Elasticité de la demande au prix du pétrole

De Oleowiki.

La consommation du pétrole et de ses dérivés, comme la consommation de la plupart des produits, dépend du prix de celui-ci ; il est couramment admis que la consommation du pétrole diminue lorsque le prix du baril de pétrole augmente ; plusieurs valeurs ont été avancées ces dernières années pour cette corrélation :

  • Les corrélations les plus souvent citées, par les études de l'ocde notamment, ([1] ) font état d'une corrélation à court terme de -0.13 à -0.26, et d'une corrélation à long terme de -0.37 à -0.46. ( voir "the political economy of environmentally related taxes", ocde p 50)
  • D'autres études souvent citées font état d'une corrélation (négative) de 1/25 ; i.e. que lorsque le prix augmente de 25 %, la consommation baisse de 1 % ; c'est notamment ce chiffre qui a été à la base de l'étude de CDC Ixis pour prévoir un prix du baril à 380 $ d'ici quelques années.
  • Le terme d'élasticité est aussi parfois employé pour caractériser l'impact de l'augmentation du prix du pétrole sur le PIB mondial ; en septembre 2005, M. Bourguignon, principal économiste de la Banque Mondiale rappelait qu'une augmentation de 10 $ / baril induisait un an après une moindre croissance de 0,3 %.
  • Certains économistes ont toutefois développé une théorie établissant que jusqu'à une valeur comprise entre 70 et 100 $ / baril, l'augmentation du prix du pétrole aurait un effet positif sur le PIB, du fait du recyclage des revenus pétroliers des pays exportateurs.
  • La Banque Mondiale a publié, dans ses Perspectives pour l'Economie Mondiale 2006, un scénario catastrophe étudiant l'impact d'une réduction brutale de l'offre ("choc négatif") de 2 millions de barils par jour, soit un peu moins que les exportations actuelles de l'Iran.

chocngatif4os.png

"Les résultats d’une simulation concernant l’impact d’un choc négatif sur l’offre de 2 millions de barils par jour nous montrent que si l’hypothèse de départ est une perturbation de l’offre qui s’étend pendant toute la durée des projections, amenant les prix à s’établir à 120 dollars le baril durant une période initiale de trois mois, pour retomber ensuite à 80 dollars pendant trois trimestres, après quoi le jeu de l’offre et de la demande amène les prix à regagner progressivement un niveau de 40 dollars.

En réponse au choc initial, la production mondiale se contracte, par rapport au niveau prévu dans le scénario de référence, dans des proportions représentant 1,5 % du PIB au bout de deux ans, tandis que l’inflation augmente rapidement."

Prix psychologiques de l'essence à la pompe

Dans un sondage Internet de expression-publique.com (environ 3500 réponses, mais sans contrôle de représentativité), à la question "Vous-même, à partir de quel prix de l'essence réduiriez-vous fortement l'utilisation de votre voiture ?", les réponses étaient :

  • 1,50 euros par litre 23 %
  • 1,75 euros 7 %
  • 2 euros 15 %
  • 2,50 euros 4 %
  • 3 euros 4 %
  • 4 euros ou plus 3 %
  • Je ne pourrais pas la réduire 22 %
  • Je ne conduis pas 9 %
  • Sans opinion 13 %
  • Non réponse 1 %

Aux Etats-Unis, la barrière psychologique est en 2006 à 3 dollars le galon d'essence, soit... 0,61 €/litre.

On estime qu'une augmentation de 10 € du prix du baril augmente le prix du litre d'essence de... 0,10 € (voir Prix du baril en Euros). Ce résultat surprenant se comprend mieux dès lors qu'on se souvient :

  • qu'un baril contient 159 litres
  • que les taxes sur le carburant représente l'essentiel de son coût en Europe.

Pétrole et pouvoir d'achat

smicetwti3jk.png

Liens

Quelques liens utiles pour suivre les cours :

  • Futuresource, un très joli graphe
  • WTRG Economics : nombreux graphes sur le pétrole, le gaz et les produits pétroliers (cotations US)
  • les indices de l'INSEE : ouvrir le paragraphe Autres matières premières. Double avantage : ils sont exprimés en Euros et leurs variations sont plus représentatives que celles des cours des places financières : ainsi, le "prix du baril" dont on parle communément est en fait le prix auquel l'option d'achat se négocie sur le mois suivant.