L'eau en France

Discussions concernant les conséquences sur l'environnement de la course aux ressources.

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Re: L'eau en France

Message par energy_isere » 20 oct. 2017, 20:38

Sécheresse estivale : les conséquences se font toujours sentir dans le Sud de la France

Cette année se caractérise par une faible recharge des nappes et une sécheresse marquée cet été. Les conséquences concernent aussi bien la biodiversité que la production d'énergie. Certains départements du Sud-Est restent dans une situation tendue.

16 octobre 2017

Soixante-dix-huit départements disposaient toujours de mesures de restriction des usages de l'eau fin septembre contre 45 en 2016 et 47 en 2015. Les conditions climatiques particulières de cette année n'auront pas été sans conséquences, notamment dans le sud-est de la France.

La sécheresse de cet été, combinée à la faible recharge hivernale, a ainsi eu des impacts importants sur la performance des centrales hydroélectriques au fil de l'eau. La centrale de Pierre-Bénite sur le fleuve Rhône (Lyon) affiche ainsi une chute de 34% de sa production d'hydroélectricité. Et les perspectives pour la fin d'année ne laissent pas envisager une inversion de la tendance.

Ces baisses de régime s'observent principalement pour ce type de centrales, dont la production dépend du débit des cours d'eau. Au niveau national, le faible niveau des nappes a ainsi pesé sur leur performance par rapport aux premiers semestres 2015 et 2016. "Les deux tiers environ des nappes -70%- affichent un niveau modérément bas à très bas. Cette situation de basses eaux n'est pas totalement inhabituelle pour cette période de l'année mais se révèle tout de même assez dégradée", pointe météo France. Plus précisément, 1% affichent des niveaux hauts, 11% modérément hauts, 18% autour de la moyenne, 32% modérément bas, 24% bas et 14% très bas. La sécheresse a moins influencé les centrales de réservoir dont les retenues d'eau se constituent sur le long terme.

La réduction du débit des fleuves peut également perturber le refroidissement des centrales de production d'électricité comme cela a été le cas lors de la canicule de 2003. "Les centrales thermiques refroidies sur l'eau - les centrales nucléaires ou thermiques classiques - ont rencontré de nombreuses difficultés liées au refroidissement et aux rejets qu'elles pouvaient être amenées à faire dans l'eau, avait alors exposé lors d'une mission commune d'information du Sénat, Claude Nahon, directrice de l'environnement et du développement durable à EDF. Cela nous a conduit à un risque significatif de perte de moyens de production d'électricité. Ce risque de perte de production s'élevait entre 10.000 et 15.000 mégawatts".

Outre les centrales, le déficit en eau a également pesé sur l'état des sols superficiels. Cette situation concerne particulièrement le Sud-Est de la France - qui a connu à la fois un déficit chronique de précipitations et des températures régulièrement au-dessus des normales. La sécheresse des sols superficiels y est proche des records pour un début octobre. "Il s'agit de la sécheresse la plus importante jamais mesurée à cette date en au moins 60 années de mesures", pointe météo France. Celle-ci a perduré au moins de septembre sur la Corse, le Gard et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. "Sur les régions méditerranéennes, le déficit est le plus souvent supérieur à 50% et atteint en PACA les valeurs record de 2003, constate Météo-France. Sur la Corse, le déficit record depuis avril perdure". Les sols superficiels restent secs sur les régions méditerranéennes et le couloir rhodanien et se sont asséchés dans le Sud-Ouest (sauf sur les Pyrénées-Atlantiques). Le déficit d'humidité des sols s'observe également de la Vendée et des Deux-Sèvres à la Nièvre et à l'Allier, sur les Hauts-de-France, localement dans le Grand-Est ainsi qu'en Ardèche et dans la Drôme.

La stabilité des habitations sur des sols argileux menacée
..................
https://www.actu-environnement.com/ae/n ... 29858.php4

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Re: L'eau en France

Message par energy_isere » 22 mars 2018, 20:38

Nestlé accusé par une ONG d'assécher la nappe phréatique de Vittel, dans les Vosges

Simon Chodorge Usine Nouvelle le 22/03/2018

Surexploitation de la nappe phréatique, conflit d'intérêt des acteurs locaux... Dans les Vosges, selon l'association France Nature Environnement, les nappes de Vittel accuseraient un déficit chronique annuel d'un million de m3, en partie à cause des activités industrielles. Cependant, les quantités prélevées par Nestlé Waters sont validées par arrêté préfectoral.

