdomadaire français le Nouvel Observateur que la rébellion n'a pas d'autre choix pour se "faire entendre" de la France et de l'Union européenne (UE).

"Nous pouvons mobiliser un millier de combattants touareg derrière Aghali Alambo, qui est le chef militaire et la direction politique clandestine", déclare Rhissa Ag Boula, figure historique du mouvement touareg. "On ne peut pas exploiter l'uranium sans nous".

"Nous allons attaquer les mines d'uranium, dont celles d'Areva, arrêter le fonctionnement des usines, l'exploitation des nouvelles carrières et nous occuper des cargaisons qui prennent la route pour aller jusqu'à la mer", menace le responsable touareg.

Areva, un moment accusé par le gouvernement nigérien de soutenir la rébellion et qui a perdu le monopole de l'exploitation de l'uranium dans ce pays, a signé au début de l'année un partenariat sur l'exploitation et l'achat de l'uranium avec Niamey dénoncé par la rébellion.

Areva va notamment investir un milliard d'euros dans l'exploitation de la mine d'Imouraren, qui placera le Niger au deuxième rang mondial, avec une production attendue de près de 5.000 tonnes par an.
http://www.romandie.com/infos/news2/080 ... wn7g27.asp
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Re: Niger

Message par Saratoga Elensar » 31 janv. 2008, 17:53

AREVA envisage la production de 5.000 t d’uranium au Niger

Le groupe nucléaire français AREVA, a obtenu le renouvellement de ses contrats miniers avec le Niger pour 2008 et 2009 et prévoit une hausse du prix d’achat de l’uranium de 50 pour cent et une augmentation de la production uranifère de 5.000 tonnes par an, a appris lundi APA, de source officielle.

L’annonce de cette hausse a été faite par la présidente de AREVA, Anne Lauvergeon, en visite à Niamey, pour mettre fin au conflit qui mine les rapports entre sa compagnie et le Niger, troisième producteur mondial de l’uranium.

Le prix de la livre d’oxyde d’uranium nigérienne, qui est passé de 22 à 32 dollars l’an dernier, va franchir la barre des 40 dollars avant une nouvelle augmentation l’an prochain.

L’accord signé entre le groupe français et le Niger prévoit également l’investissement de plus d’un milliard d’euros dans la mine d’uranium d’Imou-Araren, située dans le nord du Niger.

Cette mine « constituera le plus grand projet industriel minier jamais envisagé au Niger, le plaçant au deuxième rang mondial avec une prévision de production de près de 5.000 tonnes d’uranium par an », a annoncé Mme Lauvergeon.

Selon elle, ce projet minier va permettre la création de 1.400 emplois permanents et de très nombreux emplois induits, le groupe voulant confirmer ainsi sa position d’opérateur minier au Niger pour les prochaines années.

La présidente d’AREVA a réitéré l’engagement de son groupe à poursuivre son aide au développement du Niger par des actions dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation, de l’accès à l’eau et à l’énergie auprès des populations locales.

Les relations entre ce groupe et le Niger se sont détériorées en 2007, suite à l’expulsion du directeur local d’AREVA, dont la société est accusée de soutenir les rebelles du MNJ, très actifs dans le nord du pays.

A la suite de l’explosion des cours mondiaux, provoquée ces dernières années par une demande de plus en plus forte des pays qui accroissent la part du nucléaire dans leur production d’énergie électrique, le Niger a révisé ses tarifs en ouvrant son marché à des entrepreneurs chinois, canadiens et australiens.
http://www.spcm.org/Journal/spip.php?breve7176
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Message par energy_isere » 04 mai 2009, 19:04

Areva : début de la construction d'une mine d'uranium au Niger

(CercleFinance.com) - Son Excellence Mamadou Tandja, Président de la République du Niger, a posé aujourd'hui la première pierre du complexe minier d'Imouraren.

Imouraren devrait à terme représenter la plus importante mine d'uranium à ciel ouvert d'Afrique et la deuxième au monde. La production atteindra à terme 5000 tonnes par an et permettra au Niger de se placer au deuxième rang mondial des pays producteurs d'uranium en doublant sa production actuelle.

