Iran

De Oleowiki.

L'Iran est un pays du Moyen-Orient d'environ 70 millions d'habitants, dont le régime politique actuel est une dictature.

Membre de l'OPEP, il a tendance à vouloir s'opposer à l'Arabie saoudite, notamment du fait de leurs profondes divergences de vue diplomatiques à l'encontre des Etats-Unis mais aussi pour des raisons religieuses : les Saoud sont Sunnites tandis que l'Iran est essentiellement Chi'ite.

Les besoins énergétiques de l'Iran sont aujourd'hui essentiellement satisfaits par le pétrole et le gaz (environ 50% des besoins chacun) ; plus des trois-quarts de l'électricité produite en Iran provient de centrales fonctionnant au gaz.

perspolocnewr5.jpg

d'après Marjane Satrapi

Sommaire

Pétrole

iran.png

En 2004, l'Iran a atteint son pic en ayant produit environ 4 millions de barils par jour (source BP), soit 5% de la production mondiale, ce qui l'a placé en quatrième position des pays producteurs, derrière l'Arabie saoudite, les Etats-Unis et la Russie ; ses réserves selon l'ASPO sont les troisièmes mondiales (9% du total), après l'Arabie saoudite et la Russie. Les données officielles de l'OPEP (cf. courbe ci-dessus) démontrent que l'Iran a mangé un grande partie de son pain blanc - ou plutôt noir !

Les réserves iraniennes sont de plus de 50 années de production selon l'ASPO (90 ans officiellement).

Les principaux clients de l'Iran seraient :

  1. Japon : 22% des exportations (dont pétrole) iraniennes
  2. Chine : 10%
  3. Italie : 6%
  4. Turquie : 6 %
  5. Corée du Sud : 5 %
  6. Pays-Bas : 4%
  7. France : 3%

Paradoxalement, l'Iran importe également du pétrole... raffiné, car son infrastructure pétrolière est insuffisante pour répondre à la demande croissante en produits pétroliers. Un embargo international créerait rapidement de graves pénuries en essence et en fioul, ce qui endommagereait la santé économique du pays plus fortement que la chute des exportations de brut.

Bourse iranienne du pétrole

L'Iran aurait annoncé vouloir créer en mars 2006 une Bourse du Pétrole dont la cotation se ferait en euros et non plus en dollars. Certains soutiennent que c'est pour cette raison, qui menacerait la stabilité financière du dollar, que les Etats-Unis classent l'Iran dans "l'Axe du Mal". Aucun élément concret et officiel n'est venu pour l'instant confirmer l'imminence de l'ouverture d'un lieu d'échange pouvant sérieusement concurrencer le NYMEX étatsunien ou l'IPE britannique. Pour certains bloggeurs, il s'agit clairement d'un canular, dont la source serait un certain Krassimir Petrov.

Sylvain, modérateur du forum Oléocène, s'est fait confimer ce point par M. Fabrice Noilhan, de la Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières (DGEMP) :

  • Il y a un véritable intérêt pour la France à acheter son pétrole en euros plutôt qu'en dollars. Cependant, au 20 février 2006, la DGEMP n'a rien de sérieux sur une bourse iranienne du pétrole en euros. Rien de concret. Nada. Pas de projet de collaboration, pas d'implantation prévue d'une antenne française en Iran pour acheter sur place. Pas de montage financier en cours. Rien. Que dalle.
  • Fabrice Noilhan estime que le projet de Bourse Iranienne du Pétrole en euros est un « effet d'annonce pour mettre en question le rôle prépondérant du dollar et donc des Etats-Unis ».
  • Les différents projets de bourses moyen-orientales du pétrole ont toutes été des échecs. Pourquoi ? Parce que ces bourses étaient plus restrictives que les bourses « classiques ». En effet, dans une bourse classique de pétrole, l'acheteur peut revendre ses barils. On peut dérouter un navire pétrolier pour livrer à un autre endroit que ce qui était initialement prévu. Or, les différentes bourses moyen-orientales du pétrole interdisaient aux acheteurs de revendre. De plus, ces bourses n'avaient qu'un seul vendeur (la compagnie nationale du pays en question) ce qui limite encore plus l'intérêt. Il n'y a pas assez de barils à échanger et pas assez de vendeurs.

Dernière minute : un communiqué officiel iranien annonce la création de l'Oil Stock Exchange début mai 2006. . L'euro en a aussitôt profité pour franchir les 1,26 dollar, au plus haut depuis un an.

Gaz

L'Iran possède également les plus grandes réserves de gaz naturel après la Russie, mais sa production actuelle est modeste (3% du total en 2004) et se contente de couvrir ses besoins. A cette cadence, elle dispose de plus de 300 ans de réserves (ratio R/P).

Voir Géostratégie du gaz naturel

Situation géostratégique

L'Iran a la possibilité de bloquer le détroit d’Ormuz par lequel transiterait entre 15 et 18 millions de barils par jour, soit 20 % de la production mondiale de pétrole. De par son importance géostratégique, le Détroit d’Ormuz est surnommé « La carotide de l'Occident ». Il a une largeur d'environ 70 km dans sa partie la plus étroite. Un blocus de ce détroit couperait une part non-négligeable de l'approvisionnement pétrolier mondial, et provoquerait une importante hausse des prix.

Liens

Forum Oléocène :

Le Détroit d'Ormuz