Le jeudi 22 mars, c'est la Journée mondiale de l'eau. L’association écologique France Nature Environnement profite de l’événement pour relancer un dossier épineux : l’épuisement à petit feu de la nappe phréatique de Vittel dans les Vosges. Les industriels installés dans le département, dont Nestlé Waters, sont pointés du doigt par les associations.

“Depuis près de 30 ans, la nappe dans laquelle prélève la multinationale présente un déficit chronique annuel d’environ 1 million de m3… Soit la quantité d’eau que Nestlé Waters est autorisé à prélever par le préfet”, accuse France Nature Environnement dans un communiqué qui invoque la loi sur l’eau de 2006. “L’usage prioritaire d’une ressource en eau en France est l’alimentation en eau potable. Les activités économiques ne sont pas prioritaires, et l’eau est un bien commun, non privé ou privatisable.”
....................
https://www.usinenouvelle.com/article/n ... es.N669609

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Re: L'eau en France

Message par williams » 23 mars 2018, 22:12

Il faut aussi voir que l'agriculture qui consomme le plus d'eau (93 %) par rapport à la collectivité (3 %). Ils arrosent même en plein après-midi l'été alors que cela ne sert à rien puisque l'eau s’évapore en plein après-midi sous le soleil et donc assèches les courts d'eau,... Donc une fois de plus il faut dire aussi aux agriculteurs de se calmer dans ce qu'ils font tout comme dans l'utilisation des pesticides qui a augmenté de 33 % entre 2008 et 2015 et qui a fait chuter de 1/3 le nombre des oiseaux des campagnes et des insectes en 15 ans !

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Re: L'eau en France

Message par mobar » 24 mars 2018, 09:40

Plutôt que de leur dire de se calmer, il serait plus efficace de leur faire payer l'eau qu'ils utilisent!
Les contrats d'irrigation ne font aucune référence au débit consommé, change ça et instantanément tu vas voir les gaspillages cesser
"C'est quand il n'y a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien" Sénèque
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Re: L'eau en France

Message par energy_isere » 10 juin 2018, 12:55

Vittel bientôt à sec ?

Émilie Torgemen, envoyée spéciale à Vittel (Vosges)| 09 juin 2018,

Le niveau de la nappe phréatique de Vittel, largement exploitée par Nestlé Waters, baisse. La ville devrait bientôt capter son eau potable ailleurs. L’entreprise promet des efforts.

Sous les cerisiers d’un coquet jardin de la commune de Vittel Jean-François Fleck président de Vosges nature environnement, raconte comment l’eau qui court sous ses pieds est l’enjeu de batailles enragées. « Dans les sous-sols de Vittel, Contrexéville, Bulgnéville, la nappe phréatique accuse un déficit de 800 000 m3 par an. La faute à Nestlé Waters, qui a les marques Vittel, Hépar, Contrex », estime-t-il.

L’ancien élu Vert au conseil régional de Lorraine, surveille le niveau des eaux souterraines depuis 1996. Or ce niveau a déjà baissé de 10 m. En fait, quatre associations de consommateurs et environnementales (Association pour la sauvegarde des vallées et la prévention des pollutions, Oiseaux Nature, UFC-Que choisir et Vosges Nature Environnement) accusent la multinationale d’épuiser leur eau.

«Comme un verre d’eau avec plusieurs pailles»

Jeudi le PDG de la multinationale de l’eau, Maurizio Patarnello, était sur place pour annoncer qu’il ferait certifier Vittel et les 94 autres sites du groupe avec un standard qui intègre des ONG comme le WWF et Alliance for Waters Stewardship.

Certes, mais pour le déficit d’eau dans la nappe d’eau potable de Vittel ? Sourire charmant et petites lunettes dorées, il concède : « Pas de doute, il y a des problèmes de durabilité dans cet aquifère. Il nous faut les régler tous ensemble. C’est comme un verre d’eau avec plusieurs pailles : si chacun se préoccupe uniquement de sa paille, on ne s’en sort pas. »

Pour sa part, Nestlé Waters a déjà consenti des efforts en réduisant ses prélèvements de 20 % depuis dix ans et a annoncé l’année dernière qu’elle allait réduire volontairement ses ponctions de 25 % des quotas qui lui sont alloués.