L'exploitation du site d'Imouraren requiert un investissement initial de plus de 1,2 milliard d'euros.

' Avec le lancement de la construction des infrastructures minières d'Imouraren, Areva renforce un partenariat historique et solidaire qui lie le groupe au Niger depuis plus de quarante ans ', a déclaré Anne Lauvergeon.

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Re: Niger

Message par energy_isere » 04 mai 2009, 20:39

Il fallait bien l' Usine Nouvelle pour développer l' info :
Depuis le Niger, Areva réfléchit à son avenir

04/05/2009 Usine Nouvelle

Le géant français du nucléaire a lancé la construction du complexe minier d'Imouraren, au Niger, qui deviendra son plus grand site d'extraction d'uranium.

Le président de la République du Niger, Mamadou Tandja, a posé ce lundi la première pierre du complexe minier uranifère d'Imouraren. La cérémonie s'est déroulée en présence d'Alain Joyandet, secrétaire d'Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie, et d'Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva. Le géant atomique français met ainsi la main sur une ressource stratégique dans le cadre du renouveau de l'énergie nucléaire, l'uranium servant à fabriquer le combustible des centrales.

Le site d'Imouraren va recevoir un investissement initial de 1,2 milliard d'euros. Son exploitation devrait entraîner la création de près de 1 400 emplois directs, selon ses promoteurs. A terme, la production du site devrait atteindre 5 000 tonnes d'oxyde d'uranium par an, ce qui ferait d'Imouraren la deuxième mine à ciel ouvert du monde et la plus importante d'Afrique. Le Niger pourrait ainsi, en doublant sa production, devenir le numéro 2 mondial, affirme le communiqué d'Areva. En réalité, la réalisation des projets Cigar Lake au Canada, Olympic Dam en Australie et les ambitions du Kazakhstan devraient plutôt lui permettre d'accéder au 4e rang. Ses réserves laissent espérer une durée de vie de 35 ans.

« Avec le lancement de la construction des infrastructures minières d'Imouraren, Areva renforce un partenariat historique et solidaire qui lie le groupe au Niger depuis plus de quarante ans », s'est félicitée Anne Lauvergeon. Le groupe va consacrer 6 millions d'euros par an pendant les cinq prochaines années pour participer au développement socio-économique du pays « dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la formation, des transports et de l'accès à l'eau et à l'énergie des populations locales ». Si Areva insiste sur ce point, c'est parce que son activité sur place est mise en cause par des ONG. Ainsi, des mesures de la Criirad réalisées en 2004 et 2005 montrent que les eaux distribuées dans la ville minière d'Arlit où opère Areva ne sont pas aux normes de potabilité. Selon la Criirad encore, d'énormes masses de déchets radioactifs, dits improprement « stériles », et des boues radioactives générant des poussières et des gaz comme le radon sont laissées à l'air libre. La population a même accès à des ferrailles contaminées, l'exposant ainsi directement à la radioactivité.

[.........................
et d' autres info sur AREVA ne concernant pas le Niger.]

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Re: Niger

Message par krolik » 05 mai 2009, 22:37

Peut-être une évolution de la situation...??!
Le président nigérien ouvre la voie du dialogue avec la rébellion touareg

LE MONDE | 05.05.09 | 15h22 • Mis à jour le 05.05.09 | 15h22

Au dernier moment, le président nigérien, Mamadou Tandja, a modifié sa liste d'invités à la cérémonie marquant, lundi 4 mai, la pose de la première pierre de la mine géante d'uranium d'Imouraren, dans le nord désertique du pays. Dans l'assemblée, aux côtés des officiels nigériens, du ministre français de la coopération, Alain Joyandet, et d'Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire Areva exploitant la mine, figuraient en effet des chefs de la rébellion touarègue.

La présence de ces invités surprise - qualifiés jusqu'à récemment encore de "bandits" et de "trafiquants de drogue" par le président Tandja - porte l'espoir d'un règlement de paix dans le nord où des groupes touaregs luttent à nouveau contre le régime de Niamey. La veille des festivités d'Imourarem, le président avait rencontré, à Agadez, les représentants du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), du Front des forces de redressement (FFR) et du Front patriotique nigérien (FPN), les trois principaux mouvements rebelles touaregs.

