Pétrole et agriculture

Un article de Oleowiki.

Le rôle que jouent les énergies fossiles dans l'agriculture moderne est en général sous-estimé. Bien entendu, les agriculteurs ont besoin d'électricité, de chauffage pour leur maison et d'une voiture pour se déplacer comme tout le monde. Cet article se focalise sur les usages spécifiques des hydrocarbures à la ferme.

Sommaire

Les carburants

Le premier type d'usage qui vient à l'esprit est celui des carburants pour les machines agricoles. En effet, les tracteurs, les moissonneuses, les camions consomment tous du diesel (ou un autre carburant issu du pétrole). Les carburants servent aussi au transport des denrées des fournisseurs vers l'exploitation et de l'exploitation vers les distributeurs. La plupart des semences utilisées actuellement doivent être rachetées chaque année aux semenciers, puis retransportées par camion jusqu'aux exploitations. De même pour les produits récoltés, qui doivent être emmenés jusqu'aux centrales d'achat des distributeurs, puis des centrales jusqu'aux magasins, etc...

D'autres usages du pétrole et du gaz sous forme de carburant vous ont peut-être échappé :

  • le chauffage des serres pour les cultures craignant le froid
  • le pompage de l'eau pour l'irrigation des cultures
  • l'alimentation des silos par des vis sans fin
  • etc...

Les matières plastiques

Les matières plastiques font partie de ces biens de consommation dépendant du pétrole auxquels on ne pense pas toujours. De nombreux outils ou accessoires agricoles utilisent des matières plastiques :

  • les bâches pour les serres ou le foin
  • les tuyaux et les joints pour les systèmes d'irrigation
  • tous les plastiques présents dans les manches des outils, les parois et les couvercles de certains conteneurs, etc

Les engrais azotés

Au coeur de la "révolution verte" d'après-guerre, les engrais azotés sont aujourd'hui essentiels à l'agriculture moderne. Or leur synthèse chimique consomme de grandes quantités d'énergie d'une part (de très hautes pressions sont nécessaires) et de gaz naturel d'autre part (comme matière première non énergétique). Ce sont donc de gros consommateurs d'hydrocarbures. La hausse des prix du pétrole depuis 2003 a déjà eu un impact fort sur les prix des fertilisants, poussant les jeunes agriculteurs à manifester. Pour plus de détails sur les techniques de production des engrais, voir l'article sur les engrais azotés.

Les pesticides

Les fongicides, herbicides et autres sont issus en grande majorité de la chimie du pétrole. Eux aussi ont vu leurs prix augmenter fortement ces dernières années, dans le sillage des prix du brut.


Conclusion

Ce tour d'horizon rapide montre que l'agriculture moderne est très dépendante des hydrocarbures bon marché. Avec un baril à 100, 200 ou 300 dollars, combien d'exploitations passeront-elles du stade de la rentabilité subventionnée à la faillite ? Sans machines et sans engrais, un agriculteur pourra-t-il toujours cultiver à lui seul plus de 200 hectares de grandes monocultures ? S'il faut augmenter fortement la main d'oeuvre pour soutenir la production, comment résoudre efficacement les problèmes de logement et de formation ? Toutes ces questions méritent d'être posées, tellement les changements à envisager sont importants et le temps nécessaire à leur mise en oeuvre est énorme.

La question principale est sans doute celle du retour rapide à une agriculture beaucoup moins dépendante du pétrole. Le temps jouant contre nous, il faut agir dès maintenant. L'agriculture biologique et ses dérivés, qui interdisent les engrais et les pesticides non naturels, sont sans aucun doute sur la bonne piste et devraient être privilégiés par les consommateurs et les producteurs.