De l’eau puisée pour l’export
Maurizio Patarnello tenait surtout à rassurer les médias (et les consommateurs) allemands. L’eau qui pose problème, en effet, est commercialisée sous l’étiquette Vittel (Bonne Source), une eau non minérale essentiellement destinée au marché allemand.

C’est subtil, mais en France nous consommons de l’eau appelée Vittel (Grande Eau), qui provient d’un forage des couches supérieures. Le forage de la discorde pompe la même eau que celle que l’on retrouve dans les canalisations de la petite bourgade de Vittel et des collectivités voisines.

Teint hâlé et verbe haut Bernard Schmitt, de l’association Oiseaux Nature, s’emporte : « Le préfet a autorisé que Nestlé Waters s’approprie notre eau en cédant au chantage à l’emploi. La multinationale prend la ressource de la population locale. » L’usine de la ville emploie 1 000 personnes.

Construire des kilomètres de tuyaux

Comment expliquer que le forage assèche ainsi la ressource ? Les ballons des Vosges ne sont pourtant pas les dunes du Sahara. Dans les sous-sols de l’est de la France, il y a de l’eau en quantité. Mais la nappe des grès du Trias inférieur très profonde, et donc avec une eau très pure, se recharge très, très lentement à cet endroit. Pour faire simple, une faille isole cette petite partie sud-est du réservoir sous terrain.

Résultat, les communes de Vittel, Contrexéville, Bulgnéville (10 200 habitants) vont devoir construire des kilomètres de tuyaux pour acheminer de l’eau venue de la nappe voisine. Le 15 mars une réunion du schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) planifiait très officiellement différentes possibilités pour approvisionner les communes voisines avec entre 15 km et 48 km de tuyaux, selon le scénario choisi. Un surcoût de 30 centimes à 1 euro par mètre cube d’eau. À la charge des consommateurs ? Pas sûr, Nestlé, qui paie déjà 14 millions d’euros de redevance annuelle en France, pourrait décider de mettre la main à la poche.

« Ce n’est pas une solution, tonne Bernard Schmitt, nous souhaitons que Nestlé cesse de surexploiter la nappe pour qu’elle se régénère. » Auguste Mathieu, président du syndicat voisin de l’eau d’Ableuvenet, s’inquiète : « Nestlé Waters a prévu de mettre un nouveau forage avec environ 1 million de m3 pour alimenter en eau les habitants de Vittel ! » Il craint surtout qu’on ne fasse que déplacer le problème sous les terres de ses abonnés.
http://www.leparisien.fr/societe/vittel ... 762071.php

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Re: L'eau en France

Message par mobar » 11 juin 2018, 08:33

Vendue 40 centimes le litre, l'eau vendue par Nestlé est de 300 à 600 fois plus chère que l'eau distribuée localement (qui provient du même aquifère) et qui intègre le traitement des eaux usées

Ou comment faire du profit avec un bien commun que l'on a confisqué!

Cherchez l'erreur!
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Re: L'eau en France

Message par Remundo » 11 juin 2018, 14:06

tempête dans un verre d'eau...

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Re: L'eau en France

Message par mobar » 11 juin 2018, 14:39

1 000 000 de m3 à 0.40 €/L ça fait au bas mot 400 millions d'euros de chiffre d'affaire subtilisé à la collectivité!
Extrapole pour Contrex, Badoit, Perrier, Evian, Cristalline, Volvic, Mont Roucous ... qui fonctionnent selon quasiment le même principe

Grosse tempête dans un gros verre d'eau!

Quelques chiffres pour évaluer les enjeux
http://www.encyclopedie-environnement.o ... aturelles/

https://youtu.be/wH9dMNWjL2s
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Re: L'eau en France

Message par Remundo » 11 juin 2018, 15:18

ben tu sais Mobar, la "collectivité" ne percevrait pas 400 millions d'euros si Vittel était une entreprise publique ; car globalement, c'est bien la "collectivité" qui accepte d'acheter des bouteilles d'eau à 1€ le litre. Mettre de l'eau en bouteilles plastiques n'a jamais une activité extraordinaire pour créer globalement de la richesse ; il est bien moins cher de la distribuer dans un réseau d'eau potable.