Le président Tandja est sorti "satisfait" de "ce contact" avec ceux qu'il appelle dorénavant "les enfants du Niger". "Nous leur avons réitéré notre position : déposer les armes et rejoindre le bercail pour mener avec nous le combat du développement. Je crois qu'il y a une entente", a-t-il expliqué.

Jusqu'à ce jour le chef de l'Etat refusait obstinément tout contact avec ces groupes capables de mobiliser plusieurs milliers d'hommes évoluant dans l'immensité hostile de l'espace sahélien. Les insurgés réclament le respect des accords de paix de 1995 prévoyant notamment une meilleure répartition des richesses minières exploitées dans le nord. Plus de 300 rebelles et 80 militaires ont été tués depuis la reprise des combats début 2007. Mais lundi, le colonel Maikido, chef d'état-major adjoint de l'armée de terre et grand artisan de la lutte anti-insurectionnelle, pensait "que la paix est sur les rails".

"Le changement d'attitude du président est louable mais ce n'est qu'un premier pas", avertit cependant Mohammed Ewangaye, vétéran de la première génération de rebelles touaregs du Niger post-colonial au début des années 1990. "Aucun problème de fond concernant les conditions d'un désarmement ou le règlement des problèmes politiques n'a encore été abordé", nous explique-t-il au téléphone depuis Niamey. "Aucun calendrier n'a été établi", confirme Saïdou Kaocen Maïga, délégué du FFR, cité par Radio France Internationale.

Mohammed Ewangaye se demande notamment si la démarche conciliatrice du président Tandja dépasse le "double coup médiatique". A savoir, apparaître comme un dirigeant responsable auprès de la France, l'ancienne puissance coloniale, et d'Areva, soucieux d'une sécurité durable dans cette zone minière stratégique ; et un homme de paix auprès de son opinion publique alors qu'il n'exclut plus de briguer un troisième mandat fin 2009.

Lundi, dans une mise en scène simulant la spontanéité d'un soutien populaire, un griot hurlait : "Que le président reste !" Quelques minutes plus tard, le chef de l'Etat annonçait sa volonté d'organiser un référendum modifiant la Constitution afin de l'autoriser à se représenter. "Parce que le peuple demande que je reste", a-t-il expliqué, levant ainsi des mois d'incertitude.

Les Touaregs doutent aussi de la sincérité des initiatives lancées depuis des mois par le colonel Khadafi avec lequel les Touaregs entretiennent des relations compliquées. "Faute de médiation internationale, l'implication libyenne n'est qu'un mal nécessaire", résume Mohammed Ewangaye. Mais il soupçonne le guide libyen de "prendre une posture de médiateur parce qu'il préside actuellement l'Union africaine". Lundi, les autorités nigériennes ont remis à l'ambassadeur de Libye un chameau pour le colonel Khadafi, en remerciement de ses "efforts de paix".

Christophe Châtelot et Jean-Michel Bezat (à Imourarem)

Article paru dans l'édition du 06.05.09.

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Re: Niger

Message par krolik » 08 mai 2009, 19:47

Les Chinois développent des mines au Niger. Il va être intéressant de voir le comportement des antinucs au Niger et les manifs à Pékin.

@+
Niger : le président Tandja visite une mine d'uranium chinoise

AFP - 7 mai 2009 - NIAMEY - Le président du Niger Mamadou Tandja s'est rendu sur le site d'Azelik (nord) où une société publique chinoise prospecte depuis deux ans de l'uranium, rapportent jeudi les médias officiels. M. Tandja a effectué cette visite en compagnie de l'ambassadeur de la république populaire de Chine à Niamey, Chen Gong Lai. Cette mine est située à une centaine de km d'Ingall (nord) et le permis de recherche a été accordé en novembre 2007 à la Chine, qui espère extraire quelque 700 tonnes de minerais par an.

Le 23 avril le gouvernement nigérien avait adopté un projet de loi relatif à un "prêt préférentiel" de la Chine afin que le Niger puisse participer aux activités de la Société des mines d'Azelik (Somina) créée le 5 juin 2007 avec ses partenaires chinois. D'un montant d'environ 650 millions de yuans (95 millions de dollars), ce prêt est remboursable sur 15 ans avec un délai de grâce de 5 ans pour un taux d'intérêt de 2%, selon le gouvernement.

Une autre société chinoise, la China Nuclear Engineering and Construction Corporation (CNEC), prospecte également l'uranium à Teguidan Tessoumt (nord) dont l'exploitation doit débuter en 2010. n juillet 2008, des rebelles touareg opposés aux activités de cette société avaient enlevé brièvement un de ses employé chinois.

La visite de M. Tandja sur le site d'Azelik intervient au lendemain du lancement des travaux pour la construction d'une mine d'uranium géante, financée par le groupe nucléaire français Areva à Imouraren (nord). Toutes ces mines d'uranium sont sitées dans le nord du pays en proie depuis février 2007 à l'insécurité en raison d'une résurgence d'une rébellion touareg.

L'espoir d'une paix durable dans cette zone a pris corps dimanche dernier avec le tout premier face à face à Agadez entre le président Tandja et des représentants des combattants touareg, auxquels il a même proposé l'amnistie s'ils déposent les armes.

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[Uranium] Ressources, production et consommation mondiale

Message par Jägermeifter » 17 mai 2009, 01:23

Au Niger, Areva navigue entre troubles et concurrence

LE MONDE | 16.05.09

Accrochée au-dessus de la tribune de tubes et de toiles où sont assis les chefs traditionnels, la banderole flotte dans le vent brûlant du désert : "Aucun développement durable n'est possible sans une paix véritable." Enveloppés dans leurs plus beaux boubous, les lunettes de soleil plantées dans le turban, ces hommes venus de tout le Niger attendent Mamadou Tandja, le président de la République. Un peu en retrait, on reconnaît des leaders de la rébellion touareg contre le gouvernement de Niamey qui ont décidé, quelques jours plus tôt, de négocier la fin de la guérilla.

La paix au plus grand profit de l'industrie de l'uranium ! Ce 4 mai, M. Tandja pose la première pierre du complexe d'Imouraren, confié au groupe nucléaire français Areva au terme d'une âpre concurrence avec les Chinois. Un peu à l'écart des officiels, l'ambassadeur de Chine au Niger, coiffé d'un chapeau de paille, s'évente en songeant sans doute qu'une entreprise de son pays prendra tôt ou tard une part minoritaire dans cette pépite prometteuse, la société d'exploitation franco-nigérienne Imouraren SA...

Mais c'est Anne Lauvergeon qui a le beau rôle. "Avec le lancement de la construction des infrastructures minières d'Imouraren, déclare la présidente du premier groupe nucléaire mondial, Areva renforce un partenariat historique et solidaire qui lie le groupe au Niger depuis plus de quarante ans." Depuis 1968 et la création de la Somaïr, la société franco-nigérienne exploitant les premières mines découvertes dans le nord du pays.

Pour Areva, la donne a changé. Après une crise qui a culminé au cours de l'été 2007, les relations se sont détendues et rééquilibrées au profit du Niger. Accusant sans preuves le groupe de financer la rébellion touareg, M. Tandja avait expulsé son patron local, Dominique Pin. Il en avait aussi profité pour s'ouvrir à d'autres pays (plus de 100 permis d'exploration) et négocier une hausse des prix de l'uranium et le droit d'en vendre directement 300 tonnes sur un marché international où les prix s'étaient envolés (avant de retomber brutalement).

"Que la paix revienne est essentiel", reconnaît Mme Lauvergeon, dont le groupe va investir 1,2 milliard d'euros pour faire d'Imouraren la plus grande mine d'uranium à ciel ouvert du monde. La région de l'Aïr, aux confins du Niger, de l'Algérie et du Mali, reste néanmoins peu sûre, traversée par les trafiquants (drogue, armes), les clandestins remontant d'Afrique vers l'Europe et des groupes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. "Il y a une centaine d'hommes armés sur le site", reconnaît Bernard Debacque, le directeur général d'Imouraren SA. Ce n'est sans doute pas un hasard si le président de la société, Mohamed Akotey, est un ancien rebelle des années 1990.