Ce sont juste les actionnaires et dirigeants de Nestlé qui s'en foutent plein les poches, car ils ont plein de truffes pour acheter leur eau.

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Re: L'eau en France

Message par mobar » 11 juin 2018, 15:46

A terme, c'est quand même le contribuable qui va payer les captages et les canalisations rendues nécessaire par la monopolisation (plutôt le pillage) de la ressource locale par Nestlé!

Si Nestlé n'existait pas à Vittel, les locaux continueraient à puiser dans la nappe, l'eau qui les a abreuvé pendant des siècles, pour un prix ridicule. Non seulement ils doivent payer pour continuer à s'abreuver, mais l'eau qui était à leur disposition, hier leur est confisquée pour faire le profit de quelques uns!

Si on se satisfait du pillage des biens communs par l'industrie sous prétexte que des clients rendus abrutis par les campagnes de publicité achètent leur produit, on justifie le système et faut pas se plaindre de ses dysfonctionnements
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Re: L'eau en France

Message par Remundo » 11 juin 2018, 18:40

peut-être que l'eau devrait être un service public,

le problème, c'est que l'Etat en général est encore pire gestionnaire que le privé... le privé se gave en général, mais au moins il maintient quelque chose d'opérationnel... précisément pour continuer de se gaver.

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Re: L'eau en France

Message par mobar » 11 juin 2018, 19:08

Remundo a écrit :
11 juin 2018, 18:40
peut-être que l'eau devrait être un service public,

le problème, c'est que l'Etat en général est encore pire gestionnaire que le privé... le privé se gave en général, mais au moins il maintient quelque chose d'opérationnel... précisément pour continuer de se gaver.
La question de la gestion d'un bien public, ne se réduit pas à gestion publique ou gestion privée!

Le bien public est public, que sa gestion opérationnelle soit publique ou privé n'est pas le sujet, la meilleure solution sur le plan local peut être différente.

L'important c'est que lorsqu'une concession ou une délégation est attribuée, ce soit qu'un organisme d'état qui contrôle la réalité des conditions d'exploitation. Et un organisme indépendant n'ayant aucun lien de subordination avec le maitre d'ouvrage ou d'intérêt avec l'exploitant ou le constructeur

L'ONF gère les forêts domaniales française, ce n'est pas l'ONF qui coupe, débarde et entretient les pistes forestières. ils décident ce qui doit être coupé, organisent des ventes, attribuent et contrôlent les travaux de coupe et d'entretien, sanctionnent au besoin ...
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Re: L'eau en France

Message par energy_isere » 23 juil. 2018, 20:52

Le spécialiste de la gestion de l'eau Saur va passer sous pavillon suédois

Infos Reuters le 23/07/2018

Le fonds d'investissement suédois EQT est entré en négociations exclusives avec les actionnaires du groupe Saur en vue du rachat du numéro trois français de la gestion de l'eau, ont annoncé le 23 juillet les deux parties.
.................
La société, qui compte 7.000 collectivités sous contrat et emploie 9.000 personnes.
https://www.usinenouvelle.com/article/l ... is.N723304

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Re: L'eau en France

Message par mobar » 24 juil. 2018, 08:17

Bon courage aux actionnaires suédois! :-"

Dans le contexte de remunicipalisation franco-français des régies municipales de l'eau dans lequel évolue SAUR depuis 5 ans, c'était effectivement la meilleure des solutions pour la BNP qui devrait pas trop mal se sortir d'une affaire qui sentait de plus en plus le roussi
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Re: L'eau en France

Message par energy_isere » 29 juil. 2018, 12:26

Au cap Sicié (7km Toulon), la biodiversité nage en eau claire

PAR OLIVIER COGNASSE Usine Nouvelle 15/07/2018

REPORTAGE Le projet Remora fait revivre la faune sous-marine au cap Sicié grâce à des récifs artificiels. Dernière étape d’une lutte de quarante ans contre la pollution des eaux.

Image
Après quarante ans de pollution, la biodiversité réapparaît.