Cette région est "stratégique" pour le Niger, souligne le premier ministre, Seïni Oumarou. L'uranium représente 30 % de ses recettes d'exportation et 5 % de son produit intérieur brut (PIB). Des revenus qui gonfleront à partir de 2012, quand Imouraren permettra de hisser le pays au deuxième rang des producteurs d'uranium (9 000 tonnes par an).

Mme Lauvergeon se félicite aussi d'une "répartition plus équitable" de la rente uranifère. Le Niger ne détient que 33 % d'Imouraren SA, mais il bénéficiera de 64 % des retombées économiques (vente du minerai, impôts, salaires des 1 350 employés, activités induites), assure-t-elle. Face aux Chinois et aux Canadiens, le groupe n'avait pas d'autre choix que de lâcher du lest pour remporter un contrat qui renforce la sécurité d'approvisionnement de la France : un tiers des réacteurs d'EDF fonctionnent avec de l'uranium nigérien.

Fin mars, lors d'une visite éclair à Niamey, Nicolas Sarkozy a présenté ce projet comme l'illustration de la volonté de la France de "se débarrasser des pesanteurs du passé". "Au Niger, la France a des intérêts, elle les assume, elle les promeut", déclarait le chef de l'Etat, tout en précisant que les activités d'Areva devaient se faire "en toute transparence". Il soulignait que "chacun doit savoir ce que (ses) activités au Niger rapportent au budget nigérien". Paris a poussé Niamey à souscrire à l'Initiative pour la transparence des industries extractives, qui oblige pays producteurs et compagnies minières qui y souscrivent à rendre publics les revenus de ces activités.

LAXISME SANITAIRE

Areva veut casser l'image d'un groupe prédateur et pollueur diffusée par certaines organisations non gouvernementales (ONG), qui a nourri la rancoeur et l'argumentaire des rebelles touareg. Le groupe développe d'importants programmes : deux hôpitaux bien équipés qui dispensent déjà consultations et soins aux habitants de la région ; un accès à l'eau et à l'électricité ; des aides à l'éducation pour les nomades, entravées par deux ans de troubles. "A chaque fois que la rébellion avance, c'est l'éducation qui recule", déplore Adama Hamani, responsable des actions de solidarité chez Areva.

Le groupe consacrera 30 millions d'euros sur cinq ans à ces actions, auxquels s'ajouteront des aides au développement socio-économique de la région d'Agadez. L'entreprise a aussi décidé de lancer fin 2009, avec des experts indépendants et des ONG, un "observatoire de la santé" autour de ses trois sites miniers afin d'assurer le suivi des salariés anciens et actuels. Et répondre à ceux qui l'accusent de laxisme sanitaire dans l'exploitation des mines nigériennes.

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Re: Niger

Message par krolik » 27 juin 2009, 00:37

Il semble que le Niger s'enfonce dans de gros problèmes, pas liés aux mines d'uranium...
@+
Niger: le président prend des "pouvoirs exceptionnels"
i

NIAMEY (AFP) — Le président nigérien Mamadou Tandja a annoncé vendredi soir à la télévision publique qu'il prenait des "pouvoirs exceptionnels" après un refus de la Cour constitutionnelle de revenir sur son arrêt refusant le référendum qu'il voulait pour se maintenir au pouvoir.

Dans une allocution télévisée, M. Tandja a décidé d'"activer l'article 58 de la constitution" qui, lorsque "l'indépendance de la République est menacée", permet au président de gouverner par le biais d'ordonnances et décrets.

M. Tandja, qui souhaite rester au pouvoir par tous les moyens après deux quinquennats consécutifs, a déjà dissous le parlement il y a quelques semaines.

Selon l'article 58, le président "prend les mesures exceptionnelles exigées par les circonstances après consultation du Premier ministre, du président de l'Assemblée nationale (dissoute récemment par le président, ndlr), le président du conseil constitutionnel, et le président de la cour suprême".

Agé de 71 ans, le président avait convoqué un référendum le 4 août prochain en vue de modifier la constitution, ce qui lui aurait permis de briguer un troisième mandat consécutif, mais la plus haute juridiction du pays avait refusé d'avaliser son projet le 12 Juin.

Dans la foulée, la commission électorale nationale avait dès le lendemain "zappé" le référendum voulu par le président et convoqué des législatives anticipées le 20 août, à la suite de la dissolution de l'assemblée nationale par le président le 26 mai.

De plus en plus seul, Mamadou Tandja a été lâché jeudi par le principal parti qui le soutenait et a annoncé le retrait de ses huit ministres au gouvernement pour protester contre le projet de nouvelle Constitution via référendum.

La Convention démocratique et sociale (CDS) a indiqué avoir annoncé dès mercredi au Premier ministre Seyni Oumarou cette décision "motivée par la divergence d'appréciation entre notre formation et le gouvernement relativement à la question du référendum constitutionnel".

L'appui décisif de la CDS, dirigée par le président du Parlement dissous Mahamane Ousmane, avait avait été décisif pour l'élection de M. Tandja en 1999 et 2004.

La CDS détenait notamment dans le gouvernement les portefeuilles de la Défense, de la Santé, de la Jeunesse et des Sports ou encore de la lutte contre la vie chère.

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Re: Niger

Message par Jägermeifter » 04 août 2009, 21:16

Suite :
Le président du Niger s'accroche au pouvoir
LE MONDE | 06.07.09 | 15h06

Paris a haussé le ton, dimanche 5 juillet, vis-à-vis du Niger où l'obstination du président Mamadou Tandja, 71 ans, à demeurer au pouvoir en dépit de la Constitution, menace de faire basculer dans la crise ce pays très pauvre, mais stable. La situation est "à la fois inquiétante et décevante", a estimé Nicolas Sarkozy dans un message lu à Paris, lors de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

La démocratie et les institutions nigériennes sont "directement menacées par un dévoiement de certaines dispositions constitutionnelles", a ajouté le président français. Au même moment, des dizaines de milliers de Nigériens ont à nouveau manifesté à Niamey contre le projet de référendum qui, le 4 août, doit entériner une réforme de la Constitution permettant à M. Tandja de briguer un troisième mandat.

Le président nigérien aurait pu terminer son dernier quinquennat sur un bilan plutôt flatteur : le Niger a connu en 2008 une croissance record de 9,5 % ; un dialogue avec la minorité touarègue a été ouvert ; un contrat prometteur avec Areva pour l'extraction d'uranium a été signé. En mars, M. Sarkozy avait fait escale à Niamey à l'occasion de ce paraphe. Devant lui, M. Tandja avait déclaré qu'il s'apprêtait à quitter le pouvoir.

Au lieu de cela, il a lancé une réforme de la loi fondamentale et tenté d'abattre un à un les obstacles qui entravent son projet de référendum.
Ce faisant, il se heurte à une triple résistance, juridique, politique et sociale.

A la fin juin, M. Tandja a dissous la Cour constitutionnelle, dont la présidente, fait rare en Afrique, s'était opposée, le 25 mai, à la tenue du référendum. Dès le lendemain, le président a dissous le Parlement et convoqué par décret les électeurs. Le 12 juin, ce décret a été annulé par la même Cour constitutionnelle. Passant outre, M. Tandja l'a signé. Ne parvenant pas à faire taire la contestation, il s'est arrogé, le 26 juin, des "pouvoirs exceptionnels", en se prévalant d'une disposition constitutionnelle applicable lorsque "l'indépendance de la République est menacée".

"COUP D'ETAT"

A cette fronde juridique s'ajoute le lâchage politique du principal parti soutenant le régime, la Convention démocratique et sociale (CDS), dont les sept ministres démissionnaires ont été remplacés par des fidèles. Un collectif réunissant des partis, des syndicats et la société civile, le Front de défense de la démocratie (FDD), a qualifié les décisions présidentielles de "coup d'Etat".