La première plongée pour l’immersion des récifs artificiels a eu lieu en 2015. À l’époque, il y avait du sable et une eau claire », se rappelle Emmanuel Plessis, le ­directeur du développement de Veolia Provence-Méditerranée. Le projet Remora a été lancé en 2011 à l’initiative de la fondation Veolia, de l’Agence de l’eau Rhône-Méditer­ranée-Corse et de l’Institut océanographique Paul Ricard pour recréer de la biodiversité au cap Sicié, à quelques kilomètres de Toulon (Var). Des récifs artificiels ont été mis en place à 15 mètres de profondeur. " Ils sont constitués d’un mélange de béton, de fibres plastiques et de ferrailles ", explique Pierre Boissery, expert des eaux côtières et du littoral méditerranéen à l’Agence de l’eau.

Un an après, " nous avons constaté, lors d’une plongée, un début de colonisation, raconte Emmanuel Plessis. La plongée de cette année est extrêmement réconfortante. Nous avons vu une chaîne trophique complète, avec des espèces témoins du bon équilibre retrouvé, notamment des anémones, des étoiles de mer, des oursins, des bancs de sardines juvéniles… Maintenant, nous allons passer en mode industriel et étendre la surface de 360 à 3 000 mètres carrés ". Un investissement qui devrait atteindre 1 million d’euros.

Il y a quarante ans, le paysage sous-marin dans lequel évoluaient les plongeurs avait une tout autre allure. Nardo Vicente, biologiste marin français et responsable scientifique de l’Institut océanographique Paul Ricard, lançait un cri d’alarme après avoir plongé dans les eaux nauséabondes du cap Sicié en 1978. " Une plaque de plusieurs hectares et d’une profondeur d’un demi-mètre flottait ", se souvient le plongeur, aujourd’hui âgé de 82 ans. La cause : les eaux des égouts des sept communes de l’agglomération de Toulon ouest étaient rejetées directement dans la mer.

50 000 m3 d’eaux usées traitées chaque jour

Les eaux usées sont assainies par Veolia dans une imposante usine posée sur la roche d’une crique, à laquelle on accède par un tunnel long de 1,1 kilomètre. De la mer, elle est à peine visible. Pour respecter les contraintes environnementales, il a fallu un projet architectural qui rende le bâtiment discret et utilise les matériaux naturels locaux tout en préservant la végétation. La station d’épuration traite 50 000 mètres cubes par jour d’eaux usées et peut en absorber le double.

Trente-huit personnes travaillent sur ce site dirigé par Véronique Hocquet, responsable des usines pour la Provence-Méditerranée Ouest. " L’usine a été construite en deux étapes avec, en 1997, la mise en service de la première tranche pour le traitement physico-chimique, rappelle Véronique Hocquet. Une unité de traitement biologique a été ouverte en 2002, avec des filtres à base de matériaux volcaniques qui fixent les bactéries qui se nourrissent de la pollution. " Elle élimine par exemple 95 % du paracétamol.

Image

L’usine peut traiter jusqu’à 100 000 m3 d’eaux usées par jour.

Les eaux usées, à leur arrivée, traversent des grilles qui arrêtent les corps flottants et les déchets. Ensuite, les sables et les graviers se déposent dans quatre bassins et sont évacués, tandis que les graisses sont émulsionnées par injection d’air puis collectées en surface de traitement. Étape suivante : les particules fines en suspension dans l’eau sont rassemblées en flocons grâce à l’action d’un coagulant. Ces flocons sont entraînés par leur poids au fond d’un bassin décanteur. Les boues sont alors dirigées vers des centrifugeuses. La matière part au four Pyrofluid, une technologie brevetée qui assure la combustion de 2,2 tonnes de boues sèches par heure. Les fumées sont filtrées pour éliminer les gaz acides (chlorure d’hydrogène et dioxyde de soufre) et les oxydes d’azote (NOx). L’eau continue, elle, son parcours par une filtration biologique avant de rejoindre la mer.

Image
La station d’épuration a été conçue de manière à se fondre dans le paysage.
https://www.usinenouvelle.com/article/a ... re.N717444

Sur Google maps / Satellite on voit effectivement cette construction. Et tiens, un peu plus loin la rade de Toulon est floutée !

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