Le sommet de l'Union africaine, réuni à Syrte (Libye), s'est achevé, vendredi, sans déclaration sur le Niger. L'institution panafricaine est tiraillée entre son président, le "guide" libyen Mouammar Kadhafi, peu regardant sur les institutions, et le président de sa Commission, le Gabonais Jean Ping, qui, avant le sommet, s'était dit "extrêmement préoccupé" par la situation nigérienne.
Philippe Bernard

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Re: Niger

Message par kercoz » 08 août 2009, 08:54

Un peu de propagande Antinuke:
Ce matin sur FR Culture , Terre a terre rediffusion de l'émission sur le niger et les comportements d'AREVA:
http://sites.radiofrance.fr/chaines/fra ... e_a_terre/
Entre 2 certitudes , il faut toujours choisir la moindre .

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hyperion
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Re: Niger

Message par hyperion » 18 févr. 2010, 20:31

Tentative de coup d'Etat au Niger. Des soldats en armes ont investi le palais présidentiel à Niamey jeudi, et on était depuis sans nouvelle du président Mamadou Tanjda, selon des témoins et un journaliste local qui se trouvaient au palais.
http://fr.news.yahoo.com/3/20100218/twl ... e00ca.html
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9310601#
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17180695homéo niet secu, preservatifs , vaccin hepati b nourisson et chaussures oui oui; Buzin, pas besoin de lui faire de cadeau; dogmatique à virer et au boulot!

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Re: Niger

Message par Pura Vida » 19 févr. 2010, 13:50

Généralement intéressant et presque toujours collant au principal bien compris de l'actualité, voici ce que dit Philippe Béchade aujourd'hui relativement au long terme de l'uranium

— Et pendant que quelques centaines de tonnes d'or s'apprêtent à changer de mains, un coup d'Etat se déroule en ce moment même au Niger. Le président en exercice, Mamadou Tandja, ainsi qu'une partie du gouvernement, auraient été capturés par des mutins ayant à leur tête le commandant Amadou Arouna.
L'actuel président, après 10 ans passés à la tête du pays, aurait dû laisser les rênes du pouvoir à un successeur en décembre dernier. Il avait toutefois fait passer au mois d'août dernier un amendement à la constitution lui permettant de se maintenir à son poste durant trois années supplémentaires.
Il faut dire qu'à l'issue d'âpres négociations -- et après bien des brouilles entre Paris et Niamey -- le géant du nucléaire Areva avait annoncé début janvier la conclusion d'un accord d'exploitation semi-exclusif des énormes gisements d'uranium d'Imouraren (sous forme de co-entreprise avec l'Etat nigérian). Ces gisements valent largement autant qu'une grosse mine d'or en Afrique du Sud en termes de revenus annuels.
L'affaire est sérieuse : Areva a déjà investi des centaines de millions d'euros, et le Quai d'Orsay n'a pas ménagé ses efforts depuis deux ans pour dissuader Mamadou Tandja de se jeter dans les bras de la Chine ou de l'Iran. Il s'agissait également d' apaiser les tensions au sujet des suspicions -- assez paradoxales -- de soutien aux rebelles touaregs qui revendiquent une part des revenus et des emplois générés par la mine d'Arlit (laquelle procure une bonne partie de l'uranium consommé par la France depuis 50 ans).
La nouvelle compagnie, détenue à 66,65% par Areva et 33,35% par le Niger, devrait démarrer l'exploitation du gisement d'Imouraren en 2012. La production annuelle est estimée à 5 000 tonnes durant au minimum 20 ans et plus probablement 35 ans ; le Niger accéderait ainsi rapidement au rang de deuxième producteur mondial.
Lorsqu'un coup d'Etat survient en Afrique et que des richesses d'un intérêt stratégique sont en jeu, il est toujours très difficile de savoir qui tire les ficelles. Il s'agit toujours de périodes diplomatiquement très délicates... en l'occurrence, la France joue rien moins que son indépendance énergétique !
Compte tenu du premier geste inattendu de la Fed, du rebond tout aussi imprévu de l'or et du coup d'Etat qui a pris tout le monde par surprise au Niger, la séance d'aujourd'hui pourrait donner lieu à un scénario qui, pour une fois, ne donnera pas l'impression d'avoir été écrit à l'avance par les initiés. —

Voir toute la chronique de Philippe Béchade:

http://www.la-chronique-agora.com/artic ... -2517.html

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